Orgueil et vanité
Je suis une femme blanche, cisgenre, bisexuelle et grosse. Sur le spectre de la grosseur, je suis ce qu’on appelle mid-fat : je m’habille en 2X, taille 18-20 selon les enseignes, avec des vêtements spécifiques aux grandes tailles. Étant privilégiée dans ma grosseur, je n’ai en aucun cas la prétention d’être la porte-parole d’une expérience universelle. Il s’agit ici de mon vécu personnel et d’une réflexion tributaire de celleux qui l’ont éclairée de leurs ouvrages, de leurs articles ou de leurs posts sur les réseaux sociaux. Parmi elleux, il me semble important de nommer et de remercier Aubrey Gordon, Jessica Prudencio, Julie Artacho, Gabrielle Lisa Collard, Daria Marx et Gras Politique, Sonalee Rashatwar, @fatfabfeminist, Caleb Luna, et, surtout, Roxane Gay, Da’shaun Harrison et adrienne maree brown.
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À neuf ans, j’ai suivi mon premier régime. À dix ans, j’ai arrêté les cours de danse, honteuse de mon corps. À treize et quatorze ans, j’ai refusé d’aller à la plage, mal à l’aise en maillot de bain, étouffée par l’impression constante d’être observée et jugée. Entre mes quinze ans et mes dix-huit ans, j’ai jonglé entre Weight Watchers et Dukan. Puis le low carb, le jeûne intermittent, les cleanses détox et le gym trois ou quatre fois par semaine.
Je collectionne des carnets, en espérant qu’un jour, j’aurai les tripes de les remplir au-delà des vingt premières pages. J’en ai relu un récemment et j’y avais écrit :
2 août 2018 :
Je lui cours après, mais pas parce que j’ai des sentiments pour lui. Juste parce que je veux être rassurée dans ma baisabilité.
5 août 2018 :
Je pèse plus que mon père. Je pèse plus que ma mère, elle qui m’a dit un jour « j’espère vraiment que tu ne deviendras jamais comme moi ». Bonne nouvelle : je ne suis pas comme toi. Je suis pire.
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Dans une entrevue avec Elisa Goodkind et Lily Mandelbaum pour StylelikeU, adrienne maree brown1adrienne maree brown est une activiste, facilitatrice, doula, emergent strategist et pleasure activist. Autrice prolifique, elle a notamment publié Emergent Strategy : Shaping Change, Changing World (2017), Pleasure Activism : The Politics of Feeling Good (2019) et Grievers (2021). est invitée à se dévêtir au fil des questions de ses interlocutrices. Elle confie :
Consistently I’ve been told by society that no one would want me. So then, whenever anyone did, I was like “I better jump at this opportunity”. I can look back at that girl in my twenties, and be like, “Girl what the hell ?” And can also be like, of course ! How would you have made any other decision given what you were given ?
[…]
- What has been the biggest insecurity that you have overcome or worked on overcoming ?
- I think, in general, that I can be a fat person and be desirable2https://www.youtube.com/watch?v=PLjjxkjThrw&t=587s .
What were we given ?
Dans son livre What we don’t talk about when we talk about fat, l’écrivaine Aubrey Gordon3Audrey Gordon est célèbre pour son compte twitter Yrfatfriend lancé en 2016, et sur lequel elle a publié anonymement jusqu’en 2020. inventorie les représentations archétypales des personnes grosses au cinéma ou à la télévision. Parmi elles, le trope du headless fatties, c’est-à-dire le fait de filmer « fat people […] from the neck down, reduced to the swells and rolls of our bodies, their tides made spectacle4Aubrey Gordon, What We Don’t Talk About When We Talk About Fat, Boston, Beacon Press, 2020, p. 125. ». Gordon mentionne également le revenge body, qui fait référence à un personnage gros, moqué et/ou harcelé qui prend sa revanche sur ses pairs en devenant mince. La télé-réalité du même nom, produite par Khloe Kardashian, en est un exemple, tout comme la série Netflix Insatiable. « Only thinness can deliver wretched fat people from complicated relationships, heartbreak, and abuse5Ibid., p.129. », conclut Gordon.
Da’shaun L. Harrison, auteur de Belly of the Beast : The Politics of Anti-Fatness as Anti-Blackness, s’intéresse aux corps gros noirs et particulièrement aux corps gros noirs masc-presenting (des individus qui présentent des attributs ou des attitudes traditionnellement associés à la masculinité). Ainsi la Mammy, un stéréotype raciste datant de 1810, réduit la femme noire grosse au statut d’aidante, de soignante asservie, maternelle et loyale. Aujourd’hui encore, ce stéréotype perpétue l’idée que « the only acceptable time to love/touch/assign femininity to a fat, dark-skinned Black person’s body is when it is performing for someone else, and especially when that body belongs to a woman6Da’Shaun L. Harrison, Belly of the Beast : Anti-Fatness as Anti-Blackness, p.33. ». Du côté des corps gros noirs masculins, Harrison mentionne le fat Albert et le Mark Henry, deux genres de personnages dont l’unique rôle est, respectivement, de « caring for everyone other than themselves or [to be] positioned as animalistic and consistently tough7Ibid. ».
L’inventaire de Gordon et de Harrison dévoile ce message de la culture populaire : la grosseur doit être temporaire (n’oublions pas les fat-suits, qui font de la grosseur un costume) et porteuse d’une leçon moralisatrice. Surtout, elle doit être le terrain de moqueries, de pitié, de dégoût. Rares sont les représentations culturelles mettant en scène des corps gros (sur les spectres de la grosseur, du genre et de la sexualité), désirables et désirés, aimants et aimés. Plus rares encore sont celles non hantées par la perte de poids, le manque d’estime et de confiance en soi, le harcèlement et la grossophobie.
What were we given ?
#MeToo 2017. Une remarque d‘Aubrey Gordon me hante : « The people coming forward—mostly women—are young and old, rich and poor, famous and unknown. And overwhelmingly, they’re thin. But 67 percent of American women are plus size. So, where are they8Aubrey Gordon, op. cit., p. 107. ? »
Août 2017 : « Une femme nommée Quantasia Sharpton, qui prétend que Usher l’a exposée à l’herpès, s’est exprimée contre la star du R&B lors d’une conférence de presse […]. Mme Sharpton, ainsi que deux autres personnes […] poursuivent le chanteur […] en alléguant qu’il a omis de révéler qu’il était porteur du virus de l’herpès, les exposant ainsi à un risque d’infection9Julia Brucculieri, « Usher sued by three people claiming he exposed them to herpes », Huffington Post, 7 août 2017, en ligne : https://www.huffpost.com/entry/usher-sued-by-three-people-claiming-he-exposed-them-to-herpes_n_59888474e4b041356ec14950 » (ma traduction). En réponse à ces accusations, ces tweets : « Fuck this fat bitch usher ain’t touch her big ass », « I refuse to believe Usher fucked this », « #QuantasiaSharpton said she was « concerned about her health » ! Alright, we see you mami, with your healthy looking self10Zeba Blay, « Why is it hard to believe Usher would have sex with a fat woman ? », Huffington Post, 8 août 2017, en ligne : https://www.huffpost.com/entry/why-is-it-hard-to-believe-that-usher-would-have-sex-with-a-fat-woman_n_5989e9cde4b0a66b8baf0514?ri18n=true ».
Octobre 2017 : « Un juge du tribunal au Québec est sous le feu des critiques pour avoir commenté l’attrait physique d’une victime d’agression sexuelle, en disant qu’elle est « un peu en surpoids, mais elle a un joli visage. » Le juge Jean-Paul Braun a fait ce commentaire au sujet d’une jeune femme de 17 ans qui a été agressée sexuellement par le chauffeur de taxi Carlo Figaro, en 2015, selon la CBC. L’observation de Braun sur l’apparence physique de la victime visait à suggérer, qu’au moins au début, elle a pu être « flattée » de recevoir l’attention sexuelle d’un homme plus âgé et attirant11Matthew Rozsa, « Judge: Overweight teen victim may have been « flattered » by sexual assault », Salon, 27 octobre 2017, en ligne : https://www.salon.com/2017/10/27/judge-overweight-teen-victim-may-have-been-flattered-by-sexual-assault/ » (ma traduction).
Juillet 2020 : « L’auteure-compositrice-interprète Safia Nolin a provoqué une onde de choc en accusant mardi Maripier Morin de s’être livrée à du harcèlement sexuel, d’avoir commis une agression physique et d’avoir proféré des propos racistes lors d’une soirée dans un bar il y a deux ans12Mélissa Groguhé, « Safia Nolin accuse, Maripier Morin s’excuse », La Presse, 9 juillet 2020, en ligne : https://www.lapresse.ca/arts/celebrites/2020-07-08/safia-nolin-accuse-maripier-morin-s-excuse.php ». S’ensuit une vague de harcèlement en ligne envers Safia Nolin. Dans la section commentaires non-modérés des publications instagram et facebook, voici ce qu’on peut lire : « Non mais quelle drogue peut réussir à te faire mordre la cuisse de Safia Nolin ? », « On veut rien savoir d’une baleine à bosse contre une belle sirène comme marie », « Pas pour être chien mais jtoucherais pas à Sofia nolin », « se faire mordre par Mariepier Morin… y’a pire dans la vie. lol !13Édith Bernier, « Quand la crédibilité a une limite de poids… », Grossophobie.ca, en ligne : https://grossophobie.ca/blogue/2020/07/20/credibilite-agressions-poids-safia-nolin-maripier-morin/ »
What were we given ?
L’indésirabilité nous met dans l’impossibilité d’être entendu.es et cru.es lorsqu’on dénonce les violences que l’on subies. Elle rend impensable l’idée même qu’on puisse les vivre, bien qu’on vous répète qu’il n’est jamais question de désir, mais de contrôle et de domination. Exclu.es et privé.es du capital de désirabilité, on apprend, aux gros.ses comme aux minces, que les corps gros sont dégoûtants, unlovable, monstrueux, dangereux, à punir.
What were we given ?
Le désir pour nos corps est considéré, au mieux, comme une anomalie, au pire, comme une déviance fétichiste. La culture populaire ne pallie pas ce discours, elle le martèle. Surprised ? No. Disappointed ? Yes.
What were we given ?
La croyance qu’on doit se satisfaire, de sa supposée rareté, de toute attention reçue. Qu’on doit tout accepter, s’accrocher envers et contre toutes les violences, parce qu’on nous a fait croire que cette attention, ce désir, cette mascarade d’amour dépend de notre capacité à encaisser et à rester à notre place.
What were we given ?
Un mouvement body positivity hijacked, détourné. Un discours qu’on nous ressort à chaque occasion, comme une panacée. On sait, aujourd’hui, qu’il n’est là que pour vous rassurer. Vous en avez désespérément besoin, maintenant que vos corps portent les marques du statisme imposé par deux années de Covid-19. Un mouvement dont vous avez besoin parce que Goddamn it sells !
Le mouvement body positivity ne nous concerne plus.
Celui du body neutrality, lui non plus, n’est pas satisfaisant. Les prémices sont les suivantes : « body neutrality is to help us steer away from self-hate without the pressure of having to love our body. Instead, it’s about working towards a place where we respect our bodies, but don’t give too much energy to positive or negative thoughts about it14Kat Nicholls, « What is Body Neutrality ? », Happiful, février 2024, en ligne : https://happiful.com/what-is-body-neutrality/ ». Et pourtant… La neutralité m’a fait cheminer vers une acceptation de mon corps plus douce. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de l’associer à l’idée d’une tolérance frustrante, parce qu’elle n’aspire ni à l’acceptation véritable, ni à la libération des corps gros. Le body neutrality peut faciliter un cessez-le-feu envers nous-mêmes, mais il est loin d’offrir ce luxe à l’échelle systémique. Notre société prospère en faisant en sorte qu’on n’oublie jamais nos corps.
Il en va de même pour le self-love, un dérivé du body positivity. Cette fois-ci, les mots de Da’shaun Harrison résonnent : « if we love ourselves and the people around us, we must also be committed to destroying the World in which we and they are actively harmed. This means that if love, of self or of others, is to play a role at all in any liberatory efforts, it must be a starting point and not an end15Da’shaun L. Harrison, op. cit., p.17. ».
What were we given ?
Rebranded « self-love », comme si l’amour que l’on se porte pouvait effacer la grossophobie : « they suggest that self-love is enough to eradicate anti-fatness and that if you just accept yourself, or love who you are, that somehow the methodical violence of anti-fatness—housing, employment, etcetera—is no more16Da’Shaun L. Harrison, op. cit., p.15. ». Que peut le self-love contre le manque d’accès aux soins de santé et aux moyens contraceptifs sans limite de poids17Panique pour le Roe V Wade, mais les pilules contraceptives ont une limite de poids variant de 60 à 90 kg. Après c’est le stérilet, ou les pilules abortives.? Contre la culture de la diète, contre le manque d’accessibilité au travail et dans la vie quotidienne, contre les two-ton constest18« In the late 1990s and early 2000s—following the Clinton administration, which helped to cement the rapidly growing mass incarceration rates in Black community —prosecutors in Cook County, Illinois, played a “game.” This game’s name was masked under the pseudonym “The Two-Ton Contest,” but among the prosecutors and judges alike, the game was more affectionately referred to as “Niggers by the Pound.” The sole objective was to be the first person to prosecute as many Black people, most of whom were men, it took to amount to four thousand pounds. The more one person weighed, the more points they were worth », Da’Shaun L. Harrison, op. cit., p.53. ? Au niveau individuel, let’s try that first step.
Au niveau systémique ? Comme l’écrit Da’Shaun Harrison, c’est plus qu’insuffisant : « anti-fatness is coercive in that it teaches people to believe that the bodies of fat Black folks are only supposed to endure pain, never pleasure; that their very existence is always defined by Death, never Life; that their value, if any is assigned at all, is wrapped up in their ability to perform gender norms and cisheteropatriarchy19Ibid., p.33. ».
What were we given ?
Les habituels « Tu as un si beau visage ! », « Tu n’es pas gros.se, tu es très belleau ! ». « Slay queeeen you look so hooot get iiiiit !!! » quand on se réapproprie nos corps par le nu, la photographie boudoir ou le burlesque. Honey, on n’est pas dupe : we see you never showing us the tinder profile picture of a fat person.
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Paresse et gourmandise sont, selon la société grossophobe, les vices des personnes grosses.
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Le mot-clic #FatVanity est apparu sur ma fyp tiktok en 2020, dans une vidéo de @Sparklejams, où elle explique :
Fat vanity is some of the highest magic […]. I really do mean vanity, being VAIN, being obsessed with yourself and your beauty and your body and your style and your talent and your energy and your aura. Do you know how many people in my lifetime have told me my body is inherently wrong ? Something tragic, something to be fixed at the earliest possible moment so I might still have a chance to lead a happy life ? How could you know, unless you’re fat ? Any fat person who makes it over into vanity is a miracle. Fat people : don’t ever apologize or feel shallow for taking a selfie. Your loving self-focus is a powerful inversion of the self-obsession you’ve been encouraged to have. One that makes you obsess out of fear. One that makes you punish and control your body. You deserve fat vanity20Tracy Cox, « Fat Vanity », 12 avril 2020, en ligne : https://www.tiktok.com/@sparklejams/video/6902401870967442693 .
Ce mot-clic m’a semblé ouvrir la porte d’un monde dont je ne soupçonnais pas l’ampleur : des milliers de vidéos de personnes grosses (majoritairement blanches et femme-presenting) qui show off leur tenue, chantent, sont aimées, aiment, embrassent leur partenaire, marchent en forêt, se baignent à la plage, cuisinent, mangent, prennent le soleil sur leur balcon, lisent, s’admirent dans le miroir. Des personnes grosses qui existent, simplement.
@Sparklejams met le doigt sur deux actions importantes, à mon sens, dans la lutte contre la grossophobie : vivre comme s’il n’y avait rien à réparer et photographier les corps gros. La photographie est une manière de nous réapproprier nos corps, de les montrer dans toute leur grosseur, leur ampleur et leur laideur. Un acte qui nous permet de reprendre la place centrale dont on nous prive. Une façon de documenter notre existence, de résister à l’invisibilisation systémique qu’on nous fait subir. Des pages telles que @historicalfatpeople et @Fatarthistory contribuent à cet archivage nécessaire de nos corps.
La photographie perturbe aussi le message sociétal et intérieur qui nous susurre qu’on ne mérite pas d’être aimé.e et que tout amour ou désir exprimé à notre égard est une anomalie. Des artistes tels que Shoog McDaniel (@Shooglet) et Julia Sh (@JuliaShoot), Sarah Gordon, Jay Krakower, Shona McAndrew, Stine Greve (@stinegreveillustration), assurent la pérennité d’une telle perturbation.
Sur les réseaux sociaux, la grossophobie n’épargne personne : les trends grossophobes foisonnent, les corps gros sont censurés à une vitesse surprenante (davantage s’ils sont trans et racisés) et les créateurices de contenus sont victimes de harcèlement. Mais c’est à partir des marges de la culture légitimée que, lentement mais sûrement, on apprend à prendre toute la place qu’on peut et qu’on veut prendre. Avec les mots-clics tels que #FatVanity et les artistes mentionné.es plus tôt, nous avons créé une brèche dans les réseaux sociaux. Malgré la relation amour/haine que j’entretiens avec ces derniers, ils sont devenus le lieu à partir duquel j’ai vu pour la première fois des corps gros qui existent sans aucune autre injonction que : simply, be. Un lieu à l’intersection de l’imagination radicale et du pleasure activism prônés par adrienne maree brown.
De l’imagination radicale, parce que les réseaux sociaux nous permettent de décloisonner ou de renouveler nos imaginaires gangrenés par la grossophobie et la culture de la diète. Avoir la possibilité de concevoir que nous méritons mieux, des autres et de la société, est une condition nécessaire à la lutte contre la grossophobie (et pas que).
Du pleasure activism, parce qu’au cœur de ce militantisme se trouve la volonté de « understand and learn from the politics and power dynamics inside everything that makes us feel good, [which] includes sex and the erotic, drugs, fashion, humor, passion work, connection, reading, cooking and/or eating, music and other arts, and so much more21adrienne maree brown, Pleasure Activism: The Politics of Feeling Good, AK Press, Edinburgh, 2019, p. 13. ». Toute forme de militantisme est utile, qu’il soit violent ou non-violent, en ligne ou en personne, dans la rue ou aux urnes, etc. L’émergence du mot-clic #FatVanity, malgré le backlash inévitable qui s’en est suivi, m’a rappelé qu’il est possible de « make justice and liberation the most pleasurable experiences we can have22Ibid. ». Le plaisir et l’amour sont le point de départ des militantismes, nous disent avec sagesse adrienne maree brown et Da’shaun L. Harrison. Il ne s’agit pas, avec ces œuvres d’art, avec nos témoignages, selfies et thirst trap, de prouver notre humanité, de réclamer votre respect ou votre désir. Il s’agit des premiers pas vers la défense de notre existence, de notre sécurité et de nos droits. Il s’agit de « reclaim our whole, happy, and satisfiable selves from the impact of delusions, and limitations of oppression and/or supremacy23Ibid. ». Il s’agit, pour le dire avec Harrison, de mieux nous armer pour imaginer et rendre possible la destruction du monde qui produit ces violences.
Bibliographie
Bernier, Édith, « Quand la crédibilité a une limite de poids… », Grossophobie.ca, en ligne, <https://grossophobie.ca/blogue/2020/07/20/credibilite-agressions-poids-safia-nolin-maripier-morin/>.
Blay, Zeba, « Why is it hard to believe Usher would have sex with a fat woman ? », Huffington Post, 8 août 2017, en ligne, <https://www.huffpost.com/entry/why-is-it-hard-to-believe-that-usher-would-have-sex-with-a-fat-woman_n_5989e9cde4b0a66b8baf0514?ri18n=true>.
brown, adrienne maree, Pleasure Activism: The Politics of Feeling Good, Edinburgh, AK Press, 2019, 280 p.
Brucculieri, Julia, « Usher sued by three people claiming he exposed them to herpes », Huffington Post, 7 août 2017, en ligne, <https://www.huffpost.com/entry/usher-sued-by-three-people-claiming-he-exposed-them-to-herpes_n_59888474e4b041356ec14950>.
Cox, Tracy, « Fat Vanity », TikTok, 12 avril 2020, en ligne,
<https://www.tiktok.com/@sparklejams/video/6902401870967442693>.
Gordon, Aubrey, What We Don’t Talk About When We Talk About Fat, Boston, Beacon Press, 2020, 208 p.
Groguhé, Mélissa, « Safia Nolin accuse, Maripier Morin s’excuse », La Presse, 9 juillet 2020, en ligne, <https://www.lapresse.ca/arts/celebrites/2020-07-08/safia-nolin-accuse-maripier-morin-s-excuse.php>.
Harrison, Da’Shaun L., Belly of the Beast: The Politics of Anti-Fatness as Anti-Blackness, Berkeley, North Atlantic Books, 2021, 144 p.
Nicholls, Kat, « What is Body Neutrality ? », Happiful, février 2024, en ligne, <https://happiful.com/what-is-body-neutrality/>.
Rozsa, Matthew, « Judge: Overweight teen victim may have been « flattered » by sexual assault », Salon, 27 octobre 2017, en ligne,
<https://www.salon.com/2017/10/27/judge-overweight-teen-victim-may-have-been-flattered-by-sexual-assault/>.

