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2026-03-25

Pour ton bien

Pascale Monnette

Ces pages agencent poèmes et témoignages issus de lieux en échos : du Mouvement Jeunes et santé mentale, du Rapport de recherche concernant l’impact des hospitalisations en psychiatrie sur la vie des femmes (MacDonald et Michaud, 2015) et finalement, d’ami.es et de connaissances. Un immense et chaleureux merci aux courageuses et courageux qui projettent leur voix, au grand jour comme dans la finesse.


Au 16 ième siècle, une femme qui se montrait difficile
et osait prendre la parole était fustigée comme sorcière,
la même femme au 19 ième siècle était appelée hystérique,
au 21 ième siècle, elle est décrite comme « borderline »
ou ayant un « trouble de dysphorie prémenstruelle ». 

– Jane Ussher, 2013 

Si le chemin parcouru depuis le XIXe siècle est indéniable,
la situation des internées reste un problème.
Traitement différentiel, discrimination, infantilisation, sexisme et préjugés restent le lot des femmes atteintes de troubles de santé mentale. 

– Cécile Retg, 2018


La pire nuit que j’ai passée de toute ma vie, c’était à l’hôpital, dans l’aile psychiatrique d’urgence. On m’a dit de m’endormir, qu’il n’y avait rien à faire avant l’arrivée de la psychiatre, le lendemain. Les lumières sont restées allumées toute la nuit, j’étais sur une civière avec un drap pour couverture. J’étais en crise et personne n’était là. Je me rappelle avoir pensé : j’aurais été mieux chez moi.

il faut aller chercher de l’aide

dans une maison pourrie
aux plafonds défoncés
une potion (un poison) magique
cachée
derrière une porte
barrée trois fois

il faudrait surtout pas empirer mon cas

J’ai vu trois psychiatres, reçu trois diagnostics différents. Mes parents ont cru que je me droguais tellement mes médicaments me faisaient de l’effet.

un labyrinthe de pièces  
plus blanches les unes que les autres
où flottent des vies
fendues    

clouée à une chaise en plastique
j’attends mon procès

Pour s’en sortir le plus rapidement possible, il faut dire ce qu’ils veulent entendre.

le psychiatre arrive
s’assoit  
il siège  
comme un juge au tribunal
comme un roi sur son trône
ne me regarde pas  

la table est une limite qui
fend un gouffre
entre nous
ses mots
me cloîtrent
dans une toute
petite
case  

Une demande d’examen pour mes maux de tête a été faite par mon médecin de famille, mais le psychiatre n’a pas voulu me faire passer le test.

il entend
il sait
il prend

n’écoute pas
ne connaît pas
ne comprend pas

il se vante d’être si bon

gérant
technicien
comptable
qui étiquette
  contrôle
    établit

un protocole pour hier

« T’as pas mal, t’es TPL. » 

« C’est dans ta tête. »

comment penser la folie autrement
que par la violence

Un infirmier m’a pogné par le cul et m’a dit : « Vas dans ta chambre! »

et je crie
qui est fou  
folle  
au nom de qui  
au sein de quel lieu 
pourquoi ?

Souvent, j’ai entendu : « Trouve-toi un chum, ça va régler tes problèmes. »

il faut vouloir

queen de la motivation 
dans mon bain de bulles  
tellement welling  
je fais mon yoga
respire mieux plus fort  
bois un smoothie  
pratique l’émerveillement – wow 
wow wow wow wow

Un préposé m’a annoncé que j’avais le droit de sortir pour une promenade tant que j’étais accompagnée. Une fois dehors, il s’est mis à me parler de mes seins et d’une opération pour se faire augmenter la taille du pénis.

je veux
qu’on me laisse tranquille
avec mon crâne hérissé

je ne porterai pas
seule
la responsabilité de
mes épines
plutôt nos épines

Les femmes vivent différentes discriminations qui amènent différents problèmes de santé mentale. Aussi, une fois que ces problèmes sont là, la violence et la discrimination continuent.

(c’est pour ton bien)  
je reçois de force des électrochocs
à 17 ans
(c’est pour ton bien) 
ne peux plus voir ma famille ni mes ami.es
(c’est pour ton bien)
enfermée pendant 7 jours
168 heures
10 080 minutes
(c’est pour ton bien)  
(fais-nous confiance) 
(c’est pour ton bien) 

La seule chose que je pouvais faire comme femme, c’était de me taire et d’attendre que ça passe.

L’infirmer en chef me menaçait constamment : « Si tu ne fais pas ça ou ça, tu vas aller réfléchir dans ta chambre ou tu ne pourras pas sortir prendre ta marche. »

liste de mots que je haïs parce qu’ils ne parlent pas de moi :

patiente
usagère
cliente

J’ai vraiment eu l’impression, après quelques semaines/mois, que je faisais partie des meubles. Que je devenais un cas parmi tant d’autres, un cas compliqué. J’ai subi des contentions plus d’une fois. La plupart du temps, on ne me disait pas pour combien de temps je serais attachée à mon lit.

exhumer les violences
accroupie
mes jointures mes ongles tachés
par ce qui se cache
dans les armoires sales
frotter frotter jusqu’à la mort
inventer
la couleur aube 

pour repeindre la maison  

J’aurais voulu être plus écoutée, recevoir de l’aide avec mes enfants, plutôt que le placement et la perte de garde.

au lieu des menottes et des barreaux 
un jardin où m’allonger
au sommet des catastrophes
un vieux chêne
que j’aurais étreint longtemps

Les intervenant.es en psychiatrie devraient travailler avec des pair.es-aidant.es et être sensibilisé.es quant à l’importance de reconnaitre la spécificité des femmes.

liste d’expressions que j’apprends à aimer :

crisse de folle
folle furieuse
enragée
maudite folle
dérangée

On est dans une société de droits, mais il y a des iniquités et de la discrimination à l’égard de l’origine ethnoculturelle, du genre, etc. Dans les services sociaux, quand on nomme ces inégalités sociales, c’est : « Non, ça s’peut pas ! ». C’est une réalité, mais ce n’est pas tout le monde qui veut la voir.

il faut vouloir 
agir aussi sur le sexisme
agir aussi sur le racisme
agir aussi sur la transphobie
agir aussi sur le classisme
agir aussi sur le manque d’accès à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé

je dis
il faudrait surtout pas empirer les violences

Ça a été très difficile pour moi de passer à travers tout ça. Heureusement, je commence à connaitre mes droits et je vais me battre pour gagner ma cause.

j’ai le droit à l’information
j’ai le droit à un consentement libre et éclairé
j’ai le droit à la confidentialité et à des services de qualité
j’ai le droit de participer aux décisions qui me concernent

Il faut manifester et se solidariser pour que les femmes ne soient plus vulnérables.

si les nuits froides t’avalent 
dis-le moi  
nous partagerons mes plus belles couvertures
emmitoufle-toi tressons-nous serré.es  
je t’en prie    

je vois tes mains
tracent des murs  
nous filerons ensemble si tu veux  
mille ou une couleur    
avec nos échardes  
nous construirons des abris  
les genoux en sang  
ourlés de porcelaine    

je t’apprendrai le nom des fleurs
l’odeur au bout des doigts 
quand tu frottes les feuilles de géranium   

nous tromperons la noirceur ensemble 
si tu veux


« De nombreuses femmes prennent ainsi le chemin de l’asile parce qu’elles ont refusé, consciemment ou non, le rôle traditionnel […]. Les femmes qui sortent des sentiers battus, qui se révèlent insoumises, […] qui s’impliquent en politique, […] qui font carrière ou qui veulent étudier, […] des femmes ayant des pratiques sexuelles libérées ou non conventionnelles […]. 

Il s’agit de femmes […] qui se révoltent, chacune à leur manière, contre l’ordre établi. […] La structure asilaire va donc chercher à reformater ces femmes. Pour cela, elle impose aux aliénées la soumission, la passivité, la modération et l’obéissance, toutes les caractéristiques attendues d’une bonne épouse et d’une bonne mère. » 

– Cécile Regt, 2018

Bibliographie

MacDonald, Sue-Anne et Audrey-Anne Dumais Michaud. (2015) La Reconnaissance des expériences des femmes en psychiatrie. Rapport de recherche concernant l’impact des hospitalisations en psychiatrie sur la vie des femmes, Montréal. Action Autonomie et Table des groupes de femmes de Montréal.

Mouvement Jeunes et santé mentale. (2019) Face à notre santé et au système de santé et de services sociaux, ce que nous vivons, c’est… [communication par affiche]. Forum « Jeunes et santé mentale : Pour un regard différent », Montréal.

Retg, Cécile. (2018) « Femmes et folie d’hier à aujourd’hui : psychiatrie et contrôle social ». Réseau québécois d’action pour la santé des femmes. [En ligne] https://rqasf.qc.ca/sante mentale/femmes-et-folie-dhier-a-aujourdhui-psychiatrie-et-controle-social.

Vol. 24 no. 1 – « Marges et intersections »
consentement création littéraire folie marges poésie psychiatrie santé mentale témoignage violences
Pascale Monnette. (2023). Pour ton bien. FéminÉtudes, 24(1). https://revues.uqam.ca/feminetudes/articles/pour-ton-bien/

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ISSN numérique : 1911-4176

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