Contributeurice

Gibeau, Ariane

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Ariane Gibeau est éditrice aux éditions du Remue-ménage, chargée de cours à l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM et étudiante en criminologie à l’Université de Montréal.

L’amour, le deuil et le fracas. D’«Angéline de Montbrun» de Laure Conan à «Désespoir de vieille fille» de Thérèse Tardif

En 1984, dans Quand je lis je m’invente, Suzanne Lamy affirme que lire les femmes, c’est construire une filiation et faire en sorte que leurs œuvres ne soient plus «des enfants uniques, nés de père et de mère inconnus» (Lamy, 1984: 43). Pour quiconque s’intéresse aux auteures marginalisées par l’histoire littéraire québécoise, une telle formule soulève d’importantes questions: comment inscrire ces créatrices aujourd’hui oubliées dans une lignée d’œuvres, dans une tradition d’écriture au féminin? Comment étudier le rapport qu’elles ont entretenu, consciemment ou non, avec leurs prédécesseures? La création d’une filiation constitue-t-elle la manière idéale de leur redonner justice, de légitimer leurs œuvres?

Gibeau, Ariane

Introduction: Filiations du féminin

Signe d’une inquiétude propre à notre époque, les recherches actuelles en littérature interrogent avec insistance la filiation et l’héritage. On commente à répétition les fractures et les rapports ambigus au passé qui caractérisent la production littéraire contemporaine: «il ne s’agit pas de s’inventer des parentés, de se forger victorieusement de toutes pièces une lignée, mais plutôt d’assumer un héritage fragilisé par les secousses, voire les ressacs, d’une modernité dont on accueille et réévalue à la fois le désir de rupture» (Lapointe et Demanze, 2009: 7).

Combien plus précaires encore, l’héritage et la filiation au féminin. Disparues sous le nom du mari dans les arbres généalogiques, exclues traditionnellement de la transmission du patrimoine et, partant, des réélaborations littéraires de cette grande question, tenues à distance des débats sociaux, marginalisées ou effacées de l’histoire littéraire, les femmes souffrent d’une filiation au pire absente, au mieux trouée. Si les créateurs ont cru, selon Harold Bloom (1973), avoir trop de pères littéraires, figures puissantes contre lesquelles il leur fallait s’insurger, les créatrices, elles, ont manqué cruellement de mères. Voilà pourquoi la filiation, si elle touche tous les êtres, est aussi une brûlante question féministe.

Gibeau, Ariane et Saint-Martin, Lori
Billet

Balades féministes

Balades Féministes vous emmène en promenade parmi les recherches féministes contemporaines. Quelles idées animent en ce moment les jeunes chercheur-ses, les militant-es et autres acteur-ices des milieux féministes ? Juliette Chevet et Rajae Anys vulgarisent pour vous les discussions, échanges et apprentissages qui ont eu lieu lors des activités du projet : Foire féministe: Féministes […]

Chevet, Juliette, Anys, Rajae, Santerre, Estelle, Fecteau, Maxime, Grondin, Vickie, Thomas, Mathilde, Pogossian, Sona, Aizpuru Arrillaga, Amaia Nerea, Morency, Sophie-Anne, Fournier-Guillemette, Rosemarie, Gagnon-Bouchard, Laurie, Roy, Marie-Andrée, Bastien-Charlebois, Janik, Boisvert, Stéfany, Gibeau, Ariane, Constantinidis, Christina, Aumais, Nancy, Riel, Jessica, Pagé, Geneviève, Pache, Stéphanie, Saïas, Thomas, Bessaih, Nesrine, Dupuis-Déri, Francis, Millette, Mélanie et Blais, Mélissa
Dans les médias

Création de la revue PréfiX en études féministes, Bronja Hildgen, Alice van der Klei, Chiara Piazzesi, Ariane Gibeau, Rosemarie Fournier-Guillemette, Judith Vachon, Actualités.uqam.ca, 6 mars 2024.

Création de la revue PréfiX en études féministes, Actualités.uqam.ca

Hildgen, Bronja, Van Der Klei, Alice, Piazzesi, Chiara, Fournier-Guillemette, Rosemarie, Gibeau, Ariane et Vachon, Judith

La loi de Lynch

Traumavertissement (TA) : contenu explicite et descriptif de violences envers des personnes noires.

Note sur la traduction :
En 1893, la journaliste afroaméricaine Ida B. Wells fait paraître un volume intitulé The Reason Why the Colored American is not in the World’s Columbian Exposition, autopublié par l’autrice et agrémenté d’une introduction de la main du militant antiesclavagiste Frederick Douglas, ainsi que d’un chapitre conclusif rédigé par F. L. Barnett. Après avoir commenté la constitution des Noirs comme une classe dominée, et relevé la manière dont l’esclavage s’est renouvelé après la guerre civile américaine à travers le travail forcé des prisonniers, Wells s’attaque à la question de la justice populaire raciste des lynchages avec « La loi de Lynch ».

Wells, Ida B., Fournier-Guillemette, Rosemarie, Gibeau, Ariane, Kébé-Kamara, Madioula et Rivard, Anne-Marie

La voix de la femme, éditoriaux 

Note sur la traduction :

Considéré comme le premier journal anarcha-féministe d’Amérique du Sud, La Voz de la Mujer paraît à Buenos Aires en 1896-1897: il s’agit d’une publication semi-clandestine en raison du plaidoyer pour l’action directe qu’elle contient. Les rédactrices y critiquent de manière véhémente la religion, la société capitaliste et les inégalités entre hommes et femmes, d’où la devise « Ni dieu, ni patron, ni mari ». Nous reproduisons ici les éditoriaux des numéros 1, 2, 3, 4, 5 et 7 – le numéro 6 n’étant plus accessible.

Bolten, Virginia, Gherra, Pepita, Carballo, Lula, Guinamand, Sophie, Torres Merino, Lilian Vianey et Gibeau, Ariane

La religion et les principes purs de la moralité

Note sur la traduction :

En 1831, la militante et conférencière afro-américaine Maria Stewart publie un pamphlet. Elle y promeut l’autodétermination et le droit à l’éducation des personnes afro-américaines. Ses idées féministes et abolitionnistes ne font aucun doute : elle invite sa communauté à se lever et à lutter pour sa dignité.

Stewart, Maria, Levasseur, Julie, Fournier-Guillemette, Rosemarie, Gibeau, Ariane et Kébé-Kamara, Madioula

Introduction à la masculinité féminine : la masculinité sans les hommes 

Note sur la traduction :

Jack Halberstam (pronoms et accords masculins et féminins), né en 1961, est professeure d’anglais et d’études de genre à l’Université Colombia de New York et auteur de plusieurs livres, dont The Queer Art of Failure (2011), In a Queer Time and Place (2005) et Female Masculinities (1998). Adoptant une approche pluridisciplinaire, ce dernier livre, dont nous reproduisons ici un extrait, permet d’évoquer la panoplie de masculinités qui existent et foisonnent, au-delà de la masculinité des hommes cisgenres blancs.

Halberstam. Jack J., Levasseur, Julie, Gibeau, Ariane, Fournier-Guillemette, Rosemarie et Maréchal, Maël

L’histoire et la transmission des idées féministes à l’Université : maintenir le fil

Diplômée de la maîtrise (2012) et du doctorat (2018) en études littéraires avec concentration en études féministes, j’ai profité tout au long de mon cheminement universitaire des nombreuses potentialités qu’offre l’IREF à ses étudiant.e.s : j’ai publié mes premiers travaux dans les collections « Tremplin » et « Agora » des Cahiers de l’IREF, j’ai été récompensée d’une bourse du […]

Gibeau, Ariane