Appels à contribution en cours

Femmes racisées, immigration et instabilité institutionnelle au Québec : expériences vécues, trajectoires et analyses critiques -Appel à propositions date limite le 2 juillet 2026

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Alors que les régimes migratoires contemporains sont souvent présentés comme de simples dispositifs techniques de gestion des flux, ils participent en réalité à une reconfiguration profonde des hiérarchies sociales, genrées et racialisées. Au Québec comme au Canada, les politiques et cadres réglementaires en matière d’immigration ont connu, au cours des dernières années, des transformations fréquentes, parfois abruptes, qui redéfinissent continuellement les conditions d’admission, de séjour, d’accès au marché du travail et à la résidence permanente. 

Dans ce contexte, ces reconfigurations successives, inscrites dans des logiques de gouvernementalité migratoire, de rationalité néolibérale et de sécurisation des frontières, contribuent à instaurer un régime d’instabilité institutionnelle durable. Loin de relever d’une simple contingence administrative, cette instabilité constitue un mode de gestion différenciée des mobilités, produisant des formes structurelles de précarité statutaire. 

Parallèlement, l’immigration fait l’objet d’une politisation croissante, qui renforce son rôle dans les dynamiques politiques contemporaines. Cette évolution se traduit notamment par une polarisation accrue des systèmes partisans autour de cette question. Comme le montrent Xhardez et Paquet (2021), l’intensification de cette politisation contribue à reconfigurer l’espace politique dans lequel les enjeux migratoires sont débattus. 

Dans l’espace public, ces transformations s’accompagnent de discours récurrents qui présentent l’immigration comme une menace économique et sociale. En discutant les thèses de David Goodhart, Jonathan Portes montre que ces discours reposent souvent sur une conception implicite de l’immigration comme un jeu à somme nulle, où les travailleurs immigrants seraient en concurrence directe avec les natifs (Goodhart, 2013 ; Portes, 2013). Or, cette idée demeure peu étayée empiriquement, malgré sa forte circulation dans les sphères politiques et médiatiques (Portes, 2013). Fondée sur une logique de compétition, elle continue néanmoins de structurer l’imaginaire public. 

Dans le même sens, Phillip Cole souligne que l’immigration est souvent associée à des représentations négatives, notamment comme une charge pour les ressources publiques ou une menace pour la cohésion sociale (Cole, 2015). Ces discours participent à moraliser l’immigration et à légitimer des politiques restrictives ainsi que des formes différenciées d’appartenance. De leur côté, Akakpo et Lenard rappellent que l’exclusion reste au cœur des enjeux, tout en montrant les limites des cadres théoriques pour en rendre compte (Akakpo et Lenard, 2015). Cette perspective invite à relier l’analyse normative aux formes concrètes que prend l’exclusion. 

C’est à l’articulation entre discours publics et dispositifs administratifs que se construit la précarité contemporaine. Elle se manifeste par la multiplication des statuts temporaires, la dépendance à l’emploi, l’imprévisibilité bureaucratique et les restrictions au regroupement familial. Ces dynamiques relèvent de formes de violence administrative ou herméneutique, au sens de Miranda Fricker, en ce qu’elles limitent la capacité à comprendre et à formuler ces expériences (Fricker, 2007). Elles produisent des effets bien réels, tout en demeurant souvent peu visibles. 

Si ces dynamiques affectent l’ensemble des populations migrantes, elles touchent de manière disproportionnée les femmes racisées, en raison de l’imbrication des rapports de pouvoir liés au genre, à la racialisation, au statut migratoire et à la classe sociale. Une approche féministe intersectionnelle permet de saisir comment ces rapports se co-produisent et génèrent des formes spécifiques de citoyenneté différenciée. Dans cette perspective, Macé met en évidence l’existence de frontières invisibles qui structurent les expériences et les vulnérabilités (Macé, 2017), invitant à porter attention aux trajectoires situées de celles qui vivent à ces marges. 

De nombreuses femmes entreprennent un projet migratoire dans l’espoir d’accéder à une autonomie économique, à une liberté académique ou à des conditions de vie plus justes. Une fois au Québec, elles se heurtent toutefois à des mécanismes structurels de déqualification, à la non-reconnaissance des diplômes, à la segmentation racialisée et genrée du marché du travail, ainsi qu’à des formes de dépendance statutaire et de violence symbolique et systémique (Pierre, 2005). Ces situations concernent également les étudiantes internationales, chercheuses, artistes et professionnelles du milieu culturel. Malgré un niveau de scolarité souvent élevé, elles rencontrent des obstacles persistants en matière d’accès à l’emploi, de reconnaissance professionnelle et de stabilité institutionnelle. Cette tension met en évidence des logiques de hiérarchisation implicite des compétences et des savoirs selon des critères nationaux et racialisés. 

Ces formes de précarisation débordent largement les dimensions juridiques et économiques. Elles se manifestent aussi sur les plans psychologique et affectif, en contribuant à des formes d’épuisement institutionnel, de surcharge émotionnelle et d’insécurité chronique. Bien qu’elles soient au cœur de l’expérience migratoire, ces dimensions restent largement invisibilisées dans les cadres politiques et médiatiques (Eberl et al., 2018). 

Cet appel à contributions s’inscrit dans une perspective féministe intersectionnelle et mobilise les épistémologies du vécu et des savoirs situés afin d’analyser les expériences migratoires contemporaines. Il propose d’envisager les politiques migratoires non seulement comme des instruments administratifs, mais comme des technologies de pouvoir participant activement à la production de la vulnérabilité, à la hiérarchisation des vies et à la régulation différenciée des corps et des trajectoires. 

L’objectif n’est pas uniquement descriptif. Il s’agit de dépasser une analyse strictement administrative des politiques migratoires afin d’interroger les fondements normatifs des régimes contemporains d’appartenance, les mécanismes de racialisation institutionnelle et les conditions structurelles de production de la précarité. 

Les propositions pourront notamment explorer : 

  • les effets genrés et racialisés de l’instabilité des politiques migratoires au Québec et au Canada ; 
  •  les formes contemporaines de précarité statutaire et de dépendance institutionnelle ; 
  •  les rapports entre femmes racisées, travail migrant et exploitation dans une perspective de division sexuelle et racialisée du travail ; 
  •  la précarité académique, la mobilité étudiante contrainte et la hiérarchisation des savoirs ; 
  •  les enjeux de santé mentale, d’affectivité et d’épuisement institutionnel liés à la violence administrative ; 
  •  les discours publics sur l’immigration, les théories de l’exclusion et leurs effets performatifs ; 
  •  les récits de vécu, auto-ethnographies, ethnographies institutionnelles et analyses discursives comme outils critiques ; 
  •  les pratiques de résistance, de solidarité et d’organisation féministe face aux régimes contemporains de gouvernance migratoire. 

L’appel est ouvert à des contributions interdisciplinaires mobilisant des approches issues des études féministes, des études migratoires, de la sociologie, des études culturelles, des études médiatiques, des études postcoloniales et décoloniales, ou de l’analyse des politiques publiques. Les contributions pourront être théoriques, empiriques, méthodologiques ou réflexives, à condition de s’inscrire dans un cadre analytique explicite. 

L’appel accueille également des contributions en recherche-création, des récits analytiques ou auto-ethnographiques, ainsi que des formats multimédias ou hybrides (essais visuels, productions audio ou audiovisuelles, projets numériques), à condition que la démarche critique, théorique ou méthodologique soit clairement explicitée. Selon leur nature, ces propositions pourront être publiées hors numéro, notamment dans des sections complémentaires comme MultimiX ou Féminisphère, et feront l’objet d’une évaluation par les pairs. 

En mettant en dialogue analyses structurelles et expériences vécues, cet appel vise à éclairer les formes contemporaines d’exclusion et de citoyenneté différenciée et à contribuer aux débats académiques et politiques sur l’immigration, le genre, la racialisation et la justice sociale. 

Les propositions devront comprendre un résumé de 300 à 400 mots accompagné d’une brève notice biographique. Pour les projets de recherche-création ou les formats multimédias, le résumé devra préciser la nature du médium, la démarche adoptée ainsi que les modalités de présentation envisagées. Les contributions peuvent être soumises en français ou en anglais. Les propositions sont à envoyer par courriel à Aynaz Ghaderi Ghalehno (ghaderi_ghalehno.aynaz@uqam.ca), à Thais Fernandes Santos (fernandes_santos.thais@uqam.ca) et à l’IREF (iref@uqam.ca) (envoyer vos propositions aux trois adresses). La date limite est le 2 juillet 2026.

Calendrier provisoire:

  • 2 juillet 2026 – Date limite de soumission des propositions
  • 20 juillet 2026 – Communication des décisions aux auteur·rices
  • 2 novembre 2026 – Date limite de remise des articles et des productions
  • 20 janvier 2027 – Retour des évaluations par les pairs
  • 2 mars 2027 – Remise des versions finales des articles et des productions
  • Avril et mai 2027 – Deuxième ronde de révision, si nécessaire
  • Juin 2027 –  Mise en ligne du numéro et activités de lancement

Références :  

Blake, M. (2015). The right to exclude. In C. E. Akakpo & T. L. Lenard (Eds.), New challenges in immigration theory. Routledge. 

Cole, P. (2015). Beyond reason: The philosophy and politics of immigration. In C. E. Akakpo & T. L. Lenard (Eds.), New challenges in immigration theory. Routledge. 

Eberl, J. M., Meltzer, C. E., Heidenreich, T., Herrero, B., Theorin, N., Lind, F., & Strömbäck, J. (2018). The European media discourse on immigration and its effects: A literature review. Annals of the International Communication Association, 42(3), 207–223.  

Fricker, M. (2007). Epistemic injustice: Power and the ethics of knowing. Oxford University Press. 

Goodhart, D. (2013). The British dream: Successes and failures of postwar immigration. Atlantic Books. 

Macé, M. (2017). Sidérer, considérer : migrants en France. Paris, France: Verdier. 

Pierre, M. (2005). Les facteurs d’exclusion faisant obstacle à l’intégration socioéconomique de certains groupes de femmes immigrées au Québec : un état des lieux. Nouvelles pratiques sociales, 17(2), 75–94. https://doi.org/10.7202/011227ar 

Portes, J. (2013). An exercise in scapegoating. London Review of Books, 35, 7–9. 

Xhardez, C., & Paquet, M. (2021). Beyond the usual suspects and towards politicisation: Immigration in Quebec’s party manifestos, 1991–2018. Journal of International Migration and Integration, 22(2), 673–690. https://doi.org/10.1007/s12134-020-00764-3 

Teresa de Lauretis : queer et excentricité – Appel à propositions date limite le 2 mars 2027

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Quelques mois après le décès de Teresa de Lauretis, cet appel à contributions vise à promouvoir une réflexion critique sur l’actualité de sa contribution théorique et méthodologique aux sciences sociales, en accordant une attention particulière à sa réception, à ses réinterprétations et à ses applications possibles dans la sociologie italienne et dans le panorama plus large des études sur le genre, la sexualité, la subjectivité et la différence.

L’intention n’est pas de se limiter à une reconstruction purement exégétique de la pensée de de Lauretis, mais d’en valoriser la portée analytique et heuristique dans l’étude contemporaine des questions liées aux genres, aux sexualités, aux identités et aux pratiques individuelles ou collectives.

Excentricité. En 1987, de Lauretis rédige l’article Eccentric Subjects: Feminist Theory and Historical Consciousness, qui sera publié trois ans plus tard, en 1990. Cet essai ouvrira ensuite le volume Eccentric Subjects, un recueil d’articles écrits entre 1987 et 1988. La question à laquelle de Lauretis tente de répondre est la suivante : de quelle manière les études de genre – qui constituaient un champ de savoir nouveau et original apparu à cette époque – interrogent-elles les relations entre genre, sexualité et sujet ? La perspective de de Lauretis est particulièrement intéressante dans la mesure où elle fait du sujet excentrique, et non de la femme, le protagoniste de l’énonciation dans le discours théorique féministe. Le sujet qui incarne la théorie féministe est immanent et, en même temps, transcendant par rapport aux dispositifs sociaux et culturels, au symbolique, « au langage lui-même » (de Lauretis 2025, 74). Son identité est définie par sa propre position « mobile, multiple, précaire, inévitablement compromise mais absolument nouvelle dans la pensée occidentale » (ibid.). C’est pourquoi le sujet de la conscience féministe occupe « des positions multiples, réparties sur divers axes de différence » (ibid., 115).

Queer. En 1991, Teresa de Lauretis, dans un numéro spécial de la revue Differences, invente – pour reprendre l’expression bien trouvée de Massimo Prearo (2012) – la théorie queer. Ce numéro spécial rassemble les différentes contributions qui ont animé une conférence sur l’homosexualité organisée en 1990 à l’université californienne de Santa Cruz et promue par Teresa de Lauretis elle-même qui, comme l’explique la chercheuse, souhaitait « forger une nouvelle expression qui inciterait les participants à considérer les deux formes d’homosexualité – lesbienne et gay – dans leurs conditions d’existence historiques, matérielles, sociales et symboliques respectives, et à en faire l’objet d’une réflexion théorique » (de Lauretis 1999, 105). De Lauretis espérait que la conférence jetterait les bases d’une nouvelle approche de l’étude de l’homosexualité afin qu’elle ne soit plus « considérée » (de Lauretis 1991, iv) comme marginale, transgressive et déviante par rapport à la forme dominante et stable, à savoir l’hétérosexualité. Au contraire, les homosexualités masculines et féminines devaient être « reconceptualisées » (ibid.) – reconstruites – en tant que « formes sociales et culturelles ». Le concept « queer » a permis de résoudre une grave antinomie dans laquelle les études sur l’homosexualité étaient tombées : si, d’une part, les termes « lesbienne » et « gay » – note de Lauretis (ibid., v) – désignaient un monde multiforme et bigarré de modes de vie, de sexualités, de pratiques sexuelles, de discours et de connaissances scientifiques, d’autre part, cependant, l’expression « lesbiennes et gays » s’était progressivement standardisée ». La théorie queer, en revanche, a permis « à la fois de transgresser et de transcender (…) de problématiser » ces catégories pour parvenir à saisir toutes les différences. Le queer permet de saisir les configurations de l’expérience sexuelle et affective marginalisées ou pas encore pleinement thématisées. De Lauretis admet que « nous ne savons pas suffisamment comment théoriser ces différences » (ibid.) : le queer est l’épistémologie qui permet de le faire.

L’appel à contributions « Teresa de Lauretis : queer et excentricité » invite à réfléchir au dépassement des frontières épistémologiques (entre disciplines et domaines de recherche), spatiales (pratiques, représentations et identités spécifiques) et des distinctions (homme/femme, masculin/féminin, binaire/non-binaire, etc.).

Partant de ces prémisses, l’intention des organisateurs est d’explorer les ramifications et les applications de la théorie de de Lauretis au sein du vaste champ des sciences sociales, en accordant une attention particulière aux défis théoriques et méthodologiques émergents. Cet appel vise à recueillir des contributions d’autr*es qui, bien qu’adoptant des perspectives différentes, sont unies par la volonté de souligner le lien entre la théorie de de Lauretis et différentes disciplines, en explorant les synergies et les tensions qui peuvent surgir, tant dans le contexte italien qu’international. Nous invitons des contributions allant de la théorie à la pratique, de la critique des normes sociales et culturelles existantes à l’analyse des expériences individuelles et collectives, révélant les nouveaux horizons et potentiels que la théorie queer, excentrique et féministe de de Lauretis ouvre dans le panorama scientifique et social, mais aussi en mettant en évidence les obstacles et les aspects critiques.

L’objectif de cet appel est de proposer des réflexions théoriques et empiriques sur les pistes de recherche suivantes (bien que non exhaustives) :

  1. Les théories queer et les théories féministes : généalogies, méthodologies, épistémologies, positionnements, tensions et pratiques de recherche
  2. Sémiotique queer et de l’excentricité dans l’intimité : expériences liées à la sphère sexuelle et affective, à la filiation et aux formes familiales qui se constituent en alternative et en opposition aux modèles hétéro-cis-patriarcaux et hétéro-cis-normatifs, fondateurs d’une vision de la famille « naturelle »
  3. Identités et processus de subjectivation : identités binaires et non binaires, réception et réarticulation des théories féministes et queer
  4. Nouvelles pratiques sexuelles : sexe kinky, non-monogamie, polyamour et autres configurations émergentes des relations en tant qu’expressions néo-communautaires
  5. Inclusion et diversité identitaire : approches visant à éliminer et à combattre les confusions entre sexe, genre, identité de genre et orientation sexuelle, ainsi que les stéréotypes et les formes de marginalisation
  6. Associations et mouvements : rôle des mouvements, des associations et des communautés au sein du réseau LGBTQ* et alliances avec le « monde » hétéro
  7. Intersectionnalité et épistémologie queer et excentrique : comment les catégories utilisées pour définir les appartenances (ethnie, classe sociale, âge, genre, orientation sexuelle, confession religieuse, etc.) s’inscrivent dans les processus de formation et de transformation de l’identité individuelle, générant des dynamiques de discrimination, de marginalisation et d’exclusion, mais aussi de résistance et de renégociation
  8. Représentations : expressions culturelles, artistiques et médiatiques queer et féministes.

L’appel est ouvert à des contributions interdisciplinaires mobilisant des approches issues des études féministes, des études queer, de la sociologie, des études culturelles, des études médiatiques. Les contributions pourront être théoriques, empiriques, méthodologiques ou réflexives, à condition de s’inscrire dans un cadre analytique explicite. 

Nous accueillerons 15 propositions. Les propositions devront compter entre 500 et 700 mots (bibliographie comprise) et avoir une brève notice biographique. Les propositions sont à envoyer par courriel à Luca Guizzardi (luca.guizzardi@unibo.it) et à Salvatore Monaco (salvatore.monaco@unifg.it) (envoyer vos propositions aux deux adresses). La date limite est le 2 mars 2027.

Calendrier provisoire:

  • 2 mars 2027 – Date limite de soumission des propositions
  • 20 mars 2027 – Communication des décisions aux auteur·rices
  • 2 juillet 2027 – Date limite de remise des articles et des productions
  • 20 septembre 2027 – Retour des évaluations par les pairs
  • 2 novembre 2027 – Remise des versions finales des articles et des productions
  • Décembre 2027 et janvier 2028 – Deuxième ronde de révision, si nécessaire
  • 2 février 2028 – Mise en ligne du numéro et activités de lancement

Références

de Lauretis, T. (1987). Technologies of Gender: Essays on Theory, Film, and Fiction. Bloomington : Indiana University Press.

de Lauretis, T. (1989). Differenza e indifferenza sessuale. Florence : Estro Editrice.

de Lauretis, T. (1994). Habits Changes.  differences: A Journal of Feminist Cultural Studies. 6(2+3), 296-313.

de Lauretis, T. (1996). Sui generis : scritti di teoria femminista. Milan : Feltrinelli, 1996.

de Lauretis, T. (1997). Pratique de l’amour. Parcours du désir pervers. Milan : La Tartaruga (éd. orig. 1994).

de Lauretis, T. (2025). Soggetti eccentrici. Con il saggio di teoria femminista: “sessualità lesbica d gay. Un’ introduzione. Sesto San Giovanni (MI) : Asterisco Edizioni.

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