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violences sexistes et sexuelles
Du lesbicide en images chez Maroch, Bechdel et Obom
Mais qu’advient-il des figures en marge de ce vieil ordre en habits neufs? Et plus particulièrement des lesbiennes politisées, sujets du présent texte? Quel traitement les médias, à la solde des empires financiers, leur réservent-ils? Et comment elles-mêmes représentent-elles, dans leurs œuvres, les affronts qu’elles vivent? Voilà les questions que j’aborde dans ce texte en m’appuyant sur les analyses de l’oppression de la classe des femmes élaborées par les théories du féminisme et du lesbianisme matérialistes.
Cas Julien Lacroix « Pas de changements concrets » en humour, Sophie-Anne Morency, Ici.Radio-Canada.ca, 25 mars 2026
Cas Julien Lacroix « Pas de changements concrets » en humour, Ici.Radio-Canada.ca| Entendu sur C’est encore mieux l’après-midi.
Conclusion générale
Avec cette recherche, nous avons développé une meilleure connaissance de la réalité de la traite prostitutionnelle au Québec en documentant concrètement la question à partir des connaissances ou des perceptions qu’en ont les principaux acteurs et actrices institutionnels et communautaires, incluant les propos ou récits de femmes victimes de traite. Notre ambition était également d’outiller les groupes de femmes ainsi que les intervenants et intervenantes préocuppées par ce phénomène qui se déploie à l’échelle nationale ou internationale et qui, tel une hydre aux multiples têtes, se reconfigure perpétuellement pour s’adapter au marché, à ses contraintes et surtout à ses lucratives possibilités. Enfin, dans une perspective féministe orientée vers le changement social, nous espérons avoir contribué à la lutte contre la traite prostitutionnelle des femmes et des enfants, notamment en interpellant les lois et les institutions.
Chapitre 10: Bilan analytique: le dispositif de violence à l’oeuvre dans la traite prostitutionnelle
La traite des femmes à des fins d’exploitation sexuelle est le fait d’organisations et d’individus qui alimentent le marché du sexe, souvent par l’intermédiaire d’agences, dans des établissements ayant pignon sur rue, comme des bars de danseuses nues, des salons de massage, des hôtels, des lieux discrets comme des bordels dans des résidences privées ou encore dans le contexte de la prostitution de rue ou des activités des compagnies de productions pornographiques. Souvent reliée au crime organisé, cette industrie du sexe utilise la vulnérabilité de femmes et de jeunes filles désirant échapper à des conditions de vie difficiles pour en tirer des revenus considérables. Le dispositif de violence à l’œuvre dans ce type de traite qu’il convient d’appeler de l’esclavage sexuel à des fins commerciales permet la reproduction des rapports de domination et d’exploitation.
Chapitre 9: Les obstacles rencontrés pour s’affranchir de l’esclavage sexuel
Incidemment, la plupart des femmes dont nous avons étudié le témoignage estiment avoir un caractère fort et, même adolescentes, ne s’en laissaient imposer par quiconque. Elles ont ainsi constaté que l’emprise des proxénètes devait être d’autant plus puissante qu’elles-mêmes n’étaient pas des filles qui avaient leur langue dans leur poche. Autant dire qu’elles ne se considèrent pas comme des victimes «typiques» dont on pouvait aisément exploiter le sentiment amoureux, à des fins prostitutionnelles, qui plus est.
Chapitre 8: Analyse des témoignages: des leurres du recrutement à l’exploitation sexuelle
Le présent chapitre analyse les propos ou les expériences des femmes dont nous avons présenté les trajectoires individuelles au chapitre précédent, et qui ont, pour la plupart, fait l’objet de traite à des fins d’exploitation sexuelle au sein de différents secteurs d’activités de l’industrie du sexe, le plus souvent sur le territoire du Québec. Nous intégrons également quelques résultats de recherche issus de deux entretiens réalisés auprès de Luc et Paul, acteurs «multifonctions» de l’industrie du sexe, initialement contactés pour agir comme intermédiaires auprès de femmes potentiellement trafiquées. Originaires du Québec, ils ont tous deux passé de nombreuses années dans l’industrie du sexe, y exerçant différents rôles, d’homme prostitué à client, en passant par chauffeur, pusher et propriétaire d’agence. Leurs témoignages sont informés par une grande diversité d’expériences; ils nous offrent un point de vue masculin et de l’intérieur sur le milieu de la prostitution.
Chapitre 7: Trajectoires de vie dans l’industrie du sexe
Ce chapitre présente des cas de femmes trafiquées ou exploitées dans l’industrie du sexe au Québec et au Canada. Quatre d’entre eux nous renseignent sur des expériences de la traite à des fins d’exploitation sexuelle vécues par les femmes migrantes ou sur leur connaissance de ce problème, tandis que quatre autres cas nous informent sur la traite locale de jeunes femmes originaires du Québec et nous offrent un regard empirique sur l’industrie du sexe au Québec. Dans un premier temps, nous faisons un survol de la trajectoire de Julie, Caroline et Audrey, avec qui nous avons conduit des entretiens approfondis, et de Noémie, dont nous avons pu visionner la déposition vidéo et que nous avons rencontrée à quelques reprises, sans toutefois avoir conduit un entretien formel.
Chapitre 6: Les perspectives du secteur communautaire
Pour comprendre un phénomène aussi complexe et inexploré que la traite à des fins de prostitution, il s’avère essentiel de documenter les connaissances d’acteurs et actrices de terrain susceptibles d’être en contact avec cette réalité. Les organismes communautaires constituent un vaste réseau de défense des droits et de soutien offrant une gamme diversifiée de services aux citoyens et citoyennes du Québec. Orientée vers le changement social, leur action s’adresse bien souvent à celles et ceux qui apparaissent parmi les plus vulnérables, notamment à la traite, dont les filles et les femmes prostituées, aux prises avec des problèmes de violence et de dépendance à la drogue, les personnes migrantes ou appartenant à des minorités ethnoculturelles ou racisées, lesquelles connaissent des difficultés variées, liées à leur statut d’immigration ou à leur intégration au Québec. Nous avons donc fait appel aux travailleuses en milieu communautaire afin d’identifier les différents acteurs et actrices de la traite des femmes à des fins d’exploitation sexuelle, d’améliorer notre connaissance des marchés du sexe et d’appréhender les forces structurelles en présence. Parfois, nous avons aussi sollicité ces personnes afin qu’elles nous mettent éventuellement en contact avec des femmes trafiquées.
Chapitre 4: Le contexte juridico-politique
La traite des êtres humains constitue une atteinte aux droits fondamentaux édictés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, notamment dans l’article 3, «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne», et dans l’article 4: «Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes». Ce chapitre est consacré à une présentation synthétique des principaux instruments juridiques internationaux et canadiens concernant la traite, sachant que la lutte contre ce crime constitue un domaine de compétence fédérale. Il évoque aussi l’impact des poursuites en justice relatives à la prostitution et à la dérèglementation de l’industrie du sexe, dont le récent jugement «Bedford», et relate quelques cas de condamnations pour traite au Québec et en Ontario.
Chapitre 5: Les milieux policiers et la lutte contre la traite
Le présent chapitre expose les résultats de notre enquête sur les initiatives des milieux policiers et leur compréhension de la traite aux fins d’exploitation sexuelle. Le phénomène de la traite à des fins d’exploitation sexuelle est appréhendé différemment selon les corps de police qui interviennent, en fonction des niveaux de juridiction de ceux-ci et des dispositions légales qu’ils sont appelés à appliquer. Au Québec, l’effectif policier se compose de quatre types de corps de police: la Gendarmerie royale du Canada (GRC); la Sûreté du Québec (SQ); les corps de police municipaux, tel que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les services de police autochtones.
