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Chapitre 3. Les facteurs déterminants dans la traite des femmes
La traite des êtres humains est encore peu documentée, tant d’un point de vue empirique que statistique. Ce constat vaut pour toutes les formes de traite, y compris, et peut-être surtout, pour la traite à des fins d’exploitation sexuelle au Canada et au Québec. L’information s’avère limitée, mais les écrits des dernières années permettent néanmoins d’exposer les principaux facteurs déterminants de ce phénomène. Dans ce chapitre, nous passons en revue les principaux éléments reconnus pour leurs effets directs sur l’augmentation du problème, en lien avec «la nécessité d’alimenter les marchés locaux de prostitution», ce qui pose forcément la question de la demande (Conseil du statut de la femme, 2002: 20). Nous soulignons ainsi le rôle de la demande grandissante pour de nouvelles «marchandises» dans l’industrie du sexe. Souvent liée aux réseaux du crime organisé, cette industrie table sur les récentes transformations sociales issues de la mondialisation et de l’hégémonie du néolibéralisme. Nous exposons pourquoi le processus historique de mondialisation, dont la phase actuelle se caractérise par de nouveaux flux migratoires et par la globalisation des marchés, est généralement identifié comme l’une des principales causes de la hausse de la traite internationale à des fins d’exploitation sexuelle et de l’expansion de l’industrie du sexe. Nous voyons aussi comment la traite, locale ou internationale, est liée aux conditions de vie des femmes migrantes ou racisées au Québec et au Canada, ainsi qu’à la question du contrôle accru des frontières.
Chapitre 2. Repères théoriques
Voici quelques repères pour penser la traite prostitutionnelle. Deux principales pistes conceptuelles guident notre réflexion critique: le patriarcat et le capitalisme néolibéral. Dans un premier temps, nous esquissons les contours du nouvel ordre patriarcal qui prend place dans nos sociétés. Nous proposons quelques pistes de réflexion sur la difficile question du consentement et sur le mode de reproduction du sexage. Dans un deuxième temps, nous présentons quelques caractéristiques du capitalisme néolibéral en contexte de mondialisation des marchés et examinons ses liens avec le développement de l’industrie du sexe et de la traite. Enfin, nous présentons les logiques politiques à l’œuvre dans les deux principales postures sur la prostitution inscrites pour l’une, dans le courant abolitionniste, et, pour l’autre, dans le courant réglementariste. Nous terminons ce chapitre avec quelques éléments à retenir.
Chapitre 1. Méthodologie
Nous avons mené une recherche exploratoire essentiellement fondée sur la cueillette de données qualitatives. Dans un rapport produit en 2000, Citoyenneté et immigration Canada (CIC) soulignait le caractère limité de l’information disponible et la difficulté de recueillir des données précises sur la traite. Dix ans plus tard, nous considérons que ce constat est toujours en bonne partie valide. Certes, nous détenons un peu plus d’information, mais, que ce soit d’un point de vue statistique ou empirique, le portrait demeure incomplet et il est toujours extrêmement difficile de documenter le phénomène de la traite de manière exhaustive, particulièrement sur le terrain.
Conclusion
En procédant à une relecture des résultats concernant les travailleuses lesbiennes issus d’une recherche menée il y a quelques années sur l’insertion des personnes homosexuelles dans leur environnement de travail, nous avons pu relever les nombreuses stratégies que celles-ci déploient afin de s’y intégrer sur les plans professionnel et interpersonnel, malgré les barrières sexistes et les préjugés lesbophobes susceptibles d’entraîner de la discrimination à leur égard. La question se pose: ces données ont-elles vieilli? Certes, les législations reconnaissant la conjugalité et la parentalité homosexuelle ont favorisé la visibilité et la légitimité de la présence des gais et des lesbiennes dans les diverses sphères de la vie sociale, y compris le travail. Néanmoins, plusieurs indications donnent à penser que l’égalité sociale n’est toujours pas atteinte et que les lesbiennes demeurent peu visibles, comparativement aux gais, dans l’ensemble de ces sphères. L’on peut également supposer que les types de difficultés rencontrées par les travailleuses lesbiennes ainsi que l’assortiment de stratégies mises en œuvre pour y faire face demeurent relativement inchangées. Enfin, rappelons le biais d’échantillonnage découlant du recrutement de participantes volontaires, affirmées dans leur vie privée et œuvrant en majorité dans des secteurs réputés relativement plus ouverts à la diversité sexuelle, bref un biais favorisant un portrait moins sombre plutôt que noirci.
Chapitre 7: À l’intersection des rapports sociaux de sexe et de l’hétérosexisme
Cette section présentera d’abord une synthèse des principaux résultats de la recherche, de laquelle il ressort que les lesbiennes mettent en œuvre un éventail de stratégies d’insertion en emploi afin de réduire la discrimination, réelle et anticipée, découlant à la fois de l’homophobie présente dans leur milieu de travail, y compris ses expressions spécifiquement lesbophobes, et du sexisme qui les rappelle à leur statut de femmes. Dans un deuxième temps, nous proposerons des éléments de réflexion sur l’articulation du sexisme et de l’hétérosexisme. En effet, l’imbrication des rapports de pouvoir et des logiques d’organisation sociale qui est apparue au travers des propos recueillis dans cette étude interroge les théories explicatives et les concepts mis en œuvre dans les recherches sur la discrimination liée à l’orientation sexuelle.
Chapitre 6: Discrimination sexiste et homophobe
À des fins heuristiques, nous avons choisi de présenter les diverses formes de sexisme rencontrées par les participantes en deux catégories distinctes: les discriminations sexistes reliées à la sexualisation des femmes et les discriminations sexistes reliées à la division sexuelle du travail. Étant donné que les types et la fréquence des discriminations sexistes varient parfois selon la composition du milieu de travail, nous en soulignerons les différences pertinentes. Enfin, nous présenterons les stratégies des travailleuses lesbiennes face aux attentes hétéronormatives de leur milieu de travail.
Chapitre 5: Les stratégies d’adaptation en milieu de travail: les relations interpersonnelles
Dans cette partie, nous présenterons les stratégies d’adaptation des lesbiennes au contexte professionnel sous l’angle des ajustements à l’intérieur du milieu de travail. Tout en relevant d’une dynamique proprement organisationnelle qui l’inscrit dans le domaine public, le milieu de travail constitue un important foyer de sociabilité où se tissent des liens interpersonnels de toutes natures. Les informations sur la vie privée (relations conjugales et parentales, loisirs, etc.) y circulent, tantôt pour les fins de gestion des ressources humaines, tantôt au gré des relations qui se tissent avec l’entourage de travail. Cette perméabilité entre le public et le privé oblige les travailleuses lesbiennes à se positionner eu égard à la décision de sortir ou non du placard, mais également à choisir des stratégies d’adaptation dans le contexte de la sociabilité professionnelle puisque, dans leur cas, il n’y a pas congruence entre leur orientation sexuelle et celle que les présomptions hétérosexistes de leur entourage de travail leur attribuent.
Chapitre 4: Les stratégies d’adaptation en milieu de travail: visibilité et dissimulation
Ce chapitre a pour objectif de dresser un portrait de la visibilité des lesbiennes en milieu de travail. Après avoir présenté les informations reliées à la connaissance de l’orientation sexuelle des répondantes par leur entourage de travail, nous rapporterons les motifs de dissimulation, puis les motifs de divulgation principaux. Enfin, nous examinerons l’éventail des stratégies identitaires adoptées par les lesbiennes pour divulguer ou au contraire dissimuler leur orientation sexuelle en milieu de travail.
Chapitre 3: L’homophobie en milieu de travail
Nous avons documenté l’homophobie en milieu de travail dans ses volets quantitatif et qualitatif. Dans ce chapitre, nous présenterons les données quantitatives, que nous avons choisi d’enrichir avec les données qualitatives. Dans le questionnaire, il était demandé aux répondantes d’estimer, dans leur emploi actuel, la fréquence d’une série d’attitudes et de comportements homophobes de gravité variable, allant des blagues offensantes jusqu’à l’agression physique. Nous faisons ici la distinction entre l’homophobie diffuse et l’homophobie directe, ainsi que les formes violentes d’homophobie (agression physique, verbale, harcèlement à caractère sexuel ou non, menaces, etc.).
Chapitre 2: Méthodologie de la recherche
La méthodologie de recherche a été définie en fonction des visées exploratoires de l’étude. Compte tenu du peu de connaissances acquises jusque-là en ce qui concerne l’insertion des personnes homosexuelles dans leur environnement de travail, il nous semblait prématuré d’envisager d’élaborer des hypothèses dont la vérification aurait nécessité des analyses complexes mettant en relation plusieurs facteurs. Nous avons ainsi opté pour une méthode d’enquête comprenant les deux volets suivants: 1) le volet quantitatif recourt à la technique du questionnaire d’enquête et permet de décrire diverses facettes de la condition des personnes homosexuelles dans leur milieu de travail à l’aide de mesures statistiques portant sur un vaste échantillon; 2) le volet qualitatif emploie la technique de l’entrevue en face à face afin de cerner les perceptions des travailleurs gais et des travailleuses lesbiennes vis-à-vis de leur environnement de travail et permetd’illustrer la complexité des expériences en milieu de travail. Les résultats présentés dans ce cahier concernent exclusivement les travailleuses lesbiennes. Rappelons que la recherche portait sur une population féminine et masculine et que les outils de collecte ont été conçus en fonction de cette mixité.