{"id":6971,"date":"2026-03-24T11:50:36","date_gmt":"2026-03-24T15:50:36","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/?post_type=cahiers_iref&#038;p=6971"},"modified":"2026-03-24T16:07:54","modified_gmt":"2026-03-24T20:07:54","slug":"colonisation-et-sexualisation-des-jeunes-filles","status":"publish","type":"cahiers_iref","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/colonisation-et-sexualisation-des-jeunes-filles\/","title":{"rendered":"Colonisation et sexualisation des jeunes filles"},"content":{"rendered":"\n<table class=\"wp-block-advgb-table advgb-table-frontend\"><tbody><tr><td><strong>Source du texte<\/strong><br>Article paru dans&nbsp;<em>De l\u2019assignation \u00e0 l\u2019\u00e9clatement:&nbsp;Continuit\u00e9s et ruptures dans les repr\u00e9sentations des femmes<\/em>, sous la responsabilit\u00e9 de Dominique Bourque, Francine Descarries et Caroline D\u00e9sy (2013)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Les Occidentaux n\u2019ont pas besoin de payer une police pour&nbsp;<br>forcer les femmes \u00e0 ob\u00e9ir, il leur suffit de faire circuler des&nbsp;<br>images pour que les femmes s\u2019esquintent \u00e0 leur ressembler.<\/em><br>Fatema Mernissi<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\"><em>Le Harem et l\u2019Occident<\/em>, cit\u00e9 dans Florence Montreynaud,&nbsp;<em>La publicit\u00e9 sexiste et ses effets pervers<\/em>, novembre 2001. En ligne: <a href=\"http:\/\/www.lameute.fr\/doc_analyses\/texte1a.php3\">http:\/\/www.lameute.fr\/doc_analyses\/texte1a.php3<\/a> (consult\u00e9 le 4 janvier 2013)<\/span><\/p>\n\n\n<p>Lorsque l\u2019on aborde un ph\u00e9nom\u00e8ne aussi complexe et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne que le processus de sexualisation des jeunes, il est important de le comprendre et de le d\u00e9cortiquer en prenant garde de ne pas confondre ses origines, les valeurs qu\u2019il sous-tend, ses m\u00e9canismes, ses impacts et la perception des personnes concern\u00e9es. Par ailleurs, si ce ph\u00e9nom\u00e8ne est in\u00e9galitaire et induit de la violence, il convient d\u2019identifier les facteurs qui le favorisent et ceux qui le neutralisent, afin de mettre en place des solutions de remplacement. La culture ultra-sexualis\u00e9e des soci\u00e9t\u00e9s occidentales ou occidentalis\u00e9es modernes s\u2019inscrit dans une longue tradition patriarcale de contr\u00f4le du corps et de l\u2019imaginaire des femmes et se caract\u00e9rise, dans son \u00e9tat actuel, par une complicit\u00e9 accrue avec le syst\u00e8me capitaliste.\u00a0<\/p>\n<p>Bas\u00e9 sur nos exp\u00e9riences de terrain en tant qu\u2019intervenantes au Service de leadership du Y des femmes de Montr\u00e9al et nos recherches critiques, cet article est l\u2019occasion de r\u00e9v\u00e9ler quelques-uns des m\u00e9canismes sexualisateurs pr\u00e9sents dans les repr\u00e9sentations culturelles, m\u00e9diatiques et publicitaires ainsi que leurs liens avec les discriminations et les violences auxquelles les jeunes filles sont confront\u00e9es.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sexualisation: un processus historique de colonisation androcentriste<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Une socialisation diff\u00e9renci\u00e9e<\/em><\/h3>\n\n\n<p>La socialisation diff\u00e9renci\u00e9e est le processus par lequel l\u2019individu int\u00e9riorise les normes sociales (place, r\u00f4le, droits, etc.), physiques (taille, poids, couleur, etc.), culturelles (r\u00e9f\u00e9rents, rep\u00e8res, valeurs, etc.) et comportementales (attitude, interaction, r\u00e9action, etc.) propres \u00e0 l\u2019identit\u00e9 sociale forg\u00e9e par l\u2019id\u00e9ologie dominante pour son sexe biologique. Cette attribution ext\u00e9rieure, en interaction avec l\u2019itin\u00e9raire individuel, influence consid\u00e9rablement la personne. Nous rappellerons, aussi longtemps qu\u2019il le faudra, qu\u2019au milieu du si\u00e8cle dernier Beauvoir \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0: \u00abOn ne na\u00eet pas femme, on le devient.\u00bb En Occident, les jeunes filles ont longtemps \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es de l\u2019\u00e9ducation et ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une socialisation \u00e0 dominante \u00e9rotico-domestique, ayant pour corollaires la soumission au p\u00e8re, au mari et au fils, et la reproduction. La majorit\u00e9 des mod\u00e8les f\u00e9minins conservateurs toujours pr\u00e9sents au 21e si\u00e8cle rel\u00e8vent de cette constante modalit\u00e9 tridimensionnelle: aimer, prendre soin des autres (l\u2019\u00e9pouse, la m\u00e8re, l\u2019aidante naturelle) et s\u2019occuper du foyer (la domestique ou la ma\u00eetresse de maison). Aujourd\u2019hui, la socialisation des filles occidentales se diff\u00e9rencie surtout par la sexualisation dont elles sont \u00e0 la fois victimes et productrices. D\u2019une part, ces m\u00e9canismes de sexualisation, de restriction identitaire \u00e0 un capital sexuel h\u00e9t\u00e9ronorm\u00e9 leur pr\u00e9existent: la sexualit\u00e9 f\u00e9minine, lorsqu\u2019elle est mise en sc\u00e8ne dans l\u2019industrie m\u00e9diatique et culturelle, l\u2019est selon des canons h\u00e9t\u00e9rosexuels masculins. D\u2019autre part, les filles contribuent, par le biais de leurs pratiques de consommation (v\u00eatements, musique, etc.) et de leurs comportements (maquillage, passivit\u00e9, allures et attitudes hyper f\u00e9minines, poses\u00a0<em>sexys\u00a0<\/em>sur les r\u00e9seaux sociaux, etc.) \u00e0 l\u00e9gitimer cette sexualisation, \u00e0 la soutenir et \u00e0 la renforcer. Selon nous, cette transformation peut \u00eatre vue comme l\u2019un des premiers pas vers l\u2019exploitation sexuelle de leurs corps. En passant par l\u2019instrumentalisation de l\u2019image des femmes, par sa marchandisation, son contr\u00f4le et son exploitation sexuelle et misogyne, la sexualisation s\u2019inscrit au rang des arch\u00e9types d\u2019un traitement social in\u00e9galitaire et discriminatoire qui force les filles, de plus en plus jeunes, \u00e0 l\u2019internalisation de normes \u00abcorrectives\u00bb<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_30837\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Une femme doit se corriger en permanence car elle ne sera jamais assez belle, assez maigre, assez \u00e9pil\u00e9e, assez bonne m\u00e8re, etc.<\/span><\/sup>\u00a0et \u00e0 leur cloisonnement \u00e0 des r\u00f4les et \u00abchoix\u00bb limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Si \u00e0 la naissance nous sommes tous et toutes des \u00eatres sexu\u00e9s, personne ne na\u00eet sexualis\u00e9. La sexualisation est un processus ext\u00e9rieur \u00e0 la personne, laquelle va \u00e9ventuellement renforcer les attentes qui lui sont adress\u00e9es selon son sexe. Dans les derni\u00e8res ann\u00e9es, cette sexualisation a \u00e9t\u00e9 produite massivement par les publicitaires, suivis de pr\u00e8s par l\u2019industrie culturelle de masse et celle du divertissement. La culture sexualis\u00e9e, hypersexualisation ou pornographisation, correspond \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne social et se caract\u00e9rise par une surabondance de th\u00e9matiques sexualis\u00e9es dans les m\u00e9dias et dans les relations interpersonnelles (Attwood, 2006). La sexualisation pr\u00e9coce d\u00e9coule, pour sa part, de cette invasion de l\u2019espace public par les strat\u00e9gies de marketing qui le saturent avec une vision restreinte de la sexualit\u00e9 ciblant et sexualisant m\u00eame l\u2019univers des tout-petits (Goldfarb &amp; Tardieu-Bertheau, 2010).<\/p>\n<p>Les rapports sociaux de sexe sont encore in\u00e9galitaires au Qu\u00e9bec en 2011, les femmes continuent d\u2019\u00eatre moins pay\u00e9es que les hommes, d\u2019\u00eatre plus souvent viol\u00e9es et agress\u00e9es, et les fillettes continuent de se voir offrir des lieux\u00a0<em>d\u2019agentivit\u00e9\u00a0<\/em>restreints. D\u2019ailleurs, le gouvernement reconna\u00eet dans son plan d\u2019action 2011-2015\u00a0<em>Pour que l\u2019\u00e9galit\u00e9 de droit devienne une \u00e9galit\u00e9 de fait\u00a0<\/em>que:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-6d50803d-a3d9-4102-9122-62a0f3f50a2a\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>[l]a sexualisation de l\u2019espace public (ou hypersexualisation) renforce la vision st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e des rapports hommes-femmes dans l\u2019opinion populaire. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne inqui\u00e8te particuli\u00e8rement vu ses cons\u00e9quences sur les rapports amoureux des jeunes: pr\u00e9cocit\u00e9 des relations sexuelles, pratiques sexuelles inspir\u00e9es de la pornographie, mode vestimentaire qui sexualise m\u00eame les tr\u00e8s jeunes filles, obsession de l\u2019image corporelle. (CSF, 2010: 4)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Avant cela, l\u2019Association am\u00e9ricaine de psychologie (APA, 2007) avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9mis un avis de mobilisation et de sensibilisation autour des probl\u00e9matiques de sant\u00e9 mentale et sexuelle engendr\u00e9es par la sexualisation des jeunes et des enfants.<\/p>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>La sexualisation: un syst\u00e8me de valeurs<\/em><\/h3>\n\n\n<p>En tant qu\u2019art\u00e9fact, industrie lucrative et mod\u00e8le culturel, la sexualisation de l\u2019espace social est le reflet de certaines valeurs androcentristes et participe de l\u2019ordre social dominant. Les normes sexistes qu\u2019elle induit normalisent des in\u00e9galit\u00e9s et des violences contre les femmes et les filles en ne proposant qu\u2019un \u00e9ventail r\u00e9duit de r\u00e9f\u00e9rents et de mod\u00e8les relatifs \u00e0 l\u2019univers f\u00e9minin. Tel un serpent se mordant la queue, les discours capitalistes et misogynes tentent de justifier l\u2019\u00e9rection de la valeur\u00a0<em>sexy<\/em>\u00a0au rang des besoins essentiels. Or, pour les filles, il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une strat\u00e9gie r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un cadre d\u2019options limit\u00e9es, pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins de connexion et de valorisation : \u00eatre reconnues, consid\u00e9r\u00e9es, visibles aux yeux du monde.<\/p>\n<p>En outre, en tant que syst\u00e8me de valeurs h\u00e9g\u00e9monique, la sexualisation est une forme de colonisation. Elle est une prescription impos\u00e9e qui encourage les femmes, d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 des mod\u00e8les r\u00e9ducteurs, souvent irr\u00e9alistes. Celles qui r\u00e9sistent \u00e0 cette injonction courent le risque d\u2019\u00eatre stigmatis\u00e9es, socialement peu accept\u00e9es, tax\u00e9es d\u2019anormales, de se voir compl\u00e8tement rabattues dans l\u2019ordre hi\u00e9rarchique ou encore d\u2019\u00eatre des \u00ab<em>nobody<\/em>\u00bb (ni remarquables, ni remarqu\u00e9es), comme disent les jeunes avec lesquelles nous travaillons. Plus qu\u2019une suggestion, la sexualisation est la normalisation d\u2019une image sociale et d\u2019un mode de vie; elle est \u00e0 la fois subordination et modification de la perception que l\u2019individu a de ses propres besoins et de ceux des autres. Elle englobe plusieurs formes de violence.<\/p>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>De l\u2019invisibilit\u00e9 politique et historique \u00e0 la surexposition sexuelle<\/em><\/h3>\n\n\n<p>Les femmes et les jeunes filles sont pass\u00e9es d\u2019une invisibilit\u00e9 politique et historique port\u00e9e par le patriarcat \u00e0 une surm\u00e9diatisation et une surexploitation de leur image sexualis\u00e9e. D\u00e8s les ann\u00e9es 1920, les visages et corps des vedettes sont utilis\u00e9s comme signe, \u00abmarque\u00bb, pour vendre des produits \u00e0 grande \u00e9chelle. Aux injonctions d\u2019amour, de soins et de soumission, se sont ajout\u00e9es celles de la d\u00e9sirabilit\u00e9 et de la disponibilit\u00e9 sexuelle ainsi que celles de la transformation du corps des femmes en valeur symbolique ou en produit consommable. Le concept de la consommatrice adolescente est \u00e9labor\u00e9 pendant le boom d\u00e9mographique qui suit la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, dans une volont\u00e9 de d\u00e9velopper des nouveaux march\u00e9s. La strat\u00e9gie utilis\u00e9e consiste en la cr\u00e9ation d\u2019un<em>\u00a0style de vie adolescent<\/em>\u00a0et la manipulation des ins\u00e9curit\u00e9s des filles \u00e0 partir de l\u2019exploitation de leur d\u00e9sir l\u00e9gitime de reconnaissance et de visibilit\u00e9 (Cook, 2004). L\u2019apparition du roman\u00a0<em>Lolita<\/em>\u00a0de Vladimir Nabokov en 1955 a pour effet de cimenter dans l\u2019imaginaire collectif la repr\u00e9sentation des jeunes adolescentes en plein d\u00e9veloppement physique comme d\u2019irr\u00e9sistibles nymphettes manipulatrices d\u2019hommes (Goldfarb, 2009). Dans les ann\u00e9es 1990, alors que l\u2019industrie pornographique est en pleine expansion, le mouvement musical et culturel initi\u00e9 par les groupes punks f\u00e9ministes rassembl\u00e9s sous le nom de Riot Grrrls d\u00e9frayait la chronique. Des milliers de jeunes filles se reconnaissaient dans leur critique des mod\u00e8les traditionnels de f\u00e9minit\u00e9 et dans leur volont\u00e9 de r\u00e9inventer leur libert\u00e9 et de mettre en valeur leur cr\u00e9ativit\u00e9. Cinq ans plus tard, cette r\u00e9bellion \u00e9tait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et d\u00e9natur\u00e9e par le plan de marketing du\u00a0<em>Girl power<\/em>, massivement r\u00e9introduit par les fameuses\u00a0<em>Spice Girls<\/em>, cinq arch\u00e9types de fantasmes masculins, des filles affichant une libert\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale: \u00eatre consommatrices,\u00a0<em>sexys<\/em>\u00a0et amoureuses ! \u00c0 partir des ann\u00e9es 2000, la cat\u00e9gorie nomm\u00e9e\u00a0<em>tweens<\/em>\u00a0(8-12 ans) est d\u00e9velopp\u00e9e et les enfants commencent \u00e0 \u00eatre cibl\u00e9s comme consommateurs. En 2011, le marketing cible les petites filles d\u00e8s la naissance et les sexualise de plus en plus t\u00f4t. La sexualisation des fillettes, et m\u00eame des poupons, est donc en train de devenir omnipr\u00e9sente dans l\u2019univers r\u00e9f\u00e9rentiel collectif.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, qu\u2019elles soient ouvri\u00e8res, cols roses, vedettes dans l\u2019industrie du divertissement ou encore reines des produits de beaut\u00e9; que leurs corps d\u00e9nud\u00e9s soient utilis\u00e9s pour vendre des produits correcteurs ou amincissants que d\u2019autres femmes,<em>\u00a0imparfaites<\/em>, seront encourag\u00e9es \u00e0 consommer; qu\u2019elles soient des danseuses \u00abchaudes et ouvertes\u00bb entourant un homme incarnant un <em>pimp<\/em> (prox\u00e9n\u00e8te) dans un clip vid\u00e9o dont il r\u00e9coltera les profits; les femmes ne semblent avoir comme pouvoir que celui de s\u2019adapter \u00e0 l\u2019injonction sexuelle, et comme latitude, que celle de tirer \u00abavantage\u00bb d\u2019une situation d\u00e9savantageuse. La popularit\u00e9 de ces produits culturels que repr\u00e9sentent les chanteuses et les performeuses\u00a0<em>sexys<\/em>\u00a0comme Beyonc\u00e9, Britney Spears ou encore Niki Minaj, co\u00efncide, faut-il le r\u00e9aliser, avec la r\u00e9surgence d\u2019un ressac antif\u00e9ministe. Ainsi, alors que les femmes continuent d\u2019\u00eatre discrimin\u00e9es et expos\u00e9es, l\u2019id\u00e9ologie dominante cherche \u00e0 faire croire qu\u2019il n\u2019y a plus qu\u2019un seul combat \u00e0 mener: celui de la performance individuelle et de la\u00a0<em>sexytude<\/em><sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_30837\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Nous avons invent\u00e9 ce terme pour d\u00e9crire le comportement normatif soutenu et encourag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale qui ordonne, organise et\/ou oriente la f\u00e9minit\u00e9 (publique et int\u00e9rioris\u00e9e) autour de la notion \u00absexy\u00bb.<\/span><\/sup>.<\/p>\n<p>On peut ainsi distinguer une contradiction profonde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du ph\u00e9nom\u00e8ne de la sexualisation contemporaine: elle est une norme restrictive qui est malgr\u00e9 tout pr\u00e9sent\u00e9e comme une forme de lib\u00e9ration des femmes et d\u2019affirmation de soi. En plus de r\u00e9pondre \u00e0 des int\u00e9r\u00eats sexistes et patriarcaux, elle est ainsi devenue une des armes privil\u00e9gi\u00e9es du capitalisme. Autrement dit, la sexualisation est le produit d\u2019une id\u00e9ologie conservatrice et consum\u00e9riste, mais elle est \u00e9galement ce qui la produit (Boulebsol &amp; Goldfarb, 2010). De l\u00e0 l\u2019importance d\u2019\u00eatre vigilants-es face au d\u00e9calage qui existe aujourd\u2019hui entre des accords de principe (reconnaissance de l\u2019\u00e9galit\u00e9 et de l\u2019\u00e9quit\u00e9 entre les femmes et les hommes) et les r\u00e9alit\u00e9s organisationnelles, \u00e9conomiques et sociales qui, au jour le jour, sont responsables du renforcement d\u2019\u00e9carts entre les sexes qui, au demeurant, ne cessent d\u2019\u00eatre banalis\u00e9s.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Hypersexualisation: industries culturelles de masse et publicit\u00e9s sexistes dans l\u2019espace social<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Les repr\u00e9sentations sociales forg\u00e9es par les strat\u00e9gies marketing et commerciales des industries culturelles et publicitaires, assument aujourd\u2019hui le r\u00f4le de leviers essentiels de la socialisation diff\u00e9renci\u00e9e. Par le biais d\u2019un sexisme ordinaire, elles contribuent activement \u00e0 la production de repr\u00e9sentations limit\u00e9es et r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9gradantes de l\u2019image et du r\u00f4le des femmes. Sexiste et souvent raciste, la sexualisation laisse tr\u00e8s peu de place \u00e0 d\u2019autres mod\u00e8les d\u2019identification et envahit, surtout par le biais de la publicit\u00e9, l\u2019espace social. Ainsi, il n\u2019est pas rare de voir dans la m\u00eame journ\u00e9e une femme presque nue ou en position porno-suggestive sur un autobus pour vanter un parfum; en quatri\u00e8me de couverture d\u2019un magazine, pour promouvoir des v\u00eatements que manifestement elle ne porte que peu; sur l\u2019embl\u00e8me d\u2019un restaurant se pr\u00e9tendant \u00absensuel\u00bb; ou encore lors d\u2019une publicit\u00e9 t\u00e9l\u00e9 pour un hamburger aussi \u00abd\u00e9licieux\u00bb qu\u2019une femme, semble-t-il. En 2008, le Conseil du statut de la femme d\u00e9posait son rapport \u00abLe sexe dans les m\u00e9dias: obstacles aux rapports \u00e9galitaires\u00bb et tentait de sensibiliser dirigeants et population sur les dangers du sexisme m\u00e9diatique, de son imbrication dans l\u2019imaginaire collectif et de sa contribution aux pratiques individuelles in\u00e9galitaires. Lorsque l\u2019on sait qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, les jeunes \u00e2g\u00e9s de 8 \u00e0 18 ans passent, chaque jour, en moyenne 7 heures et 38 minutes devant un \u00e9cran (Kaiser Family Foundation, 2010), il y a lieu de s\u2019inqui\u00e9ter des contenus qui leur sont propos\u00e9s et de leurs impacts potentiels. Par exemple, on sait que dans les films \u00e9manant d\u2019Hollywood, pr\u00e8s de 40% des adolescentes, comparativement \u00e0 6,7% des adolescents, sont habill\u00e9es de v\u00eatements sexualis\u00e9s et que ce pourcentage d\u00e9passe ce qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans le cas des jeunes femmes adultes par les auteurs de l\u2019\u00e9tude (Smith &amp; Choueiti, 2011). Or, Descarries (2009), Bouchard &amp; Bouchard (2003) et d\u2019autres chercheures ont bel et bien d\u00e9montr\u00e9 l\u2019influence des m\u00e9dias sur la construction identitaire des jeunes. Rien, ici, n\u2019est anodin.\u00a0<\/p>\n<p>Nous rejoignons McAllister (2007) qui \u00e9voque une \u00abconsommation spectaculaire int\u00e9gr\u00e9e\u00bb<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_30837\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\">Cette notion r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de la marchandisation de produits tr\u00e8s divers. Par exemple, l\u2019apparition d\u2019un film de Disney va aussi g\u00e9n\u00e9rer la production de poup\u00e9es, des accessoires pour la chambre \u00e0 coucher, des jeux vid\u00e9o, des g\u00e2teaux d\u2019anniversaire, des livres pour les enfants et bien d\u2019autres.<\/span><\/sup>\u00a0pour d\u00e9signer l\u2019ampleur et la diversit\u00e9 des strat\u00e9gies commerciales d\u00e9ploy\u00e9es simultan\u00e9ment, un monstre qui avale les singularit\u00e9s et recrache une uniformisation d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e. Plus que des produits, ce sont en l\u2019occurrence de v\u00e9ritables styles de vie qui sont achet\u00e9s. De la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019apposition d\u2019une marque connue apporte une valeur somptuaire ou symbolique \u00e0 l\u2019objet commercialis\u00e9, la juxtaposition de l\u2019image d\u2019une femme sexualis\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019objet semble garantir au client l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ce genre de femmes ou, \u00e0 la cliente, la possibilit\u00e9 de leur ressembler, sinon d\u2019en devenir une. Dans tous les cas, la sexualisation apporte une plus-value puisqu\u2019elle vend la disponibilit\u00e9 sexuelle des femmes et, de plus en plus, celle des jeunes filles.<\/p>\n<p>Bref, au 21e si\u00e8cle, la sexualisation passe essentiellement par l\u2019exploitation sexuelle de l\u2019image des filles et des femmes \u00e0 des fins commerciales. Elle consiste \u00e0 r\u00e9ifier le corps pour mieux l\u2019exploiter, \u00e0 valoriser l\u2019apparence au d\u00e9triment des comp\u00e9tences. Elle est un nouvel espace de domination pour des int\u00e9r\u00eats corporatifs (Agger, 2006). Ainsi, il y a lieu de reconna\u00eetre que le capitalisme entretient une complicit\u00e9 ou consubstantialit\u00e9 (Kergoat, 2001) avec d\u2019autres syst\u00e8mes discriminatoires comme le patriarcat, la sexualisation, le racisme ou le sexisme. Tous ont pour r\u00e9sultat de priver un groupe de leurs droits et d\u2019attribuer des privil\u00e8ges \u00e0 un autre dans le but d\u2019accro\u00eetre ces m\u00eames privil\u00e8ges, tout ceci \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une structure de sens arbitraire impos\u00e9e par la force et dress\u00e9e comme norme et logique de vie. Prenons l\u2019exemple des petites princesses de Disney, un sujet explor\u00e9 par l\u2019\u00e9crivaine Peggy Orenstein (2010) dans son livre\u00a0<em>Cinderella ate my daughter<\/em>. Apr\u00e8s avoir men\u00e9 une recherche exhaustive et de nombreux entretiens avec, entre autres, des psychologues, des historiennes et des parents, elle comprend l\u2019impact n\u00e9gatif de la fixation des petites filles de trois \u00e0 cinq ans sur les princesses de Disney. Lorsque l\u2019univers des petites filles est envahi par plus de 25 000 produits rose bonbon sur le march\u00e9 associ\u00e9s aux \u00abprincesses\u00bb, les filles re\u00e7oivent le message qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de la seule expression correcte de la f\u00e9minit\u00e9. En cons\u00e9quence, leurs perceptions concernant leur place et leur r\u00f4le dans le monde et la conception de leur corps et de leur sexualit\u00e9 sont fig\u00e9es dans un moule unique taill\u00e9 par et pour d\u2019autres. Cette destin\u00e9e monolithique risque de leur causer du tort, d\u2019une part, parce qu\u2019elle se caract\u00e9rise par un sexisme habituel, que les femmes apprennent \u00e0 tol\u00e9rer et valoriser d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, et d\u2019autre part, parce qu\u2019elle les condamne \u00e0 une insatisfaction grandissante qui les conduira \u00e0 toujours se corriger pour \u00eatre aussi belles qu\u2019une princesse et souvent \u00e0 se conformer \u00e0 cet id\u00e9al pour s\u2019assurer de trouver un prince charmant. Ces mythes, b\u00e2tis sur la promotion de la d\u00e9pendance affective et sur la d\u00e9fense du culte h\u00e9t\u00e9rocentriste de la masculinit\u00e9, participent \u00e0 tracer le sentier des rapports de sexe in\u00e9gaux et de la domination masculine. Ainsi, les entreprises sexualisatrices continuent de s\u2019enrichir sans prendre en consid\u00e9ration les impacts n\u00e9gatifs, tant au niveau individuel que collectif, que leurs proc\u00e9d\u00e9s entra\u00eenent, ni m\u00eame les st\u00e9r\u00e9otypes qu\u2019ils nourrissent (Lamb &amp; Brown, 2006).<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Production, diffusion et r\u00e9ception d\u2019images, de produits et de messages sexualis\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Les strat\u00e9gies m\u00e9diatiques et commerciales qui sont les leviers de cette sexualisation, soutiennent et renforcent les distinctions de genre d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans l\u2019espace social en orientant assez syst\u00e9matiquement l\u2019identit\u00e9 masculine vers la conqu\u00eate, la vigueur et le jeu, et l\u2019identit\u00e9 f\u00e9minine vers la s\u00e9duction, les soins, l\u2019apparence et les canons de beaut\u00e9 (\u00eatre belle et d\u00e9sirable en tout temps). Inspir\u00e9e des th\u00e9ories de Goffman (1979) et de Herne (1993), la Meute-M\u00e9diAction a d\u00e9velopp\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, un atelier de sensibilisation au sexisme dans les m\u00e9dias<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_30837\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\">Cet atelier a \u00e9t\u00e9 repris et document\u00e9 ult\u00e9rieurement par le Y des femmes de Montr\u00e9al dans son Guide d\u2019accompagnement \u00e0 la formation sur la sexualisation des jeunes (2009).<\/span><\/sup>. Celui-ci propose une s\u00e9miologie de l\u2019image qui analyse les codes distincts utilis\u00e9s dans la mise en sc\u00e8ne de photos: l\u2019environnement, les actions, les mains, les v\u00eatements, le corps, la position, le cou et la poitrine ainsi que le visage. Analys\u00e9s \u00e0 partir de cette perspective, on peut voir clairement que les messages transmis de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9titive par les images m\u00e9diatiques sont entre autres: que les femmes sont perfectibles car elles ne sont jamais assez belles, qu\u2019elles doivent \u00eatre\u00a0<em>sexys<\/em>, qu\u2019elles ont peu de valeur au-del\u00e0 de leur apparence, qu\u2019elles sont au service des produits et des d\u00e9sirs de l\u2019homme.<\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentations ultra-sexualis\u00e9es des femmes et des filles fabriqu\u00e9es par les industries occidentales, aussi bien en tant que produit que vecteur de vente ou d\u2019identification, ont de lourdes cons\u00e9quences sur la vie sociale et les destins individuels. Ces images autorisent et r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 la fois des id\u00e9aux types diff\u00e9renci\u00e9s selon les sexes, les classes et les ethnies, et des messages socialisants forts qui orientent les perceptions des personnes.<\/p>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Repr\u00e9sentations sociales et repr\u00e9sentations mentales&nbsp;<\/em><\/h3>\n\n\n<p>Le processus de sexualisation est actualis\u00e9 par diff\u00e9rents vecteurs. Le premier a lieu par l\u2019entremise de la soci\u00e9t\u00e9: les valeurs dominantes et la culture communiqu\u00e9e par les m\u00e9dias signalent que les images sexualis\u00e9es sont bonnes et dignes d\u2019\u00e9mulation. Le deuxi\u00e8me vecteur est d\u2019ordre interpersonnel et a lieu quand les pairs, la famille et les autres encouragent une perception de soi en tant qu\u2019objet sexuel. Le dernier vecteur passe par l\u2019individu. L\u2019auto-sexualisation se produit quand la d\u00e9sirabilit\u00e9 sociale d\u2019un comportement et d\u2019une apparence sexualis\u00e9s encourage la poursuite de ces activit\u00e9s (APA, 2007).<\/p>\n<p>L\u2019auto-sexualisation ne r\u00e9sulte pas d\u2019un trouble psychologique, bien qu\u2019elle puisse avoir de s\u00e9rieux impacts sur la sant\u00e9 mentale. Les filles ne naissent pas plus\u00a0<em>sexys<\/em>\u00a0que les gar\u00e7ons. Elles ne sont pas plus pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9es qu\u2019eux \u00e0 la reproduction ni \u00e0 l\u2019offre de soins, mais elles sont \u00e9duqu\u00e9es pour se comporter ainsi afin de remplir les attentes sociales. Par ailleurs, si l\u2019on tient compte du fait que les filles ne sont pas que des victimes passives de l\u2019influence sociale et des pairs, mais aussi des productrices actives de leur v\u00e9cu, le processus d\u2019auto-sexualisation m\u00e9rite d\u2019\u00eatre analys\u00e9 plus profond\u00e9ment. Selon l\u2019\u00e9chelle de d\u00e9duction d\u2019Argyris (cit\u00e9 dans Senge, 1990), les personnes s\u00e9lectionnent, sur la base de faits observables et d\u2019exp\u00e9riences, certaines images et certains faits auxquels elles ajoutent du sens. \u00c0 partir de ces significations, elles \u00e9laborent des hypoth\u00e8ses, puis tracent des conclusions. Par ce proc\u00e9d\u00e9, elles adoptent des croyances \u00e0 propos du monde et de leur place dans la soci\u00e9t\u00e9 et agissent en fonction de ces croyances et ce dans le but de satisfaire leurs besoins de compr\u00e9hension. Ce processus va restreindre<em>\u00a0l\u2019agentivit\u00e9<\/em>\u00a0et le libre arbitre des filles et des femmes.\u00a0<\/p>\n<p>Mannoni (2001) nous rappelle qu\u2019il est possible de simplifier les niveaux d\u2019interactions psychosociales du syst\u00e8me des repr\u00e9sentations en trois dimensions majeures de la vie collective et individuelle. En premier lieu, les repr\u00e9sentations sociales: des informations qui influencent les individus, des produits historiquement et culturellement fabriqu\u00e9s (images ext\u00e9rieures porteuses de sens); ensuite, les repr\u00e9sentations mentales: selon des facult\u00e9s neurocognitives, issus des souvenirs, de l\u2019imagination, des r\u00e9f\u00e9rents, des symboles, etc. (images int\u00e9rieures porteuses de signification); enfin, les conduites sociales : selon un ordre \u00e9tabli et dominant qui est \u00e0 la fois ce qui produit les repr\u00e9sentations et le produit m\u00eame de repr\u00e9sentations mentales et sociales donn\u00e9es. Pour Lameyre (1993), l\u2019\u00eatre humain \u00abjoue sur tous les claviers de la repr\u00e9sentation mentale, son art consistant \u00e0 choisir le plus pertinent dans la situation r\u00e9elle ou imagin\u00e9e o\u00f9 il se trouve\u00bb (cit\u00e9 dans Mannoni, 2001: 13). Quant aux repr\u00e9sentations sociales, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019images sexualis\u00e9es accessibles au plus grand nombre, elles servent \u00e0 d\u00e9limiter la place attribu\u00e9e aux femmes et constituent une entrave au d\u00e9veloppement de leur potentialit\u00e9.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les mod\u00e8les mentaux&nbsp;<em>sexualisants<\/em>&nbsp;et leur impact sur les jeunes&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Colonis\u00e9es d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, plusieurs jeunes filles assimilent les pr\u00e9ceptes sexistes et adoptent les strat\u00e9gies valoris\u00e9es par la culture que Levy (2005) nomme\u00a0<em>raunch<\/em>\u00a0(vulgaire) sans avoir conscience ni des cons\u00e9quences ni de la possibilit\u00e9 de faire autrement. Le culte du \u00ab<em>sexy<\/em>\u00bb est li\u00e9 \u00e0 la consommation d\u2019une image, pas au d\u00e9sir de connexion ou de plaisir sexuel. \u00ab<em>Hot<\/em>\u00bb n\u2019est pas selon Levy la m\u00eame chose que \u00abbeau\u00bb, qui a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme quelque chose de valeur, puisque \u00ab<em>hot<\/em>\u00bb signifie populaire, disponible et reconnaissante de toute attention envers son corps. Slater &amp; Tiggemann (2002), parmi d\u2019autres chercheurs, ont trouv\u00e9 que les filles de douze ans accordent davantage importance sur leur apparence que sur leurs comp\u00e9tences. Si elles ne disposent pas d\u2019autres mod\u00e8les ou occasions positives de socialiser, comment peuvent-elles en tel cas se sentir \u00abaimables\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9velopper une bonne estime personnelle, sentir qu\u2019elles m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre aim\u00e9es et appr\u00e9ci\u00e9es ind\u00e9pendamment du degr\u00e9 de conformit\u00e9 avec les conduites sociales, et qu\u2019elles sont aptes \u00e0 entreprendre toutes sortes de projets intellectuels si elles le souhaitent? Influenc\u00e9es par une h\u00e9g\u00e9monie dichotomique tant\u00f4t \u00e9rotico-domestique, tant\u00f4t\u00a0<em>sexy<\/em>, les jeunes filles sont \u00e0 la fois encourag\u00e9es \u00e0 se comporter comme des petites filles innocentes et simultan\u00e9ment \u00e0 adopter des strat\u00e9gies de\u00a0<em>sex-duction<\/em>\u00a0(Boulebsol, 2010) pour obtenir l\u00e9gitimit\u00e9 et popularit\u00e9, pr\u00e9sent\u00e9es alors comme les conditions ultimes de leur d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Sexualisation et identit\u00e9 personnelle<\/em><\/h3>\n\n\n<p>Une condition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019auto-sexualisation est l\u2019auto-objectivation, un processus par lequel les filles int\u00e9riorisent et souscrivent \u00e0 une perspective\u00a0<em>objectivante<\/em>. Selon Tolman (2002), les jeunes filles sont encourag\u00e9es \u00e0 adopter une apparence et un comportement\u00a0<em>sexys<\/em>\u00a0avant de sentir l\u2019\u00e9moi sexuel et d\u2019avoir la capacit\u00e9 critique de prendre des d\u00e9cisions responsables quant aux risques de l\u2019intimit\u00e9 sexuelle. En cons\u00e9quence, leur identit\u00e9 repose sur le para\u00eetre, la domestication du corps et l\u2019imp\u00e9ratif \u00abcanonique\u00bb de beaut\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats intellectuels sont d\u00e9plac\u00e9s vers le \u00abprojet corporel\u00bb (Brumberg, 1998) et, dans certains cas, on note un recul scolaire. Les jeunes filles cherchent \u00e0 devenir de\u00a0<em>bons objets<\/em>\u00a0en se conformant aux standards propos\u00e9s et en contr\u00f4lant la d\u00e9sirabilit\u00e9 de leur corps. Leurs propres d\u00e9sirs, leur sant\u00e9, leur bien-\u00eatre, leurs comp\u00e9tences et leur r\u00e9ussite passent alors au deuxi\u00e8me plan. L\u2019auto-sexualisation et l\u2019auto-objectivation peuvent provoquer honte, anxi\u00e9t\u00e9 et d\u00e9go\u00fbt de soi, car les filles n\u2019arrivent que rarement \u00e0 \u00eatre \u00e0 la hauteur des standards dominants. Malheureusement, les personnes honteuses vont se croire d\u00e9ficientes dans leur totalit\u00e9 et le sentiment d\u2019insatisfaction \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur corps peut mener \u00e0 des di\u00e8tes dangereuses ou \u00e0 la chirurgie esth\u00e9tique (implants mammaires, liposuccion, etc.) (Goldfarb, 2009).<\/p>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Sexualisation et violences interpersonnelles<\/em><\/h3>\n\n\n<p>Il n\u2019est pas rare que la sexualit\u00e9 soit davantage per\u00e7ue et aussi v\u00e9cue par les jeunes selon des diktats externes plut\u00f4t que selon des orientations personnelles, internes, vou\u00e9es \u00e0 produire un plaisir ressenti. Codifi\u00e9e par la<em>\u00a0pornographisation<\/em>\u00a0sociale, qui transforme la fiction pornographique en \u00abr\u00e9alit\u00e9\u00bb, la sexualit\u00e9 devient une mise en sc\u00e8ne servile qui banalise la violence sexuelle. De la m\u00eame mani\u00e8re, pour plusieurs jeunes, la valeur de l\u2019acte sexuel ne semble plus intrins\u00e8que, mais associ\u00e9e au statut social symbolique qu\u2019il peut conf\u00e9rer.<\/p>\n<p>Les jeunes sous-estiment parfois les cons\u00e9quences de l\u2019activit\u00e9 sexuelle (Millstein &amp; Halpern-Flesher, 2002) et il peut leur \u00eatre difficile de consid\u00e9rer \u00e0 la fois les risques de grossesse pr\u00e9coce, l\u2019exposition \u00e0 des infections transmissibles sexuellement et leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans le contexte de situations douteuses. Comme la pr\u00e9cocit\u00e9 sexuelle est associ\u00e9e chez les gar\u00e7ons \u00e0 une bonne estime de soi et chez les filles \u00e0 une faible estime de soi (Garriguet, 2005), on peut concevoir aussi un lien entre sexualisation et violence interpersonnelle. Quelques \u00e9tudes, dont celle de Escobar-Chaves et al. (2005), soutiennent d\u2019ailleurs que plus la premi\u00e8re relation sexuelle est pr\u00e9coce, plus les probabilit\u00e9s qu\u2019elle se passe dans une situation coercitive sont \u00e9lev\u00e9es et les occasions de subir d\u2019autres formes de violence deviennent plus fr\u00e9quentes (Goldfarb, 2009).<\/p>\n<p>Lors de ses recherches de terrain aupr\u00e8s des enfants du primaire en Angleterre, Renold (2002) avait observ\u00e9 des jeunes gar\u00e7ons harcelant des filles sexuellement par le biais de commentaires sexistes, mais aussi par des gestes sexuels d\u00e9plac\u00e9s et inappropri\u00e9s. Pour cette chercheure, les jeunes gar\u00e7ons font recours au harc\u00e8lement sexuel et \u00e0 la violence dans la production de \u00abmasculinit\u00e9s h\u00e9t\u00e9rosexuelles h\u00e9g\u00e9moniques\u00bb. Les t\u00e9moignages des jeunes filles qui ont particip\u00e9 \u00e0 plusieurs de nos groupes de discussion confirment ses assertions. L\u2019objectivation des filles commence tr\u00e8s t\u00f4t dans leur vie, et ce ind\u00e9pendamment de leur comportement (Thorne, 1993). De plus, m\u00eame si le patriarcat est un syst\u00e8me qui octroie des privil\u00e8ges aux hommes, ce sont parfois des femmes qui deviennent\u00a0<em>les chiens de garde<\/em>\u00a0de ce syst\u00e8me. Ceci est visible, entre autres, dans l\u2019\u00e9conomie relationnelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole o\u00f9 les filles se surveillent entre elles pour assurer une conformit\u00e9 mutuelle aux standards de d\u00e9sirabilit\u00e9 (Nichter, 2001). Celles qui menacent le\u00a0<em>statu quo<\/em>\u00a0risquent d\u2019\u00eatre sexualis\u00e9es de fa\u00e7on n\u00e9gative (Brown, 2008). Lors de nos focus groupes, par exemple, les jeunes filles ont \u00e9voqu\u00e9 fr\u00e9quemment et avec angoisse la question de la r\u00e9putation et leur peur d\u2019acqu\u00e9rir une image de \u00abputes\u00bb, expression clairement p\u00e9jorative dans leur bouche. En m\u00eame temps, elles sont encourag\u00e9es \u00e0 adopter des comportements ouvertement sexuels. Elles doivent \u00eatre innocentes et virginales et, simultan\u00e9ment, para\u00eetre exp\u00e9riment\u00e9es \u2014mission clairement impossible. Pour atteindre une popularit\u00e9 enviable (capital symbolique important \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire), elles doivent \u00eatre sexys, poursuivre les gar\u00e7ons populaires (sportifs), \u00eatre m\u00e9chantes, en comp\u00e9tition avec d\u2019autres filles, et rejeter les gar\u00e7ons qui ne sont pas populaires (Goldfarb, 2009).<\/p>\n<p>Or, contrairement aux pr\u00e9tentions de certaines th\u00e9ories, il s\u2019agit de comportements encourag\u00e9s par la culture et non d\u2019un atavisme \u00e9manant de la nature des femmes. Les films destin\u00e9s aux adolescentes offrent de tr\u00e8s bons exemples de ce genre de production et de diffusion de st\u00e9r\u00e9otypes. L\u2019industrie du disque (musique, vid\u00e9oclips, performance, etc.) qui cible \u00e9galement les jeunes et qui fait partie de plus en plus de leur quotidien, contribue largement \u00e0 la banalisation des r\u00e9f\u00e9rents et des comportements sexistes. Dr. Michael Rich, porte-parole de l\u2019American Academy of Pediatrics, \u00e9crit \u00e0 ce sujet:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-42451fd4-596e-402e-8036-a9c891717646\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Ce genre de violence et de coercition dans les fr\u00e9quentations et les relations sexuelles sont repr\u00e9sent\u00e9es dans la musique comme des comportements \u00abnormaux\u00bb. Je vois une acceptation chez les adolescents \u2014filles et gar\u00e7ons\u2014 de la nature de l\u2019objectivation sexuelle pr\u00f4n\u00e9e dans ce type de musique. Celle-ci v\u00e9hicule l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est acceptable d\u2019\u00eatre utilis\u00e9 sexuellement et sans engagement affectif. (Rich, 2005: 329-331 \u2014notre traduction.)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Leviers de pr\u00e9vention&nbsp;<\/em><\/h3>\n\n\n<p>En 2011, une grande marque de pharmacie d\u00e9posait dans une de ses vitrines montr\u00e9alaises, sous le regard de tous et toutes, enfants comme adultes, des objets et des produits destin\u00e9s manifestement \u00e0 un public st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 de petites filles (rose, c\u0153ur, maquillage, etc.) et sur lesquels tr\u00f4nait le lapin<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_30837\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"000000002255e12b0000000060732765_6971\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-6\">6<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000002255e12b0000000060732765_6971-6\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"6\">Le lapin, animal \u00e0 connotation sexuelle, est repr\u00e9sent\u00e9 avec un n\u0153ud de papillon, signe \u00e0 la fois de la masculinit\u00e9 (ce qui exclut les femmes du lectorat) et de la richesse (ce qui suppose que sexe et argent vont de pair).<\/span><\/sup>\u00a0effigie de la marque Playboy, pr\u00e9sage de la nature de la sexualit\u00e9 future de cette tr\u00e8s jeune client\u00e8le. Fond\u00e9 en 1953, faut-il le rappeler, Playboy, d\u2019abord un magazine dit \u00abmasculin\u00bb exploitant l\u2019image de femmes nues, est devenu une v\u00e9ritable industrie capitaliste (\u00e9dition, t\u00e9l\u00e9vision, Internet, pornographie et produits d\u00e9riv\u00e9s) du \u00abtout sexuel\u00bb au service de la domination masculine. C\u2019est pour cette raison que plusieurs groupes se sont offusqu\u00e9s de la voir associ\u00e9e \u00e0 des objets pour enfants ou plus exactement pour petites filles. \u00c0 la demande de retrait de ces produits, la personne responsable des communications a r\u00e9pondu ainsi: \u00abSachez cependant que bien que ces produits portent l\u2019effigie du lapin Playboy, ils n\u2019ont aucune connotation sexuelle. Ces produits sont plut\u00f4t tr\u00e8s ordinaires: parfum, coussin, etc.\u00bb. Voil\u00e0 une remarque qui en dit long sur le consensus contradictoire auquel les industriels nous invitent: bien que ce soit sexuel, cela ne l\u2019est pas et \u00e7a serait aux filles de s\u2019en rendre compte! Une id\u00e9e r\u00e9currente et trop populaire dans certaines argumentations concernant les filles voudrait que celles-ci ne soient pas des victimes (au sens de discrimin\u00e9es), mais plut\u00f4t des agentes capables de n\u00e9gocier leurs identit\u00e9s en tout temps. \u00c0 nos yeux et comme nous avons essay\u00e9 de le montrer dans le pr\u00e9sent essai, elles sont effectivement discrimin\u00e9es et n\u00e9gocient surtout leurs strat\u00e9gies de r\u00e9silience et d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale et patriarcale domine.<\/p>\n<p>Il nous faut donc donner des rep\u00e8res, des mod\u00e8les, des occasions, des outils et des strat\u00e9gies aux jeunes filles pour qu\u2019elles puissent se forger une identit\u00e9 positive. \u00c0 travers les programmes de pr\u00e9vention de la violence aupr\u00e8s des jeunes du Y des femmes de Montr\u00e9al, nous avons compris que certaines d\u2019entre elles manquent parfois de leviers pour une \u00e9mancipation r\u00e9elle. Elles ont \u00e9galement une propension \u00e0 sacrifier une partie d\u2019elles-m\u00eames pour r\u00e9pondre \u00e0 des standards de d\u00e9sirabilit\u00e9 sociale et surtout, elles ne disposent pas toujours des outils et des strat\u00e9gies pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins, ni de mod\u00e8les positifs vari\u00e9s auxquels s\u2019identifier pour forger leur personnalit\u00e9. Elles semblent prises au pi\u00e8ge dans des espaces de restriction de leur<em>\u00a0agentivit\u00e9<\/em>\u00a0et dans des m\u00e9canismes in\u00e9galitaires de r\u00e9gulation sociale.\u00a0<\/p>\n<p>Une \u00e9ducation sexuelle et affective adapt\u00e9e \u00e0 leurs besoins et \u00e0 leur situation pourrait venir renseigner les jeunes, filles et gar\u00e7ons, non seulement sur les mani\u00e8res dont fonctionnent leurs corps, mais surtout sur les notions de relations interpersonnelles \u00e9quitables, de plaisir, de respect ainsi que de conscience de soi et des autres. L\u2019enseignement de l\u2019histoire des rapports sociaux de sexe au secondaire serait un moyen de d\u00e9banaliser certaines violences, d\u2019inscrire l\u2019histoire des femmes au rang des disciplines aussi importantes que celles des hommes et de permettre aux jeunes d\u2019acc\u00e9der \u00e0 de nouveaux espaces d\u2019identification.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Le pouvoir et l\u2019<em>agentivit\u00e9<\/em>\u00a0r\u00e9els des femmes et des filles ne se mesurent pas \u00e0 l\u2019ampleur de leur \u00abpr\u00e9sence\u00bb dans les strat\u00e9gies de marketing des industries culturelles de masse ou de l\u2019espace socio-publicitaire. Tout comme ils ne se mesurent pas \u00e0 leur\u00a0<em>sexytude<\/em>, \u00e0 leur adaptation \u00e0 une colonisation androcentriste ou encore \u00e0 la mise en place de strat\u00e9gies de r\u00e9silience. L\u2019\u00e9galit\u00e9 se mesure bien au contraire \u00e0 la qualit\u00e9 de leur vie, \u00e0 leur acc\u00e8s aux m\u00eames droits que toute autre personne, c\u2019est-\u00e0-dire aux hommes. Et ce, quelle que soit leur communaut\u00e9, et sans avoir \u00e0 vivre de discriminations ou de violences. La diversit\u00e9 et la richesse des femmes ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 leur juste valeur, mais selon une norme impos\u00e9e comme pr\u00e9valant sur les autres, c\u2019est-\u00e0-dire: \u00eatre\u00a0<em>sexy<\/em>.\u00a0<\/p>\n<p>James Scott (1990) cite dans son livre\u00a0<em>Domination and the Arts of Resistance\u00a0<\/em>un proverbe \u00e9thiopien: \u00abQuand le grand seigneur passe, le paysan sage tire une profonde r\u00e9v\u00e9rence et p\u00e8te silencieusement\u00bb (notre traduction). Cette histoire nous rappelle avec humour que les humains ont besoin d\u2019avoir une certaine influence sur leur environnement et inventeront ou trouveront toujours les moyens pour l\u2019exercer. M\u00eame dans les conditions les plus difficiles de carence de pouvoir, les personnes tenteront d\u2019occuper l\u2019espace d\u2019action \u2014<em>l\u2019agentivit\u00e9<\/em>\u2014 qui leur est laiss\u00e9. Lorsque la soci\u00e9t\u00e9 autorise la r\u00e9p\u00e9tition\u00a0<em>ad nauseam<\/em>\u00a0de l\u2019id\u00e9e selon laquelle le seul \u00abvrai\u00bb pouvoir des filles et des femmes d\u00e9pend de leur apparence et de leur sexualit\u00e9, ces derni\u00e8res auront tendance \u00e0 vouloir occuper cet espace de pouvoir, alors per\u00e7u comme le seul choix ou comme une destin\u00e9e naturelle.\u00a0<\/p>\n<p>Plus l\u2019\u00eatre humain est conscient et dispose de mod\u00e8les d\u2019identification et d\u2019outils d\u2019adaptation vari\u00e9s, plus il aura la possibilit\u00e9 de choisir r\u00e9ellement lequel de ces mod\u00e8les ou outils correspond le mieux \u00e0 ce qu\u2019il veut, \u00e0 ce qu\u2019il est ou \u00e0 ce qu\u2019il veut devenir. De la m\u00eame mani\u00e8re, les individus ont besoin de s\u2019affilier, de r\u00e9pondre \u00e0 leur besoin d\u2019appartenance. Il est important de s\u2019inscrire dans une histoire commune, de partager des r\u00e9f\u00e9rents, etc. Or, une jeune fille au Qu\u00e9bec aujourd\u2019hui doit fournir un effort particulier pour conna\u00eetre l\u2019histoire des femmes, qui est tr\u00e8s peu enseign\u00e9e dans les cursus scolaires g\u00e9n\u00e9raux. Elle doit trouver des sources d\u2019inspiration en dehors des m\u00e9dias traditionnels et dominants si elle veut croire qu\u2019elle a d\u2019autres possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9panouissement que celles d\u2019\u00eatre\u00a0<em>sexy<\/em>, aimante ou soignante.<\/p><style class=\"advgb-styles-renderer\">#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-6d50803d-a3d9-4102-9122-62a0f3f50a2a{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-6d50803d-a3d9-4102-9122-62a0f3f50a2a{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-6d50803d-a3d9-4102-9122-62a0f3f50a2a{}}#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-5bf0b8a1-85c1-48a8-889d-5ea2b48d7a87>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-42451fd4-596e-402e-8036-a9c891717646{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-42451fd4-596e-402e-8036-a9c891717646{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-42451fd4-596e-402e-8036-a9c891717646{}}#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-36260724-6680-438c-bbbb-08344f07f80a>.advgb-column-inner{}}<\/style><h2 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes de bas de page<\/h2><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div><em>Le Harem et l\u2019Occident<\/em>, cit\u00e9 dans Florence Montreynaud,&nbsp;<em>La publicit\u00e9 sexiste et ses effets pervers<\/em>, novembre 2001. En ligne: <a href=\"http:\/\/www.lameute.fr\/doc_analyses\/texte1a.php3\">http:\/\/www.lameute.fr\/doc_analyses\/texte1a.php3<\/a> (consult\u00e9 le 4 janvier 2013)<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>Une femme doit se corriger en permanence car elle ne sera jamais assez belle, assez maigre, assez \u00e9pil\u00e9e, assez bonne m\u00e8re, etc.<\/div><\/li><li><span>3<\/span><div>Nous avons invent\u00e9 ce terme pour d\u00e9crire le comportement normatif soutenu et encourag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale qui ordonne, organise et\/ou oriente la f\u00e9minit\u00e9 (publique et int\u00e9rioris\u00e9e) autour de la notion \u00absexy\u00bb.<\/div><\/li><li><span>4<\/span><div>Cette notion r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de la marchandisation de produits tr\u00e8s divers. Par exemple, l\u2019apparition d\u2019un film de Disney va aussi g\u00e9n\u00e9rer la production de poup\u00e9es, des accessoires pour la chambre \u00e0 coucher, des jeux vid\u00e9o, des g\u00e2teaux d\u2019anniversaire, des livres pour les enfants et bien d\u2019autres.<\/div><\/li><li><span>5<\/span><div>Cet atelier a \u00e9t\u00e9 repris et document\u00e9 ult\u00e9rieurement par le Y des femmes de Montr\u00e9al dans son Guide d\u2019accompagnement \u00e0 la formation sur la sexualisation des jeunes (2009).<\/div><\/li><li><span>6<\/span><div>Le lapin, animal \u00e0 connotation sexuelle, est repr\u00e9sent\u00e9 avec un n\u0153ud de papillon, signe \u00e0 la fois de la masculinit\u00e9 (ce qui exclut les femmes du lectorat) et de la richesse (ce qui suppose que sexe et argent vont de pair).<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l\u2019on aborde un ph\u00e9nom\u00e8ne aussi complexe et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne que le processus de sexualisation des jeunes, il est important de le comprendre et de le d\u00e9cortiquer en prenant garde de ne pas confondre ses origines, les valeurs qu\u2019il sous-tend, ses m\u00e9canismes, ses impacts et la perception des personnes concern\u00e9es. Par ailleurs, si ce ph\u00e9nom\u00e8ne est in\u00e9galitaire et induit de la violence, il convient d\u2019identifier les facteurs qui le favorisent et ceux qui le neutralisent, afin de mettre en place des solutions de remplacement. 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Les cahiers de recherche du GREMF 87, Groupe de recherche multidisciplinaire f\u00e9ministe, Qu\u00e9bec: Universit\u00e9 Laval.\r\n\r\nBOULEBSOL, Carole. 2010.\u00a0<em>La socialisation des filles : un facteur de risque?<\/em>, Symposium f\u00e9ministe annuel de l\u2019Universit\u00e9 McGill.\r\n\r\nBOULEBSOL, Carole et Lilia GOLDFARB. 2010. \u00abPenser la sexualisation: de l\u2019\u00e9conomie de r\u00e9flexion au renforcement des discriminations\u00bb, dans\u00a0<em>Luttes, oppressions, rapports sociaux de sexe<\/em>, sous la dir. de Francine Descarries et Richard Poulin, Nouveaux Cahiers du socialisme, no 4, automne, p. 236-250.\r\n\r\nBROWN, Louise. 2008.\u00a0<em>Girls Candid about Sex Harassment<\/em>. Thestar.com. En ligne: <a href=\"http:\/\/www.thestar.com\/News\/GTA\/article\/297971\">http:\/\/www.thestar.com\/News\/GTA\/article\/297971<\/a> (consult\u00e9 le 12 janvier 2012)\r\n\r\nBRUMBERG, Joan J. 1998.\u00a0<em>The Body Project: An Intimate History of American Girls<\/em>, New York: First Vintage Books.\r\n\r\nCOOK, Daniel. 2004.\u00a0<em>The Commodification of Childhood: The Children\u2019s Clothing Industry and the Rise of the Child Consumer<\/em>, Durham &amp; London: Duke University Press.\r\n\r\nCOMIT\u00c9 AVISEUR SUR LES CONDITIONS DE VIE DES FEMMES AUPR\u00c8S DE L\u2019AGENCE DE D\u00c9VELOPPEMENT DE R\u00c9SEAUX LOCAUX DE SERVICES DE SANT\u00c9 ET DE SERVICES SOCIAUX DU BAS-SAINT-LAURENT. 2005.\u00a0<em>Avis sur la sexualisation pr\u00e9coce des adolescentes et ses impacts sur leur sant\u00e9<\/em>. En ligne: <a href=\"http:\/\/sisyphe.org\/IMG\/pdf\/Avis_sexualisation1.pdf\">http:\/\/sisyphe.org\/IMG\/pdf\/Avis_sexualisation1.pdf<\/a> (consult\u00e9 le 4 janvier 2013)\r\n\r\nCONSEIL DU STATUT DE LA FEMME, 2010.\u00a0<em>Cahier de consultation: Pour que l\u2019\u00e9galit\u00e9 de droit devienne une \u00e9galit\u00e9 de fait. Vers un deuxi\u00e8me plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes<\/em>, Qu\u00e9bec: le Conseil.\r\n\r\n________. 2008. \u00ab<em>Le sexe dans les m\u00e9dias : obstacles aux rapports \u00e9galitaires<\/em>\u00bb, Qu\u00e9bec: le Conseil.\r\n\r\nDESCARRIES, Francine. 2009. \u00abSt\u00e9r\u00e9otypes sexuels et publicit\u00e9 sexiste : le sexe vend bien!\u00bb, Actes de la conf\u00e9rence\u00a0<em>Jeunes, m\u00e9dias et sexualisation<\/em>, Montr\u00e9al: Y des femmes de Montr\u00e9al (YWCA Montr\u00e9al).\r\n\r\nESCOBAR-CHAVES, Liliana, Susan TORTOLERO, Christina MARKHAM, Barbara LOW, Patricia EITEL et Patricia THICKSTUN. 2005. \u00abImpact of the Media on Adolescent Sexual Attitudes and Behaviours\u00bb,\u00a0<em>Pediatrics<\/em>, vol. 116, p. 303-326.\r\n\r\nGARRIGUET, Didier. 2005. \u00abRelations sexuelles pr\u00e9coces\u00bb, dans:\u00a0<em>Statistiques Canada, Rapports sur la sant\u00e9<\/em>, no 16, no 3, no 82-003 au catalogue.\r\n\r\nGOFFMAN, Erving. 1979.\u00a0<em>Gender Advertisements<\/em>, London: Macmillan Press.\r\n\r\nGOLDFARB, Lilia. 2009. \u00abBuying Into Sexy\u00bb: Preteen Girls and Consumerism in the 21 Century, Saarbr\u00fccken, Germany: VDM Verlag Dr. M\u00fcller.\r\n\r\nGOLDFARB, Lilia et R\u00e9gine TARDIEU-BERTHEAU. 2010. \u00abFillettes, mode hyper sexualis\u00e9e et capitalisme\u00bb, dans\u00a0<em>\u00c9thique de la mode f\u00e9minine<\/em>, sous la dir. de Michel Dion et Mariette Julien, Paris: PUF, p. 97-110.\r\n\r\nHALPERN-FLESHER, Bonnie, Jodie CORNELL, Rhonda KROPP et Jeanne TSCHANN. 2005. \u00abOral Versus Vaginal Sex Among Adolescents: Perceptions, Attitudes, and Behavior\u00bb,\u00a0<em>Pediatrics<\/em>, vol. 115, no 4s, p. 845-851.\r\n\r\nHERNE, Claude. 1993.\u00a0<em>La d\u00e9finition sociale de la femme \u00e0 travers la publicit\u00e9<\/em>, Bruxelles: Contradictions-L\u2019Harmattan.\r\n\r\nKAISER FAMILY FOUNDATION. 2005.\u00a0<em>Generation M2. Media in the Lives of 8-18 Year Olds<\/em>. En ligne: <a href=\"http:\/\/www.kff.org\/entmedia\/upload\/8010.pdf\">http:\/\/www.kff.org\/entmedia\/upload\/8010.pdf<\/a> (consult\u00e9 le 4 janvier 2013)\r\n\r\nKERGOAT, Dani\u00e8le. 2001. \u00abLe rapport social de sexe\u00bb,\u00a0<em>Actuel Marx<\/em>, vol. 30, p. 85-100.\r\n\r\nLAMB, Sharon. 2002.\u00a0<em>The Secret Lives of Girls: What Good Girls Really Do \u2014Sex Play, Aggression and Their Guilt<\/em>, New York: The Free Press.\r\n\r\nLAMB, Sharon et Lyn Mikel BROWN. 2006.\u00a0<em>Packaging Girlhood: Rescuing Our DaughtersFrom Marketers\u2019 Schemes<\/em>, New York: St. Martin\u2019s Press.\r\n\r\nLAMEYRE, Xavier. 1993.\u00a0<em>L\u2019imagerie mentale<\/em>, Paris: PUF.\r\n\r\nLEMIEUX, Raymond. 1990. \u00abDe la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019imaginaire\u00bb,\u00a0<em>Religiologiques<\/em>, n\u00b01, printemps 1990, dans Classiques des sciences sociales. Les sciences sociales contemporaines, p. 16.\u00a0<a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/lemieux_raymond\/necessite_imaginaire\/necessite_imaginaire.html\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/lemieux_raymond\/necessite_imaginaire\/necessite_imaginaire.html<\/a> (consult\u00e9 le 4 janvier 2013)\r\n\r\nLEVY, Ariel. 2005.\u00a0<em>Feminist Chauvinist Pigs: Women and the Rise of Raunch Culture<\/em>, New York: Free Press.\r\n\r\nMANNONI, Pierre. 2001.\u00a0<em>Les repr\u00e9sentations sociales<\/em>, Paris: PUF, coll. Que sais-je.\r\n\r\nMcALLISTER, Matthew. 2007. \u00ab\u201cGirls With a Passion for Fashion\u201d The Bratz Brand as Integrated Spectacular Consumption\u00bb,\u00a0<em>Journal of Children and Media<\/em>, vol. 1, p. 38.\r\n\r\nMILLSTEIN, Susan et Bonnie HALPERN-FLESHER. 2002. \u00abPerceptions of Risk and Vulnerability\u00bb.\u00a0<em>Journal of Adolescent Health<\/em>, vol. 31W, p. 10-27.\r\n\r\nNICHTER, Mimi. 2001.\u00a0<em>Fat Talk: What Girls and Their Parents Say about Dieting<\/em>, Cambridge, MA: Harvard University Press.\r\n\r\nRENOLD, Emma. 2002. \u00abPresumed Innocence: (Hetero)Sexual, Heterosexist and Homophobic Harassment among Primary School Girls and Boys\u00bb,\u00a0<em>Childhood<\/em>, 9, p. 415-434.\r\n\r\nRICH, Michael. 2005. \u00abSex Screen: The Dilemma of Media Exposure and Sexual Behavior\u00bb.\u00a0<em>Pediatrics<\/em>, vol. 116, Supplement 1, July 1, p. 329-331.\r\n\r\nSCOTT, James. 1990.\u00a0<em>Domination and the Arts of Resistance: Hidden Transcripts<\/em>, New Haven &amp; London: Yale University Press.\r\n\r\nSENGE, Peter. 1990.\u00a0<em>The Fifth Discipline: The Art &amp; Practice of the Learning Organization<\/em>, New York: Doubleday Currency.\r\n\r\nSLATER, Amy et Marika TIGGEMANN. 2002. \u00abA Test of Objectification Theory in Adolescent Girls\u00bb,\u00a0<em>Sex Roles<\/em>, vol. 46, nos 9\/10, p. 343-349.\r\n\r\nSMITH, Stacy et Marc CHOUEITI. 2011. \u00abGender Inequality in Cinematic Content? A Look at Females on Screen &amp; Behind-the-camera in Top-Grossing 2008 Films\u00bb.\u00a0<em>Annenberg School for Communication &amp; Journalism<\/em>, University of Southern California. En ligne:\r\n<a href=\"http:\/\/annenberg.usc.edu\/News%20and%20Events\/News\/~\/media\/PDFs\/smith_rpt_apr11.ashx\">http:\/\/annenberg.usc.edu\/News%20and%20Events\/News\/~\/media\/PDFs\/smith_rpt_apr11.ashx<\/a>\r\n(consult\u00e9 le 12 janvier 2012)\r\n\r\nTHORNE, Barrie. 1993.\u00a0<em>Gender Play: Girls and Boys in School<\/em>, New Brunswick, NJ: Rutgers University Press.\r\n\r\nTOLMAN, Deborah L. 2002.\u00a0<em>Dilemmas of Desire: Teenage Girls Talk about Sexuality<\/em>, Cambridge, MA: Harvard University Press.","note_de_bas_de_page":"","pour_citer_ce_document":"Boulebsol, Carole, Lilia Goldfarb, 2013, \u00ab Colonisation et sexualisation des jeunes filles \u00bb, dans Dominique Bourque, Francine Descarries et Caroline D\u00e9sy (dir.), <em>De l\u2019assignation \u00e0 l\u2019\u00e9clatement: Continuit\u00e9s et ruptures dans les repr\u00e9sentations des femmes<\/em>, Cahier de l\u2019IREF no5, en ligne sur Pr\u00e9fiX, <a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/colonisation-et-sexualisation-des-jeunes-filles\/\">https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/colonisation-et-sexualisation-des-jeunes-filles\/<\/a>","hyperliens":null,"order":3,"date_published":null},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Colonisation et sexualisation des jeunes filles | PR\u00c9FIX<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/colonisation-et-sexualisation-des-jeunes-filles\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Colonisation et sexualisation des jeunes filles | PR\u00c9FIX\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Lorsque l\u2019on aborde un ph\u00e9nom\u00e8ne aussi complexe et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne que le processus de sexualisation des jeunes, il est important de le comprendre et de le d\u00e9cortiquer en prenant garde de ne pas confondre ses origines, les valeurs qu\u2019il sous-tend, ses m\u00e9canismes, ses impacts et la perception des personnes concern\u00e9es. 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