{"id":7313,"date":"2026-03-28T17:09:41","date_gmt":"2026-03-28T21:09:41","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/?post_type=cahiers_iref&#038;p=7313"},"modified":"2026-03-28T17:16:57","modified_gmt":"2026-03-28T21:16:57","slug":"introduction-devenir-soie","status":"publish","type":"cahiers_iref","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/introduction-devenir-soie\/","title":{"rendered":"Introduction: Devenir soi(e)"},"content":{"rendered":"\n<table class=\"wp-block-advgb-table advgb-table-frontend\"><tbody><tr><td><strong>Source du texte<\/strong><br>Article paru dans\u00a0<em>M\u00e8res et filles de soi(e): filiations tiss\u00e9es, nou\u00e9es et rompues dans la litt\u00e9rature contemporaine transnationale<\/em>, sous la responsabilit\u00e9 de Jennifer B\u00e9langer, Manon Huberland et Marie-Pier Lafontaine (2022)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n<p>Na\u00eetre d\u2019elle, mais apprendre \u00e0 \u00eatre de soi: \u00e0 s\u2019envelopper d\u2019un v\u00eatement de soie qui est \u00e0 la fois ce qui se transmet d\u2019autrui et ce qui advient au fil du temps, de par la vie que m\u00e8nent les filles,\u00a0<em>avec<\/em>,\u00a0<em>contre<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>sans<\/em>\u00a0les m\u00e8res. C\u2019est cette image du roman\u00a0<em>Un enfant \u00e0 ma porte<\/em>\u00a0(2008) de Ying Chen\u00a0\u2013 cette \u00abfacult\u00e9 de tisser\u00bb au c\u0153ur de l\u2019h\u00e9ritage maternel chez les vers \u2013 qui s\u2019impose comme point de ralliement aux textes r\u00e9unis dans ce collectif<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e2f0000000000000000_30797\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Les textes sont issus du s\u00e9minaire \u00abLe maternel et le fictif: perspectives internationales\u00bb donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al par Lori Saint-Martin \u00e0 l\u2019automne 2019.<\/span><\/sup>. Qu\u2019il s\u2019agisse, pour les filles, de poursuivre la filiation en demeurant fid\u00e8les aux gestes mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des femmes avant elles, de l\u2019\u00e9crire en \u00e9levant ses accrocs, de l\u2019ouvrir en r\u00eavant d\u2019autres d\u00e9nouements, ou de la d\u00e9faire pour rompre les recommencements, c\u2019est toujours une question d\u2019\u00e9criture: de langue et de corps. C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles s\u2019en prennent lorsque celle-ci heurte, sonne faux ou force le sens de leur(s) histoire(s). C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles reviennent pour repriser les souvenirs et colmater les silences laiss\u00e9s par une m\u00e8re tant\u00f4t absente, tant\u00f4t morte. Et les m\u00e8res, elles, filles aussi, regardent derri\u00e8re et devant elles, au milieu des mots qu\u2019elles re\u00e7oivent et donnent, au milieu d\u2019un amour parfois si grand qu\u2019il les enserre. Toutes, enfin, composent avec le \u00abtrop-plein\u00bb et le \u00abtrop peu\u00bb (S. Hammoun), avec le \u00abdire trop\u00bb ou le \u00abdire assez\u00bb (C. Huysman) qui dictent la distance et la proximit\u00e9 \u00e0 occuper, leur \u00e9quilibre fragile \u00e0 maintenir pour se r\u00e9aliser chacune comme sujet.<\/p>\n<p>\u00abCocon, carcan\u00bb: ces deux mots, dans la magnifique pr\u00e9face de Lori Saint-Martin, font saillie. De l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, au-del\u00e0 du jeu de voyelles, s\u2019entend le passage de la douceur \u00e0 la rigidit\u00e9, le risque\u00a0\u2013 s\u00e9par\u00e9 d\u2019une virgule \u2013 que le confort qui prot\u00e8ge se transforme soudain en \u00e9touffement. \u00a0\u00a0<\/p>\n<p>M\u00e8res et filles sont tour \u00e0 tour araign\u00e9es ou insectes pi\u00e9g\u00e9s, souvent les deux en m\u00eame temps. Leur corps-\u00e0-corps est une lutte, mais \u00e9galement une danse. Elles s\u2019enlacent et se repoussent, sont en miroir et en d\u00e9calage, entretiennent entre elles les soup\u00e7ons et les malentendus sans toutefois se perdre de vue. Plusieurs des lectures pr\u00e9sent\u00e9es ici avancent d\u2019ailleurs tout en nuance, pr\u00e9f\u00e9rant saisir ce qui, dans les relations maternelles, ne se r\u00e9duit pas \u00e0 des r\u00f4les assign\u00e9s ni ne se simplifie \u00e0 des tropes. Elles honorent les figures insaisissables que sont les m\u00e8res et les filles, et invitent \u00e0 prendre les choses\u00a0<em>en sens inverse<\/em>, pour \u00e9voquer Chantal Chawaf qui trouve ancrage dans le texte de Maude Pilon.<\/p>\n<p>Ce trac\u00e9 motive le premier article du collectif, sign\u00e9 par Emanuella Feix. Partir pour ne pas faire comme elle. Ni mieux, ni mal, mais autrement. Dans le film\u00a0<em>Une seconde m\u00e8re<\/em>\u00a0d\u2019Anna Muylaert, c\u2019est le risque que prend Val, m\u00e8re de J\u00e9ssica, pour que cette derni\u00e8re puisse entreprendre des \u00e9tudes dans une universit\u00e9 prestigieuse du Br\u00e9sil. Afin d\u2019offrir de meilleures perspectives \u00e0 sa fille, Val est contrainte de l\u2019abandonner et de la laisser entre les mains de sa m\u00e8re \u00e0 elle. Feix nous livre une r\u00e9flexion \u00e9tay\u00e9e \u00e0 la fois sur la naturalisation et l\u2019h\u00e9ritage persistant de l\u2019esclavagisme dans la construction de la maternit\u00e9, mais aussi sur les changements qui peuvent s\u2019op\u00e9rer entre les g\u00e9n\u00e9rations, les privil\u00e8ges qui s\u2019acqui\u00e8rent au d\u00e9triment de celles avant soi. En effet, le \u00abne pas faire comme elle\u00bb concerne aussi J\u00e9ssica envers Val. Ce mouvement vers l\u2019avant, et vers l\u2019ailleurs, de la fille ne brise pas uniquement une certaine fatalit\u00e9 qui p\u00e8se sur les corps subalternes: il rend visible, pour la m\u00e8re, les in\u00e9galit\u00e9s que celle-ci subit au quotidien et il lui permet de tenir cette promesse ultime\u00a0<em>que plus rien ne sera comme avant<\/em>.<\/p>\n<p><em>Dis \u00e0 tes filles de ne pas faire comme moi<\/em>, intime aussi la grand-m\u00e8re \u00e0 sa fille au sujet de ses petites-filles dans le recueil\u00a0<em>La d\u00e9voration des f\u00e9es<\/em>\u00a0de Catherine Lalonde, \u00e9tudi\u00e9 par Laurence \u00c9l\u00e9ment-Jomphe. Poup\u00e9es russes, ces femmes du r\u00e9cit sont les unes dans les autres, ind\u00e9m\u00ealables et singuli\u00e8res, n\u00e9es sous la mal\u00e9diction d\u2019\u00eatre filles et, donc, mortes avant d\u2019\u00eatre mortes. Dans une \u00e9criture po\u00e9tique et hant\u00e9e par les personnages de Lalonde, \u00c9l\u00e9ment-Jomphe pousse plus loin l\u2019ind\u00e9termination des trois femmes (grand-m\u00e8re, m\u00e8re et fille) et s\u2019attarde \u00e0 ce qui est en jeu entre le moment o\u00f9 l\u2019une d\u00e9vore l\u2019autre, o\u00f9 l\u2019une quitte le village natal\u00a0\u2013 et maudit \u2013 pour y revenir. L\u2019exil, ici, s\u2019entrevoit en effet dans la possibilit\u00e9 du retour: la p\u2019tite, la derni\u00e8re de la lign\u00e9e, est le vecteur d\u2019un changement spatial et s\u00e9mantique. Se penser fille, \u00e0 travers une langue qui s\u2019assume f\u00e9minine, c\u2019est d\u2019abord s\u2019\u00e9loigner de sa g\u00e9n\u00e9alogie noy\u00e9e dans l\u2019oppression patriarcale pour ensuite la r\u00e9investir d\u2019un amour r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>S\u2019extirper des\u00a0<em>Heures souterraines<\/em>\u00a0pourrait bien \u00eatre le d\u00e9sir premier de Mathilde dans ce roman de Delphine de Vigan. C\u00e9cile Huysman retrace avec finesse les sacrifices d\u2019une m\u00e8re qui \u00e9touffe au travail. M\u00e9sestim\u00e9e et mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, priv\u00e9e de parole et d\u2019agentivit\u00e9, Mathilde bascule dans un \u00ab\u00e9tat larvaire\u00bb. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e8le une s\u00e9rie de renversements alors que le cadre de travail, auparavant \u00e9mancipateur, devient pour Mathilde une v\u00e9ritable prison gestationnelle. La femme adulte, d\u2019un coup infantilis\u00e9e, s\u2019enfonce dans une r\u00e9gression forc\u00e9e o\u00f9 le corps et la voix s\u2019ankylosent. Sa propre maternit\u00e9, lieu paradoxal de contr\u00f4le et de rel\u00e2chement, para\u00eet alors comme seule \u00e9chapp\u00e9e. Le r\u00e9cit, par son esth\u00e9tique du t\u00e2tonnement, tel que le d\u00e9finit Huysman, laisse place aux h\u00e9sitations, aux contradictions, aux silences de la m\u00e8re. Nous suivons, avec Huysman, une narratrice qui, par l\u2019exp\u00e9rience mise en mots, cherche une bouff\u00e9e d\u2019air.<\/p>\n<p>Glissant de nouvelle en nouvelle, Manon Huberland propose une travers\u00e9e sensible de l\u2019\u0153uvre\u00a0<em>At The Bottom of the River<\/em>\u00a0de Jamaica Kincaid. Ne n\u00e9gligeant ni la parole de la m\u00e8re et celle de la fille, les faisant se r\u00e9pondre en \u00e9cho, Kincaid nous ouvre la porte d\u2019une \u00abmaison de la m\u00e8re\u00bb, espace qui, en marge du tissu social,\u00a0<em>tout en bas de la rivi\u00e8re<\/em>, est n\u00e9anmoins remu\u00e9 par des paradoxes et des dynamiques de pouvoir. Au fil du roman, comme de l\u2019analyse, l\u2019architecture de la voix maternelle s\u2019assouplit pour que s\u2019\u00e9rige celle de la fille, et ce, moins dans un rapport de mim\u00e9tisme que dans la reconnaissance d\u2019une subjectivit\u00e9 propre \u00e0 chacune. Ensemble, elles r\u00eavent, se d\u00e9placent, se recentrent, refont peau neuve, mais ne renoncent jamais \u00e0 l\u2019une et \u00e0 l\u2019autre devant cet avenir qu\u2019elles b\u00e2tissent.<\/p>\n<p>Daphn\u00e9 Ouimet-Juteau, quant \u00e0 elle, \u00e9tudie les diverses filiations \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans\u00a0<em>Chocolat amer<\/em>\u00a0de Laura Esquivel. La m\u00e8re symbolique et la m\u00e8re r\u00e9elle s\u2019entrechoquent dans ce roman-feuilleton, o\u00f9 le r\u00e9alisme magique transforme le talent culinaire de la narratrice\u00a0\u2013 art dit \u00abmineur\u00bb \u2013 en un r\u00e9el pouvoir de transformation. Tant\u00f4t sensuel, tant\u00f4t dangereux, l\u2019art culinaire incarne une voie d\u2019\u00e9mancipation pour elle; un chemin de traverse vers la m\u00e8re symbolique, soit une m\u00e8re nourrici\u00e8re et artistique, mais surtout aimante. La m\u00e8re r\u00e9elle, de son c\u00f4t\u00e9, violente le corps et la psych\u00e9 de sa benjamine, s\u2019assure de la soumettre \u00e0 la loi patriarcale. Par une lecture tr\u00e8s proche du texte \u00e9tudi\u00e9, voire qui s\u2019y moule, Ouimet-Juteau dessine avec pr\u00e9cision les contours des diff\u00e9rentes figures maternelles pr\u00e9sentes dans\u00a0<em>Chocolat amer<\/em>, figures qui convoquent chacune un imaginaire diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>En s\u2019appuyant sur les r\u00e9flexions de Fran\u00e7oise Couchard\u00a0\u2013 nombreux sont les textes qui la citent \u2013, Sarah Hammoun aborde avec lucidit\u00e9 l\u2019emprise maternelle dans le roman\u00a0<em>Cr\u00e8ve, maman!<\/em>\u00a0de M\u00f4 Singh. Est investi cet imp\u00e9ratif, celui de tuer la m\u00e8re pour qu\u2019advienne chez la fille une identit\u00e9 propre, qui ne soit plus souill\u00e9e par la filiation. Alors que la m\u00e8re s\u2019\u00e9teint, la fille cherche r\u00e9paration non pas par la r\u00e9conciliation, mais par une condamnation sans compromis. La narratrice lib\u00e8re une parole tordue par la souffrance, par ce \u00abmal de m\u00e8re\u00bb qui lui serre la gorge et force un b\u00e9gaiement ou un cri. Par l\u2019entremise de la lecture d\u2019Hammoun, nous rencontrons une narratrice qui \u00e9crit les traumatismes, l\u2019exc\u00e8s, la col\u00e8re qui se passent et se rejouent de m\u00e8re en fille. La voix d\u00e9musel\u00e9e de la fille, qui attaque et accuse, reconduit cependant la violence m\u00eame qu\u2019elle d\u00e9nonce: une violence qui s\u2019origine dans le discours social et qui pr\u00e9existe aux individus qu\u2019elle marque. Ce paradoxe est au c\u0153ur de l\u2019analyse.<\/p>\n<p>Si, pour vivre, la fille devait abolir en elle toute pr\u00e9sence de sa m\u00e8re dans le roman\u00a0<em>Cr\u00e8ve maman!<\/em>, la m\u00e8re et la fille peuvent coexister sans que l\u2019une efface la voix de l\u2019autre dans le roman\u00a0<em>Rien ne s\u2019oppose \u00e0 la nuit<\/em>. C\u2019est m\u00eame en rompant le mutisme de sa m\u00e8re que la narratrice entend survivre. Oph\u00e9lie Langlois parvient \u00e0 saisir\u00a0la densit\u00e9\u00a0des mots chez\u00a0Delphine de Vigan, ceux qui s\u2019\u00e9crivent\u00a0<em>\u00e0 cause<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>gr\u00e2ce<\/em>\u00a0\u00e0 la m\u00e8re, morte sans laisser de r\u00e9ponses (sur sa maladie, sur sa propre pratique d\u2019\u00e9criture, sur sa propre m\u00e8re). Par un travail \u00abarch\u00e9ologique\u00bb, la narratrice creuse pour exhumer, recorporalise sa m\u00e8re \u00e0 l\u2019encre bleue, lui donne vie et respiration entre les lignes de son r\u00e9cit. La fille r\u00e9investit la douleur et l\u2019absence, brise les silences et m\u00eale la voix de la m\u00e8re \u00e0 la sienne pour r\u00e9\u00e9crire au propre la g\u00e9n\u00e9alogie \u00abentach\u00e9e\u00bb. La cr\u00e9ation et l\u2019acte d\u2019\u00e9criture, nous dit Langlois, raccorde une lign\u00e9e de femmes artistes et lib\u00e8re une voie de gu\u00e9rison, une lueur qui finalement s\u2019oppose \u00e0 la nuit.<\/p>\n<p>Pour clore le collectif, Maude Pilon propose une r\u00e9flexion po\u00e9tique sur les mouvements, les reprises, les d\u00e9placements, les \u00e9vid(t)ements de la langue-cri m\u00e8re-fille \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre\u00a0<em>Ma m\u00e8re est humoriste<\/em>\u00a0de Carla Demierre. Pilon, dans un habile jeu d\u2019\u00e9criture qui ramifie les mots, les laissant cro\u00eetre dans leur dispersion et leur multitude, entrem\u00eale les voix de plusieurs femmes jusqu\u2019\u00e0 ne plus tenir \u00e0 leur autorit\u00e9. Toutes sont du m\u00eame ordre, participent d\u2019une m\u00eame chair chorale; toutes se nourrissent les unes des autres, se versent les unes dans les autres. De longs extraits tir\u00e9s du r\u00e9cit de Demierre, plac\u00e9s en \u00abmarge\u00bb, offrent une saisie sensible de l\u2019\u00e9criture de l\u2019autrice, nuanc\u00e9e et enrichie par les propos qui l\u2019accompagnent. La composition du texte fait entendre les rapports de r\u00e9ciprocit\u00e9 et de dissonance entre la fille et la m\u00e8re chez Demierre. La filiation se joue entre ces deux tensions; dans le moment o\u00f9 le corps (de la fille et de la m\u00e8re) cesse d\u2019\u00eatre m\u00e9moire et langage pour n\u2019\u00eatre qu\u2019enveloppe et contenu \u00e0 renouveler ind\u00e9finiment.<\/p>\n<p>Au fil du recueil, des voix qu\u00e9b\u00e9coises, fran\u00e7aises, br\u00e9silienne, carib\u00e9enne et mexicaine s\u2019emmaillent, se prolongent, se tiraillent parfois, forment peu \u00e0 peu un \u00abtissu ajour\u00e9, sans trame ni cha\u00eene<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000593c290d000000002b3ff8c3_7313-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">\u00abDentelle\u00bb, <em>Usito<\/em>, <a href=\"http:\/\/usito.usherbrooke.ca\/d%C3%A9finitions\/dentelle\">usito.usherbrooke.ca\/d%C3%A9finitions\/dentelle<\/a><\/span>\u00bb. C\u2019est d\u2019ailleurs de cette mani\u00e8re-l\u00e0 que nous avons pens\u00e9 l\u2019encha\u00eenement des textes, en les imaginant sous-tendus par un long fil qui se d\u00e9roule, sans d\u00e9but ni fin, constamment travaill\u00e9s par des r\u00e9alit\u00e9s impossibles \u00e0 d\u00e9m\u00ealer en sections, d\u2019o\u00f9 \u00e9merge finalement une forme complexe et indivisible: une dentelle. Mais plus qu\u2019une forme, la dentelle, ici, entre fragilit\u00e9 et r\u00e9sistance, entre ombre et \u00e9clat, incarne surtout le dispositif de m\u00e9tamorphose n\u00e9cessaire \u00e0 la (re)naissance des m\u00e8res et des filles: elle est ce qui reste derri\u00e8re lui lorsque le vers se (re)met au monde.<\/p><h2 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes de bas de page<\/h2><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div>Les textes sont issus du s\u00e9minaire \u00abLe maternel et le fictif: perspectives internationales\u00bb donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al par Lori Saint-Martin \u00e0 l\u2019automne 2019.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>\u00abDentelle\u00bb, <em>Usito<\/em>, <a href=\"http:\/\/usito.usherbrooke.ca\/d%C3%A9finitions\/dentelle\">usito.usherbrooke.ca\/d%C3%A9finitions\/dentelle<\/a><\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Na\u00eetre d\u2019elle, mais apprendre \u00e0 \u00eatre de soi: \u00e0 s\u2019envelopper d\u2019un v\u00eatement de soie qui est \u00e0 la fois ce qui se transmet d\u2019autrui et ce qui advient au fil du temps, de par la vie que m\u00e8nent les filles, avec, contre ou sans les m\u00e8res. C\u2019est cette image du roman Un enfant \u00e0 ma porte (2008) de Ying Chen \u2013 cette \u00abfacult\u00e9 de tisser\u00bb au c\u0153ur de l\u2019h\u00e9ritage maternel chez les vers \u2013 qui s\u2019impose comme point de ralliement aux textes r\u00e9unis dans ce collectif. Qu\u2019il s\u2019agisse, pour les filles, de poursuivre la filiation en demeurant fid\u00e8les aux gestes mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des femmes avant elles, de l\u2019\u00e9crire en \u00e9levant ses accrocs, de l\u2019ouvrir en r\u00eavant d\u2019autres d\u00e9nouements, ou de la d\u00e9faire pour rompre les recommencements, c\u2019est toujours une question d\u2019\u00e9criture: de langue et de corps. C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles s\u2019en prennent lorsque celle-ci heurte, sonne faux ou force le sens de leur(s) histoire(s). C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles reviennent pour repriser les souvenirs et colmater les silences laiss\u00e9s par une m\u00e8re tant\u00f4t absente, tant\u00f4t morte. Et les m\u00e8res, elles, filles aussi, regardent derri\u00e8re et devant elles, au milieu des mots qu\u2019elles re\u00e7oivent et donnent, au milieu d\u2019un amour parfois si grand qu\u2019il les enserre. Toutes, enfin, composent avec le \u00abtrop-plein\u00bb et le \u00abtrop peu\u00bb (S. Hammoun), avec le \u00abdire trop\u00bb ou le \u00abdire assez\u00bb (C. Huysman) qui dictent la distance et la proximit\u00e9 \u00e0 occuper, leur \u00e9quilibre fragile \u00e0 maintenir pour se r\u00e9aliser chacune comme sujet.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":""},"tags":[1328,1313,1343,1344,214,467,84,1296,334,87],"numeros":[],"numeros_cahier_iref":[260],"ppma_author":[34,36,37],"acf":{"sections":{"section":""},"bibliographie":"","note_de_bas_de_page":"","pour_citer_ce_document":"B\u00e9langer, Jennifer, Manon Huberland et Marie-Pier Lafontaine, 2022, \u00ab Introduction: Devenir soi(e) \u00bb, dans Jennifer B\u00e9langer, Manon Huberland et Marie-Pier Lafontaine (dir.), <em>M\u00e8res et filles de soi(e): filiations tiss\u00e9es, nou\u00e9es et rompues dans la litt\u00e9rature contemporaine transnationale<\/em>, Cahier de l\u2019IREF no9, en ligne sur Pr\u00e9fiX, <a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/introduction-devenir-soie\/\">https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/introduction-devenir-soie\/<\/a>","hyperliens":null,"order":2,"date_published":null},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Introduction: Devenir soi(e) | PR\u00c9FIX<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/introduction-devenir-soie\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Introduction: Devenir soi(e) | PR\u00c9FIX\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Na\u00eetre d\u2019elle, mais apprendre \u00e0 \u00eatre de soi: \u00e0 s\u2019envelopper d\u2019un v\u00eatement de soie qui est \u00e0 la fois ce qui se transmet d\u2019autrui et ce qui advient au fil du temps, de par la vie que m\u00e8nent les filles, avec, contre ou sans les m\u00e8res. C\u2019est cette image du roman Un enfant \u00e0 ma porte (2008) de Ying Chen \u2013 cette \u00abfacult\u00e9 de tisser\u00bb au c\u0153ur de l\u2019h\u00e9ritage maternel chez les vers \u2013 qui s\u2019impose comme point de ralliement aux textes r\u00e9unis dans ce collectif. Qu\u2019il s\u2019agisse, pour les filles, de poursuivre la filiation en demeurant fid\u00e8les aux gestes mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des femmes avant elles, de l\u2019\u00e9crire en \u00e9levant ses accrocs, de l\u2019ouvrir en r\u00eavant d\u2019autres d\u00e9nouements, ou de la d\u00e9faire pour rompre les recommencements, c\u2019est toujours une question d\u2019\u00e9criture: de langue et de corps. C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles s\u2019en prennent lorsque celle-ci heurte, sonne faux ou force le sens de leur(s) histoire(s). C\u2019est \u00e0 la langue maternelle qu\u2019elles reviennent pour repriser les souvenirs et colmater les silences laiss\u00e9s par une m\u00e8re tant\u00f4t absente, tant\u00f4t morte. Et les m\u00e8res, elles, filles aussi, regardent derri\u00e8re et devant elles, au milieu des mots qu\u2019elles re\u00e7oivent et donnent, au milieu d\u2019un amour parfois si grand qu\u2019il les enserre. Toutes, enfin, composent avec le \u00abtrop-plein\u00bb et le \u00abtrop peu\u00bb (S. Hammoun), avec le \u00abdire trop\u00bb ou le \u00abdire assez\u00bb (C. 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