Contributeurice
Diane Bélanger
Deux femmes célibataires du Sud: L’amour, le mariage et l’élite esclavagiste
Les femmes célibataires, communément appelées «vieilles filles», sont des demi-sœurs de l’histoire des femmes, pour reprendre une analogie de l’historienne Catherine Clinton au sujet des femmes du Sud dans l’histoire des femmes des États-Unis (Clinton, 1994: 6). En effet, jusqu’à tout récemment, on s’est peu interrogé sur ces femmes et, de ce fait, les ouvrages historiques ne leur consacrent souvent que quelques pages, voire quelques lignes. De surcroît, on conçoit généralement leur célibat comme n’étant pas un choix. Elles sembleraient, en outre, avoir intériorisé la conception sociale péjorative de la «vieille fille». La centralité, pour les femmes du passé, de l’institution du mariage, conjuguée à l’aspect ringard et vieillot qui entoure l’image stéréotypée de la «vieille fille» sont sans doute des facteurs qui contribuent à cet oubli. Notre objectif est ici de combler, en partie, cette lacune historiographique et, ce faisant, de nuancer cette image réductrice en explorant le célibat féminin de la première moitié du dix-neuvième siècle aux États-Unis. Plus spécifiquement, nous nous proposons d’explorer le rapport au célibat de deux femmes célibataires blanches provenant de la classe nantie et esclavagiste du Sud des États-Unis dans la période antebellum: Ellen Mordecai de la Virginie, née en 1790, et Lizzie Graves de la Géorgie, qui voit le jour en 1820.