{"id":2459,"date":"2024-03-01T09:26:57","date_gmt":"2024-03-01T14:26:57","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/?post_type=revue_prefix&#038;p=2459"},"modified":"2025-04-07T09:45:19","modified_gmt":"2025-04-07T13:45:19","slug":"les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres","status":"publish","type":"revue_prefix","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/","title":{"rendered":"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<table class=\"wp-block-advgb-table advgb-table-frontend\"><tbody><tr><td style=\"border-bottom-color:#000;border-left-color:#000;border-right-color:#000;border-top-color:#000\"><strong>Informations sur la traduction<\/strong><br>Traduction de l&rsquo;anglais par Julie Levasseur, r\u00e9vision par Rosemarie Fournier-Guillemette<br><br><strong>Source du texte original<\/strong>&nbsp;<br>George Eliot (Mary Ann Evans), \u00ab\u202fSilly Novels by Lady Novelists\u202f\u00bb, <em>Westminster Review<\/em>, n<sup>o<\/sup>\u202f20 (octobre 1856).&nbsp;<\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><strong>Note sur la traduction<\/strong>L\u2019autrice britannique George Eliot (1819-1880), n\u00e9e Mary Ann Evans, est une intellectuelle et romanci\u00e8re qui a marqu\u00e9 la litt\u00e9rature victorienne. Ses romans, parmi lesquels on retrouve <em>The Mill on the Floss<\/em> (1860), <em>Silas Marner <\/em>(1861) et <em>Middlemarch <\/em>(1871-72), ont connu un grand succ\u00e8s de son vivant. L\u2019existence d\u2019Eliot est frapp\u00e9e par l\u2019ambivalence : si, dans ses \u00e9crits et ses romans, elle d\u00e9fend les valeurs chr\u00e9tiennes de la bonne soci\u00e9t\u00e9 britannique, elle m\u00e8ne une vie \u00e0 leur encontre, entretenant des relations illicites et vivant la plus grande partie de sa vie avec George Lewes, un homme mari\u00e9. D\u2019ailleurs, malgr\u00e9 leur vertu, ses h\u00e9ro\u00efnes sont bien souvent en porte-\u00e0-faux avec leur milieu social. Avant de pratiquer la fiction, elle a traduit des trait\u00e9s philosophiques tels quel <em>L\u2019\u00c9thique<\/em> de Spinoza et contribu\u00e9 \u00e0 des publications intellectuelles comme la <em>Westminster Review<\/em>, o\u00f9 elle fait paraitre en 1856 l\u2019essai ci-dessous traduit, \u00ab\u2009Silly Novels by Lady Novelists\u2009\u00bb. Dans une description satirique o\u00f9 elle recense les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de \u00ab\u2009romans idiots de dames romanci\u00e8res\u2009\u00bb qui pullulent en librairie, Eliot critique en filigrane les marges \u00e9troites laiss\u00e9es aux h\u00e9ro\u00efnes, \u00e9rig\u00e9es en irr\u00e9alistes figures de l\u2019id\u00e9al f\u00e9minin. Elle reproche aussi aux critiques litt\u00e9raires d\u2019encenser l\u2019idiotie aux d\u00e9pends de l\u2019intelligence, exposant le double standard auquel sont expos\u00e9es les productions litt\u00e9raires des femmes.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n<p>Les romans idiots des dames romanci\u00e8res constituent un genre aux multiples esp\u00e8ces, d\u00e9termin\u00e9es par la qualit\u00e9 particuli\u00e8re de l\u2019idiotie qui pr\u00e9domine chez elles : la frivolit\u00e9, le prosa\u00efsme, la pi\u00e9t\u00e9 ou la p\u00e9danterie. Mais c\u2019est un m\u00e9lange de tous ces \u00e9l\u00e9ments \u2013 un ordre composite de fatuit\u00e9 f\u00e9minine \u2013 qui produit la plus grande cat\u00e9gorie de romans de ce type, que nous distinguerons comme appartenant \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce <em>esprit-et-ganterie<\/em>. L\u2019h\u00e9ro\u00efne est g\u00e9n\u00e9ralement une h\u00e9riti\u00e8re, probablement une aristocrate \u00e0 part enti\u00e8re, avec peut-\u00eatre un baronnet malveillant, un duc aimable et l\u2019irr\u00e9sistible fils cadet d\u2019un marquis comme amants au premier plan, un eccl\u00e9siastique et un po\u00e8te soupirant pour elle \u00e0 distance moyenne et, au-del\u00e0, une foule d\u2019adorateurs ind\u00e9finis vaguement mentionn\u00e9s. Ses yeux et son esprit sont \u00e9blouissants; son nez et ses m\u0153urs sont \u00e9galement exempts de toute tendance \u00e0 l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9; elle poss\u00e8de un superbe <em>contralto<\/em> et une superbe intelligence; elle est parfaitement bien habill\u00e9e et parfaitement religieuse; elle danse comme une sylphide et lit la Bible dans les langues d\u2019origine. Il se peut aussi que l\u2019h\u00e9ro\u00efne ne soit pas une h\u00e9riti\u00e8re, que le rang et la richesse soient les seules choses qui lui manquent, mais elle entre infailliblement dans la haute soci\u00e9t\u00e9, elle a le triomphe de refuser de nombreux pr\u00e9tendants et d\u2019\u00e9pouser le meilleur, et elle arbore \u00e0 la fin de l\u2019histoire divers joyaux familiaux en guise de couronne de droiture. Des hommes d\u00e9bauch\u00e9s se mordent les l\u00e8vres dans une confusion impuissante face \u00e0 ses r\u00e9parties, ou se sentent pouss\u00e9s \u00e0 la p\u00e9nitence par ses reproches qui, dans des occasions appropri\u00e9es, s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 un haut niveau de rh\u00e9torique; en effet, elle a une propension g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 d\u00e9clamer des discours et \u00e0 rhapsoder longuement lorsqu\u2019elle se retire dans sa chambre \u00e0 coucher. Elle est \u00e9tonnamment \u00e9loquente dans ses conversations officielles, et \u00e9tonnamment spirituelle dans ses conversations officieuses. Elle est per\u00e7ue comme ayant une perspicacit\u00e9 qui d\u00e9passe les th\u00e9ories superficielles des philosophes, et ses instincts sup\u00e9rieurs sont une sorte de cadran sur lequel les hommes n\u2019ont qu\u2019\u00e0 r\u00e9gler leurs horloges et leurs montres, et tout se passera bien. Les hommes jouent un r\u00f4le tr\u00e8s subalterne \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Vous vous consolez de temps en temps avec une allusion au fait qu\u2019ils m\u00e8nent des affaires, ce qui vous permet de garder \u00e0 l\u2019esprit que les activit\u00e9s quotidiennes du monde se poursuivent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, mais la raison ultime de leur existence se r\u00e9sume ostensiblement \u00e0 accompagner l\u2019h\u00e9ro\u00efne dans son exp\u00e9dition \u00ab\u00a0vedette\u00a0\u00bb \u00e0 travers la vie. Ils la voient \u00e0 un bal, et ils sont \u00e9blouis; \u00e0 une exposition florale, et ils sont fascin\u00e9s; lors d\u2019une excursion \u00e0 cheval, et ils sont ensorcel\u00e9s par sa noble ma\u00eetrise de l\u2019\u00e9quitation; \u00e0 l\u2019\u00e9glise, et ils sont impressionn\u00e9s par la douce solennit\u00e9 de son comportement. Elle est la femme id\u00e9ale en fait de ferveur, de facult\u00e9s et de fanfreluches. Pour autant, elle commence le plus souvent par \u00e9pouser la mauvaise personne et souffre terriblement des complots et des intrigues du baronnet malveillant; or, m\u00eame la mort a un faible pour un tel parangon et rem\u00e9die \u00e0 tous les maux de l\u2019h\u00e9ro\u00efne en temps voulu. Le baronnet malveillant ne manquera pas d\u2019\u00eatre tu\u00e9 en duel, puis le mari ennuyeux meurt dans son lit en demandant \u00e0 sa femme, en sa faveur \u00e0 lui, d\u2019\u00e9pouser l\u2019homme qu\u2019elle aime le mieux, et en ayant d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 une note pour informer l\u2019amant de ce commode arrangement. Avant d\u2019arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat souhaitable, nos sentiments sont mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve en voyant l\u2019h\u00e9ro\u00efne noble, charmante et dou\u00e9e passer par de nombreux <em>mauvais moments<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">En fran\u00e7ais dans le texte. (Sauf indication contraire, toutes les notes sont de la traductrice.)<\/span>, mais nous avons la satisfaction de savoir que ses chagrins sont pleur\u00e9s dans des mouchoirs de poche brod\u00e9s, que sa forme \u00e9vanouie s\u2019allonge sur le meilleur rembourrage et que, quelles que soient les vicissitudes qu\u2019elle puisse subir, depuis sa chute d\u2019un carrosse jusqu\u2019au rasage de sa t\u00eate \u00e0 cause de la fi\u00e8vre, elle s\u2019en sort avec un teint plus florissant et des m\u00e8ches plus abondantes que jamais.<\/p>\n<p>Nous pouvons remarquer, en passant, que notre scrupule s\u2019est dissip\u00e9 lorsque nous avons d\u00e9couvert que les romans idiots des dames romanci\u00e8res nous plongent rarement ailleurs que dans la tr\u00e8s haute et tr\u00e8s chic soci\u00e9t\u00e9. Nous avions imagin\u00e9 que les femmes d\u00e9munies devenaient romanci\u00e8res, comme elles devenaient gouvernantes, faute d\u2019autres moyens \u00ab dignes d\u2019une dame \u00bb de gagner leur pain. \u00c0 ce titre, la syntaxe vacillante ou l\u2019incident improbable rev\u00eataient pour nous un certain pathos, \u00e0 l\u2019image des pelotes \u00e0 \u00e9pingles sur\u00e9rogatoires et des bonnets de nuit mal ficel\u00e9s mis en vente par une personne aveugle. Nous consid\u00e9rions cette marchandise comme une nuisance, mais nous nous r\u00e9jouissions de penser que l\u2019argent servait \u00e0 soulager les personnes dans le besoin, et nous nous repr\u00e9sentions des femmes seules luttant pour leur subsistance, ou des \u00e9pouses et des filles se consacrant \u00e0 la production de \u00ab copies \u00bb par pur h\u00e9ro\u00efsme \u2013 peut-\u00eatre pour payer les dettes de leur mari ou pour acheter des douceurs \u00e0 un p\u00e8re malade. Sous ces impressions, nous h\u00e9sitions \u00e0 critiquer le roman d\u2019une romanci\u00e8re : son anglais peut \u00eatre d\u00e9fectueux, mais nous nous disions que ses motivations sont irr\u00e9prochables; son imagination peut \u00eatre d\u00e9pourvue de cr\u00e9ativit\u00e9, mais sa patience est inlassable. L\u2019\u00e9criture vide s\u2019excusait par un estomac vide, et la b\u00eatise se consacrait par les larmes. Mais non! Cette jolie hypoth\u00e8se de notre cru, comme beaucoup d\u2019autres, a d\u00fb capituler devant l\u2019observation. Les romans idiots des femmes, nous le savons maintenant hors de tout doute, sont \u00e9crits dans des circonstances totalement diff\u00e9rentes. Les belles dames qui \u00e9crivent n\u2019ont manifestement jamais parl\u00e9 \u00e0 un commer\u00e7ant, si ce n\u2019est depuis la fen\u00eatre d\u2019un fiacre; elles ne connaissent rien des classes ouvri\u00e8res, si ce n\u2019est qu\u2019elles sont \u00ab \u00e0 leur charge \u00bb; elles consid\u00e8rent que cinq cents livres par an repr\u00e9sentent une mis\u00e9rable pitance; le quartier de Belgravia et les \u00ab salles baronniales \u00bb constituent leurs v\u00e9rit\u00e9s premi\u00e8res; et elles n\u2019envisagent nullement de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 un homme qui ne serait pas au moins un grand propri\u00e9taire foncier, sinon un premier ministre. Il est clair qu\u2019elles \u00e9crivent dans d\u2019\u00e9l\u00e9gants boudoirs, avec de l\u2019encre violette et une plume rubis; qu\u2019elles doivent \u00eatre totalement indiff\u00e9rentes aux comptes des \u00e9diteurs et inexp\u00e9riment\u00e9es dans toutes les formes de pauvret\u00e9, \u00e0 l\u2019exception de la pauvret\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale. Il est vrai que nous nous heurtons constamment au manque de vraisemblance de leurs repr\u00e9sentations de la haute soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle elles semblent vivre, mais elles ne trahissent pas une connaissance plus approfondie de toute autre forme de vie. Si leurs pairs et leurs pairesses sont improbables, leurs hommes de lettres, leurs artisans, leurs artisanes et leur paysannerie sont impossibles; en outre, leur intellect semble avoir l\u2019impartialit\u00e9 particuli\u00e8re de reproduire autant ce qu\u2019elles <em>ont<\/em> vu et entendu que ce qu\u2019elles <em>n\u2019ont pas<\/em> vu et entendu, avec la m\u00eame infid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a peu de femmes, nous le supposons, qui n\u2019ont jamais vu d\u2019enfants de moins de cinq ans; pourtant, dans <em>Compensation<\/em>, un roman r\u00e9cent de l\u2019esp\u00e8ce esprit-et-ganterie qui se qualifie lui-m\u00eame d\u2019\u00ab histoire de la vie r\u00e9elle<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Sauf indication contraire, toutes les traductions des citations et des titres sont de la traductrice<\/span> \u00bb (Chatterton, 1856, 1<sup>re<\/sup> couv.), nous avons une fillette de quatre ans et demi qui parle \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019Ossian :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-1df69711-3092-42c6-8036-c0a2b19c355c\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Oh, je suis si heureuse, ch\u00e8re grand-maman; j\u2019ai vu\u2026 j\u2019ai vu une personne si charmante; il est comme tout ce qui est beau, comme le doux parfum des fleurs et la vue depuis le Ben&nbsp;Lomond; ou non <\/em>\u2013 <strong>encore mieux que cela<\/strong> \u2013 <em>comme ce que j\u2019imagine quand je suis tr\u00e8s, tr\u00e8s heureuse; et il est comme maman, aussi, quand elle chante; et son front est comme<\/em> <strong>cette mer lointaine<\/strong>, <em>continua-t-elle en montrant la M\u00e9diterran\u00e9e azur\u00e9e, o\u00f9 il semble qu\u2019il n\u2019y ait pas de fin, aucune; ou comme les bouquets d\u2019\u00e9toiles que j\u2019aime le mieux regarder par une belle et chaude nuit [\u2026]. (vol. I, p.&nbsp;304; Eliot souligne)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ne prenez pas cet air [\u2026]. Votre front est comme le Loch Lomond, lorsque le vent souffle et que le soleil s\u2019y engouffre; j\u2019aime mieux le soleil lorsque le lac est lisse [\u2026]. En ce moment, je l\u2019aime plus que jamais [\u2026]. Il est encore plus beau au sortir d\u2019un nuage sombre l\u2019ayant recouvert<\/em>, <strong>lorsque le soleil \u00e9claire soudainement toutes les couleurs des for\u00eats et des rochers pourpres et brillants, et que le tout se refl\u00e8te dans les eaux en contrebas.<\/strong> <em>(vol. I, p.&nbsp;306; Eliot souligne<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Nous ne nous \u00e9tonnons pas d\u2019apprendre que la m\u00e8re de ce ph\u00e9nom\u00e8ne infantile, qui pr\u00e9sente des sympt\u00f4mes ressemblant de fa\u00e7on si alarmante \u00e0 ceux d\u2019une adolescence r\u00e9prim\u00e9e par le gin, soit elle-m\u00eame un ph\u0153nix. Il nous est assur\u00e9, encore et encore, qu\u2019elle poss\u00e9dait un esprit remarquablement original, qu\u2019elle \u00e9tait un g\u00e9nie \u00ab\u00a0ayant conscience de son originalit\u00e9\u00a0\u00bb (vol. I, p.\u00a0163), et qu\u2019elle se trouvait suffisamment chanceuse pour conna\u00eetre un amant qui \u00e9tait lui aussi un g\u00e9nie et un homme \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019esprit des plus originaux\u00a0\u00bb (vol. I, p.\u00a085).<\/p>\n<p>Cet amant, lisons-nous, bien que \u00ab\u00a0merveilleusement semblable\u00a0\u00bb \u00e0 elle \u00ab\u00a0en fait de pouvoirs et de capacit\u00e9s\u00a0\u00bb, lui \u00e9tait \u00ab\u00a0infiniment sup\u00e9rieur en fait de foi et de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb (vol. I, p.\u00a0213). Elle voyait en lui \u00ab\u00a0l\u2019Agap\u00e8 \u2013 si rare \u2013 dont elle avait lu et admir\u00e9 le sens dans son Testament grec; elle qui, <em>gr\u00e2ce \u00e0 sa grande facilit\u00e9 \u00e0 apprendre les<\/em> <em>langues<\/em>, avait lu les \u00c9critures dans leurs <em>idiomes<\/em> d\u2019origine \u00bb (vol. I, p. 88-89; Eliot souligne). Bien s\u00fbr! Le grec et l\u2019h\u00e9breu ne sont qu\u2019un jeu pour une h\u00e9ro\u00efne, le sanskrit n\u2019est rien de plus qu\u2019un abc \u00e0 ses yeux et elle peut parler avec une exactitude parfaite dans n\u2019importe quelle langue, sauf l\u2019anglais. C\u2019est une polyglotte qui danse la polka, une Creuzer<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Georg Friedrich Creuzer (1771-1858) est un savant allemand sp\u00e9cialiste de la mythologie grecque.<\/span> en crinoline. Pauvres hommes! Si peu d\u2019entre vous connaissent m\u00eame l\u2019h\u00e9breu \u2013 vous croyez pouvoir vous enorgueillir si, comme Bolingbroke<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\">L\u2019autrice fait ici r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une citation du po\u00e8te anglais Alexander Pope qui, \u00e0 la question : \u00ab Lord Bolingbroke comprend-il l\u2019h\u00e9breu? \u00bb, aurait r\u00e9pondu : \u00ab Non, mais il comprend ce type de savoir, et ce qui est \u00e9crit \u00e0 son sujet. \u00bb La conversation est rapport\u00e9e par le r\u00e9v\u00e9rend Joseph Spence, dans son ouvrage intitul\u00e9 <em>Anecdotes, Observations, and Characters, of Books and Men. <\/em><em>Collected from the Conversation of Mr. Pope, and Other Eminent Persons of His Time<\/em> (1820, p. 178). Lord Henry St. John Bolingbroke (1678-1751) est influent un homme politique et philosophe anglais.<\/span>, vous ne faites que \u00ab comprendre ce genre d\u2019apprentissage et ce qu\u2019on \u00e9crit \u00e0 son sujet \u00bb, et vous admirez peut-\u00eatre des femmes qui peuvent avoir des pens\u00e9es d\u00e9sobligeantes \u00e0 votre \u00e9gard dans toutes les langues s\u00e9mitiques les unes apr\u00e8s les autres. Mais comme on nous dit presque toujours que l\u2019h\u00e9ro\u00efne a une \u00ab t\u00eate magnifiquement petite<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb et que son intellect s\u2019est sans doute enrichi tr\u00e8s t\u00f4t d\u2019une attention \u00e0 la mani\u00e8re de se v\u00eatir et de se tenir, nous pouvons en conclure qu\u2019elle apprend les langues orientales, sans parler de leurs dialectes, avec l\u2019aisance a\u00e9rienne du papillon qui savoure son nectar. De plus, il n\u2019y a aucune difficult\u00e9 \u00e0 cerner la profondeur de l\u2019\u00e9rudition de l\u2019h\u00e9ro\u00efne quand celle de l\u2019autrice se manifeste avec autant d\u2019\u00e9vidence.<\/p>\n<p>Dans <em>Laura Gay<\/em>, un autre roman de la m\u00eame \u00e9cole, l\u2019h\u00e9ro\u00efne para\u00eet moins \u00e0 l\u2019aise avec le grec et l\u2019h\u00e9breu, mais elle compense cette lacune par une familiarit\u00e9 plut\u00f4t ludique avec les classiques latins \u2013 \u00ab le cher vieux Virgile [\u2026], l\u2019\u00e9l\u00e9gant Horace, l\u2019humain Cic\u00e9ron [et] l\u2019agr\u00e9able Tite-Live \u00bb (anonyme, 1856a, vol. I, p. 34); en effet, il lui est tellement naturel de citer du latin qu\u2019elle s\u2019y adonne lors d\u2019un pique-nique en la compagnie tr\u00e8s mixte de dames et de messieurs, nous dit-on, en n\u2019ayant \u00ab aucune id\u00e9e que le sexe fort \u00e9tait capable de jalousie dans ce domaine. Et si, justement, la partie la plus sage et la plus noble de ce sexe formait la majorit\u00e9, un tel sentiment n\u2019existerait pas. Or, tant que les Mlle Wyndham et les M. Redford abondent, leur existence exige de grands sacrifices. \u00bb (vol. I, p. 132) Ces sacrifices, supposons-nous, consistent \u00e0 s\u2019abstenir de citations latines, lesquelles offrent un int\u00e9r\u00eat et une applicabilit\u00e9 extr\u00eamement mod\u00e9r\u00e9s, dont la minorit\u00e9 sage et noble de l\u2019autre sexe serait tout aussi dispos\u00e9e \u00e0 se dispenser que la majorit\u00e9 stupide et ignoble. Les hommes bien \u00e9lev\u00e9s ont aussi peu l\u2019habitude que les femmes bien \u00e9lev\u00e9es de citer du latin dans les r\u00e9unions mixtes; ils peuvent contenir leur familiarit\u00e9 avec \u00ab l\u2019humain Cic\u00e9ron \u00bb sans qu\u2019elle d\u00e9borde dans les conversations ordinaires, et m\u00eame les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 \u00ab l\u2019agr\u00e9able Tite-Live \u00bb n\u2019ont rien d\u2019absolument irr\u00e9pressible. Mais le latin cic\u00e9ronien reste l\u2019expression la plus l\u00e9g\u00e8re du pouvoir de conversation de Mlle Gay. Se trouvant sur le Palatin avec un groupe de touristes, elle se lance dans cette remarque bien \u00e9toff\u00e9e : \u00ab La v\u00e9rit\u00e9 ne peut \u00eatre pure que de mani\u00e8re objective, car m\u00eame dans les croyances o\u00f9 elle pr\u00e9domine, \u00e9tant subjective et divis\u00e9e en plusieurs parts, chacune d\u2019entre elles re\u00e7oit n\u00e9cessairement une teinte d\u2019idiosyncrasie, c\u2019est-\u00e0-dire un soup\u00e7on de superstition plus ou moins fort. Dans d\u2019autres croyances comme le catholicisme romain, l\u2019ignorance, l\u2019int\u00e9r\u00eat, les fondements d\u2019anciennes idol\u00e2tries et la force de l\u2019autorit\u00e9 se sont progressivement accumul\u00e9s autour de la pure v\u00e9rit\u00e9 et l\u2019ont finalement transform\u00e9e en un amas de superstitions chez la majorit\u00e9 de ses adeptes; et comme il y en a peu, h\u00e9las! dont le z\u00e8le, le courage et l\u2019\u00e9nergie intellectuelle se montrent dignes d\u2019analyser cette accumulation et de d\u00e9couvrir la perle de grande valeur qui se cache sous ce tas d\u2019immondices. \u00bb (vol. I, p. 108-109) Nous avons souvent rencontr\u00e9 des femmes beaucoup plus novatrices et profondes dans leurs observations que Laura Gay, mais presque jamais de femmes aux propos aussi inopportun\u00e9ment interminables. Un seigneur cl\u00e9rical, \u00e0 demi amoureux d\u2019elle, s\u2019alarme des paroles audacieuses qui viennent d\u2019\u00eatre cit\u00e9es et commence \u00e0 la soup\u00e7onner d\u2019avoir un penchant pour la libre-pens\u00e9e. Mais il se trompe : dans un moment de chagrin, il lui demande d\u00e9licatement la permission de \u00ab rappeler \u00e0 sa m\u00e9moire [\u2026] le <em>d\u00e9p\u00f4t<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-6\">6<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-6\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"6\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> de force et de consolation qui surgit de la douleur, et que nous avons trop tendance \u00e0 oublier tant que les \u00e9preuves de la vie ne nous accablent pas \u00bb (vol. I, p. 252; Eliot souligne); nous apprenons alors qu\u2019elle a bel et bien \u00ab la r\u00e9currence de ce d\u00e9p\u00f4t<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"7\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-7\">7<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-7\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"7\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> sacr\u00e9 \u00bb (vol. I, p. 254), accompagn\u00e9e d\u2019une tasse de th\u00e9. Une certaine touche d\u2019orthodoxie se m\u00eale au cort\u00e8ge des fortunes personnelles et des belles voitures dans <em>Laura Gay<\/em>, mais il s\u2019agit d\u2019une orthodoxie att\u00e9nu\u00e9e par l\u2019\u00e9tude de \u00ab l\u2019humain Cic\u00e9ron \u00bb et par une \u00ab disposition \u00e0 l\u2019analyse intellectuelle<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"8\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-8\">8<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-8\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"8\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb.<\/p>\n<p><em>Compensation <\/em>comporte un dosage beaucoup plus important de doctrine, ainsi qu\u2019une triple quantit\u00e9 de mondanit\u00e9s snobinardes et d\u2019incidents absurdes pour titiller les papilles de la frivolit\u00e9 pieuse. Linda, l\u2019h\u00e9ro\u00efne, demeure plus sp\u00e9culative et spirituelle que Laura Gay, mais elle a fait ses d\u00e9buts en soci\u00e9t\u00e9 et compte des amants plus nombreux et bien plus prestigieux; des femmes tr\u00e8s m\u00e9chantes et fascinantes sont mises en sc\u00e8ne \u2013 m\u00eame une <em>lionne<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"9\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-9\">9<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-9\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"9\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> fran\u00e7aise \u2013 et on ne l\u00e9sine pas sur les moyens pour cr\u00e9er une histoire aussi excitante que les romans les plus immoraux. En fait, il s\u2019agit d\u2019un merveilleux <em>pot-pourri<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"10\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-10\">10<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-10\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"10\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> compos\u00e9 du club social Almack\u2019s<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"11\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-11\">11<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-11\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"11\">Inaugur\u00e9 en 1765, le club Almack\u2019s a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tablissement le plus exclusif de la haute soci\u00e9t\u00e9 londonienne jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9clin dans les ann\u00e9es 1830 (note de la r\u00e9daction, ci-apr\u00e8s \u00ab N.D.L.R. \u00bb).<\/span>, de la clairvoyance \u00e9cossaise, des petits d\u00e9jeuners de M. Rogers<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"12\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-12\">12<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-12\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"12\">Le po\u00e8te et banquier anglais Samuel \u00ab Breakfast \u00bb Rogers (1763-1855) est connu pour ses petits-d\u00e9jeuners r\u00e9unissant le gratin intellectuel de l\u2019\u00e9poque (N.D.L.R.).<\/span>, de brigands italiens, de conversions de derni\u00e8re heure, d\u2019autrices sup\u00e9rieures, de ma\u00eetresses italiennes et de tentatives d\u2019empoisonnement de vieilles dames, le tout agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019un discours sur la \u00ab foi et [le] d\u00e9veloppement \u00bb ainsi que les \u00ab esprit[s] des plus originaux \u00bb (Chatterton, 1856, p. 213; p. 85). M\u00eame Mlle Susan Barton, l\u2019autrice sup\u00e9rieure dont la plume se d\u00e9place d\u2019une \u00ab mani\u00e8re rapide et d\u00e9cid\u00e9e [\u2026] lorsqu\u2019elle compose \u00bb (p. 8), d\u00e9cline les meilleures perspectives de mariage; et bien qu\u2019elle soit assez \u00e2g\u00e9e pour \u00eatre la m\u00e8re de Linda (puisqu\u2019on nous dit qu\u2019elle a refus\u00e9 son p\u00e8re), sa main se voit convoit\u00e9e par un jeune comte, l\u2019amant \u00e9conduit de l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Bien s\u00fbr, le g\u00e9nie et la moralit\u00e9 doivent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019offres recevables, sinon ces qualit\u00e9s sembleraient plut\u00f4t ennuyeuses; comme d\u2019autres choses, la pi\u00e9t\u00e9 doit faire partie de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb et \u00eatre admise dans les meilleurs cercles pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e <em>comme il faut<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"13\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-13\">13<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-13\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"13\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span>.<\/p>\n<p><em>Rang et beaut\u00e9<\/em> constitue une vari\u00e9t\u00e9 plus frivole et moins religieuse de l\u2019esp\u00e8ce esprit-et-ganterie. L\u2019h\u00e9ro\u00efne, nous dit-on, \u00ab\u00a0si elle a h\u00e9rit\u00e9 de la fiert\u00e9 du lignage de son p\u00e8re et de la beaut\u00e9 des traits de sa m\u00e8re, portait en elle l\u2019expression d\u2019un sentiment enthousiaste qui, peut-\u00eatre, caract\u00e9rise son \u00e2ge m\u00eame chez les gens de basse naissance, mais ne prend la forme d\u2019un haut degr\u00e9 de romantisme sauvage que chez ceux d\u2019ascendance noble, estimant qu\u2019il s\u2019agit de leur plus grand h\u00e9ritage\u00a0\u00bb (Anonyme, 1856b, vol. I, p.\u00a07). Cette jeune femme enthousiaste, \u00e0 force de lire le journal \u00e0 son p\u00e8re, tombe amoureuse du <em>premier ministre<\/em> qui, par le biais d\u2019articles de fond et du \u00ab\u00a0<em>r\u00e9sum\u00e9<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"14\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-14\">14<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-14\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"14\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> des d\u00e9bats\u00a0\u00bb (vol. I, p.\u00a08; Eliot souligne), illumine son imagination comme une \u00e9toile singuli\u00e8re et brillante n\u2019ayant point de parallaxe pour la simple Mlle\u00a0Wyndham, qui vit \u00e0 la campagne. Or, elle devient imm\u00e9diatement baronne Umfraville de son propre droit, \u00e9bahit le monde par sa beaut\u00e9 et ses succ\u00e8s lorsqu\u2019elle d\u00e9ferle sur lui depuis son manoir de Spring Gardens, puis, comme vous le pr\u00e9voyez, fera bient\u00f4t connaissance avec l\u2019<em>objet aim\u00e9<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"15\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-15\">15<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-15\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"15\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span>, jusque-l\u00e0 invisible. Les mots \u00ab\u00a0premier ministre\u00a0\u00bb vous \u00e9voquent peut-\u00eatre un sexag\u00e9naire rid\u00e9 ou ventripotent, mais je vous prie d\u2019\u00e9carter cette image. Lord Rupert Conway a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0appel\u00e9, alors qu\u2019il \u00e9tait encore presque un jeune homme, \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la premi\u00e8re place qu\u2019un sujet peut occuper dans l\u2019<em>univers\u00a0\u00bb<\/em> (vol. I, p.\u00a08; Eliot souligne), et m\u00eame les \u00e9ditoriaux et le <em>r\u00e9sum\u00e9<\/em> des d\u00e9bats n\u2019ont pas fait na\u00eetre un r\u00eave qui surpasse la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-0d3cbd4b-f5ea-4f17-a343-c6a0d947c231\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>La porte s\u2019ouvrit \u00e0 nouveau et lord Rupert Conway entra. Evelyn jeta un coup d\u2019\u0153il. C\u2019\u00e9tait suffisant, elle ne fut pas d\u00e9\u00e7ue. Il lui semblait qu\u2019un tableau qu\u2019elle avait longtemps contempl\u00e9 avait soudain pris vie et \u00e9tait sorti de son cadre devant elle. Sa haute silhouette, son air de simplicit\u00e9 distingu\u00e9e \u2013 c\u2019\u00e9tait un Vandyke<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"16\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-16\">16<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-16\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"16\">Connu pour ses portraits, Antoon van Dyck (1599-1641) est un peintre flamand qui a s\u00e9journ\u00e9 plusieurs fois \u00e0 Londres durant sa carri\u00e8re (N.D.L.R.).<\/span> <em>vivant, un cavalier, l\u2019un de ses nobles anc\u00eatres cavaliers ou celui auquel sa fantaisie \u00e0 elle l\u2019avait toujours compar\u00e9, qui avait combattu les peuples pa\u00efens bien au-del\u00e0 de la mer avec un Umfraville, il y a fort longtemps. \u00c9tait-ce la r\u00e9alit\u00e9?&nbsp;\u00bb (vol. I, p.&nbsp;13)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Cela lui ressemble tr\u00e8s peu, \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-0c1cda13-bcd3-4c3f-8da5-a8369727db39\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Peu \u00e0 peu, il devient \u00e9vident que le c\u0153ur du premier ministre est touch\u00e9. Lady Umfraville rend visite \u00e0 la Reine \u00e0 Windsor, et\u2026<br>Le dernier soir de son s\u00e9jour, en revenant de l\u2019\u00e9quitation, M. Wyndham l\u2019emmena avec un grand nombre de personnes au sommet du Donjon, pour admirer la vue. Elle \u00e9tait appuy\u00e9e sur les cr\u00e9neaux, contemplant de cette \u00ab hauteur majestueuse \u00bb la perspective qui s\u2019offrait \u00e0 elle, lorsque lord Rupert se trouva \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. \u00ab Quelle vue incomparable! \u00bb s\u2019exclama-t-elle.<br>\u00ab Oui, cela aurait \u00e9t\u00e9 une erreur de partir sans \u00eatre mont\u00e9e ici. Vous \u00eates satisfaite de votre visite? \u00bb<br>\u00ab Enchant\u00e9e! Une reine sous laquelle vivre et mourir, pour laquelle vivre et mourir! \u00bb<br>\u00ab Ha! \u00bb s\u2019\u00e9cria-t-il, avec une \u00e9motion soudaine et une expression d\u2019<\/em><strong>eur\u00eaka<\/strong><em> approbatrice, comme s\u2019il <\/em><strong>avait vraiment trouv\u00e9 un c\u0153ur en harmonie avec le sien<\/strong><em>. (vol. I, p. 89; Eliot souligne)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>L\u2019\u00ab\u00a0expression d\u2019<em>eur\u00eaka<\/em> approbatrice \u00bb appara\u00eet tout de suite comme une proph\u00e9tie de mariage \u00e0 la fin du troisi\u00e8me volume; mais cette consommation souhaitable est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de malentendus tr\u00e8s compliqu\u00e9s, provenant principalement de l\u2019intrigue vindicative de sir Luttrel Wycherley, d\u00e9crit comme un g\u00e9nie, un po\u00e8te et, \u00e0 tous \u00e9gards, un personnage tout \u00e0 fait remarquable. Celui-ci n\u2019est pas seulement un po\u00e8te romantique, mais aussi un d\u00e9bauch\u00e9 endurci et un esprit cynique; pourtant, sa passion profonde pour lady Umfraville a tellement appauvri son talent \u00e9pigrammatique qu\u2019il fait pi\u00e8tre figure en conversation. Lorsqu\u2019elle l\u2019\u00e9conduit, il se pr\u00e9cipite dans les buissons et se roule dans la boue; puis, une fois r\u00e9tabli, il se consacre aux projets de vengeance les plus diaboliques et les plus laborieux, au cours desquels il se d\u00e9guise en m\u00e9decin charlatan et se lance dans la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, pr\u00e9voyant qu\u2019Evelyn tombera malade et qu\u2019il sera appel\u00e9 \u00e0 s\u2019occuper d\u2019elle. Enfin, lorsque tous ses projets ont \u00e9chou\u00e9, il prend cong\u00e9 d\u2019elle dans une longue lettre \u00e9crite enti\u00e8rement, comme vous le constaterez dans le passage suivant, dans le style d\u2019un \u00e9minent homme de lettres :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-95a2d64c-b1a0-4de8-937f-fa3df79ba32a\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Oh, dame, nourrie de faste et de plaisir, accorderez-vous jamais une pens\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00eatre mis\u00e9rable qui s\u2019adresse \u00e0 vous? Lorsque votre gal\u00e8re dor\u00e9e voguera sur le flot tranquille de la prosp\u00e9rit\u00e9 et que vous serez berc\u00e9e par la musique la plus douce \u2013 vos propres louanges \u2013, entendrez-vous jamais le soupir lointain provenant de ce monde vers lequel je vais?&nbsp;\u00bb (vol.&nbsp;III, p.&nbsp;238)<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, cependant, aussi frivole soit-il, nous pr\u00e9f\u00e9rons <em>Rang et beaut\u00e9<\/em> aux deux autres romans que nous avons mentionn\u00e9s. Le dialogue se montre plus naturel et plus vif; il y a une certaine ignorance franche, mais pas de p\u00e9danterie; et vous pouvez prendre l\u2019intelligence stup\u00e9fiante de l\u2019h\u00e9ro\u00efne pour argent comptant, sans avoir \u00e0 lire les r\u00e9futations qu\u2019elle r\u00e9plique aux sceptiques et aux philosophes, ou ses solutions rh\u00e9toriques aux myst\u00e8res de l\u2019univers.<\/p>\n<p>Les \u00e9crivaines de l\u2019\u00e9cole esprit-et-ganterie s\u2019av\u00e8rent remarquablement unanimes dans le choix de leur \u00e9locution. Dans leurs romans, il y a g\u00e9n\u00e9ralement une dame ou un monsieur qui \u00e9quivaut plus ou moins \u00e0 un arbre \u00e0 poison; l\u2019amant a un torse viril; les esprits \u00e9voquent diverses choses; les c\u0153urs sont malhonn\u00eates; les \u00e9v\u00e9nements sont instrumentalis\u00e9s; les camarades sont envoy\u00e9\u00b7e\u00b7s au tombeau; l\u2019enfance se d\u00e9crit comme une p\u00e9riode engageante; le soleil est un luminaire qui se retire sur son canap\u00e9 occidental, ou qui recueille les gouttes de pluie en son sein resplendissant; la vie repr\u00e9sente une b\u00e9n\u00e9diction m\u00e9lancolique; Albion et Scotia<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"17\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-17\">17<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-17\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"17\">Ces termes po\u00e9tiques r\u00e9f\u00e8rent, respectivement, \u00e0 l\u2019Angleterre et \u00e0 l\u2019\u00c9cosse (N.D.L.R.).<\/span> constituent des \u00e9pith\u00e8tes utilis\u00e9es dans les conversations. Il y a \u00e9galement une ressemblance frappante dans la teneur de leurs commentaires moraux, par exemple : \u00ab C\u2019est un fait, non moins vrai que m\u00e9lancolique, que tous les gens, plus ou moins, riches ou pauvres, sont influenc\u00e9s par le mauvais exemple \u00bb (Stretton, 1855, vol. I, p. 263); que \u00ab Les livres, aussi insignifiants soient-ils, contiennent certains sujets dont on peut tirer des informations utiles<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"18\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-18\">18<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-18\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"18\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb; que \u00ab Le vice peut trop souvent emprunter le langage de la vertu \u00bb; que \u00ab Le m\u00e9rite et la noblesse intrins\u00e8ques doivent exister pour \u00eatre accept\u00e9s, car la clameur et la pr\u00e9tention ne peuvent s\u2019imposer aux personnes qui connaissent trop bien la nature humaine pour \u00eatre facilement tromp\u00e9es<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"19\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-19\">19<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-19\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"19\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb; et que \u00ab Pour pardonner, je dois avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e \u00bb (Anonyme, 1856b, vol. I, p. 301). Il y a sans doute une portion du lectorat \u00e0 qui ces remarques paraissent particuli\u00e8rement pointues et mordantes, car nous les trouvons souvent soulign\u00e9es \u00e0 double et triple trait de crayon, et des mains d\u00e9licates traduisent leur adh\u00e9sion r\u00e9solue \u00e0 ces nouveaut\u00e9s durables par un <em>tr\u00e8s vrai<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"20\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-20\">20<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-20\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"20\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> accentu\u00e9 par de nombreuses marques exclamatives. Le style familier de ces romans se caract\u00e9rise souvent par de nombreuses inversions ing\u00e9nieuses, ainsi qu\u2019un \u00e9vitement minutieux de la phras\u00e9ologie bon march\u00e9 que l\u2019on peut entendre au quotidien. De jeunes messieurs en col\u00e8re s\u2019exclament: \u00ab Il en est toujours ainsi, me semble-t-il<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"21\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-21\">21<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-21\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"21\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb et, dans la demi-heure qui pr\u00e9c\u00e8de le d\u00eener, une jeune femme informe sa voisine que le premier jour o\u00f9 elle a lu Shakespeare, elle \u00ab s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e dans le parc et, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un arbre verdoyant, a d\u00e9vor\u00e9 avec ravissement les pages inspir\u00e9es \u00e9crites par le grand magicien \u00bb (Moodie, 1853, vol. I, p. 254). Mais c\u2019est dans leurs r\u00e9flexions philosophiques que les \u00e9crivaines de l\u2019esp\u00e8ce esprit-et-ganterie d\u00e9ploient leurs efforts les plus remarquables. L\u2019autrice<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"22\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-22\">22<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-22\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"22\">Eliot pr\u00e9sume le sexe de la personne anonyme derri\u00e8re <em>Laura Gay<\/em>.<\/span> de <em>Laura Gay<\/em>, par exemple, apr\u00e8s avoir mari\u00e9 son h\u00e9ros et son h\u00e9ro\u00efne, am\u00e9liore l\u2019\u00e9v\u00e9nement en observant que \u00ab\u00a0si les sceptiques, dont les yeux ont \u00e9t\u00e9 si longtemps fix\u00e9s sur la mati\u00e8re qu\u2019ils ne voient rien d\u2019autre en l\u2019\u00eatre humain, pouvaient une seule fois acc\u00e9der \u00e0 une telle f\u00e9licit\u00e9 dans leur c\u0153ur et leur esprit, ce serait pour dire que l\u2019\u00e2me de l\u2019Homme et celle du poulpe n\u2019ont ni la m\u00eame origine ni la m\u00eame texture\u00a0\u00bb (vol.\u00a0II, p.\u00a0291). Il appert que les femmes romanci\u00e8res voient autre chose que la mati\u00e8re. Elles ne se limitent pas aux ph\u00e9nom\u00e8nes et peuvent soulager leurs yeux en apercevant parfois le <em>noum\u00e8ne<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"23\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-23\">23<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-23\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"23\">Concept introduit par le philosophe allemand Immanuel Kant dans sa <em>Critique de la raison pure<\/em> (1781-87) afin de d\u00e9signer la r\u00e9alit\u00e9 en soi, en dehors de toute exp\u00e9rience (N.D.L.R.).<\/span>; elles s\u2019av\u00e8rent donc naturellement mieux plac\u00e9es que quiconque pour d\u00e9concerter les sceptiques, y comprend cette \u00e9cole remarquable, mais inconnue de nous, qui soutient que l\u2019\u00e2me de l\u2019Homme est de la m\u00eame texture que celle du poulpe.<\/p>\n<p>Les plus pitoyables de tous les romans idiots des dames romanci\u00e8res appartiennent \u00e0 la cat\u00e9gorie que l\u2019on peut qualifier d\u2019<em>oraculaire<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire des romans destin\u00e9s \u00e0 exposer les th\u00e9ories religieuses, philosophiques ou morales de l\u2019autrice. Il semble qu\u2019il existe chez les femmes une notion qui s\u2019apparente \u00e0 la superstition selon laquelle les paroles et les actes des personnes idiotes sont illumin\u00e9s, et que l\u2019\u00eatre humain le plus d\u00e9pourvu de bon sens constitue le meilleur vecteur de r\u00e9v\u00e9lation. \u00c0 en juger par leurs \u00e9crits, certaines dames pensent qu\u2019une ignorance \u00e9tonnante, \u00e0 la fois de la science et de la vie, fournit la meilleure qualification possible pour se faire une opinion sur les questions morales et sp\u00e9culatives les plus \u00e9pineuses. Apparemment, leur recette pour r\u00e9soudre toutes ces difficult\u00e9s ressemble \u00e0 la suivante: prendre la t\u00eate d\u2019une femme, la farcir d\u2019un peu de philosophie et de litt\u00e9rature hach\u00e9es finement ainsi que de fausses conceptions de la soci\u00e9t\u00e9 cuites \u00e0 point, la laisser pendre au-dessus d\u2019un bureau quelques heures par jour, puis la servir toute chaude dans un anglais m\u00e9diocre lorsqu\u2019elle n\u2019est pas n\u00e9cessaire. Vous rencontrerez rarement une romanci\u00e8re de la classe oraculaire qui doute de sa capacit\u00e9 \u00e0 trancher les questions th\u00e9ologiques, qui soup\u00e7onne qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019aptitude de distinguer avec la plus grande pr\u00e9cision le bien et le mal dans tous les partis religieux, qui ne voit pas pr\u00e9cis\u00e9ment comment l\u2019humanit\u00e9 s\u2019est tromp\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent et qui plaint les philosophes en g\u00e9n\u00e9ral de n\u2019avoir pas eu l\u2019occasion de la consulter. Les grands noms de la litt\u00e9rature, lesquels se sont modestement content\u00e9s de mettre leur exp\u00e9rience en fiction, et qui ont estim\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une t\u00e2che suffisante que de montrer les \u00eatres et les choses tels qu\u2019ils sont, la font soupirer d\u2019ennui sous pr\u00e9texte qu\u2019ils ont lamentablement manqu\u00e9 d\u2019application dans l\u2019exercice de leurs pouvoirs. \u00ab Ils n\u2019ont pas r\u00e9solu de grandes questions<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"24\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-24\">24<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-24\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"24\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb \u2013 et elle est pr\u00eate \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 leur omission en vous pr\u00e9sentant une th\u00e9orie compl\u00e8te de la vie et un manuel de th\u00e9ologie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une histoire d\u2019amour, o\u00f9 des dames et des messieurs de bonne famille passent par des vicissitudes distingu\u00e9es devant la confusion totale des d\u00e9istes, des pus\u00e9istes et des ultra-protestants<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"25\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-25\">25<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-25\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"25\">Eliot mentionne ici trois courants de pens\u00e9e religieux qui traversent l\u2019Angleterre du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle: le d\u00e9isme est un mouvement associ\u00e9 \u00e0 l\u2019empirisme qui soutient que la science moderne indique l\u2019intervention d\u2019un \u00eatre divin \u00e0 l\u2019origine du monde; le pus\u00e9isme est un mouvement anglocatholique qui cherche \u00e0 ramener certaines pratiques religieuses abandonn\u00e9es lors de l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019\u00c9glise anglicane; \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, l\u2019ultra-protestantisme est marqu\u00e9 par l\u2019anti-catholicisme et la promotion d\u2019un empire britannique anglican (N.D.L.R.).<\/span>, et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement parfait de cette vision particuli\u00e8re du christianisme qui se condense en une phrase en petites majuscules ou explose en un amas d\u2019\u00e9toiles \u00e0 la trois cent trenti\u00e8me page. Il est vrai que les dames et les messieurs ressemblent probablement tr\u00e8s peu \u00e0 ceux que vous avez eu la chance ou le malheur de rencontrer, car, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la capacit\u00e9 d\u2019une romanci\u00e8re \u00e0 d\u00e9crire la vie r\u00e9elle et ses semblables s\u2019av\u00e8re inversement proportionnelle \u00e0 son \u00e9loquence confiante au sujet de Dieu et de l\u2019autre monde, et le moyen qu\u2019elle choisit habituellement pour vous transmettre des v\u00e9rit\u00e9s concernant l\u2019invisible correspond \u00e0 une image totalement fausse du visible.<\/p>\n<p>Le roman <em>L\u2019\u00c9nigme: une page des chroniques de la Maison Wolchorley<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"26\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-26\">26<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-26\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"26\">Citation erron\u00e9e. Le titre devrait plut\u00f4t \u00eatre: <em>L\u2019\u00c9nigme: une page des archives de la Maison Wolchorley<\/em>.<\/span> constitue un roman oraculaire aussi typique que possible. L\u2019\u00bb \u00e9nigme \u00bb que ce roman doit r\u00e9soudre en est certainement une qui exige des pouvoirs aussi gigantesques que ceux d\u2019une romanci\u00e8re, puisqu\u2019il s\u2019agit ni plus ni moins de l\u2019existence du mal. Le probl\u00e8me se voit \u00e9nonc\u00e9 d\u00e8s la premi\u00e8re page et la r\u00e9ponse, vaguement pressentie. La jeune fille fougueuse, aux cheveux de jais, dit : \u00ab Toute la vie est une confusion inextricable \u00bb (Anonyme, 1856b, p. 1), tandis que la jeune fille docile, aux cheveux auburn, regarde le tableau de la Madone qu\u2019elle est en train de copier, et\u2026 \u00ab <em>Voil\u00e0<\/em> la solution de cette \u00e9nigme redoutable\u00a0\u00bb (p.\u00a01). Ce roman arbore un style tout aussi \u00e9lev\u00e9 que son objectif; en effet, certains passages que nous avons patiemment \u00e9tudi\u00e9s restent tout \u00e0 fait hors de notre port\u00e9e, malgr\u00e9 l\u2019aide illustrative de l\u2019italique et des petites majuscules, et nous devons esp\u00e9rer un \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb (p.\u00a04) plus pouss\u00e9 pour les comprendre. D\u2019Ernest, le jeune eccl\u00e9siastique mod\u00e8le qui donne raison \u00e0 tout le monde en toutes occasions, nous apprenons d\u2019abord qu\u2019\u00bb\u00a0il ne tenait pas au mariage sous sa forme mercantile, apr\u00e8s une profanation sociale\u00a0\u00bb (p.\u00a0293) et que, lors d\u2019une nuit mouvement\u00e9e, \u00ab\u00a0le sommeil n\u2019avait pas visit\u00e9 son c\u0153ur divis\u00e9 o\u00f9 tumultuaient, en types et combinaisons vari\u00e9s, les sentiments agr\u00e9g\u00e9s du chagrin et de la joie\u00a0\u00bb (p.\u00a0289). En outre, \u00ab\u00a0il n\u2019avait aucune tol\u00e9rance pour le commerce de l\u2019article humain, qu\u2019il soit de n\u2019importe quelle sorte ou qu\u2019il ait n\u2019importe quelle valeur, que ce soit pour le culte ou la classe; son \u00e2me droite abhorrait cela, dont l\u2019ultimatum, l\u2019aveuglement, repr\u00e9sentait pour lui le <em>grand mensonge spirituel <\/em>: \u201cvivre sous une fa\u00e7ade vaniteuse, tromper et \u00eatre tromp\u00e9\u201d, puisqu\u2019il ne supposait pas que le phylact\u00e8re et les longues franges du v\u00eatement<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"27\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-27\">27<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-27\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"27\">Allusion \u00e0 un passage de la Bible (Mathieu, 23:5) qui associe l\u2019ampleur des v\u00eatements \u00e0 la vanit\u00e9 : \u00ab Ils font toutes leurs actions pour \u00eatre vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylact\u00e8res, et ils ont de longues franges \u00e0 leurs v\u00eatements \u00bb (Louis Second).<\/span> \u00e9taient <em>purement <\/em>une ruse sociale \u00bb (p. 181). (L\u2019italique et les petites majuscules proviennent de l\u2019original et nous esp\u00e9rons qu\u2019elles aideront le lectorat \u00e0 comprendre.) De sir Lionel, le vieux gentleman mod\u00e8le, on nous dit :<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-c101a639-5e8d-44b9-af6b-6da1fd08838a\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>[L]\u2019id\u00e9al simple du Moyen \u00c2ge, en dehors de son anarchie et de sa d\u00e9cadence<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"28\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-28\">28<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-28\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"28\">Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, on retrouve plut\u00f4t : \u00ab&nbsp;son apr\u00e8s-d\u00e9cadence&nbsp;\u00bb.<\/span> <em>[sic], semblait revivre en lui, lorsque les liens qui unissaient les \u00eatres \u00e9taient de nature h\u00e9ro\u00efque. Les couleurs originelles de la foi et de la v\u00e9rit\u00e9 immacul\u00e9e, grav\u00e9es dans l\u2019\u00e2me commune de l\u2019Homme et r\u00e9unies dans la grande arche de la fraternit\u00e9, o\u00f9 la r\u00e8gle primitive de l\u2019<\/em><strong>ordre <\/strong><em>se r\u00e9pandait de plus en plus et le nombre de ses disciples augmentait<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"29\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-29\">29<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-29\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"29\">Allusion \u00e0 un passage de la Bible (Actes, 12:24) : \u00ab&nbsp;Cependant la parole de Dieu se r\u00e9pandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait.&nbsp;\u00bb (Louis Second)<\/span>, <em>tout cela \u00e9tant parfait selon son esp\u00e8ce et mutuellement interd\u00e9pendant. (p.&nbsp;11)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Vous voyez clairement, bien s\u00fbr, comment les couleurs sont d\u2019abord grav\u00e9es dans l\u2019\u00e2me, puis r\u00e9unies dans une grande arche et, sur cette arche de couleurs \u2013 apparemment un arc-en-ciel \u2013, la r\u00e8gle de l\u2019ordre se r\u00e9pandait de plus en plus et le nombre de ses disciples augmentait, tout cela \u2013 apparemment l\u2019arche et la r\u00e8gle \u2013 \u00e9tant parfait selon son esp\u00e8ce? Si, apr\u00e8s cela, vous souhaitez obtenir une assistance suppl\u00e9mentaire pour savoir ce qu\u2019\u00e9tait sir Lionel, nous pouvons vous informer que, dans son \u00e2me, \u00ab les combinaisons scientifiques de la pens\u00e9e ne pouvaient produire des harmonies plus compl\u00e8tes de ce qui est bien et vrai que celles se trouvant dans les pulsations primitives qui flottaient autour d\u2019elle comme une atmosph\u00e8re! \u00bb (p. 240) et que, lorsqu\u2019il cachetait une lettre: \u00ab et voici que la palpitation r\u00e9ceptive dans la poitrine de ce brave homme renvoyait en toute v\u00e9rit\u00e9 le t\u00e9moignage honn\u00eate d\u2019un c\u0153ur qui ne le condamnait pas, tandis que son \u0153il baign\u00e9 d\u2019amour se posait aussi, avec une sorte de fiert\u00e9 ancestrale, sur la devise inalt\u00e9r\u00e9e de la famille [&#8230;] : \u201cLoiaut\u00e9\u201d \u00bb (p. 7).<\/p>\n<p>La vulgarit\u00e9 des moindres sujets se voit fumig\u00e9e par le m\u00eame style raffin\u00e9. Les gens ordinaires diraient qu\u2019un exemplaire de Shakespeare se trouve sur la table d\u2019un salon, mais l\u2019autrice<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"30\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-30\">30<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-30\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"30\">Eliot pr\u00e9sume le sexe de la personne anonyme derri\u00e8re <em>L\u2019\u00c9nigme<\/em>.<\/span> de <em>L\u2019\u00c9nigme<\/em>, tenant r\u00e9solument \u00e0 ses p\u00e9riphrases \u00e9difiantes, vous dit qu\u2019il y a sur la table \u00ab ce fond de pens\u00e9es et de sentiments humains qui \u00e9duque le c\u0153ur \u00e0 travers le petit nom de \u201cShakespeare\u201d \u00bb (p. 14). Un gardien voit une lumi\u00e8re br\u00fbler plus longtemps que d\u2019habitude \u00e0 une fen\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9tage et pense que les gens sont stupides de veiller tard alors qu\u2019ils ont la possibilit\u00e9 d\u2019aller au lit; or, de peur que ce fait ne paraisse trop modeste et commun, on nous le pr\u00e9sente de la mani\u00e8re suivante, saisissante et m\u00e9taphysique : \u00ab Il s\u2019\u00e9merveillait \u2013 car un homme pense <em>toujours<\/em> pour les autres \u00e0 partir d\u2019une personnalit\u00e9 n\u00e9cessairement s\u00e9par\u00e9e et, par cons\u00e9quent (bien qu\u2019il s\u2019en d\u00e9fende), de pr\u00e9misses mentales erron\u00e9es \u2013 de la fa\u00e7on diff\u00e9rente dont <em>il<\/em> agirait, avec quelle joie <em>il<\/em> priserait le repos si peu appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u00bb (p. 214). Un valet de pied \u2013 un Jeames<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"31\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-31\">31<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-31\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"31\">Allusion au personnage \u00e9ponyme du roman de William Makepeace Thackeray, <em>The Diary of C. Jeames de la Pluche<\/em> (1846), \u00e0 la suite duquel nombre de valets fictionnels ont port\u00e9 le nom de \u00ab Jeames \u00bb, une forme affect\u00e9e de \u00ab James \u00bb.<\/span> ordinaire avec de gros mollets et des voyelles aspir\u00e9es \u2013 r\u00e9pond \u00e0 un coup de sonnette et l\u2019on profite de l\u2019occasion pour vous dire qu\u2019il \u00e9tait \u00ab typique de la large classe de subalternes g\u00e2t\u00e9s qui perp\u00e9tuent la mal\u00e9diction de Ca\u00efn : \u201cvagabonds\u201d sur la surface de la Terre dont l\u2019estimation de la race humaine varie suivant l\u2019\u00e9chelle gradu\u00e9e de l\u2019argent et de la d\u00e9pense [&#8230;]. Telles sont, \u00f4 Angleterre, les fausses lumi\u00e8res de ta civilisation morbide! \u00bb (p. 265-266). Nous avons entendu parler de diverses \u00ab fausses lumi\u00e8res \u00bb, du Dr Cumming \u00e0 Robert Owen et du Dr Pusey aux spirites<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"32\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-32\">32<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-32\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"32\">John Cumming (1807-1881) est un homme d\u2019\u00e9glise \u00e9cossais, auquel George Eliot a consacr\u00e9 un article de la <em>Westminster Review<\/em> en 1855; Robert Owen (1771-1858) est un homme d\u2019affaire et militant socialiste connu pour ses sentiments anti-religieux; Edward Bouverie Pusey (1800-1882) est un th\u00e9ologien \u00e0 l\u2019origine du mouvement pus\u00e9iste (voir <em>supra<\/em>, note 25); les spirites, adeptes du populaire mouvement spiritualiste, croient en une version du christianisme o\u00f9 il est possible de communiquer avec les esprits des d\u00e9funt\u00b7e\u00b7s (N.D.L.R.).<\/span>, mais jamais de la fausse lumi\u00e8re qui \u00e9mane de la peluche et de la poudre.<\/p>\n<p>De m\u00eame, des \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s ordinaires de la vie en soci\u00e9t\u00e9 prennent l\u2019allure des crises les plus terribles, et des dames en jupes \u00e9vas\u00e9es et <em>manches \u00e0 la chinoise<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"33\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-33\">33<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-33\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"33\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> se conduisent d\u2019une mani\u00e8re qui rappelle les h\u00e9ro\u00efnes de m\u00e9lodrames sanglants. Mme Percy, une femme du monde superficielle, souhaite que son fils Horace \u00e9pouse Grace, une h\u00e9riti\u00e8re aux cheveux auburn; toutefois, comme le font les fils, il tombe amoureux de Kate aux cheveux de jais, la cousine sans dot de l\u2019h\u00e9riti\u00e8re; en outre, Grace elle-m\u00eame montre tous les sympt\u00f4mes d\u2019une parfaite indiff\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Horace. Dans de tels cas, les fils sont souvent boudeurs ou fougueux, les m\u00e8res sont tour \u00e0 tour manipulatrices et m\u00e9chantes, et la jeune fille sans dot reste souvent \u00e9veill\u00e9e la nuit en pleurant un bon coup. Nous avons pris l\u2019habitude de ces choses, tout comme nous avons pris l\u2019habitude des \u00e9clipses lunaires, lesquelles ne nous font plus hurler ni cogner sur des pots en \u00e9tain. Nous n\u2019avons jamais entendu parler d\u2019une dame en apparence chic se comportant comme Mme Percy dans de telles circonstances. Voyant un jour Horace parler \u00e0 Grace \u00e0 une fen\u00eatre, sans savoir le moins du monde ce dont ils discutent, ni avoir la moindre raison de croire que Grace, qui est la ma\u00eetresse de maison et une personne digne, accepterait son fils s\u2019il s\u2019offrait \u00e0 elle, Mme Percy se pr\u00e9cipite soudain vers les jeunes gens et les \u00e9treint tous les deux en s\u2019exclamant, \u00ab le visage enflamm\u00e9 et d\u2019une mani\u00e8re excit\u00e9e [&#8230;] \u201cVoil\u00e0 un vrai bonheur, car, puis-je ne pas vous appeler ainsi, Grace? \u2013 ma Grace \u2013 la Grace de mon Horace! \u2013 mes chers enfants!\u201d \u00bb (p. 146). Son fils l\u2019informe qu\u2019elle se trompe et qu\u2019il s\u2019est fianc\u00e9 \u00e0 Kate, apr\u00e8s quoi nous assistons \u00e0 la sc\u00e8ne et au tableau suivants :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-fee00c0b-3115-4216-badf-f0065ec9a124\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Rassemblant son \u00e9nergie \u00e0 un niveau sans pr\u00e9c\u00e9dent (!), ses yeux s\u2019illuminant du feu de sa col\u00e8re :<br>\u00ab Malheureux gar\u00e7on! l\u00e2cha-t-elle d\u2019une voix rauque et m\u00e9prisante en serrant le poing. Re\u00e7ois alors le ch\u00e2timent que tu as toi-m\u00eame choisi! Incline ta mis\u00e9rable t\u00eate et laisse ta m\u00e8re\u2026 \u00bb<br>\u00ab Ne le maudissez pas! \u00bb dit une voix grave et profonde derri\u00e8re elle. Mme Percy sursauta, effray\u00e9e, comme si elle avait vu appara\u00eetre un visiteur c\u00e9leste qui la surprenait en plein p\u00e9ch\u00e9<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"34\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-34\">34<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-34\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"34\">Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, la phrase se termine par un point d\u2019exclamation.<\/span><em>.<\/em> [<em>sic<\/em>]<br><em>Entretemps, Horace s\u2019\u00e9tait agenouill\u00e9 \u00e0 ses pieds et se cachait le visage dans les mains.<br>Qui est donc cette personne qui, en v\u00e9ritable \u00ab ange gardien \u00bb, s\u2019\u00e9tait interpos\u00e9e entre le jeune homme et les paroles effrayantes, aussi imm\u00e9rit\u00e9es soient-elles, ont d\u00fb planer comme un voile sur son existence future \u2013 un sort qui ne pouvait \u00eatre d\u00e9li\u00e9, qui ne pouvait \u00eatre d\u00e9dit.<br>D\u2019une p\u00e2leur terrestre, avec le calme immobile et implacable de la mort la seule qui f\u00fbt calme \u00e0 cet instant, Katherine se tenait debout et ses mots frappaient l\u2019oreille par des tons dont l\u2019intonation terriblement lente et distincte r\u00e9sonnait dans le c\u0153ur comme le retentissement glacial et isol\u00e9 de quelque glas fun\u00e8bre.<br>\u00ab Il aurait voulu me pr\u00eater son all\u00e9geance, mais je ne l\u2019ai pas accept\u00e9e; vous ne pouvez donc pas\u2026 vous n<\/em><strong>\u2019osez<\/strong><em> pas le maudire. Et maintenant, continua-t-elle en levant la main vers le ciel, o\u00f9 ses grands yeux sombres se levaient aussi, avec une lueur apais\u00e9e que la <\/em><strong>souffrance<\/strong><em> avait pour la premi\u00e8re fois allum\u00e9e dans ces sph\u00e8res passionn\u00e9es, je promets, contre vents et mar\u00e9es, qu\u2019Horace Wolchorley et moi n\u2019\u00e9changerons jamais de v\u0153ux sans l\u2019assentiment de sa m\u00e8re, sans la b\u00e9n\u00e9diction de sa m\u00e8re! \u00bb (p. 147-148).<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Ici, et tout au long de l\u2019histoire, nous constatons cette confusion des objectifs qui caract\u00e9rise si bien les romans idiots \u00e9crits par des femmes. C\u2019est le r\u00e9cit d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de salon tout \u00e0 fait moderne \u2013 une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on joue des polkas et o\u00f9 l\u2019on discute du pus\u00e9isme; pourtant, nous y trouvons des personnages, des incidents et des traits de caract\u00e8re emprunt\u00e9s \u00e0 la pi\u00e8ce aux romans d\u2019amour les plus h\u00e9t\u00e9roclites. Nous avons un harpiste irlandais atteint de c\u00e9cit\u00e9, \u00ab relique des bardes pittoresques d\u2019autrefois \u00bb (p. 57), qui nous surprend lors d\u2019un festin de th\u00e9 et de g\u00e2teaux organis\u00e9 par l\u2019\u00e9cole du dimanche dans un village anglais. Nous avons une gitane toqu\u00e9e, v\u00eatue d\u2019une cape \u00e9carlate, qui chante des bribes de chansons romantiques et r\u00e9v\u00e8le un secret sur son lit de mort \u2013 dont peut t\u00e9moigner un marchand nain et avare, qui salue les inconnu\u00b7e\u00b7s d\u2019une mal\u00e9diction et d\u2019un rire diabolique \u2013 prouvant ainsi qu\u2019Ernest, le jeune eccl\u00e9siastique mod\u00e8le, est le fr\u00e8re de Kate. Et nous avons un Barney irlandais ultra-vertueux qui d\u00e9c\u00e8le la falsification d\u2019un document en comparant la date du papier avec celle de la pr\u00e9tendue signature, bien que ledit document soit pass\u00e9 devant un tribunal et ait entra\u00een\u00e9 une d\u00e9cision fatale. La r\u00e9sidence de sir Lionel correspond \u00e0 la v\u00e9n\u00e9rable maison de campagne d\u2019une vieille famille, ce qui, nous le supposons, fait s\u2019envoler l\u2019imagination de l\u2019autrice vers des donjons et des remparts o\u00f9 \u00ab voil\u00e0! le gardien sonne le clairon<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"35\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-35\">35<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-35\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"35\">Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, on retrouve plut\u00f4t: \u00ab voil\u00e0! deux coups sonn\u00e9s depuis la tour de garde \u00bb.<\/span> \u00bb (p. 63); en effet, tandis que les pensionnaires se trouvent dans leur chambre \u00e0 coucher lors d\u2019une nuit dont se souvient certainement Pleaceman X<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"36\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-36\">36<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-36\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"36\">R\u00e9f\u00e9rence au narrateur de \u00ab The Ballads of Policeman X \u00bb, un chapitre du recueil de po\u00e8mes <em>Ballads <\/em>(1856) de William Makepeace Thackeray.<\/span>. et qu\u2019une brise se l\u00e8ve \u2013 dont on nous dit d\u2019abord qu\u2019elle \u00e9tait faible, puis qu\u2019elle faisait courber les branches des vieux c\u00e8dres vers la pelouse \u2013, elle tombe dans cette veine de description m\u00e9di\u00e9vale (l\u2019italique est de nous) :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-27f695e1-2f1f-4768-bbe3-84456b13223d\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>La banni\u00e8re, elle <strong>se d\u00e9ploya<\/strong> au son de l\u2019appel et secoua son aile gardienne vers le haut tandis que la chouette effray\u00e9e, elle s\u2019<\/em><strong>agita<\/strong><em> dans le lierre; le firmament, \u00e0 travers ses \u00ab&nbsp;yeux d\u2019Argus&nbsp;\u00bb, observa :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les m\u00e9lodies muettes des ministres du paradis.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et voici que deux coups retentirent de la tour du gardien, puis son traducteur en contrebas r\u00e9p\u00e9ta: \u00ab&nbsp;Deux heures&nbsp;\u00bb. (p.&nbsp;63)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Les histoires comme celle de <em>L\u2019\u00c9nigme<\/em> nous rappellent les images que les enfants intelligents dessinent parfois \u00ab\u00a0\u00e0 partir de leur propre imagination\u00a0\u00bb, o\u00f9 vous verrez une villa moderne se dressant \u00e0 droite, deux chevaliers casqu\u00e9s se battant au premier plan et un tigre souriant dans une jungle \u00e0 gauche, les diff\u00e9rents objets se c\u00f4toyant parce que l\u2019artiste les trouve jolis, et peut-\u00eatre encore plus parce qu\u2019il se souvient de les avoir vus dans d\u2019autres images.<\/p>\n<p>Mais nous aimons beaucoup mieux l\u2019autrice sur ses \u00e9chasses m\u00e9di\u00e9vales que sur ses \u00e9chasses oraculaires, quand elle parle du Moi, du \u00ab subjectif \u00bb et de l\u2019\u00bb objectif \u00bb, et qu\u2019elle trace la ligne exacte de la v\u00e9rit\u00e9 chr\u00e9tienne, entre \u00ab les exc\u00e8s de la main droite et les d\u00e9clinaisons de la main gauche<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"37\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-37\">37<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-37\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"37\">L\u2019expression fait peut-\u00eatre allusion au tract <em>A Hind Let Loose <\/em>du Pasteur \u00e9cossais Alexander Shields (c. 1660-1700), dans lequel on retrouve l\u2019extrait suivant : \u00ab they came to be offended at Mr. Cargil\u2019s faithfulness, who spared neither left hand declensions, nor right hand extremes \u00bb (1687, p. 171), soit \u00ab ils en vinrent \u00e0 s\u2019offusquer de la fid\u00e9lit\u00e9 de M. Cargil, qui ne m\u00e9nageait ni les d\u00e9clinaisons de la main gauche, ni les extr\u00eames de la main droite \u00bb.<\/span> \u00bb. Les personnes qui s\u2019\u00e9cartent de cette ligne sont pr\u00e9sent\u00e9es avec un air de charit\u00e9 condescendante. D\u2019une certaine Mlle Inshquine, elle nous informe, avec toute la lucidit\u00e9 de l\u2019italique et des petites majuscules, que \u00ab le <em>fond<\/em>, et non la <em>forme<\/em>, en tant que <em>l\u2019expression ext\u00e9rieure in\u00e9vitable de l\u2019esprit en cette \u00e8re de tabernacles \u00e9vang\u00e9liques<\/em>, l\u2019absorbait faiblement\u00a0\u00bb (p.\u00a0185). Et <em>\u00e0 propos<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"38\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-38\">38<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-38\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"38\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> de Mlle\u00a0Mayjar, une dame \u00e9vang\u00e9lique ayant un peu trop tendance \u00e0 parler de ses visites aux femmes malades et de l\u2019\u00e9tat de leurs \u00e2mes, on nous dit qu\u2019Ernest \u2013 l\u2019eccl\u00e9siastique mod\u00e8le \u2013 \u00ab\u00a0n\u2019est pas du genre \u00e0 ignorer, \u00e0 travers la cro\u00fbte <em>sup\u00e9rieure<\/em>, le sous-courant incitant le <em>sujet<\/em> au bien, ni les avantages positifs, n\u00e9anmoins, de l\u2019<em>objet<\/em>\u00a0\u00bb (p.\u00a0182). Nous imaginons l\u2019accent doublement raffin\u00e9 et la saillie du menton qui se cachent modestement derri\u00e8re l\u2019italique dans les phrases de cette dame! Nous nous abstenons de citer ses passages doctrinaux oraculaires, car ils renvoient \u00e0 des sujets trop s\u00e9rieux pour nos pr\u00e9sentes pages.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pith\u00e8te \u00ab idiot \u00bb peut sembler impertinente lorsqu\u2019 appliqu\u00e9e \u00e0 un roman qui signale autant de lecture et d\u2019activit\u00e9 intellectuelle que <em>L\u2019\u00c9nigme<\/em>, mais nous l\u2019utilisons \u00e0 bon escient. Si, comme le monde en convient depuis longtemps, une tr\u00e8s grande instruction ne rend pas un homme sage, une instruction tr\u00e8s m\u00e9diocre rendra encore moins une femme sage. Et la forme la plus malicieuse de l\u2019idiotie f\u00e9minine r\u00e9side dans sa version litt\u00e9raire, car elle tend \u00e0 confirmer le pr\u00e9jug\u00e9 populaire contre une plus solide \u00e9ducation des femmes. Lorsque les hommes voient de jeunes filles perdre leur temps \u00e0 se r\u00e9unir au sujet de bonnets et de robes de bal, \u00e0 ricaner ou \u00e0 \u00e9changer des confidences amoureuses, ou qu\u2019ils voient des femmes d\u2019\u00e2ge m\u00fbr supervisant mal leurs enfants et se consolant avec des ragots acerbes, ils ne peuvent gu\u00e8re s\u2019emp\u00eacher de dire : \u00ab Pour l\u2019amour du ciel, que les filles soient mieux \u00e9duqu\u00e9es, qu\u2019elles aient de meilleurs sujets de r\u00e9flexion et des occupations plus solides. \u00bb Cependant, apr\u00e8s quelques heures pass\u00e9es \u00e0 converser avec une femme litt\u00e9raire oraculaire ou \u00e0 lire ses livres, ils sont assez susceptibles d\u2019affirmer :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-7df7af66-b343-4f88-9baf-ef237335f319\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Apr\u00e8s tout, quand une femme acc\u00e8de au savoir, voyez l\u2019usage qu\u2019elle en fait! Ses connaissances restent des acquisitions au lieu de se transformer en culture; plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre soumise \u00e0 la modestie et \u00e0 la simplicit\u00e9 par une plus grande familiarit\u00e9 avec la pens\u00e9e et les faits, elle \u00e9prouve une conscience f\u00e9brile de ses r\u00e9alisations; elle garde une sorte de miroir de poche mental, et y admire continuellement sa propre \u00ab&nbsp;intellectualit\u00e9&nbsp;\u00bb; elle g\u00e2che le go\u00fbter d\u2019autrui avec des questions de m\u00e9taphysique; elle \u00ab&nbsp;rabaisse&nbsp;\u00bb les hommes \u00e0 table par la sup\u00e9riorit\u00e9 de ses informations; et elle saisit l\u2019occasion d\u2019une <\/em><strong>soir\u00e9e<\/strong><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"39\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-39\">39<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-39\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"39\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> <em>pour nous cat\u00e9chiser sur la question vitale de la relation entre l\u2019esprit et la mati\u00e8re. Et puis, regardez ses \u00e9crits! Elle confond l\u2019impr\u00e9cision avec la profondeur, la grandiloquence avec l\u2019\u00e9loquence et l\u2019affectation avec l\u2019originalit\u00e9; elle se pavane sur une page, roule des yeux sur une autre, grimace sur une troisi\u00e8me et verse dans l\u2019hyst\u00e9rie sur une quatri\u00e8me. Elle peut avoir lu beaucoup d\u2019\u00e9crits de grands hommes et quelques \u00e9crits de grandes femmes, mais elle ne parvient pas plus \u00e0 distinguer son propre style du leur qu\u2019un habitant du Yorkshire ne parvient \u00e0 distinguer son propre anglais de celui d\u2019un Londonien: la rodomontade est l\u2019accent naturel de son intellect. Non, la nature g\u00e9n\u00e9rale des femmes constitue un sol trop superficiel et trop faible pour supporter un travail important; elle ne convient qu\u2019aux cultures les plus l\u00e9g\u00e8res.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Il est vrai que les hommes qui arrivent \u00e0 une telle d\u00e9cision sur la base d\u2019une observation aussi superficielle et imparfaite ne comptent peut-\u00eatre pas parmi les plus sages du monde, mais nous n\u2019avons pas \u00e0 contester leur opinion ici \u2013 nous ne faisons que souligner la fa\u00e7on dont elle se trouve inconsciemment encourag\u00e9e par de nombreuses femmes s\u2019\u00e9tant port\u00e9es volontaires comme repr\u00e9sentantes du cerveau f\u00e9minin. Nous ne croyons pas qu\u2019un homme n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 confort\u00e9 dans cette opinion en fr\u00e9quentant une femme de v\u00e9ritable culture, dont l\u2019esprit avait absorb\u00e9 son savoir au lieu d\u2019\u00eatre absorb\u00e9 par lui. Une femme v\u00e9ritablement cultiv\u00e9e, comme un homme v\u00e9ritablement cultiv\u00e9, se montre d\u2019autant plus simple et moins importune qu\u2019elle a acquis des connaissances; celles-ci lui ont permis de se voir et de voir ses opinions dans des proportions \u00e0 peu pr\u00e8s exactes; elle n\u2019en fait pas un pi\u00e9destal d\u2019o\u00f9 elle se flatte d\u2019avoir une vue compl\u00e8te des \u00eatres et des choses, mais un point d\u2019observation \u00e0 partir duquel elle se fait une id\u00e9e juste d\u2019elle-m\u00eame. Elle ne d\u00e9bite pas de po\u00e9sie et ne cite pas Cic\u00e9ron \u00e0 la moindre provocation, non pas parce qu\u2019elle pense qu\u2019il faut se plier aux pr\u00e9jug\u00e9s des hommes, mais parce que cette mani\u00e8re de faire \u00e9talage de sa m\u00e9moire et de sa latinit\u00e9 ne lui para\u00eet ni \u00e9difiante ni gracieuse. Elle n\u2019\u00e9crit pas des livres pour d\u00e9concerter les philosophes, peut-\u00eatre parce qu\u2019elle est capable d\u2019\u00e9crire des livres qui leur plaisent. Au cours d\u2019une conversation, elle incarne la moins redoutable des femmes, car elle vous comprend sans vouloir vous faire r\u00e9aliser que ce n\u2019est <em>pas<\/em> r\u00e9ciproque. Elle ne vous donne pas d\u2019informations, qui constituent la mati\u00e8re premi\u00e8re de la culture \u2013 elle vous donne de la sympathie, qui en est l\u2019essence la plus subtile.<\/p>\n<p>Une cat\u00e9gorie de romans stupides plus nombreuse que celle des romans oraculaires (lesquels sont g\u00e9n\u00e9ralement inspir\u00e9s par une certaine forme d\u2019anglocatholicisme ou de christianisme transcendant) correspond \u00e0 ce que nous pouvons appeler l\u2019esp\u00e8ce <em>\u00e0 fichu blanc<\/em>, qui refl\u00e8te la pens\u00e9e et les sentiments du parti \u00e9vang\u00e9lique. Cette esp\u00e8ce constitue une sorte de tract mani\u00e9r\u00e9 de grande envergure, destin\u00e9 \u00e0 servir de friandise m\u00e9dicinale aux jeunes protestantes \u2013 un substitut \u00e9vang\u00e9lique au roman \u00e0 la mode, comme les May Meetings<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"40\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-40\">40<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-40\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"40\">L\u2019expression \u00ab May Meetings \u00bb r\u00e9f\u00e8re aux assembl\u00e9es annuelles tenues par les organisations religieuses (N.D.L.R.).<\/span> remplacent l\u2019op\u00e9ra. M\u00eame les enfants quakers, pense-t-on, peuvent difficilement se voir refuser l\u2019indulgence d\u2019une poup\u00e9e; mais celle-ci doit \u00eatre v\u00eatue d\u2019une robe terne et d\u2019un bonnet d\u2019organdi \u2013 pas une poup\u00e9e mondaine, envelopp\u00e9e de gaze et de paillettes. Et il n\u2019y a pas de jeunes femmes, nous l\u2019imaginons \u2013 \u00e0 moins qu\u2019elles n\u2019appartiennent \u00e0 l\u2019\u00c9glise des Fr\u00e8res unis, o\u00f9 l\u2019on se marie sans se courtiser \u2013 qui peuvent se passer d\u2019histoires d\u2019amour. Il existe ainsi, pour les jeunes femmes \u00e9vang\u00e9liques, des histoires d\u2019amour \u00e9vang\u00e9liques dans lesquelles les vicissitudes de la passion douce se voient sanctifi\u00e9es par une vision salvatrice de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration et de l\u2019expiation. Ces romans diff\u00e8rent des romans oraculaires, comme une femme de la Basse \u00c9glise diff\u00e8re souvent d\u2019une femme de la Haute \u00c9glise<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"41\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-41\">41<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-41\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"41\">Les expressions \u00ab Haute \u00c9glise \u00bb et \u00ab Basse \u00c9glise \u00bb d\u00e9crivent deux tendances oppos\u00e9es au sein du protestantisme britannique: d\u2019une part, la propension aux rituels et \u00e0 la liturgie typiquement anglocatholique; d\u2019autre part, la simplicit\u00e9 et le contact direct promus par le mouvement protestant (N.D.L.R.).<\/span>: ils sont un peu moins hautains et beaucoup plus ignorants, un peu moins corrects dans leur syntaxe et beaucoup plus vulgaires.<\/p>\n<p>L\u2019Orlando<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"42\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-42\">42<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-42\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"42\">Personnage typique de l\u2019amoureux, Orlando apparait dans la com\u00e9die <em>As You Like It<\/em> (1599) de William Shakespeare (N.D.L.R.).<\/span> de la litt\u00e9rature \u00e9vang\u00e9lique est le jeune vicaire, examin\u00e9 du point de vue de la classe moyenne, o\u00f9 l\u2019on comprend que les rabats en batiste produisent le m\u00eame effet palpitant sur le c\u0153ur des jeunes filles que les \u00e9paulettes dans les classes sup\u00e9rieures et inf\u00e9rieures. Dans la version typique de ces romans, le h\u00e9ros est presque toujours un jeune vicaire \u2013 mal vu, peut-\u00eatre par les mamans mondaines, mais captivant le c\u0153ur de leurs filles, qui ne peuvent \u00ab jamais oublier ce sermon-<em>l\u00e0<\/em>\u00a0\u00bb; des regards tendres s\u2019\u00e9changent depuis les escaliers de la chaire au lieu de la loge de l\u2019op\u00e9ra, les <em>t\u00eate-\u00e0-t\u00eate<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"43\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-43\">43<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-43\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"43\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> s\u2019accompagnent de citations de l\u2019\u00c9criture au lieu de citations des po\u00e8tes, et les questions sur l\u2019\u00e9tat des affections de l\u2019h\u00e9ro\u00efne se m\u00ealent \u00e0 des inqui\u00e9tudes sur l\u2019\u00e9tat de son \u00e2me. Le jeune vicaire provient toujours d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 bien habill\u00e9e et riche, sinon \u00e0 la mode, car la sottise \u00e9vang\u00e9lique est aussi snob que n\u2019importe quel autre type de sottise \u2013 et la romanci\u00e8re \u00e9vang\u00e9lique, tout en vous expliquant le type du bouc \u00e9missaire dans une page, ambitionne dans une autre de repr\u00e9senter les mani\u00e8res et les conversations des aristocrates. Ses tableaux de la soci\u00e9t\u00e9 hupp\u00e9e donnent souvent des \u00e9tudes curieuses, consid\u00e9r\u00e9es comme des fruits de l\u2019imagination \u00e9vang\u00e9lique; sur un point particulier, toutefois, les romans de l\u2019\u00e9cole de la cravate blanche pr\u00e9sentent un r\u00e9alisme m\u00e9ritoire: leur h\u00e9ros favori, le jeune vicaire \u00e9vang\u00e9lique, s\u2019av\u00e8re toujours un personnage plut\u00f4t insipide.<\/p>\n<p>Le plus r\u00e9cent roman de cette esp\u00e8ce que nous ayons sous les yeux s\u2019intitule <em>La vieille \u00e9glise grise<\/em>. C\u2019est un livre tout \u00e0 fait b\u00eate et insipide; l\u2019autrice ne semble pas avoir une compr\u00e9hension approfondie de quelque ensemble d\u2019objets que ce soit; nous serions bien en peine de conjecturer dans quelles phases de la vie elle a acquis son exp\u00e9rience si ce n\u2019\u00e9tait de certains vulgarismes de style qui indiquent assez bien qu\u2019elle a eu l\u2019avantage, m\u00eame si elle n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 le mettre \u00e0 profit, de c\u00f4toyer surtout des hommes et des femmes dont les mani\u00e8res et le caract\u00e8re n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement polis par un conventionnalisme raffin\u00e9. Il est moins excusable pour une romanci\u00e8re \u00e9vang\u00e9lique que pour toute autre de chercher sans raison ses sujets parmi les titres et les carrosses. Le v\u00e9ritable drame de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisme \u2013 lequel ne manque pas de beaux drames pour quiconque a assez de g\u00e9nie pour les discerner et les reproduire \u2013 se situe dans les classes moyennes et inf\u00e9rieures; et les opinions \u00e9vang\u00e9liques ne sont-elles pas comprises comme accordant un int\u00e9r\u00eat particulier aux faibles de la terre plut\u00f4t qu\u2019aux \u00eatres puissants? Pourquoi, alors, nos romanci\u00e8res \u00e9vang\u00e9liques ne peuvent-elles pas nous montrer l\u2019application de leurs opinions religieuses parmi des gens (il y en a vraiment beaucoup dans le monde) qui n\u2019ont pas de carrosse, \u00ab pas m\u00eame un cabriolet en laiton<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"44\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-44\">44<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-44\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"44\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb, qui arrivent m\u00eame \u00e0 manger leur d\u00eener sans fourchette en argent et dans la bouche desquels l\u2019anglais douteux de l\u2019autrice serait strictement coh\u00e9rent? Pourquoi n\u2019avons-nous pas d\u2019images de la vie religieuse des classes industrielles en Angleterre, aussi int\u00e9ressantes que les images de la vie religieuse des communaut\u00e9s noires chez Mme Stowe<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"45\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-45\">45<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-45\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"45\">L\u2019\u00e9crivaine et militante \u00e9tatsunienne Harriet Beecher Stowe (1811-1896) a d\u00e9nonc\u00e9 l\u2019esclavagisme dans son roman \u00e0 succ\u00e8s <em>Uncle Tom\u2019s Cabin<\/em> (1852) (N.D.L.R.).<\/span>? Au lieu de cela, les dames pieuses nous donnent la naus\u00e9e avec des romans qui nous rappellent ce que nous voyons parfois chez une femme mondaine r\u00e9cemment \u00ab convertie \u00bb: elle aime autant la bonne table qu\u2019avant, mais elle invite des eccl\u00e9siastiques au lieu de galants; elle pense autant \u00e0 sa tenue qu\u2019avant, mais elle adopte un choix plus sobre de couleurs et de motifs; sa conversation reste aussi futile, mais la trivialit\u00e9 s\u2019aromatise avec l\u2019\u00c9vangile au lieu de comm\u00e9rages. Dans <em>La vieille \u00e9glise grise<\/em>, nous retrouvons le m\u00eame simulacre \u00e9vang\u00e9lique du roman \u00e0 la mode et, bien s\u00fbr, le baronnet malveillant et fourbe ne manque pas. Il vaut la peine de fournir un \u00e9chantillon du style de conversation attribu\u00e9 \u00e0 ce d\u00e9bauch\u00e9 de haute naissance \u2013 un style qui, dans ses italiques abondants et ses sous-entendus palpables, se montre digne de Mlle\u00a0Squeers<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"46\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-46\">46<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-46\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"46\">Fanny Squeers est un personnage du roman <em>Nicholas Nickelby<\/em> (1839), de Charles Dickens. Fille du cruel \u00e9ducateur Wackford Squeers, Mlle Squeers est elle-m\u00eame manipulatrice et vaniteuse (N.D.L.R.).<\/span>. Un soir, lors d\u2019une visite aux vestiges du Colis\u00e9e, le jeune eccl\u00e9siastique (Eustace) s\u00e9pare l\u2019h\u00e9ro\u00efne (Mlle\u00a0Lushington) du reste du groupe pour un<em> t\u00eate-\u00e0-t\u00eate<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"47\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-47\">47<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-47\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"47\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span>. Le baronnet, jaloux, se d\u00e9foule ainsi:<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-f071ca66-bc08-4fdd-94a5-aae232397304\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L<em>es voici, et Mlle&nbsp;Lushington, sans doute, tout \u00e0 fait en s\u00fbret\u00e9 ; car elle se trouve sous la sainte supervision du pape Eustace Ier, qui lui a \u00e9videmment livr\u00e9 une hom\u00e9lie \u00e9difiante sur la malice des peuples pa\u00efens d\u2019autrefois ayant, comme nous le dit la tradition, l\u00e2ch\u00e9 en ce lieu m\u00eame les<\/em> <strong>b\u00eates<\/strong> <em>sauvages sur le pauvre saint Paul!\u2013 Oh, non! au fait, je crois que je me trompe, que je trahis mon manque de cat\u00e9chisme et qu\u2019il ne s\u2019agissait pas du tout de saint Paul, ni d\u2019ici. Mais peu importe, cela pourrait tout aussi bien servir de texte \u00e0 pr\u00eacher et \u00e0 partir duquel d\u00e9vier vers les<\/em> <strong>infid\u00e8les <\/strong><em>d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9\u00b7e\u00b7s d\u2019aujourd\u2019hui, ainsi que toutes ses vilaines pratiques, pour finir par une exhortation \u00e0 \u00ab&nbsp;sortir du milieu d\u2019eux et [\u00e0] se s\u00e9parer<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"48\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-48\">48<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-48\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"48\">R\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un passage de la Bible (Corinthiens, 6:17) : \u00ab C\u2019est pourquoi, Sortez du milieu d\u2019eux, Et s\u00e9parez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas \u00e0 ce qui est impur, Et je vous accueillerai \u00bb (Louis Second)<\/span>&nbsp;<em>\u00bb; et je suis s\u00fbr, Mlle Lushington, que vous vous \u00eates conform\u00e9e tr\u00e8s scrupuleusement \u00e0 cette injonction ce soir, car nous n\u2019avons rien vu de votre personne depuis notre arriv\u00e9e. Mais tout le monde semble d\u2019accord pour dire que ce fut une<\/em> <strong>charmante partie de plaisir<\/strong>, <em>et je suis certain que nous nous sentons tr\u00e8s redevables envers M. Gray de l\u2019avoir<\/em> <strong>sugg\u00e9r\u00e9e<\/strong>; <em>en outre, comme il para\u00eet \u00eatre un guide si capital, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il pensera \u00e0 quelque chose d\u2019autre qui nous plaira<\/em> <strong>tous et toutes<\/strong>. <em>(Scott, 1856, p.&nbsp;197-198)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Ce genre de radotage dans le dialogue et la narration qui, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un mauvais dessin, ne d\u00e9peint rien et indique \u00e0 peine ce qui est cens\u00e9 \u00eatre d\u00e9peint, traverse tout le livre et nous ne doutons pas qu\u2019il soit consid\u00e9r\u00e9 par l\u2019aimable autrice comme contribuant \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de son roman, que les m\u00e8res chr\u00e9tiennes feront bien de mettre entre les mains de leurs filles. Or, tout est relatif; nous avons rencontr\u00e9 des adeptes du v\u00e9g\u00e9tarisme en provenance des \u00c9tats-Unis dont le r\u00e9gime habituel \u00e9tait compos\u00e9 de grains crus et qui, lorsque leur app\u00e9tit demandait \u00e0 \u00eatre stimul\u00e9, le titillaient avec des grains <em>cuits<\/em>; nous pouvons donc imaginer qu\u2019il existe des cercles \u00e9vang\u00e9liques dans lesquels <em>La vieille \u00e9glise grise<\/em> se d\u00e9vore comme une fiction puissante et int\u00e9ressante.<\/p>\n<p>Les romans f\u00e9minins idiots les moins lisibles appartiennent peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce <em>antique-moderne<\/em>, nous racontant la vie domestique de Jann\u00e8s et Jambr\u00e8s, les liaisons amoureuses secr\u00e8tes de Sennach\u00e9rib, ou encore les luttes psychiques et la conversion finale de l\u2019orf\u00e8vre D\u00e9m\u00e9trius<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"49\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-49\">49<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-49\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"49\">Ces diff\u00e9rentes figures de l\u2019Antiquit\u00e9 apparaissent dans la Bible : Jann\u00e8s et Jambr\u00e8s sont des magiciens \u00e9gyptiens qui s\u2019opposent \u00e0 Mo\u00efse; Sennach\u00e9rib est un roi assyrien connu pour l\u2019ampleur des tributs qu\u2019il exige des peuples conquis; D\u00e9m\u00e9trius est un artisan \u00e9ph\u00e9sien mentionn\u00e9 dans le Nouveau testament (Actes, 19:24-40) (N.D.L.R.).<\/span>. La plupart des romans idiots nous permettent au moins de rire, mais ceux de l\u2019\u00e9cole antique-moderne affichent une fatuit\u00e9 pesante, plomb\u00e9e, qui nous fait g\u00e9mir. Quoi de plus r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019incapacit\u00e9 des femmes de lettres \u00e0 mesurer leurs propres capacit\u00e9s que le fait qu\u2019elles assument fr\u00e9quemment une t\u00e2che qui ne peut se justifier que par la plus rare concomitance de l\u2019acquisition et du g\u00e9nie? Le plus bel effort pour r\u00e9animer le pass\u00e9 n\u2019est bien s\u00fbr qu\u2019approximatif; il s\u2019agit toujours plus ou moins d\u2019une infusion de l\u2019esprit moderne dans la forme ancienne : \u00ab Was ihr den Geist der Zeiten heisst, Das ist im Grund der Herren eigner Geist, In dem die Zeiten sich bespiegeln<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"50\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-50\">50<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-50\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"50\">\u00ab Ce que vous appelez l\u2019esprit des temps n\u2019est au fond que l\u2019esprit m\u00eame des auteurs, o\u00f9 les temps se r\u00e9fl\u00e9chissent \u00bb (traduit par Nerval, 1877, p. 44).<\/span> \u00bb (Goethe, 1808, p. 45).<\/p>\n<p>Si l\u2019on admet que le g\u00e9nie qui s\u2019est familiaris\u00e9 avec toutes les reliques d\u2019une \u00e9poque ancienne peut parfois, par la force de sa divination sensible, r\u00e9tablir les notes manquantes dans la \u00ab\u00a0musique de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb (Wordsworth, 1798, p.\u00a0206) et reconstituer les fragments en un tout qui rapprochera r\u00e9ellement de nous le pass\u00e9 lointain\u00a0 et l\u2019interpr\u00e9tera pour notre compr\u00e9hension mal aiguis\u00e9e \u2013 cette forme de pouvoir imaginatif doit toujours figurer parmi les plus rares, puisqu\u2019elle exige autant de connaissances exactes et minutieuses que de vigueur cr\u00e9atrice. Pourtant, nous constatons que les femmes choisissent constamment de rendre leur m\u00e9diocrit\u00e9 mentale plus apparente en l\u2019habillant d\u2019une mascarade de noms anciens, en mettant leur pi\u00e8tre sentimentalit\u00e9 dans la bouche de vestales romaines ou de princesses \u00e9gyptiennes, ainsi qu\u2019en attribuant leurs arguments rh\u00e9toriques \u00e0 de grands pr\u00eatres juifs et \u00e0 des philosophes grecs. Un r\u00e9cent exemple de cette lourde imb\u00e9cillit\u00e9 r\u00e9side dans <em>Adonijah : un r\u00e9cit de la dispersion du peuple juif<\/em>, volume d\u2019une s\u00e9rie \u00ab\u00a0r\u00e9unissant\u00a0\u00bb, nous dit-on, \u00ab\u00a0le go\u00fbt, l\u2019humour et des principes solides\u00a0\u00bb\u00a0(Strickland, 1856, 4<sup>e<\/sup>\u00a0couv.). Nous supposons qu\u2019<em>Adonijah <\/em>incarne le r\u00e9cit des \u00ab principes solides \u00bb, tandis que le go\u00fbt et l\u2019humour se retrouvent dans d\u2019autres titres de la s\u00e9rie. On nous annonce sur la couverture que les incidents de ce r\u00e9cit sont \u00ab d\u2019un int\u00e9r\u00eat inhabituel<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"51\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-51\">51<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-51\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"51\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb, et la pr\u00e9face se termine ainsi : \u00ab Pour les personnes qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la dispersion d\u2019Isra\u00ebl et de la Jud\u00e9e, ces pages peuvent peut-\u00eatre fournir des informations sur un sujet important, tout en les divertissant. \u00bb (Hall, 1856, p. iv) Puisque le \u00ab sujet important \u00bb sur lequel ce livre se veut fournir des informations n\u2019est pas sp\u00e9cifi\u00e9, il peut se trouver dans un sens \u00e9sot\u00e9rique dont nous n\u2019avons pas la cl\u00e9; toutefois, s\u2019il a un rapport avec la dispersion d\u2019Isra\u00ebl et de la Jud\u00e9e \u00e0 n\u2019importe quelle p\u00e9riode de leur histoire, nous pensons qu\u2019une \u00e9coli\u00e8re assez bien inform\u00e9e en sait d\u00e9j\u00e0 beaucoup plus que ce qu\u2019elle trouvera dans ce \u00ab r\u00e9cit de la dispersion du peuple juif \u00bb. <em>Adonijah<\/em> fait tout simplement partie des histoires d\u2019amour les plus m\u00e9diocres, cens\u00e9es \u00eatre instructives, supposons-nous, parce que le h\u00e9ros est un captif juif et l\u2019h\u00e9ro\u00efne, une vestale romaine; parce que le duo et leurs camarades ont choisi de se convertir au christianisme selon la m\u00e9thode la plus courte et la plus facile approuv\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 pour l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des Juifs<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"52\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-52\">52<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-52\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"52\">L\u2019autrice fait ici allusion \u00e0 l\u2019organisation London Society for Promoting Christianity amongst the Jews, une association sioniste anglicane \u00e9tablie en 1809 visant non seulement l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des personnes juives, mais aussi la reconnaissance des racines juda\u00efques du christianisme (N.D.L.R.).<\/span>; et parce que le roman, au lieu d\u2019\u00eatre \u00e9crit dans une langue claire, s\u2019orne de ce style particulier de grandiloquence que certaines romanci\u00e8res consid\u00e8rent comme donnant une coloration antique. Nous reconnaissons aussit\u00f4t ce dernier dans des phrases telles que celles-ci : \u00ab le splendide talent royal dont jouit indubitablement l\u2019empereur N\u00e9ron \u00bb (p. 5), \u00ab le rejeton mourant [d\u2019une] haute source \u00bb (p. 222), \u00ab la vertueuse compagne de son canap\u00e9 \u00bb (p. 168), \u00ab ah, par Vesta! \u00bb (p. 263) et \u00ab je te le d\u00e9clare, Romain<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"53\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-53\">53<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-53\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"53\">Citation introuvable.<\/span> \u00bb. Parmi les citations qui servent \u00e0 la fois d\u2019instructions et de d\u00e9corations sur la couverture du volume, Mlle Sinclair nous informe que \u00ab [l]es \u0153uvres relevant de l\u2019imagination sont, <em>de leur propre aveu<\/em>, lues par des hommes de science, de sagesse et de pi\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb (4e couv.; Eliot souligne); nous supposons que le lectorat doit en tirer la conclusion encourageante que le Dr. Daubeny, M. Mill ou M. Maurice<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"54\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-54\">54<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-54\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"54\">Charles Daubeny (1795-1867) est un chimiste, botaniste et g\u00e9ologue anglais; John Stuart Mill (1806-1873) est un philosophe anglais pr\u00e9curseur du f\u00e9minisme; Frederick Denison Maurice (1805-1872) est un th\u00e9ologien \u00e9tatsunien adepte du socialisme chr\u00e9tien (N.D.L.R.).<\/span> peuvent ouvertement s\u2019adonner \u00e0 la lecture d\u2019<em>Adonijah<\/em>, sans devoir dissimuler l\u2019ouvrage parmi les coussins du sofa ou le parcourir par bribes sous la table \u00e0 manger.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ne joue pas au boulanger ou \u00e0 la boulang\u00e8re si tu as la t\u00eate faite de beurre\u00a0\u00bb, dit un proverbe bien de chez nous que nous pouvons interpr\u00e9ter comme signifiant qu\u2019aucune femme ne doit se pr\u00e9cipiter dans l\u2019imprimerie si elle n\u2019est pas pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 en subir les cons\u00e9quences. Nous avons conscience que nos remarques sont d\u2019un ton tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui des critiques qui \u2013 avec une r\u00e9currence perp\u00e9tuelle d\u2019\u00e9motions tout \u00e0 fait similaires et seulement comparables, nous l\u2019imaginons, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des infirmi\u00e8res postpartum \u2013 disent \u00e0 une romanci\u00e8re apr\u00e8s l\u2019autre qu\u2019ils \u00ab\u00a0saluent\u00a0\u00bb ses productions \u00ab\u00a0avec d\u00e9lectation\u00a0\u00bb. Nous avons conscience que les dames vis\u00e9es par notre critique ont l\u2019habitude de se voir dire, dans la plus belle phras\u00e9ologie exag\u00e9r\u00e9ment flatteuse, que leurs repr\u00e9sentations de la vie sont brillantes, leurs personnages bien dessin\u00e9s, leur style fascinant et leurs sentiments nobles. Mais si elles sont enclines \u00e0 s\u2019indigner de notre langage aust\u00e8re, nous leur demandons de r\u00e9fl\u00e9chir un instant \u00e0 l\u2019\u00e9loge prudent, et souvent au bl\u00e2me pointilleux, que leurs pan\u00e9gyristes adressent aux \u00e9crivaines dont les \u0153uvres s\u2019appr\u00eatent \u00e0 devenir des classiques. \u00c0 peine une femme montre-t-elle qu\u2019elle a du g\u00e9nie ou un talent efficace, qu\u2019elle re\u00e7oit l\u2019hommage d\u2019\u00eatre mod\u00e9r\u00e9ment lou\u00e9e et s\u00e9v\u00e8rement critiqu\u00e9e. Par un ajustement thermom\u00e9trique particulier, lorsque le talent d\u2019une femme est \u00e0 z\u00e9ro, l\u2019approbation journalistique grimpe au point d\u2019\u00e9bullition; quand l\u2019une acc\u00e8de \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9, l\u2019autre ne d\u00e9passe pas la chaleur de l\u2019\u00e9t\u00e9; puis, si jamais elle atteint l\u2019excellence, l\u2019enthousiasme critique tombe au point de cong\u00e9lation. Harriet Martineau, Currer Bell et Mme Gaskell<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"55\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-55\">55<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-55\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"55\">Harriet Martineau (1802-1876) est une essayiste socialiste britannique et l\u2019une des premi\u00e8res femmes occidentales \u00e0 vivre de sa plume; Currer Bell est le pseudonyme sous lequel Charlotte Bront\u00eb (1816-1855) a publi\u00e9, entre autres, le roman <em>Jane Eyre<\/em> (1847); Elizabeth Gaskell (1810-1865) a elle aussi \u00e9crit plusieurs romans, dont <em>North and South<\/em> (1854-1855) (N.D.L.R.).<\/span> ont re\u00e7u un traitement aussi cavalier que si elles avaient \u00e9t\u00e9 des hommes. Et tout critique se faisant une haute id\u00e9e de la part que les femmes pourront prendre \u00e0 terme dans la litt\u00e9rature s\u2019abstiendra par principe de toute indulgence exceptionnelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard des productions des femmes de lettres. Car il est \u00e9vident pour quiconque examine de mani\u00e8re impartiale et approfondie la litt\u00e9rature f\u00e9minine que ses plus grandes d\u00e9ficiences ne sont gu\u00e8re plus dues \u00e0 un manque de puissance intellectuelle qu\u2019\u00e0 l\u2019absence des qualit\u00e9s morales qui contribuent \u00e0 l\u2019excellence litt\u00e9raire : la diligence patiente, le sens de la responsabilit\u00e9 qu\u2019implique la publication et la reconnaissance de la sacralit\u00e9 de l\u2019art d\u2019\u00e9crire. Dans la plupart des ouvrages de femmes, on constate cette sorte de facilit\u00e9 qui na\u00eet de l\u2019absence de toute norme \u00e9lev\u00e9e, cette f\u00e9condit\u00e9 en combinaisons imb\u00e9ciles ou en faibles imitations qu\u2019un peu d\u2019autocritique permettrait d\u2019enrayer et de r\u00e9duire \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9; de m\u00eame qu\u2019en l\u2019absence totale d\u2019oreille musicale, les gens chantent faux, alors qu\u2019il suffirait d\u2019un peu plus de sensibilit\u00e9 m\u00e9lodique pour qu\u2019ils se taisent. La vanit\u00e9 insens\u00e9e qui consiste \u00e0 vouloir para\u00eetre dans les journaux, au lieu d\u2019\u00eatre contrebalanc\u00e9e par la conscience de la d\u00e9pr\u00e9ciation intellectuelle ou morale qu\u2019implique une activit\u00e9 litt\u00e9raire futile, semble encourag\u00e9e par l\u2019impression extr\u00eamement fausse que le fait d\u2019\u00e9crire <em>tout court <\/em>est une preuve de sup\u00e9riorit\u00e9 chez une femme. Pour cette raison, nous pensons que l\u2019intellect moyen des femmes se trouve injustement repr\u00e9sent\u00e9 par la masse de la litt\u00e9rature f\u00e9minine, et que si les quelques femmes qui \u00e9crivent bien se situent tr\u00e8s au-dessus du niveau intellectuel ordinaire de leur sexe, les nombreuses femmes qui \u00e9crivent mal se situent tr\u00e8s au-dessous de celui-ci. Si bien qu\u2019en fin de compte, les critiques les plus s\u00e9v\u00e8res accomplissent un devoir chevaleresque en privant la simple auctorialit\u00e9 f\u00e9minine de tout faux prestige susceptible de lui conf\u00e9rer un attrait illusoire et en recommandant aux femmes aux facult\u00e9s m\u00e9diocres de s\u2019abstenir d\u2019\u00e9crire \u2013 ce qui constitue \u00e0 tout le moins un service qu\u2019elles peuvent rendre \u00e0 leur sexe par omission.<\/p>\n<p>Les femmes qui deviennent \u00e9crivaines sans qualification particuli\u00e8re s\u2019excusent toujours en disant que la soci\u00e9t\u00e9 les exclut des autres sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 a des torts consid\u00e9rables et doit r\u00e9pondre de la fabrication de nombreux produits malsains, depuis les mauvais cornichons jusqu\u2019\u00e0 la mauvaise po\u00e9sie. Mais la soci\u00e9t\u00e9, comme la \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb, le gouvernement de Sa Majest\u00e9 et d\u2019autres nobles abstractions, a sa part \u00e0 la fois de reproches et d\u2019\u00e9loges excessifs. L\u00e0 o\u00f9 une femme \u00e9crit par n\u00e9cessit\u00e9, nous croyons qu\u2019il y en a trois qui \u00e9crivent par vanit\u00e9; il y a d\u2019ailleurs quelque chose de si antiseptique dans le fait simple et sain de travailler pour gagner son pain que la litt\u00e9rature f\u00e9minine la plus vulgaire et la plus pourrie n\u2019aurait probablement pas \u00e9t\u00e9 produite dans de telles circonstances. \u00ab\u00a0Tout travail porte ses fruits\u00a0\u00bb, mais il nous semble que les romans idiots \u00e9crits par des dames r\u00e9sultent moins d\u2019un travail que d\u2019une oisivet\u00e9 affair\u00e9e.<\/p>\n<p>Heureusement, nous ne d\u00e9pendons pas de la rh\u00e9torique pour prouver que la fiction constitue un domaine de la litt\u00e9rature dans lequel les femmes peuvent, selon leur esp\u00e8ce, \u00e9galer pleinement les hommes. Un lot de grands noms, tant vivants que morts, viennent rapidement \u00e0 notre m\u00e9moire pour attester que les femmes peuvent produire des romans non seulement bons, mais parmi les meilleurs \u2013 des romans qui poss\u00e8dent aussi une particularit\u00e9 pr\u00e9cieuse, tout \u00e0 fait ind\u00e9pendante des aptitudes et de l\u2019exp\u00e9rience masculines. Aucune restriction en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation ne peut \u00e9carter les femmes de la mati\u00e8re romanesque, et nul art n\u2019est \u00e0 ce point libre d\u2019exigences rigides. Comme les masses cristallines, la fiction peut prendre n\u2019importe quelle forme tout en \u00e9tant magnifique; il suffit d\u2019y verser les bons \u00e9l\u00e9ments : observation sinc\u00e8re, humour et passion. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette absence d\u2019exigences rigides que r\u00e9side la s\u00e9duction fatale de l\u2019\u00e9criture romanesque pour les femmes incomp\u00e9tentes. Les dames n\u2019ont pas l\u2019habitude de se tromper lourdement sur leur capacit\u00e9 \u00e0 jouer du piano; dans ce cas, il faut surmonter certaines difficult\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution et l\u2019incomp\u00e9tence finit toujours par craquer. Tout art assorti d\u2019une <em>technique<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"56\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-56\">56<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-56\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"56\">En fran\u00e7ais dans le texte.<\/span> absolue se trouve, dans une certaine mesure, prot\u00e9g\u00e9 des intrusions de la simple imb\u00e9cillit\u00e9 gauch\u00e8re. En revanche, l\u2019\u00e9criture romanesque ne pose aucune barri\u00e8re \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 ni aucun crit\u00e8re externe pour emp\u00eacher une personne de m\u00e9prendre une aisance insens\u00e9e pour de la ma\u00eetrise. C\u2019est ainsi que nous retrouvons encore et encore la vieille histoire de l\u2019\u00e2ne de La Fontaine, qui colle son nez \u00e0 la fl\u00fbte et qui, constatant qu\u2019il en tire quelque son, s\u2019exclame : \u00ab Moi, aussi, je joue de la fl\u00fbte<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"57\" data-mfn-post-scope=\"00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-57\">57<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000103f90d7000000004c1c73e3_2459-57\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"57\">Citation et attribution erron\u00e9es. La fable <em>L\u2019\u00e2ne et la fl\u00fbte<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Jean-Pierre Claris de Florian. La citation exacte se lit comme suit\u00a0: \u00ab\u00a0Eh! Je joue aussi de la fl\u00fbte!\u00a0\u00bb (1793, p.\u00a0172).<\/span>\u00a0\u00bb \u2013 une fable que nous recommandons, en terminant, \u00e0 la consid\u00e9ration de toute lectrice \u00e0 risque d\u2019augmenter le nombre des \u00ab\u00a0romans idiots des dames romanci\u00e8res\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p><style class=\"advgb-styles-renderer\">#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-1df69711-3092-42c6-8036-c0a2b19c355c{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-1df69711-3092-42c6-8036-c0a2b19c355c{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-1df69711-3092-42c6-8036-c0a2b19c355c{}}#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-da3850fc-2a8b-4820-ae3b-4c00cdc3cc47>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-0d3cbd4b-f5ea-4f17-a343-c6a0d947c231{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-0d3cbd4b-f5ea-4f17-a343-c6a0d947c231{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-0d3cbd4b-f5ea-4f17-a343-c6a0d947c231{}}#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-7d0230d9-da80-4a6f-8b08-588015a7c671>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-0c1cda13-bcd3-4c3f-8da5-a8369727db39{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-0c1cda13-bcd3-4c3f-8da5-a8369727db39{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-0c1cda13-bcd3-4c3f-8da5-a8369727db39{}}#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-dccf61aa-b820-4e98-9f2e-d2f34331907e>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-95a2d64c-b1a0-4de8-937f-fa3df79ba32a{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-95a2d64c-b1a0-4de8-937f-fa3df79ba32a{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-95a2d64c-b1a0-4de8-937f-fa3df79ba32a{}}#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-9b5d8a2e-aca7-4a07-92b5-d492f86b6f6c>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-c101a639-5e8d-44b9-af6b-6da1fd08838a{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-c101a639-5e8d-44b9-af6b-6da1fd08838a{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-c101a639-5e8d-44b9-af6b-6da1fd08838a{}}#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-9235e34e-4d08-4bcb-af18-625879eeac78>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-fee00c0b-3115-4216-badf-f0065ec9a124{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-fee00c0b-3115-4216-badf-f0065ec9a124{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-fee00c0b-3115-4216-badf-f0065ec9a124{}}#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-d31495ca-4cd5-4a41-a8f0-4f880b0d10a4>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-27f695e1-2f1f-4768-bbe3-84456b13223d{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-27f695e1-2f1f-4768-bbe3-84456b13223d{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-27f695e1-2f1f-4768-bbe3-84456b13223d{}}#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-b4396c0d-ae98-4542-8211-483b9bd672ac>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-7df7af66-b343-4f88-9baf-ef237335f319{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-7df7af66-b343-4f88-9baf-ef237335f319{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-7df7af66-b343-4f88-9baf-ef237335f319{}}#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-63ea4477-d375-48c4-9309-5884baa61211>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-f071ca66-bc08-4fdd-94a5-aae232397304{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-f071ca66-bc08-4fdd-94a5-aae232397304{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-f071ca66-bc08-4fdd-94a5-aae232397304{}}#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-6c4d3a46-8d96-452a-8ebf-5ac298c4e300>.advgb-column-inner{}}<\/style><h2 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes de bas de page<\/h2><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte. (Sauf indication contraire, toutes les notes sont de la traductrice.)<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>Sauf indication contraire, toutes les traductions des citations et des titres sont de la traductrice<\/div><\/li><li><span>3<\/span><div>Georg Friedrich Creuzer (1771-1858) est un savant allemand sp\u00e9cialiste de la mythologie grecque.<\/div><\/li><li><span>4<\/span><div>L\u2019autrice fait ici r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une citation du po\u00e8te anglais Alexander Pope qui, \u00e0 la question : \u00ab Lord Bolingbroke comprend-il l\u2019h\u00e9breu? \u00bb, aurait r\u00e9pondu : \u00ab Non, mais il comprend ce type de savoir, et ce qui est \u00e9crit \u00e0 son sujet. \u00bb La conversation est rapport\u00e9e par le r\u00e9v\u00e9rend Joseph Spence, dans son ouvrage intitul\u00e9 <em>Anecdotes, Observations, and Characters, of Books and Men. <\/em><em>Collected from the Conversation of Mr. Pope, and Other Eminent Persons of His Time<\/em> (1820, p. 178). Lord Henry St. John Bolingbroke (1678-1751) est influent un homme politique et philosophe anglais.<\/div><\/li><li><span>5<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>6<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>7<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>8<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>9<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>10<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>11<\/span><div>Inaugur\u00e9 en 1765, le club Almack\u2019s a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tablissement le plus exclusif de la haute soci\u00e9t\u00e9 londonienne jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9clin dans les ann\u00e9es 1830 (note de la r\u00e9daction, ci-apr\u00e8s \u00ab N.D.L.R. \u00bb).<\/div><\/li><li><span>12<\/span><div>Le po\u00e8te et banquier anglais Samuel \u00ab Breakfast \u00bb Rogers (1763-1855) est connu pour ses petits-d\u00e9jeuners r\u00e9unissant le gratin intellectuel de l\u2019\u00e9poque (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>13<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>14<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>15<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>16<\/span><div>Connu pour ses portraits, Antoon van Dyck (1599-1641) est un peintre flamand qui a s\u00e9journ\u00e9 plusieurs fois \u00e0 Londres durant sa carri\u00e8re (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>17<\/span><div>Ces termes po\u00e9tiques r\u00e9f\u00e8rent, respectivement, \u00e0 l\u2019Angleterre et \u00e0 l\u2019\u00c9cosse (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>18<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>19<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>20<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>21<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>22<\/span><div>Eliot pr\u00e9sume le sexe de la personne anonyme derri\u00e8re <em>Laura Gay<\/em>.<\/div><\/li><li><span>23<\/span><div>Concept introduit par le philosophe allemand Immanuel Kant dans sa <em>Critique de la raison pure<\/em> (1781-87) afin de d\u00e9signer la r\u00e9alit\u00e9 en soi, en dehors de toute exp\u00e9rience (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>24<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>25<\/span><div>Eliot mentionne ici trois courants de pens\u00e9e religieux qui traversent l\u2019Angleterre du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle: le d\u00e9isme est un mouvement associ\u00e9 \u00e0 l\u2019empirisme qui soutient que la science moderne indique l\u2019intervention d\u2019un \u00eatre divin \u00e0 l\u2019origine du monde; le pus\u00e9isme est un mouvement anglocatholique qui cherche \u00e0 ramener certaines pratiques religieuses abandonn\u00e9es lors de l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019\u00c9glise anglicane; \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, l\u2019ultra-protestantisme est marqu\u00e9 par l\u2019anti-catholicisme et la promotion d\u2019un empire britannique anglican (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>26<\/span><div>Citation erron\u00e9e. Le titre devrait plut\u00f4t \u00eatre: <em>L\u2019\u00c9nigme: une page des archives de la Maison Wolchorley<\/em>.<\/div><\/li><li><span>27<\/span><div>Allusion \u00e0 un passage de la Bible (Mathieu, 23:5) qui associe l\u2019ampleur des v\u00eatements \u00e0 la vanit\u00e9 : \u00ab Ils font toutes leurs actions pour \u00eatre vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylact\u00e8res, et ils ont de longues franges \u00e0 leurs v\u00eatements \u00bb (Louis Second).<\/div><\/li><li><span>28<\/span><div>Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, on retrouve plut\u00f4t : \u00ab&nbsp;son apr\u00e8s-d\u00e9cadence&nbsp;\u00bb.<\/div><\/li><li><span>29<\/span><div>Allusion \u00e0 un passage de la Bible (Actes, 12:24) : \u00ab&nbsp;Cependant la parole de Dieu se r\u00e9pandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait.&nbsp;\u00bb (Louis Second)<\/div><\/li><li><span>30<\/span><div>Eliot pr\u00e9sume le sexe de la personne anonyme derri\u00e8re <em>L\u2019\u00c9nigme<\/em>.<\/div><\/li><li><span>31<\/span><div>Allusion au personnage \u00e9ponyme du roman de William Makepeace Thackeray, <em>The Diary of C. Jeames de la Pluche<\/em> (1846), \u00e0 la suite duquel nombre de valets fictionnels ont port\u00e9 le nom de \u00ab Jeames \u00bb, une forme affect\u00e9e de \u00ab James \u00bb.<\/div><\/li><li><span>32<\/span><div>John Cumming (1807-1881) est un homme d\u2019\u00e9glise \u00e9cossais, auquel George Eliot a consacr\u00e9 un article de la <em>Westminster Review<\/em> en 1855; Robert Owen (1771-1858) est un homme d\u2019affaire et militant socialiste connu pour ses sentiments anti-religieux; Edward Bouverie Pusey (1800-1882) est un th\u00e9ologien \u00e0 l\u2019origine du mouvement pus\u00e9iste (voir <em>supra<\/em>, note 25); les spirites, adeptes du populaire mouvement spiritualiste, croient en une version du christianisme o\u00f9 il est possible de communiquer avec les esprits des d\u00e9funt\u00b7e\u00b7s (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>33<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>34<\/span><div>Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, la phrase se termine par un point d\u2019exclamation.<\/div><\/li><li><span>35<\/span><div>Citation erron\u00e9e. Dans le texte cit\u00e9, on retrouve plut\u00f4t: \u00ab voil\u00e0! deux coups sonn\u00e9s depuis la tour de garde \u00bb.<\/div><\/li><li><span>36<\/span><div>R\u00e9f\u00e9rence au narrateur de \u00ab The Ballads of Policeman X \u00bb, un chapitre du recueil de po\u00e8mes <em>Ballads <\/em>(1856) de William Makepeace Thackeray.<\/div><\/li><li><span>37<\/span><div>L\u2019expression fait peut-\u00eatre allusion au tract <em>A Hind Let Loose <\/em>du Pasteur \u00e9cossais Alexander Shields (c. 1660-1700), dans lequel on retrouve l\u2019extrait suivant : \u00ab they came to be offended at Mr. Cargil\u2019s faithfulness, who spared neither left hand declensions, nor right hand extremes \u00bb (1687, p. 171), soit \u00ab ils en vinrent \u00e0 s\u2019offusquer de la fid\u00e9lit\u00e9 de M. Cargil, qui ne m\u00e9nageait ni les d\u00e9clinaisons de la main gauche, ni les extr\u00eames de la main droite \u00bb.<\/div><\/li><li><span>38<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>39<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>40<\/span><div>L\u2019expression \u00ab May Meetings \u00bb r\u00e9f\u00e8re aux assembl\u00e9es annuelles tenues par les organisations religieuses (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>41<\/span><div>Les expressions \u00ab Haute \u00c9glise \u00bb et \u00ab Basse \u00c9glise \u00bb d\u00e9crivent deux tendances oppos\u00e9es au sein du protestantisme britannique: d\u2019une part, la propension aux rituels et \u00e0 la liturgie typiquement anglocatholique; d\u2019autre part, la simplicit\u00e9 et le contact direct promus par le mouvement protestant (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>42<\/span><div>Personnage typique de l\u2019amoureux, Orlando apparait dans la com\u00e9die <em>As You Like It<\/em> (1599) de William Shakespeare (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>43<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>44<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>45<\/span><div>L\u2019\u00e9crivaine et militante \u00e9tatsunienne Harriet Beecher Stowe (1811-1896) a d\u00e9nonc\u00e9 l\u2019esclavagisme dans son roman \u00e0 succ\u00e8s <em>Uncle Tom\u2019s Cabin<\/em> (1852) (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>46<\/span><div>Fanny Squeers est un personnage du roman <em>Nicholas Nickelby<\/em> (1839), de Charles Dickens. Fille du cruel \u00e9ducateur Wackford Squeers, Mlle Squeers est elle-m\u00eame manipulatrice et vaniteuse (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>47<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>48<\/span><div>R\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un passage de la Bible (Corinthiens, 6:17) : \u00ab C\u2019est pourquoi, Sortez du milieu d\u2019eux, Et s\u00e9parez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas \u00e0 ce qui est impur, Et je vous accueillerai \u00bb (Louis Second)<\/div><\/li><li><span>49<\/span><div>Ces diff\u00e9rentes figures de l\u2019Antiquit\u00e9 apparaissent dans la Bible : Jann\u00e8s et Jambr\u00e8s sont des magiciens \u00e9gyptiens qui s\u2019opposent \u00e0 Mo\u00efse; Sennach\u00e9rib est un roi assyrien connu pour l\u2019ampleur des tributs qu\u2019il exige des peuples conquis; D\u00e9m\u00e9trius est un artisan \u00e9ph\u00e9sien mentionn\u00e9 dans le Nouveau testament (Actes, 19:24-40) (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>50<\/span><div>\u00ab Ce que vous appelez l\u2019esprit des temps n\u2019est au fond que l\u2019esprit m\u00eame des auteurs, o\u00f9 les temps se r\u00e9fl\u00e9chissent \u00bb (traduit par Nerval, 1877, p. 44).<\/div><\/li><li><span>51<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>52<\/span><div>L\u2019autrice fait ici allusion \u00e0 l\u2019organisation London Society for Promoting Christianity amongst the Jews, une association sioniste anglicane \u00e9tablie en 1809 visant non seulement l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des personnes juives, mais aussi la reconnaissance des racines juda\u00efques du christianisme (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>53<\/span><div>Citation introuvable.<\/div><\/li><li><span>54<\/span><div>Charles Daubeny (1795-1867) est un chimiste, botaniste et g\u00e9ologue anglais; John Stuart Mill (1806-1873) est un philosophe anglais pr\u00e9curseur du f\u00e9minisme; Frederick Denison Maurice (1805-1872) est un th\u00e9ologien \u00e9tatsunien adepte du socialisme chr\u00e9tien (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>55<\/span><div>Harriet Martineau (1802-1876) est une essayiste socialiste britannique et l\u2019une des premi\u00e8res femmes occidentales \u00e0 vivre de sa plume; Currer Bell est le pseudonyme sous lequel Charlotte Bront\u00eb (1816-1855) a publi\u00e9, entre autres, le roman <em>Jane Eyre<\/em> (1847); Elizabeth Gaskell (1810-1865) a elle aussi \u00e9crit plusieurs romans, dont <em>North and South<\/em> (1854-1855) (N.D.L.R.).<\/div><\/li><li><span>56<\/span><div>En fran\u00e7ais dans le texte.<\/div><\/li><li><span>57<\/span><div>Citation et attribution erron\u00e9es. La fable <em>L\u2019\u00e2ne et la fl\u00fbte<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Jean-Pierre Claris de Florian. La citation exacte se lit comme suit\u00a0: \u00ab\u00a0Eh! Je joue aussi de la fl\u00fbte!\u00a0\u00bb (1793, p.\u00a0172).<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>Note sur la traduction<\/strong> :<br \/> <br \/>\nL\u2019autrice britannique George Eliot (1819-1880), n\u00e9e Mary Ann Evans, est une intellectuelle et romanci\u00e8re qui a marqu\u00e9 la litt\u00e9rature victorienne. Ses romans, parmi lesquels on retrouve The Mill on the Floss (1860), Silas Marner (1861)et Middlemarch (1871-72), ont connu un grand succ\u00e8s de son vivant. L\u2019existence d\u2019Eliot est frapp\u00e9e par l\u2019ambivalence: si, dans ses \u00e9crits et ses romans, elle d\u00e9fend les valeurs chr\u00e9tiennes de la bonne soci\u00e9t\u00e9 britannique, elle m\u00e8ne une vie \u00e0 leur encontre, entretenant des relations illicites et vivant la plus grande partie de sa vie avec George Lewes, un homme mari\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","footnotes":""},"tags":[101,89,425,209,434,433],"numeros_revue_prefix":[350],"ppma_author":[379,380,346],"class_list":["post-2459","revue_prefix","type-revue_prefix","status-publish","hentry","tag-diversite-sexuelle","tag-ecriture-des-femmes","tag-etudes-litteraires","tag-histoire","tag-ideal-feminin","tag-livres","numeros_revue_prefix-vol-1-no-1"],"acf":{"sections":{"section":"F\u00e9minismes de l\u2019\u00e8re des r\u00e9volutions (\u00ab\u202flong\u202f\u00bb XIXe si\u00e8cle) "},"bibliographie":"Anonyme (1856a), <em>Laura Gay : A Novel<\/em> [<em>Laura Gay : un roman<\/em>], vol. I, Londres, Hurst &amp; Blackett.\r\n\r\nAnonyme (1856b), <em>Rank and Beauty : The Young Baroness<\/em> [<em>Rang et beaut\u00e9 : la jeune baronne<\/em>], Londres, Hurst &amp; Blackett.\r\n\r\nAnonyme (1856c), <em>The Enigma : A Leaf from the Archives of the Wolchorley House <\/em>[<em>L\u2019\u00c9nigme : une page des archives de la Maison Wolchorley<\/em>], Londres, John W. Parker &amp; Son.\r\n\r\nChatterton, Georgiana (1856), <em>Compensation : A Story of Real Life Thirty Years Ago<\/em> [<em>Compensation : une histoire de la vraie vie il y a trente ans<\/em>], vol. I, Londres, John W. Parker &amp; Son.\r\n\r\nFlorian, Jean-Pierre Claris de (1793), <em>Fables de M. de Florian<\/em>, vol. 9, Neufch\u00e2tel, Louis Fauche-Borel, p.\u00a0171-172.\r\n\r\nGoethe, Johann Wolfgang von (1808), <em>Faust, eine Trag\u00f6die<\/em>, T\u00fcbingen, Cotta.\r\n\r\nGoethe, Johann Wolfgang von (1877), \u00ab\u00a0Faust\u00a0\u00bb, trad. de l\u2019allemand (Allemagne) par G\u00e9rard de Nerval, dans <em>Faust et le Second Faust suivis d\u2019un choix de po\u00e9sies allemandes<\/em>, nouv. \u00e9d., Paris, Garnier, p.\u00a09-180.\r\n\r\nHall, Reydon (1856), \u00ab\u00a0Preface\u00a0\u00bb, dans Jane Margaret Strickland, <em>Adonijah : A Tale of the Jewish Dispersion<\/em>, Londres, Simpkin, Marshall &amp; Co., p.\u00a0iii-iv.\r\n\r\nMoodie, Susanna (1853), <em>Mark Hurdlestone, the Gold Worshipper<\/em>, vol. I, Londres, Richard Bentley.\r\n\r\nScott, Caroline Lucy (1856), <em>The Old Grey Church<\/em> [<em>La vieille \u00e9glise grise<\/em>], Londres, Richard Bentley.\r\n\r\nShields, Alexander (1797), <em>A Hind Let Loose; Or, An Historical Representation of the Testimonies of the Church of Scotland, for the Interest of Christ : With the True State Thereof in All Its Periods<\/em>, Glasgow, John Kirk.\r\n\r\nSpence, Joseph (1820), <em>Anecdotes, Observations, and Characters, of Books and Men. Collected from the Conversation of Mr. Pope, and Other Eminent Persons of His Time<\/em>, Londres, Carpenter.\r\n\r\nStretton, Julia Cecilia (1855), <em>Woman\u2019s Devotion : A Novel<\/em>, vol. I, Londres, Hurst &amp; Blackett.\r\n\r\nStrickland, Jane Margaret (1856), <em>Adonijah : A Tale of the Jewish Dispersion<\/em> [<em>Adonijah : un r\u00e9cit de la dispersion du peuple juif<\/em>], Londres, Simpkin, Marshall &amp; Co.\r\n\r\nThackeray, William Makepeace (1856), <em>Ballads<\/em>, Boston, Ticknor &amp; Fields.\r\n\r\nWordsworth, William (1798), \u00ab Lines Composed a Few Miles Above Tintern Abbey : On Revisiting the Banks of the Wye During a Tour \u00bb, dans William Wordsworth et Samuel Taylor Coleridge, <em>Lyrical Ballads with a Few Other Poems<\/em>, Londres, J. &amp; A. Arch, p.\u00a0201\u2011210.","note_de_bas_de_page":"","pour_citer_ce_document":"Eliot, George [Mary Ann Evans], traduit de l\u2019anglais par Julie Levasseur, 2024, \u00abLes romans idiots \u00e9crits par des romanci\u00e8res\u00bb, <em>Pr\u00e9fix,<\/em> vol. 1, no 1, \u00ab Pour une diversification des voix f\u00e9ministes dans l\u2019enseignement francophone : traduction de textes th\u00e9oriques \u00e0 des fins p\u00e9dagogiques \u00bb. Version en ligne : <a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\">https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/<\/a>","hyperliens":[{"fr_ca":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2024\/03\/Vol1.no1_Eliot.pdf"}],"order":4},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"PR\u00c9FIX\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-04-07T13:45:19+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Estimation du temps de lecture\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"52 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\",\"url\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\",\"name\":\"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/#website\"},\"datePublished\":\"2024-03-01T14:26:57+00:00\",\"dateModified\":\"2025-04-07T13:45:19+00:00\",\"description\":\"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-CA\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"UQAM\",\"item\":\"https:\/\/uqam.ca\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"PR\u00c9FIX\",\"item\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Revues Pr\u00e9fiX\",\"item\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":4,\"name\":\"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/#website\",\"url\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/\",\"name\":\"PR\u00c9FIX\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/recherche\/?q={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-CA\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX","description":"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/","og_locale":"fr_CA","og_type":"article","og_title":"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX","og_description":"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |","og_url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/","og_site_name":"PR\u00c9FIX","article_modified_time":"2025-04-07T13:45:19+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Estimation du temps de lecture":"52 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/","url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/","name":"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res | PR\u00c9FIX","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/#website"},"datePublished":"2024-03-01T14:26:57+00:00","dateModified":"2025-04-07T13:45:19+00:00","description":"PR\u00c9FIX Les romans idiots des dames romanci\u00e8res |","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-CA","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/les-romans-idiots-ecrits-par-des-romancieres\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"UQAM","item":"https:\/\/uqam.ca"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"PR\u00c9FIX","item":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Revues Pr\u00e9fiX","item":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/revue-prefix\/"},{"@type":"ListItem","position":4,"name":"Les romans idiots des dames romanci\u00e8res"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/#website","url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/","name":"PR\u00c9FIX","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/recherche\/?q={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-CA"}]}},"featured_img":false,"coauthors":[{"link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/eliot-george-evans-mary-ann\/","display_name":"Eliot, George (Evans, Mary Ann)"},{"link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/levasseur-julie\/","display_name":"Levasseur, Julie"},{"link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/fournier-guillemette-rosemarie\/","display_name":"Fournier-Guillemette, Rosemarie"}],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/laporte_jon\/","display_name":"Laporte, Jonathan"},"relative_dates":{"created":"Posted 2 ann\u00e9es ago","modified":"Updated 1 ann\u00e9e ago"},"absolute_dates":{"created":"Posted on 1 mars 2024","modified":"Updated on 7 avril 2025"},"absolute_dates_time":{"created":"Posted on 1 mars 2024 9 h 26 min","modified":"Updated on 7 avril 2025 9 h 45 min"},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"post_tag":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/diversite-sexuelle\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">diversit\u00e9 sexuelle<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/ecriture-des-femmes\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9criture des femmes<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/etudes-litteraires\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9tudes litt\u00e9raires<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/histoire\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">histoire<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/ideal-feminin\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">id\u00e9al f\u00e9minin<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/tag\/livres\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">livres<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">diversit\u00e9 sexuelle<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9criture des femmes<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9tudes litt\u00e9raires<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">histoire<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">id\u00e9al f\u00e9minin<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">livres<\/span>"],"slug":"post_tag","name":"\u00c9tiquettes"},"numeros_revue_prefix":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/numeros-revue-prefix\/vol-1-no-1\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Vol. 1 no 1<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Vol. 1 no 1<\/span>"],"slug":"numeros_revue_prefix","name":"Num\u00e9ros revue Pr\u00e9fiX"},"author":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/eliot-george-evans-mary-ann\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Eliot, George (Evans, Mary Ann)<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/levasseur-julie\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Levasseur, Julie<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/author\/fournier-guillemette-rosemarie\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Fournier-Guillemette, Rosemarie<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Eliot, George (Evans, Mary Ann)<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Levasseur, Julie<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Fournier-Guillemette, Rosemarie<\/span>"],"slug":"author","name":"Authors"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/revue_prefix\/2459","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/revue_prefix"}],"about":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/types\/revue_prefix"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":84,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/revue_prefix\/2459\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4352,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/revue_prefix\/2459\/revisions\/4352"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2459"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2459"},{"taxonomy":"numeros_revue_prefix","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/numeros_revue_prefix?post=2459"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2459"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}