{"id":14861,"date":"2019-03-23T00:00:43","date_gmt":"2019-03-23T00:00:43","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/?post_type=articles&#038;p=14861"},"modified":"2025-02-06T22:47:11","modified_gmt":"2025-02-06T22:47:11","slug":"le-paradoxe-de-lemancipation-des-femmes-tatouees-entre-resistance-et-conformite","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/le-paradoxe-de-lemancipation-des-femmes-tatouees-entre-resistance-et-conformite\/","title":{"rendered":"Le paradoxe de l\u2019\u00e9mancipation des femmes tatou\u00e9es : entre r\u00e9sistance et conformit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne du tatouage suscite beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat dans plusieurs disciplines, autant dans les domaines de la sant\u00e9 que dans les sciences humaines et sociales. Ce th\u00e8me incite \u00e0 des r\u00e9flexions s\u2019articulant autour des corps et du social dans un contexte socioculturel o\u00f9 l\u2019on cherche \u00e0 se distinguer individuellement. Pour les \u00e9tudes f\u00e9ministes, le tatouage chez les femmes est un sujet de recherche heuristique selon divers angles d\u2019analyse, puisque ce th\u00e8me soul\u00e8ve \u00e0 la fois des questions identitaires, des enjeux reli\u00e9s aux corps, aux normes de genre, \u00e0 la reconnaissance du travail des artistes tatoueuses, etc. Cet essai a pour but de mettre en lumi\u00e8re la dissonance au sein des th\u00e9ories sociologiques et anthropologiques qui analysent la pratique du tatouage comme une forme d\u2019\u00e9mancipation, d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> et de r\u00e9sistance chez les femmes (Le Breton, 2002\u2009; Pitts, 2003). J\u2019offre une r\u00e9flexion qui lie les corps tatou\u00e9s des femmes<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\"> Le terme \u00ab femmes \u00bb renvoie \u00e0 la conceptualisation f\u00e9ministe mat\u00e9rialiste des classes sociales de sexe et des personnes s\u2019identifiant comme femmes. Dans le cadre de cette analyse, les femmes constituent un groupe sociologiquement conceptualis\u00e9 qui ne tient pas compte des divisions hi\u00e9rarchiques (de classe socio\u00e9conomique, de sexualit\u00e9 ou de race) au sein m\u00eame de la classe sociale des femmes. Il serait pertinent d\u2019effectuer une analyse plus approfondie avec un cadre th\u00e9orique intersectionnel.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> aux relations sociales marqu\u00e9es par les rapports sociaux de sexe in\u00e9gaux. En ce sens, je soutiens qu\u2019il existe une limite quant \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation des femmes par le tatouage, et que cette limite est inh\u00e9rente aux rapports sociaux de sexe in\u00e9gaux. Pour ce faire, un court historique du tatouage comme pratique genr\u00e9e est expos\u00e9, par la suite diff\u00e9rentes th\u00e9ories et notions entourant les corps des femmes sont abord\u00e9es. Enfin, une courte revue de litt\u00e9rature est pr\u00e9sent\u00e9e et articul\u00e9e selon trois th\u00e8mes\u00a0: la signification de la pratique chez les femmes tatou\u00e9es, leur perception d\u2019elles-m\u00eames et la perception sociale des femmes tatou\u00e9es. Finalement, au regard de ce qui sera pr\u00e9sent\u00e9, je propose des hypoth\u00e8ses th\u00e9oriques quant aux situations conflictuelles que les femmes tatou\u00e9es peuvent vivre dans les lieux publics.<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>L\u2019apparition du tatouage en Occident a \u00e9t\u00e9 possible avec la colonisation, l\u2019imp\u00e9rialisme et l\u2019appropriation culturelle au 17<sup>e<\/sup> et au 18<sup>e <\/sup>si\u00e8cle dans les \u00eeles du Pacifique, telles que Tahiti, Samoa et Hawaii, o\u00f9 la pratique du tatouage s\u2019inscrit dans un contexte socioculturel bien diff\u00e9rent d\u2019aujourd\u2019hui en Am\u00e9rique du Nord (DeMello, 2000, p.\u00a044)<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">L\u2019historique succinct du tatouage permet d\u2019illustrer \u00e0 la fois que la pratique du tatouage s\u2019av\u00e8re une pratique genr\u00e9e, mais \u00e9galement que le parcours de ses significations sociales oscille entre la d\u00e9viance, la marginalit\u00e9 et la normalisation. Ce parcours sinueux qui tend vers une normalisation rend l\u2019analyse du pouvoir de r\u00e9sistance des corps tatou\u00e9s de femmes plus complexe qu\u2019elle semble <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">a priori<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. L\u2019apparition du tatouage en Occident a \u00e9t\u00e9 possible avec la colonisation, l\u2019imp\u00e9rialisme et l\u2019appropriation culturelle au 17<\/span><span style=\"font-weight: 400\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> et au 18<\/span><span style=\"font-weight: 400\">e <\/span><span style=\"font-weight: 400\">si\u00e8cle dans les \u00eeles du Pacifique, telles que Tahiti, Samoa et Hawaii, o\u00f9 la pratique du tatouage s\u2019inscrit dans un contexte socioculturel bien diff\u00e9rent d\u2019aujourd\u2019hui en Am\u00e9rique du Nord (DeMello, 2000, p.\u00a044). Non seulement les marins, les soldats et les prostitu\u00e9es portaient des tatouages, mais \u00e9galement les membres de l\u2019aristocratie europ\u00e9enne. Cette mode perdura jusqu\u2019\u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Or, avec l\u2019arriv\u00e9e de la machine \u00e0 tatouer \u00e9lectrique, le tatouage s\u2019effectue plus rapidement et devient plus accessible mon\u00e9tairement. Le tatouage se r\u00e9pand ainsi plus largement au sein des classes populaires, provoquant un abandon de la pratique par les classes dominantes (DeMello, 2000, p.\u00a050). Redevenant alors une pratique marginale au milieu du 20<\/span><span style=\"font-weight: 400\">e<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> si\u00e8cle, comme en d\u00e9note par exemple la pr\u00e9sence d\u2019individus tatou\u00e9s incluant des femmes, dans les cirques et les <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">freaks shows<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, ce n\u2019est que depuis les ann\u00e9es\u00a01980 que le ph\u00e9nom\u00e8ne du tatouage appara\u00eet comme une pratique culturelle \u00e9mergente. \u00c0 partir de cette \u00e9poque, on remarque qu\u2019elle s\u2019effectue hors des contextes et des groupes marginaux (DeMello, 1995\u2009; Le Breton, 2002). En ce sens, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, le tatouage se popularise, traverse les classes sociales et les classes de sexes. La popularisation du tatouage, notamment chez les femmes<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Selon l\u2019\u00e9tude \u00ab\u2009A comparison of college students&rsquo; perceptions of older and younger tattooed women\u2009\u00bb (Musambira, Raymond, Hastings, 2016) men\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, le pourcentage d\u2019individus affirmant avoir un tatouage est pass\u00e9 de 16 % \u00e0 21 % entre l\u2019ann\u00e9e 2003 et 2016 (Musambira, Raymond, Hastings, 2016). De plus, cette \u00e9tude soutient que 45 % \u00e0 65 % de ces individus tatou\u00e9s sont des femmes (<em>Ibid<\/em>). Malheureusement, de telles donn\u00e9es ne sont pas disponibles pour le Qu\u00e9bec.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">, soul\u00e8ve des questionnements autour du processus de normalisation de cette pratique historiquement stigmatisante, marginale et majoritairement masculine (Le Breton, 2002), dans un contexte socioculturel o\u00f9 le corps est individualis\u00e9 et per\u00e7u comme une d\u00e9limitation entre le social et l\u2019individu (Le Breton, 2010, p.\u00a034).\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les corps sont les supports de m\u00e9diation des tatouages. Ceux-ci sont construits socialement selon le genre, c\u2019est-\u00e0-dire selon une norme sociale identitaire bas\u00e9e sur la perception binaire et essentialiste des corps. Autrement dit, le genre est une r\u00e9gulation sociale de la morphologie humaine selon un id\u00e9al f\u00e9minin et masculin qui est reproduit. Les corps sont donc soumis \u00e0 des normes concernant leurs tenues, leurs conduites, leurs apparences, etc. En ce sens, ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme un lieu \u00e0 la fois de repr\u00e9sentation de soi et de contr\u00f4le social. Selon une perspective post-essentialiste, on peut d\u00e9finir les corps ainsi\u00a0:\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>The body, then, is positioned in multiple ways, including as a site for establishing identity that is read by the self and others; as a space of social control and social investment; and as an ever-emerging, unfinished materiality that gains meaning through various forms of symbolic representation and material practice (Pitts, 2003, p.\u00a029).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le corps est compris comme un lieu physique de contr\u00f4le social (plus au moins efficient), de repr\u00e9sentation de l\u2019image de soi et de la d\u00e9finition de son identit\u00e9. Pour toutes ces raisons, le corps est en constant changement.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Plusieurs auteures mettent en lumi\u00e8re un lien entre les corps tatou\u00e9s des femmes et la notion du corps grotesque de Bakhtine<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019ouvrage <em>L\u2019oeuvre de Fran\u00e7ois Rabelais et la culture populaire au Moyen \u00c2ge et sous la Renaissance de Mikha\u00efl Bakhtine.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (Russo, 1997\u2009; De Mello, 1995).<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>The grotesque body is the open, protruding, extended, secreting body, the body of becoming, process and change. The grotesque body is opposed to the classical body, which is monumental, static, closed and sleek, corresponding to the aspirations of bourgeois individualism (Russo, 1997, p.\u00a0325).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les corps tatou\u00e9s des femmes divergent de l\u2019image du corps classique pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crit, puisqu\u2019ils sont sujets aux changements, ils sont ouverts et ils sont en mouvement. Le grotesque est li\u00e9 \u00e0 la notion de carnaval, o\u00f9 sont transgress\u00e9es les normes, bris\u00e9s les tabous par l\u2019utilisation de la moquerie et de la parodie (K<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00f8h<\/span><span style=\"font-weight: 400\">lert, 2012, p.\u00a021). Ainsi, \u00ab le carnaval \u00e9tait le triomphe d\u2019une sorte d\u2019affranchissement provisoire de la v\u00e9rit\u00e9 dominante et du r\u00e9gime existant, d\u2019abolition provisoire de tous les rapports hi\u00e9rarchiques, privil\u00e8ges, r\u00e8gles et tabous \u00bb (Bakhtine, c1970, p.18). En effet, les corps grotesques sont intrins\u00e8quement li\u00e9s aux normes du contexte dans lequel ils se trouvent, puisqu\u2019ils s\u2019y opposent ou les subvertissent par la parodie. En ce sens, les corps tatou\u00e9s des femmes ont un potentiel de subversion ou d\u2019opposition aux normes de genre. Ce potentiel, comme l\u2019expose la th\u00e9orie du carnaval, est li\u00e9 au contexte socioculturel, puisque les corps sont situ\u00e9s historiquement et culturellement, ils ne sont pas totalement d\u00e9tach\u00e9s des repr\u00e9sentations symboliques collectives. Ainsi, les corps qui sont jug\u00e9s \u00ab\u2009anormaux\u2009\u00bb peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant un trouble \u00e0 l\u2019ordre social (Pitts, 2003, p.\u00a041), puisqu\u2019ils subvertissent une norme h\u00e9g\u00e9monique. En d\u00e9pit de cette explication th\u00e9orique, deux points de vue f\u00e9ministes divergent par rapport au pouvoir de subversion ou de r\u00e9sistance aux normes de genre, puisque s\u2019opposent deux analyses diff\u00e9rentes de la r\u00e9appropriation des corps par la pratique du tatouage ou par d\u2019autres modifications corporelles. Enfin, la douleur ressentie lors de ces pratiques est \u00e9galement un point de dissension entre les deux positions th\u00e9oriques f\u00e9ministes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le premier point de vue est soutenu par certaines f\u00e9ministes radicales, qui se positionnent contre les formes de contr\u00f4le des corps par le patriarcat, aux douleurs et \u00e0 la mutilation qui y sont reli\u00e9es. Pour certaines d\u2019entre elles, le tatouage et d\u2019autres modifications corporelles s\u2019apparentent aux m\u00e9canismes de domination du patriarcat sur les corps des femmes, et de ce fait elles voient dans ces pratiques de \u00ab\u2009l\u2019automutilation\u2009\u00bb, de la \u00ab\u2009mutilation\u2009\u00bb, et de \u00ab\u2009l\u2019auto-objectivation\u2009\u00bb (Pitts, 2003, p.\u00a053). Les douleurs provoqu\u00e9es sont per\u00e7ues \u00ab\u2009<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">as instances of patriarchal mistreatment of women&rsquo;s bodies<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u2009\u00bb (Pitts, 2003, p.\u00a053). Par exemple, les prostitu\u00e9es subissaient la fl\u00e9trissure<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\"> Le tatouage a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 comme moyen d&rsquo;exclusion sociale avec le ph\u00e9nom\u00e8ne de la fl\u00e9trissure et le syst\u00e8me de marque. On proc\u00e9dait au marquage forc\u00e9 du corps, sous forme de tatouage o\u00f9 l&rsquo;on reproduisait des symboles, parfois sous forme d&rsquo;abr\u00e9viation, sur la peau des voleurs, des mendiants, des prostitu\u00e9es ou des esclaves fugitifs, c\u2019est-\u00e0-dire les individus consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant des criminels (Le Breton, 2002, p. 29). Autrement dit, le tatouage \u00e9tait un outil pour stigmatiser certains individus qu&rsquo;on souhaitait mettre en marge de la soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est \u00e9galement ce que soutient Goffman dans Stigmate : les usages sociaux des handicaps (1963\/1975), o\u00f9 il mentionne que l&rsquo;on marquait la peau des individus moralement r\u00e9pr\u00e9hensibles, c&rsquo;est-\u00e0-dire les esclaves, les criminel.le.s ou les traites (1963\/1975, p. 11).<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> dans les si\u00e8cles pass\u00e9s ou encore les femmes forc\u00e9es \u00e0 porter le tatouage des initiales de leurs maris<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\">Comme le t\u00e9moigne un tatoueur de Chicago dans les ann\u00e9es 1950, certains maris amenaient leurs femmes pour les faire tatouer, soit leurs initiales ou des phrases telles que : \u00ab\u2009J\u2019appartiens \u00e0&#8230;\u2009\u00bb (Le Breton, 2002, p. 40-42).<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">. Dans cette perspective, se soumettre \u00e0 des pratiques qui r\u00e9f\u00e8rent symboliquement aux violences patriarcales (Pitts, 2003, p. 53-54) ne peut pas constituer une forme de lib\u00e9ration ou une forme de r\u00e9sistance aux normes du patriarcat. Le deuxi\u00e8me point de vue est d\u00e9fendu par des f\u00e9ministes dont la pens\u00e9e est li\u00e9e aux th\u00e9ories poststructuralistes, qui consid\u00e8rent les modifications corporelles comme des formes de subversion des normes de beaut\u00e9 f\u00e9minines traditionnelles. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Pitts \u00e9crit qu\u2019elles \u00ab\u2009<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">celebrate as forms of resistance because they pursue difference and violated gender norms\u2009\u00bb <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">(Pitts, 2003, p.\u00a055). Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, les douleurs qui sont ressenties lors de ces pratiques constituent des possibilit\u00e9s \u00ab\u2009<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">to rebel against \u00a0\u00bbnormative\u00a0\u00bb feminine behavior<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u2009\u00bb (Pitts, 2003, p.\u00a053). Le fait de pratiquer des modifications corporelles est performatif, en ce sens que ces pratiques impliquent de la r\u00e9sistance ainsi qu\u2019un comportement autre que celui attendu du genre f\u00e9minin. Bien que ces perspectives f\u00e9ministes donnent des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion sur le sujet, il est important de souligner le discours des femmes qui pratiquent les modifications corporelles et qui restent les plus \u00e0 m\u00eame de partager leurs connaissances et leurs exp\u00e9riences. Pitts indique:<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Women body modifiers have argued that modifying the body promotes symbolic rebellion, resistance, and self-transformation \u2013 that marking and transforming the body can symbolically \u00a0\u00bbreclaim\u00a0\u00bb the body from its victimization and objectification in patriarchal culture (2003, p.\u00a049).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Contrairement \u00e0 la position de certaines f\u00e9ministes, les femmes qui subissent des modifications corporelles consid\u00e8rent par le biais de ces pratiques le pouvoir de \u00ab\u2009resignification\u2009\u00bb du corps (Butler, 2004, p.\u00a0196-197). Le corps, ainsi r\u00e9appropri\u00e9, ne fait plus l\u2019objet d\u2019une victimisation ou d\u2019une objectification.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Toutefois, ce pouvoir de r\u00e9appropriation, de subversion et d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">est critiqu\u00e9 par rapport \u00e0 sa port\u00e9e quant \u00e0 la transformation sociale :<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>[c]ritics of women who use as a means of empowerment often question its \u00ab\u00a0real world\u00a0\u00bb impact, arguing that tattooing shifts the focus of women&rsquo;s issues from society to the self; that tattooed women are empowered only in their minds; and that women who find solace in tattoos are no different from women for whom shopping and exercise are substitutes for problem-solving (Mifflin, 2001, p.&nbsp;116).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">C\u2019est \u00e0 partir de cette dissonance que je tenterai de r\u00e9fl\u00e9chir sur la limite des corps tatou\u00e9s des femmes comme pouvoir de r\u00e9sistance.\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>En effet, dans ce contexte socioculturel, je propose de situer les corps tatou\u00e9s dans un continuum qui inclut la conformit\u00e9 aux normes de beaut\u00e9 dites f\u00e9minines et la r\u00e9sistance \u00e0 celles-ci.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Dans le contexte d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 plurielle, o\u00f9 la logique dominante soutient que la \u00ab\u2009relation au corps est d\u00e9sormais celle \u00e0 un objet nourrissant la repr\u00e9sentation de soi\u2009\u00bb (Le Breton\u00a0, 2010, p.\u00a0140) et que, cons\u00e9quemment, les modifications corporelles sont effectu\u00e9es selon un d\u00e9sir de se singulariser (Le Breton\u00a0, 2010, p.\u00a0141), il s\u2019av\u00e8re d\u00e8s lors complexe d\u2019associer les corps modifi\u00e9s ou tatou\u00e9s \u00e0 une forme de r\u00e9sistance. <\/span><span style=\"font-weight: 400\">En effet, dans ce contexte socioculturel, je propose de situer les corps tatou\u00e9s dans un continuum qui inclut la conformit\u00e9 aux normes de beaut\u00e9 dites f\u00e9minines et la r\u00e9sistance \u00e0 celles-ci.<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> Dans l\u2019article \u00ab\u2009<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Pretty in Ink\u00a0: Conforming, Resistance, and Negociation in Women&rsquo;s Tattooing<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u2009\u00bb (2002), Atkinson soutient ce point de vue au regard des significations du tatouage chez les Canadiennes anglophones. Il propose de consid\u00e9rer les modifications corporelles, dont le tatouage, comme \u00e9tant des messages culturels informant sur la conformit\u00e9 et la r\u00e9sistance aux normes de f\u00e9minit\u00e9, sans pour autant que la conformit\u00e9 ou la r\u00e9sistance ne soient con\u00e7ues comme des p\u00f4les. Atkinson conclut que 25,26\u00a0% des femmes interrog\u00e9es affirment fa\u00e7onner leur f\u00e9minit\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de leurs tatouages ; 40\u00a0% des participantes disent consid\u00e9rer la fa\u00e7on dont les hommes percevront leurs tatouages afin de correspondre aux normes de beaut\u00e9s f\u00e9minines, et finalement 23% des femmes souhaitent am\u00e9liorer l\u2019esth\u00e9tique de leur corps par le tatouage (Atkinson, 2002, p.\u00a0225). Ainsi, la prise en compte du jugement esth\u00e9tique des hommes est consid\u00e9rable chez les femmes interrog\u00e9es. L\u2019auteur \u00e9crit, concernant le r\u00e9cit d\u2019une femme souhaitant am\u00e9liorer son apparence par les tatouages\u00a0: <\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Celeste&rsquo;s tattoo project is an embodied reproduction of the established cultural standard that women conform to men&rsquo;s desires and sexual interests &#8211; to extend that a woman will radically modify her body in the process of such conformity (Atkinson, 2002, p.\u00a0225).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Dans ces cas, le tatouage devient une pratique esth\u00e9tique r\u00e9pondant aux normes patriarcales de l\u2019id\u00e9al f\u00e9minin, au m\u00eame titre que la liposuccion ou les implants mammaires (Atkinson, 2002, p.\u00a0225). Celui-ci s\u2019inscrit donc dans la continuit\u00e9 des marques de sexes, au m\u00eame titre que les v\u00eatements, tels que d\u00e9crits par Guillaumin dans son ouvrage <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Sexe, race et pratique du pouvoir. L\u2019id\u00e9e de nature<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> (1992). Par ailleurs, 18\u00a0% des participantes affirment que leurs motivations \u00e0 se faire tatouer s\u2019inscrivent dans une perspective de libert\u00e9 et d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Elles expriment un d\u00e9sir d\u2019explorer leur f\u00e9minit\u00e9 par le biais du tatouage. Or, leurs projets de tatouage reproduisent les normes de f\u00e9minit\u00e9, de par le choix du motif tatou\u00e9, la taille de celui-ci et de son emplacement (Atkinson, 2002)<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-6\">6<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-6\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"6\">Les tatouages st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s f\u00e9minins sont caract\u00e9ris\u00e9s par une petite taille avec des traits fins (Irwin, 2001, p.65). De plus, ils se situent sur des r\u00e9gions du corps qui peuvent facilement \u00eatre cach\u00e9e, telles que le bras, la cheville, la hanche, la poitrine ou le dos (DeMello, 1995, p.73; Swami, Furnham, 2007).<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on remarque que chez les femmes interrog\u00e9es le d\u00e9sir de r\u00e9sistance et de conformit\u00e9 sont coexistants<\/span><b>,<\/b><span style=\"font-weight: 400\"> d\u00e9pendamment du contexte d\u2019interaction dans lequel elles se situent. L\u2019\u00e9tude d\u2019Atkinson pr\u00e9sente un portrait nuanc\u00e9 de la pratique du tatouage chez les femmes et de ses significations, dans un contexte occidental<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">contemporain, puisque, m\u00eame si le tatouage se popularise, il peut \u00eatre stigmatisant. De plus, les femmes se tatouent parfois conform\u00e9ment aux normes de beaut\u00e9 f\u00e9minine, parfois elles se tatouent en r\u00e9action \u00e0 celles-ci et elles tentent de ce fait de les subvertir.\u00a0 (Atkinson, 2006\u2009; Pitts, 2003).\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Ces r\u00e9sultats illustrent le paradoxe entre le sentiment d\u2019<em>empowerment<\/em> provoqu\u00e9 par le fait de porter des tatouages et le fait de se conformer aux attentes normatives impos\u00e9es par divers contextes.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Dans un article intitul\u00e9 \u00ab\u2009<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Tattoo and the Self<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u2009\u00bb (Mun et al., 2012), les auteures s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la relation entre le tatouage et la modification de la perception de soi chez les femmes tatou\u00e9es. Cons\u00e9quemment, un changement de comportement qui accompagne la modification de la perception de soi (Mun et al., 2012, p.\u00a0135). Les auteures soutiennent que 30\u00a0% des participantes \u00e0 l\u2019\u00e9tude se disent \u00eatre plus confiantes depuis qu\u2019elles ont des tatouages (Mun et al., 2012 p.\u00a0143). Une participante \u00e9voque\u00a0: \u00ab\u2009I felt I was finally in a moment where I was in control of my life. I see myself as a more confident and autonomous person who exerts control over my own decision and behavior\u2009\u00bb (Mun et al., 2012, p.\u00a0143). Ce sentiment d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> \u00e9prouv\u00e9 chez les femmes tatou\u00e9es fait \u00e9cho aux conclusions d\u2019autres \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9demment expos\u00e9es (Le Breton, 2002\u2009; Pitts, 2003\u2009; Atkinson, 2002). Bien que 76\u00a0% des participantes soutiennent qu\u2019elles ne se soucient pas de la perception de leurs tatouages par les autres, les auteures mentionnent que le choix des v\u00eatements port\u00e9s s\u2019effectue selon le d\u00e9sir de cacher les tatouages ou, au contraire, les mettre en valeur, c\u2019est-\u00e0-dire de les rendre visibles (Mun et al., 2012, p.\u00a0143). Par exemple, le fait de se v\u00eatir diff\u00e9remment pour un entretien d\u2019embauche, ou lorsqu\u2019on se pr\u00e9sente devant sa famille qui d\u00e9sapprouve les tatouages (Mun et al., 2012, p.\u00a0144). <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Ces r\u00e9sultats illustrent le paradoxe entre le sentiment d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> provoqu\u00e9 par le fait de porter des tatouages et le fait de se conformer aux attentes normatives impos\u00e9es par divers contextes.<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En d\u00e9pit de la popularisation du tatouage, la perception sociale des femmes tatou\u00e9es et la r\u00e9ception cette pratique n\u2019est pas unanimement positive, m\u00eame chez les plus jeunes g\u00e9n\u00e9rations qui entretiennent une relation de proximit\u00e9 avec le tatouage (Musambira, Raymond, Hastings, 2016). Concernant sp\u00e9cifiquement les femmes tatou\u00e9es, elles sont jug\u00e9es plus s\u00e9v\u00e8rement que les hommes tatou\u00e9s selon diff\u00e9rents st\u00e9r\u00e9otypes, tel qu\u2019il sera ult\u00e9rieurement indiqu\u00e9 (Swami et Furhnam, 2007, p.349; Musambira, Raymond, Hastings, 2016, p.11; Armstrong, 1991; Hawkes et al., 2004). Ces analyses sont faites dans une d\u00e9marche quantitative. Les perceptions sont recueillies par sondages o\u00f9 les participant.e.s r\u00e9pondaient en inscrivant leurs perceptions sur des \u00e9chelles. En communication, l\u2019analyse des perceptions sociales des femmes tatou\u00e9es est men\u00e9e selon l\u2019objectif de comprendre le r\u00f4le des tatouages en communication et dans le processus de cat\u00e9gorisation ou de stigmatisation des individus (Musambira, Raymond, Hastings, 2016, p. 10). En psychologie, l\u2019objectif de l\u2019\u00e9tude de Swami et Furnham (2007) est de rendre compte de l\u2019influence des tatouages sur la perception des femmes quant \u00e0 leur attirance, la promiscuit\u00e9 sexuelle et leur consommation d\u2019alcool. Or, auparavant en psychologie, la pratique du tatouage \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une psychopathologie, puis comme simple forme d\u2019extraversion (Vail, 1999). La modification de l\u2019angle d\u2019analyse du tatouage dans ce champ semble significative d\u2019un point de vue de la normalisation de la pratique. Ces recherches (Musmabira, Raymond, Hastings, 2016\u2009; Swambi, Furhnam, 2007) nous informent sur les perceptions des femmes tatou\u00e9es et non tatou\u00e9es selon diff\u00e9rentes variables, et ce, dans un contexte pr\u00e9cis et selon une population d\u00e9termin\u00e9e. Elles illustrent notamment que le fait de porter des tatouages affecte la perception de la cr\u00e9dibilit\u00e9 des femmes, l\u2019attirance physique d\u00e9cro\u00eet en fonction du nombre de tatouages, tandis que la perception de la promiscuit\u00e9 sexuelle cro\u00eet en fonction du nombre de tatouages. Finalement, les \u00e9tudes illustrent que les femmes tatou\u00e9es sont per\u00e7ues plus n\u00e9gativement que les femmes non tatou\u00e9es. Or, il aurait \u00e9t\u00e9 pertinent d\u2019avoir des commentaires justificatifs des sond\u00e9.e.s sur leurs perceptions des femmes tatou\u00e9es, puisque cela aurait permis de comprendre les logiques qui sous-tendent lesdites perceptions. Avoir deux approches, soit quantitative et qualitative, aurait permis d\u2019obtenir des nuances sur les perceptions, ainsi que des conclusions compr\u00e9hensives et descriptives du ph\u00e9nom\u00e8ne. Par ailleurs, les \u00e9tudes n\u2019interrogent que trois variables des perceptions, et ce sans contexte, ce qui constitue une limite \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation des perceptions des femmes tatou\u00e9es. Finalement, une perspective f\u00e9ministe apport\u00e9e \u00e0 ces travaux aurait favoris\u00e9 une meilleure compr\u00e9hension du jugement social plus s\u00e9v\u00e8re envers les femmes tatou\u00e9es, comparativement \u00e0 celui port\u00e9 aux hommes tatou\u00e9s. En effet, cette diff\u00e9rence dans les perceptions est le r\u00e9sultat des rapports sociaux de sexes qui produisent les cat\u00e9gories sociales d\u2019hommes et de femmes et dont les membres doivent correspondre \u00e0 des normes de genre. En ce sens, il est possible de donner une piste d\u2019explication th\u00e9orique s\u2019articulant autour du fait que les femmes tatou\u00e9es semblent d\u00e9ranger les normes f\u00e9minines, et que cons\u00e9quemment, elles sont jug\u00e9es plus s\u00e9v\u00e8rement.\u00a0<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Une \u00e9tude canadienne en psychologie (Hawkes, et al., 2004) aborde \u00e9galement la perception des femmes tatou\u00e9es. Cette \u00e9tude soutient qu\u2019il y a une importante corr\u00e9lation entre le genre des participant.e.s, le fait qu\u2019ils ou elles soient tatou\u00e9es ou non tatou\u00e9es (et si oui, la taille de leurs tatouages) et les r\u00e9sultats obtenus. Dans ce cas, la perception des femmes tatou\u00e9es est analys\u00e9e selon deux facteurs (Hawkes, et al., 2004, p.\u00a0599). Le premier d\u2019entre eux est une \u00e9valuation g\u00e9n\u00e9rale incluant la perception de la f\u00e9minit\u00e9. On y retrouve des \u00e9l\u00e9ments dichotomiques tels que bon-mauvais, beau-laid, f\u00e9minin-masculin, gentil-cruel, etc. (Hawkes, et al., p.\u00a0597) Le deuxi\u00e8me facteur est bas\u00e9 sur la force et le comportement (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">activity<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">). On y retrouve les \u00e9l\u00e9ments suivants\u00a0: faible-fort, passif-actif, prudent-imprudent, etc. (Hawkes, et al., p.\u00a0597) De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les femmes tatou\u00e9es sont per\u00e7ues comme \u00e9tant plus puissantes (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">powerful<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">) et actives que les femmes non tatou\u00e9es. Telle que les deux \u00e9tudes am\u00e9ricaines pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9es, l\u2019\u00e9tude canadienne indique aussi que les femmes tatou\u00e9es sont jug\u00e9es plus n\u00e9gativement que les hommes tatou\u00e9s (Hawkes, et al., p.\u00a0595). Or, l\u2019\u00e9tude offre des \u00e9l\u00e9ments d\u2019explication de cette dissym\u00e9trie quant \u00e0 la perception des individus tatou\u00e9s, tel que le refus des femmes tatou\u00e9es de se conformer aux normes de genre (Hawkes, et al., p.\u00a0595). Les auteures soulignent \u00e9galement un lien entre le statut des femmes tatou\u00e9es et les mouvements f\u00e9ministes\u00a0:\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Backlash against women&rsquo;s movement since the 1980s (Faludi, 1991) may also explain people&rsquo;s negative attitudes towards women with tattoos [&#8230;] Consequently, men&rsquo;s negative reactions to tattoos on women may stem from their resistance towards women&rsquo;s rights. We therefore expected that support feminism and the women&rsquo;s movement would rather be related to attitudes toward women&rsquo;s tattoos, particularly male participants (Hawkes, et al., p.595).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Au contraire des deux \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes, cette recherche canadienne propose un lien int\u00e9ressant entre une attitude n\u00e9gative des hommes envers les femmes tatou\u00e9es et des positions de r\u00e9sistance par rapport aux luttes f\u00e9ministes. Cette explication se prolonge dans une forme de sexisme que soulignent les auteures par rapport \u00e0 la perception des individus tatou\u00e9.e.s, puisque les hommes ont tendance \u00e0 avoir une attitude plus n\u00e9gative que les femmes par rapport aux femmes tatou\u00e9es (Hawkes, et al., p.\u00a0602). Finalement, l\u2019\u00e9tude conclut que les femmes avec de grands tatouages visibles prennent des risques socialement (Hawkes, et al., p.\u00a0604).<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Au contraire, on soutient l\u2019hypoth\u00e8se que le tatouage renforce ou permet une forme d\u2019objectivation du corps des femmes malgr\u00e9 elles, puisque les corps s\u2019inscrivent dans un contexte social o\u00f9 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des rapports sociaux de sexe influence les relations sociales et o\u00f9 la classe sociale des hommes domine celle des femmes.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le st\u00e9r\u00e9otype selon lequel les femmes tatou\u00e9es ont une plus grande promiscuit\u00e9 sexuelle a une incidence sur le comportement des hommes envers les femmes tatou\u00e9es. Autrement dit, on remarque que les hommes ont un comportement diff\u00e9rent envers les femmes tatou\u00e9es, lorsque ceux-ci adh\u00e8rent au st\u00e9r\u00e9otype. Par ailleurs, une \u00e9tude men\u00e9e en France porte sp\u00e9cifiquement sur les comportements et les attitudes des hommes envers les femmes qui ont un tatouage (Gu\u00e9guen, 2013). L\u2019analyse comporte deux volets. Dans un premier temps, le chercheur s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la rapidit\u00e9 \u00e0 laquelle les hommes abordent les femmes au regard du fait que celles-ci poss\u00e8dent ou non un tatouage. Dans un deuxi\u00e8me temps, les hommes sont interrog\u00e9s sur la probabilit\u00e9 qu\u2019ils ont d\u2019avoir un rendez-vous amoureux avec ces femmes, \u00e0 la simple vue de celles-ci, ainsi que la probabilit\u00e9 d\u2019avoir une relation sexuelle avec elles lors de ce premier rendez-vous. L\u2019exp\u00e9rience de terrain met en sc\u00e8ne une femme seule \u00e0 la plage, lisant un livre, couch\u00e9e sur le ventre. Les femmes participantes portent ou non un tatouage temporaire au bas du dos. Les conclusions de l\u2019\u00e9tude montrent que les hommes abordent davantage les femmes lorsqu\u2019elles ont un tatouage et qu\u2019ils le font de mani\u00e8re plus rapide que lorsqu\u2019elles n\u2019en ont pas. De plus, les hommes interrog\u00e9s jugent qu\u2019il est plus probable d\u2019avoir un rendez-vous amoureux avec les participantes qui ont un tatouage qu\u2019avec celles qui n\u2019en ont pas, et qu\u2019il y a une plus grande probabilit\u00e9 qu\u2019ils aient une relation sexuelle avec elles lors de ce premier rendez-vous. Cette \u00e9tude renforce la conclusion de l\u2019\u00e9tude de Swami et Furnham (2007) soutenant que la perception de la promiscuit\u00e9 sexuelle des femmes augmente en fonction du nombre de tatouage. En ce sens, on peut soutenir que ce st\u00e9r\u00e9otype influence le comportement et l\u2019attitude des hommes envers les femmes tatou\u00e9es.<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">Il semble possible de souligner la limite de la r\u00e9appropriation des corps des femmes par le tatouage, ainsi que l\u2019id\u00e9e paradoxale selon laquelle par le tatouage le corps n\u2019est plus objectiv\u00e9. <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Au contraire, on soutient l\u2019hypoth\u00e8se que le tatouage renforce ou permet une forme d\u2019objectivation du corps des femmes malgr\u00e9 elles, puisque les corps s\u2019inscrivent dans un contexte social o\u00f9 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des rapports sociaux de sexe influence les relations sociales et o\u00f9 la classe sociale des hommes domine celle des femmes.<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment expos\u00e9, une seconde hypoth\u00e8se, peut \u00eatre soumise : les tatouages chez les femmes accentuent leurs visibilit\u00e9s dans les lieux publics. Selon les conclusions des \u00e9tudes portant sur leurs perceptions sociales, notamment \u00e0 ce qui a trait au st\u00e9r\u00e9otype de la plus grande promiscuit\u00e9 sexuelle chez les femmes tatou\u00e9es, elles seront probablement<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">sujettes \u00e0 des formes de harc\u00e8lement sp\u00e9cifique \u00e0 leurs tatouages et leurs corps. Par exemple, l\u2019apparition du terme <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">tattcalling <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">qui renvoie au <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">catcalling<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"><sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"7\" data-mfn-post-scope=\"0000000014826b9b000000002130718d_14861\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-7\">7<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000014826b9b000000002130718d_14861-7\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"7\">On d\u00e9finit le catcalling comme \u00e9tant <em>\u00ab\u2009the \u00a0\u00bbuse of crude langage, verbal expressions, and nonverbal expression that takes places in public areas such as street, sidewalks, or bus stops.\u00a0\u00bb\u2009\u00bb<\/em> (Chhun, 2011, p. 276, cit\u00e9 dans O\u2019Leary, 2016, p. 32). Il faut ajouter que <em>\u00ab\u2009another element of cat calling is that of forced of communication in which a catcaller symbolically forces himself into a woman&rsquo;s space by means of verbal expression\u2009\u00bb<\/em> (<em>Ibid<\/em>., p.277, cit\u00e9 dans O&rsquo;Leary, 2016, p.33).<\/span><\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">, <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">mais dont les commentaires sont ax\u00e9s sur le ou les tatouages des femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour conclure, au regard de l\u2019historique de la pratique du tatouage, il a \u00e9t\u00e9 possible de constater la complexit\u00e9 des significations sociales de la pratique qui se sont s\u00e9diment\u00e9es dans la conscience collective, puisqu\u2019\u00e0 une certaine \u00e9poque le tatouage traversait d\u00e9j\u00e0 les classes sociales, \u00e9tant pratiqu\u00e9 \u00e0 la fois par les classes dirigeantes et dominantes et les classes populaires. Cette ambivalence de la marginalit\u00e9 historique de la pratique du tatouage est encore aujourd\u2019hui une r\u00e9alit\u00e9, car le tatouage, en d\u00e9pit de sa popularit\u00e9 grandissante, engendre encore des formes de stigmatisation. De plus, il a \u00e9t\u00e9 possible de remarquer qu\u2019il existe un paradoxe au sein des femmes tatou\u00e9es, entre le sentiment d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">empowerment<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> et de r\u00e9sistance et celui de conformit\u00e9 aux attentes normatives. Par exemple, les contextes peuvent inciter les femmes \u00e0 se v\u00eatir dans le but de cacher leurs tatouages, ou encore de correspondre aux normes de f\u00e9minit\u00e9 en poss\u00e9dant des tatouages aux traits fins et petits. En ce sens, on illustre d\u2019une certaine fa\u00e7on la limite du pouvoir de r\u00e9sistance des corps tatou\u00e9s. Bien que ceux-ci dans plusieurs contextes offrent la possibilit\u00e9 de revendiquer une identit\u00e9 diff\u00e9rente et de transgresser les normes de beaut\u00e9 f\u00e9minine, mat\u00e9riellement les corps sont soumis \u00e0 des normes sociales qui diff\u00e8rent selon les situations et que ces corps s\u2019adaptent ou non \u00e0 celles-ci. Il faut rappeler \u00e9galement l\u2019incidence des rapports sociaux de sexe in\u00e9gaux sur les conditions mat\u00e9rielles d\u2019existence de la classe sociale des femmes et des enjeux qui y sont reli\u00e9s, comme illustr\u00e9 par les hypoth\u00e8ses pr\u00e9c\u00e9demment propos\u00e9es. Il serait pertinent, lors de recherches futures, de poursuivre cette r\u00e9flexion en y ajoutant une analyse de la repr\u00e9sentation sexualis\u00e9e des femmes tatou\u00e9es dans les m\u00e9dias, par exemple dans les revues portant sur le tatouage, les \u00e9missions t\u00e9l\u00e9visuelles ou dans la pornographie, afin de comprendre davantage la limite de l\u2019\u00e9mancipation des femmes par le tatouage.<\/span><\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne du tatouage suscite beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat dans plusieurs disciplines, autant dans les domaines de la sant\u00e9 que dans les sciences humaines et sociales. Ce th\u00e8me incite \u00e0 des r\u00e9flexions s\u2019articulant autour des corps et du social dans un contexte socioculturel o\u00f9 l\u2019on cherche \u00e0 se distinguer individuellement. 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