{"id":6814,"date":"2026-03-22T14:19:04","date_gmt":"2026-03-22T18:19:04","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/?post_type=cahiers_iref&#038;p=6814"},"modified":"2026-03-23T14:27:59","modified_gmt":"2026-03-23T18:27:59","slug":"chapitre-1-methodologie-2","status":"publish","type":"cahiers_iref","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/chapitre-1-methodologie-2\/","title":{"rendered":"Chapitre 1: M\u00e9thodologie"},"content":{"rendered":"\n<table class=\"wp-block-advgb-table advgb-table-frontend\"><tbody><tr><td><strong>Source du texte<\/strong><br>Article paru dans&nbsp;<em>La traite des femmes pour l\u2019exploitation sexuelle commerciale: entre le d\u00e9ni et l\u2019invisibilit\u00e9<\/em>, sous la responsabilit\u00e9 de Lyne Kurtzman, Sandrine Ricci et Marie-Andr\u00e9e Roy (2012)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1.1 M\u00e9thodes de collecte et d\u2019analyse de donn\u00e9es<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Nous avons men\u00e9 une recherche exploratoire essentiellement fond\u00e9e sur la cueillette de donn\u00e9es qualitatives. Dans un rapport produit en 2000, Citoyennet\u00e9 et immigration Canada (CIC) soulignait le caract\u00e8re limit\u00e9 de l\u2019information disponible et la difficult\u00e9 de recueillir des donn\u00e9es pr\u00e9cises sur la traite. Dix ans plus tard, nous consid\u00e9rons que ce constat est toujours en bonne partie valide. Certes, nous d\u00e9tenons un peu plus d\u2019information, mais, que ce soit d\u2019un point de vue statistique ou empirique, le portrait demeure incomplet et il est toujours extr\u00eamement difficile de documenter le ph\u00e9nom\u00e8ne de la traite de mani\u00e8re exhaustive, particuli\u00e8rement sur le terrain.<\/p>\n<p>Notre d\u00e9marche de recherche \u00e0 vis\u00e9e compr\u00e9hensive a n\u00e9cessit\u00e9 le recours \u00e0 diverses approches associ\u00e9es aux m\u00e9thodes qualitatives. Nous nous sommes appliqu\u00e9es, d\u2019une part, \u00e0 cerner les processus et les dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de la traite et, d\u2019autre part, \u00e0 comprendre les diff\u00e9rentes facettes de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par les femmes touch\u00e9es par la traite au Qu\u00e9bec afin de proposer des strat\u00e9gies d\u2019intervention adapt\u00e9es.<\/p>\n<p>Au moyen d\u2019un bilan des \u00e9crits, nous avons fait un \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du sujet, document\u00e9 la question de la traite \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9chelle nationale et internationale, relev\u00e9 les donn\u00e9es statistiques disponibles et inventori\u00e9 les principaux facteurs d\u00e9terminants de la traite. Nous avons ajout\u00e9 \u00e0 cette d\u00e9marche documentaire des rencontres avec des chercheures, des juristes, des professionnels et professionnelles, des fonctionnaires, des intervenants et des intervenantes qui nous ont permis d\u2019enrichir l\u2019\u00e9tat de la connaissance sur la question. Ces rencontres ont donn\u00e9 lieu \u00e0 la production de notes de recherche. Au terme de cette \u00e9tape documentaire, nous avons pr\u00e9cis\u00e9 les orientations conceptuelles de la recherche et proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la d\u00e9finition de nos premi\u00e8res cat\u00e9gories d\u2019analyse. L\u2019ensemble de cette d\u00e9marche nous a permis d\u2019\u00e9laborer des grilles pour les entrevues subs\u00e9quentes aupr\u00e8s de diff\u00e9rents informateurs et informatrices.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, nous avons proc\u00e9d\u00e9 par r\u00e9seaux concentriques d\u2019investigation, partant de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales sur le sujet pour arriver progressivement \u00e0 l\u2019identification des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019informateurs et d\u2019informatrices que nous souhaitions interviewer afin de comprendre leur lecture ou exp\u00e9rience de la traite \u00e0 des fins d\u2019exploitation sexuelle et, dans certains cas, de cerner les moyens qu\u2019ils mettent en \u0153uvre pour la contrer.<\/p>\n<p>Ces cat\u00e9gories d\u2019informateurs et d\u2019informatrices sont:<\/p>\n<ol>\n<li>des intervenants et intervenantes en milieu communautaire ou institutionnel travaillant aupr\u00e8s des jeunes, des personnes migrantes, racis\u00e9es ou issues des communaut\u00e9s ethnoculturelles, toxicomanes ou prostitu\u00e9es;<\/li>\n<li>des personnes ayant un v\u00e9cu dans l\u2019industrie du sexe;<\/li>\n<li>des policiers et polici\u00e8res, principalement du Service de la police de la communaut\u00e9 urbaine de Montr\u00e9al (SPVM) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC);<\/li>\n<li>des fonctionnaires des minist\u00e8res Citoyennet\u00e9 et Immigration Canada (CIC); Ressources humaines et d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences Canada (RHDCC); Immigration Qu\u00e9bec;<\/li>\n<li>des femmes victimes de traite ou possiblement victimes.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Au total, nous avons effectu\u00e9 17 entrevues individuelles retranscrites sous forme de verbatim ainsi qu\u2019une vingtaine de rencontres consign\u00e9es dans des notes de recherche. \u00c9tant donn\u00e9 la diversit\u00e9 des milieux, nous avons adapt\u00e9 la grille d\u2019entrevue \u00e0 chacun d\u2019eux et nous nous sommes appliqu\u00e9es \u00e0 tenir compte de leur culture organisationnelle en ce qui a trait, par exemple, au partage et \u00e0 la divulgation de l\u2019information, \u00e0 la stigmatisation, au contr\u00f4le social et \u00e0 la d\u00e9finition du ph\u00e9nom\u00e8ne de la traite.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les entrevues aupr\u00e8s des victimes d\u2019exploitation sexuelle, nous avons pr\u00e9vu des mesures de s\u00e9curit\u00e9 pour prot\u00e9ger les femmes interview\u00e9es ainsi que le personnel de recherche qui a men\u00e9 ces entrevues. Compte tenu que notre recherche impliquait des sujets humains, nous avons obtenu un certificat de d\u00e9ontologie aupr\u00e8s du Comit\u00e9 d\u2019\u00e9thique de l\u2019UQAM qui pr\u00e9cisait les r\u00e8gles et dispositions \u00e0 prendre pour r\u00e9aliser les entrevues, conserver et traiter le mat\u00e9riel recueilli.<\/p>\n<p>On se rappellera que notre recherche vise aussi \u00e0 outiller et \u00e0 favoriser la concertation de groupes de femmes ainsi que des intervenants et intervenantes pr\u00e9occup\u00e9es par la question de la traite. Nous avons organis\u00e9 deux rencontres de concertation des groupes de femmes du Qu\u00e9bec afin de discuter des premiers r\u00e9sultats de la recherche et des enjeux concrets \u00e0 partir desquels des pistes d\u2019action ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour l\u2019analyse des donn\u00e9es, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des regroupements th\u00e9matiques pour cerner la compr\u00e9hension de la traite, ses liens avec la prostitution, les actions mises de l\u2019avant dans diff\u00e9rents milieux, et les priorit\u00e9s pour contrer le ph\u00e9nom\u00e8ne. Nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9es aux perceptions, croyances, explications des personnes face \u00e0 des situations r\u00e9elles ou hypoth\u00e9tiques de traite prostitutionnelle. Nous avons \u00e9t\u00e9 attentives aux th\u00e8mes \u00e9mergents des entrevues elles-m\u00eames, ce qui a permis d\u2019\u00e9largir notre compr\u00e9hension de la traite et des processus de sa mise \u0153uvre. Par une analyse de discours, nous avons pu relever diff\u00e9rents arguments \u00e0 partir desquels les r\u00e9pondants-es expliquent leurs choix, leurs positions et leurs actions.<\/p>\n<p>Par cette approche, nous comptions \u00e9galement obtenir des renseignements qui nous permettraient d\u2019acc\u00e9der directement \u00e0 des femmes victimes de traite. Compte tenu des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, d\u2019autres strat\u00e9gies de recherche ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es: observation terrain dans un salon de massage, dans des bars de danseuses et au cours d\u2019interventions polici\u00e8res \u00e0 Montr\u00e9al. Cela a permis de mieux documenter la question de la prostitution, et de nous mettre sur la piste de la traite locale (ou interne) \u00e0 des fins d\u2019exploitation sexuelle. Enfin, des prises de contact cibl\u00e9es aupr\u00e8s des services de police municipaux ont facilit\u00e9 la rencontre avec des femmes prostitu\u00e9es victimes de traite au Qu\u00e9bec pour des entrevues en profondeur. Nous avons utilis\u00e9 la formule des r\u00e9cits de vie th\u00e9matiques qui se limite \u00e0 une p\u00e9riode de vie de la personne interview\u00e9e. L\u2019entretien se d\u00e9roule avec une question de d\u00e9part centr\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rience de la personne et, au besoin, l\u2019intervieweuse a recours \u00e0 des r\u00e9ponses reflets et \u00e0 des relances. Cette m\u00e9thode exige de la chercheure une attitude ouverte et empathique.<\/p>\n<p>Nous avons recueilli au moyen d\u2019entrevues les t\u00e9moignages de trois femmes victimes de traite locale, et, au moyen d\u2019une d\u00e9position vid\u00e9o, celui d\u2019une quatri\u00e8me victime. Nous avons \u00e9galement obtenu le t\u00e9moignage d\u2019une femme migrante dont certains \u00e9l\u00e9ments du parcours biographique et du r\u00e9cit nous am\u00e8nent \u00e0 soup\u00e7onner une situation de traite internationale \u00e0 fins d\u2019exploitation sexuelle. Nous avons aussi reconstitu\u00e9 trois trajectoires de femmes migrantes trafiqu\u00e9es, \u00e0 partir d\u2019une entrevue aupr\u00e8s d\u2019une travailleuse dans un groupe communautaire, d\u2019une d\u00e9position \u00e0 la police et des donn\u00e9es d\u2019une enqu\u00eate polici\u00e8re. Au total, nous avons analys\u00e9 huit cas de femmes trafiqu\u00e9es ou prostitu\u00e9es dans l\u2019industrie du sexe, ainsi que conduit des entrevues avec deux hommes y ayant occup\u00e9 diverses fonctions.<\/p>\n<p>Il ne saurait \u00eatre question de pr\u00e9tendre \u00e0 un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif qui couvre toutes les facettes du ph\u00e9nom\u00e8ne de la traite \u00e0 des fins prostitutionnelles. L\u2019approche qui a pr\u00e9valu a consist\u00e9 \u00e0 interviewer toutes les femmes avec qui nous avons pu \u00eatre mises en contact et qui \u00e9taient\u00a0victimes, possiblement victimes, ou encore t\u00e9moins cl\u00e9s de traite. L\u2019ensemble des r\u00e9cits et t\u00e9moignages recueillis nous a cependant permis de tracer un tableau assez \u00e9loquent des processus \u00e0 l\u2019\u0153uvre et de nous rapprocher de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par les victimes. L\u2019ensemble de ces donn\u00e9es originales confirme l\u2019existence de traite des femmes pour l\u2019exploitation sexuelle commerciale au Qu\u00e9bec et \u00e9tayent des connaissances qualitatives sur cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1.2 Quelques pr\u00e9cisions d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique<\/strong><\/h2>\n\n\n<p>Notre \u00e9quipe de recherche est en affinit\u00e9 avec le courant f\u00e9ministe abolitionniste qui consid\u00e8re positivement les politiques mises de l\u2019avant \u2013notamment en Su\u00e8de\u2013 pour d\u00e9manteler l\u2019industrie prostitutionnelle et soutenir les personnes prostitu\u00e9es dans une d\u00e9marche de r\u00e9insertion sociale et \u00e9conomique (mod\u00e8le scandinave). En ce sens, nous nous \u00e9cartons d\u2019une tendance \u00aben pleine expansion\u00bb dans le domaine des recherches contemporaines sur la prostitution, dans lequel, comme le remarque fort justement Bindel:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-8ceba828-ae49-4c35-9c03-331c7236e09b\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>[\u2026] on peine \u00e0 trouver une poign\u00e9e de chercheurs qui s\u2019\u00e9cartent de l\u2019opinion dominante, selon laquelle: 1) l\u2019&nbsp;\u00abindustrie du sexe\u00bb devrait \u00eatre l\u00e9galis\u00e9e ou d\u00e9criminalis\u00e9e; et 2) la p\u00e9nalisation des clients cause du tort \u00e0 ceux et celles qui vendent des \u00abservices sexuels\u00bb. Les auteur-es de la plupart des \u00e9tudes parues au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es concluent que la prostitution cause peu de tort aux personnes qui s\u2019y adonnent, en d\u00e9pit des milliers de t\u00e9moignages de survivant-es de ce m\u00e9tier empreint de violence. (Bindel, 2010: non pagin\u00e9)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>En solidarit\u00e9 avec les femmes et les filles prostitu\u00e9es ici comme ailleurs, nous soutenons que pour atteindre l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes, nous devons travailler \u00e0 la construction d\u2019un monde lib\u00e9r\u00e9 des pratiques de sexe tarif\u00e9. Tout en mettant en lumi\u00e8re les diff\u00e9rents syst\u00e8mes de d\u2019oppression \u2013patriarcal, capitaliste, raciste, colonialiste, h\u00e9t\u00e9rosexiste, etc.\u2013 dont ces femmes sont victimes, il nous appara\u00eet prioritaire d\u2019entendre leur parole telle qu\u2019elles l\u2019\u00e9noncent, de reconna\u00eetre leur agentivit\u00e9<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_38052\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000044a9ee59000000005342acc3_6814\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000044a9ee59000000005342acc3_6814-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000044a9ee59000000005342acc3_6814-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Nous comprenons l\u2019agentivit\u00e9 au sens de \u00abpuissance personnelle d\u2019agir\u00bb (Ric\u0153ur, 2004), en lien avec la philosophie de l\u2019action. N\u00e9anmoins, comme le soulignent avec justesse Falquet et Rabaud (2008 : 13): \u00ab[A]gentivit\u00e9 n\u2019est pas synonyme de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9 pleines et enti\u00e8res: il ne faudrait pas minimiser les oppressions imbriqu\u00e9es qui p\u00e8sent sur elles de tout leur poids\u00bb.<\/span><\/sup>\u00a0et leur volont\u00e9 d\u2019action en tant que sujets politiques (Falquet et Rabaud, 2008). Ainsi, il n\u2019est ici nullement question d\u2019infantiliser ou d\u2019inf\u00e9rioriser les femmes. Les groupes luttant contre la violence, comme les sp\u00e9cialistes en victimologie, notamment, savent bien que la reconnaissance du statut de victime, c\u2019est-\u00e0-dire toute personne qui a subi un acte violent, constitue un \u00e9l\u00e9ment important de la reconstruction du sens comme de la reconstruction de soi. L\u2019absence de cette reconnaissance peut dissimuler un renvoi de responsabilit\u00e9, comme elle peut exacerber le traumatisme, \u00e0 cause du sentiment de solitude et de rejet qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re. Au demeurant, comme le souligne Christophe Gaudier (2005: 4-5), \u00abSe dire victime, ce n\u2019est ni geindre et se lamenter sur soi-m\u00eame (Et quand bien m\u00eame ! [\u2026]); c\u2019est, bien plus, se saisir des moyens de la transformation de son sort\u00bb. En ce sens, la notion de victime \u2013et par extension l\u2019id\u00e9e de vuln\u00e9rabilit\u00e9\u2013 ne vise pas \u00e0 maintenir la personne dans un \u00e9tat passif et ne stipule pas que cela soit permanent; elle constitue bien plus un point de d\u00e9part pour l\u2019action et la compr\u00e9hension<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000000002e030000000000000000_38052\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000044a9ee59000000005342acc3_6814\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000044a9ee59000000005342acc3_6814-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000044a9ee59000000005342acc3_6814-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">\u00abParler de vuln\u00e9rabilit\u00e9 ne signifie pas qu\u2019en raison d\u2019une pathologie une femme attire ou provoque ce genre de situation, mais simplement que, vis-\u00e0-vis de ce type d\u2019agression, certaines d\u2019entre elles vont pr\u00e9senter une moins grande r\u00e9sistance. Parmi les vuln\u00e9rabilit\u00e9s des femmes, certaines sont sociales, uniquement li\u00e9es \u00e0 leur position de femme, d\u2019autres sont li\u00e9es \u00e0 leur histoire ou m\u00eame \u00e0 leur personnalit\u00e9. [\u2026] Une fois le processus en place, celui-ci est maintenu par un syst\u00e8me d\u2019emprise. Ce n\u2019est pas la personnalit\u00e9 de la femme qui cr\u00e9e ce type de relation, c\u2019est la configuration de la relation qui constitue le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb. <a href=\"http:\/\/www.ordrepsy.qc.ca\/pdf\/PsyQc_Dossier_1.Hirigoyen_Sept05.pdf\">http:\/\/www.ordrepsy.qc.ca\/pdf\/PsyQc_Dossier_1.Hirigoyen_Sept05.pdf<\/a> (consult\u00e9 le 31 octobre 2012)<\/span><\/sup>.<\/p>\n<p>Enfin, comme le d\u00e9montrent les travaux \u00e9clairants de Patrizia Romito (2006), refuser le terme \u00abvictime\u00bb a \u00e9galement des incidences sur l\u2019occultation de la violence masculine \u00e0 l\u2019endroit des femmes. Plus globalement, ce rejet par une certaine rh\u00e9torique exprime \u00abla haine g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des victimes dans la perspective n\u00e9olib\u00e9rale \u2013puisque toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la personne vuln\u00e9rable r\u00e9v\u00e8le imm\u00e9diatement une soci\u00e9t\u00e9 injuste\u00bb (Stuart, 2011, non pagin\u00e9). De m\u00eame qu\u2019en refusant de parler de victimes \u00ables postmodernistes d\u00e9logent tout examen des structures plus profondes et des diff\u00e9rences de pouvoir qui affectent la vie des gens\u00bb (Stuart, 2011, non pagin\u00e9), l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale r\u00e9ussit \u00e0 \u00abl\u00e9gitimer les in\u00e9galit\u00e9s de classe et la discrimination de sexe, car s\u2019il n\u2019y a pas de victime, il n\u2019y a pas de coupable\u00bb (Stuart, 2011, non pagin\u00e9).<\/p>\n<p>L\u2019approche abolitionniste postule donc que les femmes exploit\u00e9es dans l\u2019industrie du sexe doivent avoir acc\u00e8s \u00e0 de v\u00e9ritables moyens pour ne pas y entrer et r\u00e9ussir \u00e0 en sortir. Or, notre soci\u00e9t\u00e9 dirige et enferme un certain nombre de femmes dans cette voie sans issue qui assure \u00e0 l\u2019ensemble des hommes des \u00abservices sexuels\u00bb \u00e0 bon march\u00e9. Tout en respectant certaines pratiques de pr\u00e9vention aupr\u00e8s des femmes prostitu\u00e9es de la part d\u2019intervenantes favorables \u00e0 la d\u00e9criminalisation du \u00abtravail du sexe\u00bb, nous ne partageons pas leur position de lib\u00e9ralisation de la prostitution et de d\u00e9criminalisation totale des prox\u00e9n\u00e8tes et des clients, laquelle participe selon nous \u00e0 la promotion de l\u2019industrie du sexe et \u00e0 la reproduction des rapports de domination.<\/p>\n<p>La communicologue Marianne Doury, qui s\u2019est pench\u00e9e sur la\u00a0position du chercheur ou de la chercheure par rapport \u00e0 son objet d\u2019\u00e9tude, qualifie de \u00abbr\u00fblants\u00bb les objets sous-tendus par des enjeux id\u00e9ologiques, politiques, \u00e9conomiques et affectifs. Ce sont des conditions o\u00f9 \u00ab\u2026la neutralit\u00e9 du chercheur est impossible. On ne peut attendre de l\u2019analyste de l\u2019argumentation un clivage si accompli qu\u2019il am\u00e8ne le chercheur \u00e0 se d\u00e9tacher compl\u00e8tement de l\u2019\u00eatre au monde et livre ainsi une \u00e9tude \u00ab\u00a0ex machina\u00a0\u00bb, non-situ\u00e9e\u00bb (Doury, 2004: 151). Elle rappelle que les pr\u00e9f\u00e9rences des chercheurs et chercheures sont de toute fa\u00e7on perceptibles \u00e0 travers leur analyse et qu\u2019il ne sert \u00e0 rien de pr\u00e9tendre dispara\u00eetre comme sujet. Il est m\u00eame peu souhaitable et risqu\u00e9 d\u2019adopter une telle attitude.<\/p>\n<p>Les penseurs et les penseuses h\u00e9riti\u00e8res des th\u00e9ories postcoloniales comme Nicole-Claude Mathieu (1985) nous permettent de comprendre \u00e0 quel point les enjeux sont complexes si l\u2019on tient compte de l\u2019ali\u00e9nation des personnes domin\u00e9es, tandis que, d\u2019un point de vue f\u00e9ministe, on se doit d\u2019accorder une place centrale \u00e0 la parole des femmes, \u00e0 la parole des opprim\u00e9es. Face \u00e0 ce d\u00e9fi \u00e0 la fois politique, \u00e9thique et m\u00e9thodologique, Marzano (2006) propose de privil\u00e9gier une strat\u00e9gie d\u2019<em>\u00e9coute<\/em>\u00a0afin que le sujet puisse se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 lui-m\u00eame,\u00a0sans pour autant que le chercheur ou la chercheure renonce \u00e0 maintenir une distance critique:<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-advgb-columns advgb-columns-wrapper\" id=\"advgb-cols-83f12aa4-34b8-45c5-877d-e3f57ee612df\"><div class=\"advgb-columns-container\"><div class=\"advgb-columns advgb-columns-row advgb-is-mobile advgb-columns-1 layout-100 mbl-layout-stacked vgutter-10\">\n<div class=\"wp-block-advgb-column advgb-column\" id=\"advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b\"><div class=\"advgb-column-inner\" style=\"border-style:none;border-width:1px\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u2026 ne pas prendre au pied de la&nbsp;lettre la parole d\u2019un individu ne signifie pas pour autant ne pas l\u2019\u00e9couter, mais \u00e9couter ce qui est dit au-del\u00e0 du simple \u00e9nonc\u00e9; entendre ce qui est dit entre les lignes; rebondir sur cette parole en la renvoyant au sujet afin que \u00abje\u00bb la confirme ou non. C\u2019est pourquoi ce que l\u2019on peut probablement faire face aux \u00e9nonc\u00e9s de \u00abje\u00bb, c\u2019est de les r\u00e9interroger sans cesse, non pas pour mieux les comprendre, mais pour que \u00abje\u00bb puisse entendre, lui, ce qu\u2019il dit. [\u2026]. Mais de l\u00e0 \u00e0 vouloir faire de sa parole une justification \u00e9thique de sa conduite, il y a, et il&nbsp;y aura toujours un chemin \u00e0 parcourir. (Marzano, 2006:&nbsp;225-226)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, en nous rapprochant du c\u0153ur de notre sujet et de la r\u00e9alit\u00e9 des femmes vivant des situations de traite, nous avons \u00e9t\u00e9 en contact avec des donn\u00e9es bouleversantes du fait de\u00a0la violence et du contr\u00f4le exerc\u00e9s sur les r\u00e9pondantes qui, dans certains cas, vont jusqu\u2019\u00e0 l\u2019an\u00e9antissement de leur personne. Entendre des t\u00e9moignages de traite est \u00e0 la fois douloureux et r\u00e9voltant. L\u2019exp\u00e9rience conduit \u00e0 la limite du tol\u00e9rable parce que les r\u00e9cits nous atteignent \u00e0 la fois comme chercheures et comme femmes. Ainsi, pour mener \u00e0 bien notre recherche, nous avons aussi d\u00fb proc\u00e9der \u00e0 une forme de distanciation par rapport \u00e0 nos propres sentiments et laisser parler nos r\u00e9pondants-es pour rendre pleinement compte de leurs propos y compris ceux qui ne cadraient pas avec notre point de vue, notamment sur la prostitution. Cette mise \u00e0 distance visait \u00e0 rendre pleinement compte des exp\u00e9riences, perceptions et explications de nos informateurs-trices, ainsi qu\u2019\u00e0 entendre des pistes novatrices de leur part qui ont influenc\u00e9 la formulation des recommandations.<\/p><style class=\"advgb-styles-renderer\">#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-8ceba828-ae49-4c35-9c03-331c7236e09b{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-8ceba828-ae49-4c35-9c03-331c7236e09b{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-8ceba828-ae49-4c35-9c03-331c7236e09b{}}#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-4bf2f5d0-827c-4531-9160-cd0b94149f69>.advgb-column-inner{}}#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}}#advgb-cols-83f12aa4-34b8-45c5-877d-e3f57ee612df{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-cols-83f12aa4-34b8-45c5-877d-e3f57ee612df{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-cols-83f12aa4-34b8-45c5-877d-e3f57ee612df{}}#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}@media screen and (max-width: 1023px) {#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}}@media screen and (max-width: 767px) {#advgb-col-2b51f4b6-dd6c-48d3-a6cb-71935751579b>.advgb-column-inner{}}<\/style><h2 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes de bas de page<\/h2><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div>Nous comprenons l\u2019agentivit\u00e9 au sens de \u00abpuissance personnelle d\u2019agir\u00bb (Ric\u0153ur, 2004), en lien avec la philosophie de l\u2019action. N\u00e9anmoins, comme le soulignent avec justesse Falquet et Rabaud (2008 : 13): \u00ab[A]gentivit\u00e9 n\u2019est pas synonyme de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9 pleines et enti\u00e8res: il ne faudrait pas minimiser les oppressions imbriqu\u00e9es qui p\u00e8sent sur elles de tout leur poids\u00bb.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>\u00abParler de vuln\u00e9rabilit\u00e9 ne signifie pas qu\u2019en raison d\u2019une pathologie une femme attire ou provoque ce genre de situation, mais simplement que, vis-\u00e0-vis de ce type d\u2019agression, certaines d\u2019entre elles vont pr\u00e9senter une moins grande r\u00e9sistance. Parmi les vuln\u00e9rabilit\u00e9s des femmes, certaines sont sociales, uniquement li\u00e9es \u00e0 leur position de femme, d\u2019autres sont li\u00e9es \u00e0 leur histoire ou m\u00eame \u00e0 leur personnalit\u00e9. [\u2026] Une fois le processus en place, celui-ci est maintenu par un syst\u00e8me d\u2019emprise. Ce n\u2019est pas la personnalit\u00e9 de la femme qui cr\u00e9e ce type de relation, c\u2019est la configuration de la relation qui constitue le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb. <a href=\"http:\/\/www.ordrepsy.qc.ca\/pdf\/PsyQc_Dossier_1.Hirigoyen_Sept05.pdf\">http:\/\/www.ordrepsy.qc.ca\/pdf\/PsyQc_Dossier_1.Hirigoyen_Sept05.pdf<\/a> (consult\u00e9 le 31 octobre 2012)<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons men\u00e9 une recherche exploratoire essentiellement fond\u00e9e sur la cueillette de donn\u00e9es qualitatives. Dans un rapport produit en 2000, Citoyennet\u00e9 et immigration Canada (CIC) soulignait le caract\u00e8re limit\u00e9 de l\u2019information disponible et la difficult\u00e9 de recueillir des donn\u00e9es pr\u00e9cises sur la traite. Dix ans plus tard, nous consid\u00e9rons que ce constat est toujours en bonne partie valide. Certes, nous d\u00e9tenons un peu plus d\u2019information, mais, que ce soit d\u2019un point de vue statistique ou empirique, le portrait demeure incomplet et il est toujours extr\u00eamement difficile de documenter le ph\u00e9nom\u00e8ne de la traite de mani\u00e8re exhaustive, particuli\u00e8rement sur le terrain.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"menu_order":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","footnotes":""},"tags":[1227,1009,214,406,1246,326],"numeros":[],"numeros_cahier_iref":[255],"ppma_author":[51,44,45],"class_list":["post-6814","cahiers_iref","type-cahiers_iref","status-publish","hentry","tag-2000-2010","tag-canada","tag-etudes-feministes","tag-sciences-sociales","tag-violences-faites-aux-femmes","tag-violences-sexistes-et-sexuelles","numeros_cahier_iref-cahier-4"],"acf":{"sections":{"section":""},"bibliographie":"","note_de_bas_de_page":"","pour_citer_ce_document":"Kurtzman, Lyne, Sandrine Ricci et Marie-Andr\u00e9e Roy, 2012, \u00ab Chapitre 1: M\u00e9thodologie \u00bb, dans Line Chamberland, Christelle Lebreton et Micha\u00ebl Bernier (dir.), <em>La traite des femmes pour l\u2019exploitation sexuelle commerciale: entre le d\u00e9ni et l\u2019invisibilit\u00e9<\/em>, Cahier de l\u2019IREF no4, en ligne sur Pr\u00e9fiX, <a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/chapitre-1-methodologie-2\/\">https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/chapitre-1-methodologie-2\/<\/a>","hyperliens":null,"order":2,"date_published":null},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Chapitre 1: M\u00e9thodologie | PR\u00c9FIX<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/prefix\/cahiers-iref\/chapitre-1-methodologie-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Chapitre 1: M\u00e9thodologie | PR\u00c9FIX\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Nous avons men\u00e9 une recherche exploratoire essentiellement fond\u00e9e sur la cueillette de donn\u00e9es qualitatives. 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