{"id":14680,"date":"2020-11-18T20:38:00","date_gmt":"2020-11-18T20:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/?post_type=articles&#038;p=14680"},"modified":"2024-11-10T00:37:41","modified_gmt":"2024-11-10T00:37:41","slug":"devenir-feministe","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/","title":{"rendered":"Devenir f\u00e9ministe"},"content":{"rendered":"\n<p>Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a d\u00e9j\u00e0 huit ans, j\u2019ai mis un enfant au monde, affirmant ainsi mon besoin de concevoir des lendemains lumineux malgr\u00e9 les futurs noirs qui se dessinent. Puis, je suis devenue f\u00e9ministe. Comprendre comment les in\u00e9galit\u00e9s de genre avaient affect\u00e9 ma vie et tenter de penser autrement m\u2019a permis d\u2019avoir un socle \u00e0 partir duquel consid\u00e9rer l\u2019avenir. Un horizon se d\u00e9gage, qui n\u2019est pas plus serein, mais qui donne un sens et ouvre d\u2019autres possibles \u00e0 mes gestes quotidiens, \u00e0 mon amour, \u00e0 ma \u2014 \u00e0 notre \u2014 lutte contre les changements climatiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si je dois me projeter vers l\u2019avant dans ce monde qui m\u2019inqui\u00e8te, c\u2019est comme f\u00e9ministe que je veux le faire. Et pour prendre mon \u00e9lan, j\u2019essaie parfois de regarder derri\u00e8re, juste un peu, comme le ferait un.e athl\u00e8te du saut en longueur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Je repense au moment o\u00f9 j\u2019ai appris \u00e0 devenir f\u00e9ministe, \u00e0 m\u2019affirmer plus clairement comme telle. J\u2019avais la mi-trentaine. C\u2019\u00e9tait un bel apr\u00e8s-midi de mai pass\u00e9 dans un parc, au beau milieu de mon cong\u00e9 de maternit\u00e9. Je lisais<em> Une chambre \u00e0 soi<\/em> de Virginia Woolf pendant que mon b\u00e9b\u00e9 dormait dans sa poussette. C\u2019est l\u00e0, gr\u00e2ce \u00e0 cette lecture, que je suis devenue f\u00e9ministe, quand j\u2019ai compris pourquoi je n\u2019\u00e9crivais pas encore, \u00e0 trente-cinq ans, malgr\u00e9 tout le d\u00e9sir que j\u2019en avais. Toutes les mauvaises raisons pour lesquelles je n\u2019avais pas cru en ce r\u00eave, \u00e9crire, je les voyais dans ce texte de Woolf. En m\u00eame temps, les raisons de me donner d\u00e9sormais comme devoir et comme engagement, envers moi-m\u00eame et mon enfant, d\u2019\u00e9crire, \u00e9crire enfin, devenaient \u00e9videntes. J\u2019ai voulu r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019invitation de Virginia Woolf et commencer \u00e0 dire le monde de mon point de vue de femme, pour ne plus laisser aux hommes le soin (mais, peut-on vraiment ici parler de soin\u2009?) de me \u2014 de nous \u2014 d\u00e9finir, de dicter mon \u2014 notre \u2014&nbsp; r\u00f4le. Je souhaitais arr\u00eater d\u2019\u00e9couter cette voix en moi qui, malgr\u00e9 toutes mes r\u00e9ussites, me disait b\u00eatement que je n\u2019\u00e9tais pas encore assez bonne, que je ne connaissais rien et n\u2019avais rien \u00e0 dire. J\u2019avais pris l\u2019habitude de vivre avec le sentiment que j\u2019allais \u00e9chouer. Je ne m\u2019\u00e9tais jamais prise au s\u00e9rieux et j\u2019avan\u00e7ais dans la vie avec la certitude que je n\u2019\u00e9tais pas et ne pourrais jamais \u00eatre, \u00e0 cause de mon corps et de tous les soucis qu\u2019il me causait, une grande \u00e9crivaine, ni non plus \u2014 et par cons\u00e9quent \u2014 une \u00e9crivaine tout court.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai appris \u00e0 devenir f\u00e9ministe en essayant de m\u2019exprimer par l\u2019\u00e9criture, en devenant autrice, en lisant et en m\u2019inspirant de la pens\u00e9e et des mots d\u2019autres \u00e9crivaines. C\u2019est ainsi que j\u2019ai aussi r\u00e9alis\u00e9, jour apr\u00e8s jour, un autre r\u00eave, celui de devenir m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Mon f\u00e9minisme s\u2019est affermi depuis, mais je ne me sens pas toujours adroite pour expliquer ou pour exposer comment je ressens le monde ainsi. Je ne trouve pas toujours les bons mots pour dire comment je crois, fondamentalement, que penser le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent \u00e0 partir des in\u00e9galit\u00e9s de genre et que travailler \u00e0 un futur \u00e9galitaire peut r\u00e9volutionner pour le meilleur notre fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, de comprendre et de fa\u00e7onner le monde. Je me sens maladroite, parce que l\u2019\u00e9motion m\u2019\u00e9treint souvent. Mes r\u00e9flexions sont empreintes du regard que je porte sur l\u2019Histoire et l\u2019actualit\u00e9, o\u00f9 sans cesse quelque chose nous apprend \u00e0 voir dispara\u00eetre les femmes, le spectacle de la violence d\u2019un syst\u00e8me qui les assujettit et les invisibilise s\u2019y manifestant sous toutes ses formes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Je suis une pleureuse, je ne suis pas une guerri\u00e8re. Je voudrais pouvoir gueuler, exprimer haut et fort, avec ma voix et tout mon corps, ma tristesse et ma rage, mais je ne sais qu\u2019\u00e9crire et, souvent, j\u2019\u00e9cris en pleurant.&nbsp;<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Je suis une pleureuse, je ne suis pas une guerri\u00e8re. Je voudrais pouvoir gueuler, exprimer haut et fort, avec ma voix et tout mon corps, ma tristesse et ma rage, mais je ne sais qu\u2019\u00e9crire et, souvent, j\u2019\u00e9cris en pleurant. J\u2019imagine que c\u2019est la forme que je dois donner \u00e0 ma lutte, et l\u2019accepter ainsi. L\u2019\u00e9motion qui m\u2019\u00e9touffe r\u00e9guli\u00e8rement m\u2019am\u00e8ne \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer me taire, mais j\u2019aime \u00e9couter les gens et leurs histoires. J\u2019ai, du f\u00e9minisme, une conception bas\u00e9e sur la bienveillance, le soin, l\u2019\u00e9coute et le dialogue, permettant que le point de vue de tou.te.s soit entendu. Chacun.e doit pouvoir contribuer \u00e0 construire et \u00e0 changer le monde de telle sorte que l\u2019on soit, ensemble, moins vuln\u00e9rables.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 toute ma bienveillance et mon ouverture, j\u2019ai appris \u00e0 \u00eatre d\u00e9\u00e7ue du monde. Le f\u00e9minisme rend tr\u00e8s certainement rabat-joie, comme l\u2019exprime si bien Sara Ahmed (2010) et Erin Wunker (2018), \u00e0 sa suite. Ce sentiment de d\u00e9ception est si fr\u00e9quent qu\u2019il devient parfois lourd \u00e0 porter. Je suis souvent prise entre ce d\u00e9senchantement, cette lassitude, cette pesanteur, et l\u2019\u00e9motion douce, enthousiaste et pleine d\u2019espoir que cr\u00e9e en moi une vision f\u00e9ministe du monde. \u00c9couter des films avec mon gar\u00e7on de huit ans peut sembler, \u00e0 premi\u00e8re vue, une activit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re qui ne porte pas trop \u00e0 cons\u00e9quence, mais je crois que c\u2019est durant ces moments que j\u2019atteins, de mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te, l\u2019un ou l\u2019autre de ces deux p\u00f4les \u00e9motionnels. Combien de fois ai-je \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7ue des films qu\u2019on propose aux enfants\u2009? Je ne vois plus que des reproductions incessantes de <em>boys\u2019 club, <\/em>ces clans d\u2019amis masculins dont le h\u00e9ros, toujours un gar\u00e7on, doit sauver le monde. Bien qu\u2019il soit parfois appuy\u00e9 par une fille, celle-ci se trouve fr\u00e9quemment et malheureusement r\u00e9duite au r\u00f4le tr\u00e8s secondaire de <em>schtroumpfette<\/em>, dont la qualit\u00e9 premi\u00e8re est d\u2019\u00eatre belle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Je suis souvent prise entre ce d\u00e9senchantement, cette lassitude, cette pesanteur, et l&rsquo;\u00e9motion douce, enthousiaste et pleine d&rsquo;espoir que cr\u00e9e en moi une vision f\u00e9ministe du monde.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Mes plus grandes d\u00e9ceptions se produisent quand je veux faire conna\u00eetre \u00e0 mon enfant les films grand public qui m\u2019ont enthousiasm\u00e9e quand j\u2019\u00e9tais plus jeune et qui sont consid\u00e9r\u00e9s aujourd\u2019hui comme des classiques du cin\u00e9ma. Derni\u00e8rement, r\u00e9\u00e9couter <em>Retour vers le futur<\/em> et sa suite, ces films des ann\u00e9es&nbsp;1980 que j\u2019ai visionn\u00e9s si souvent durant mon enfance, a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable choc. Le peu de cas que l\u2019on fait du personnage de Jennifer, la copine de Marty, m\u2019a choqu\u00e9e. Voil\u00e0 un personnage f\u00e9minin sans voix, qui n\u2019a pour fonction que d\u2019\u00eatre la jolie petite amie <em>de<\/em> et qui est r\u00e9duite, pendant \u00e0 peu pr\u00e8s tout le deuxi\u00e8me film, \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019une belle endormie. Et je me suis presque mise \u00e0 pleurer devant une sc\u00e8ne importante du premier film, un moment du sc\u00e9nario qui permet aux n\u0153uds de l\u2019intrigue de se d\u00e9nouer. Cette s\u00e9quence se pr\u00e9sente, d\u2019abord, comme un mauvais plan sur lequel s\u2019entendent Marty, le personnage principal du film accidentellement en \u00ab\u2009voyage\u2009\u00bb dans le pass\u00e9, et son p\u00e8re, adolescent. Pour permettre \u00e0 ce dernier de s\u00e9duire Lorraine, la jeune m\u00e8re du h\u00e9ros, en venant la \u00ab\u2009sauver\u2009\u00bb, le visiteur du futur doit d\u00e9montrer des mani\u00e8res trop entreprenantes envers elle et faire semblant de la forcer \u00e0 l\u2019embrasser. Le plan ne fonctionne pas et la sc\u00e8ne finit par \u00eatre une v\u00e9ritable tentative de viol de la part de Biff, le personnage antagoniste, une brute que tout le monde craint.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En voyant cela, mon fils m\u2019a demand\u00e9 ce qui se passait, parce qu\u2019il ne comprenait pas. Je n\u2019ai pas trouv\u00e9 les mots pour lui expliquer. Je me suis demand\u00e9 ce que j\u2019avais absorb\u00e9 de cette sc\u00e8ne, plus jeune, ce que j\u2019en avais compris. Je ne me souviens pas avoir \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement boulevers\u00e9e. Quand j\u2019essaie de m\u2019imaginer \u00e0 neuf, douze ou dix-sept ans, je me vois presque impassible devant cette sc\u00e8ne. Pourtant, ce qu\u2019on y lit est r\u00e9voltant. On peut le r\u00e9sumer ainsi : les mauvaises mani\u00e8res des rustres, pr\u00e9sent\u00e9es de mani\u00e8re caricaturale, sont toujours bien hilarantes, jamais graves. Et puis, il est bien permis de rire d\u2019une tentative de viol, n\u2019est-ce pas, surtout si un homme juste, m\u00eame un peu idiot et maladroit, se trouve l\u00e0 pour secourir la pauvre femme de mani\u00e8re h\u00e9ro\u00efque\u2009? Ce film et ses strat\u00e9gies narratives me d\u00e9priment maintenant, et m\u2019enragent. Et je dois apprendre \u00e0 vivre avec la d\u00e9ception et la honte d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 longtemps aveugle \u00e0 ce qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par les hommes a pu m\u2019amener \u00e0 croire et \u00e0 penser.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis toutefois consciente et heureuse de constater que les choses changent. Je dois avouer avoir encore pleur\u00e9, de ravissement cette fois, presque tout le long de la <em>Reine des neiges&nbsp;2<\/em>. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments m\u2019ont enthousiasm\u00e9e et profond\u00e9ment \u00e9mue : la saine sororit\u00e9 qui lie les deux personnages principaux, leurs forces et leurs fragilit\u00e9s qui les guident, l\u2019aide qu\u2019elles re\u00e7oivent de leurs ami.e.s pour sauver leur monde du mauvais sort qui le menace, la mise en lumi\u00e8re de l\u2019injustice des actions pos\u00e9es par leur grand-p\u00e8re et la d\u00e9couverte de leurs origines autochtones. Je ne fais pas toujours de si mauvais choix quand il s\u2019agit de partager avec mon enfant un moment de cin\u00e9ma\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais me projeter dans le futur comme je voudrais entrer et me loger dans la maison de Jo March, qui est au c\u0153ur de cet autre film qui m\u2019a \u00e9mue, <em>Little Women<\/em>, dans la reprise r\u00e9alis\u00e9e par Greta Gerwig en 2019. Cette demeure n\u2019est ni trop grande ni trop petite, juste ce qu\u2019elle doit \u00eatre pour contenir la vie, l\u2019\u00e9nergie, les rires, les r\u00eaves, les crises et la tristesse d\u2019un groupe de filles qui grandissent. Des gens les entourent : des hommes, des femmes, des enfants, d\u2019autres familles. Leur foyer, qui finit par s\u2019agrandir pour devenir une \u00e9cole, est grand ouvert \u00e0 toute cette petite soci\u00e9t\u00e9. Dans l\u2019enthousiasme, la cr\u00e9ativit\u00e9 et la bienveillance, les <em>little women<\/em> s\u2019amusent, \u00e9tudient, se d\u00e9couvrent, prennent soin les unes des autres et s\u2019impliquent dans leur communaut\u00e9. Quand l\u2019une d\u2019entre elles meurt, trop jeune, un livre finit par s\u2019\u00e9crire, \u00e0 sa m\u00e9moire. La premi\u00e8re grande \u0153uvre de Jo March, l\u2019\u00e9crivaine de la famille, se r\u00e9alise ainsi dans la tristesse et l\u2019amour. Malgr\u00e9 leur deuil, peut-\u00eatre m\u00eame port\u00e9es par lui, les filles et leur m\u00e8re continueront chacune \u00e0 transformer ce qu\u2019elles peuvent du milieu qui est le leur. C\u2019est la joie et l\u2019\u00e9nergie qu\u2019on retient de ce film, un regard port\u00e9 vers l\u2019avant qui donne envie de se d\u00e9vouer et de travailler, toujours, encore et malgr\u00e9 les phases de d\u00e9sespoir, \u00e0 cr\u00e9er exactement le monde dans lequel on souhaite vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais me projeter dans le futur avec la m\u00eame joie et le m\u00eame s\u00e9rieux que Jo March qui attend la sortie des presses de son premier livre. Force m\u2019est de constater, toutefois, que la plupart du temps, c\u2019est avec un regard empreint de peur que j\u2019envisage le futur. Je d\u00e9sirerais m\u2019installer dans la maison-\u00e9cole de Jo March, mais la v\u00e9rit\u00e9 est que je crains plut\u00f4t d\u2019\u00e9chouer au c\u0153ur de Gilead, dans une maison voisine de celle o\u00f9 est retenu prisonnier le personnage de June dans <em>La servante \u00e9carlate<\/em>. Ou encore, de finir dans les horribles colonies de cette Am\u00e9rique dystopique, \u00e0 nettoyer des terres contamin\u00e9es. Je redoute que les choix des enfants du futur soient un jour r\u00e9duits \u00e0 ceux que leur imposera la tyrannie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Le plus grand malheur serait que les cons\u00e9quences dramatiques des changements climatiques et environnementaux emp\u00eachent d\u2019atteindre pleinement l\u2019\u00e9galit\u00e9 et qu\u2019il soit pour toujours impossible, en parlant des humain.e.s, de raconter autre chose qu\u2019un r\u00e9cit de l\u2019injustice.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Je croyais au d\u00e9part que ma crainte des cons\u00e9quences ultimes de la crise \u00e9cologique serait celle de la fin du monde. Mais, en pensant les bouleversements environnementaux \u00e0 la lumi\u00e8re du f\u00e9minisme, mes angoisses se sont transform\u00e9es. Ce qui me cause le plus d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 est maintenant d\u2019imaginer les moyens que les privil\u00e9gi\u00e9.e.s trouveront pour maintenir leurs avantages. Quelles sauvageries d\u00e9ploieront les d\u00e9fenseur.e.s d\u2019une conception mercantile du monde, qui leur est si profitable et qui nous dirige tou.te.s droit vers la catastrophe\u2009? Quelles violences ces gens qui ont de grands moyens financiers mettront en action pour prot\u00e9ger de fa\u00e7on toujours plus efficace ce qui leur permet de conserver leurs pouvoirs, dans un monde o\u00f9 les conditions de la vie deviendront pr\u00e9caires pour tou.te.s\u2009? Cette f\u00e9rocit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 bien visible dans la fermeture des fronti\u00e8res aux migrants, dans la construction des murs entre les pays et dans la course toujours plus grande \u00e0 l\u2019armement.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai peur que les possibles, qu\u2019on pourrait croire infinis, se mettent \u00e0 diminuer drastiquement pour tout le monde, particuli\u00e8rement pour les femmes. Et j\u2019ai peur que ces possibles diminuant, le grand r\u00eave f\u00e9ministe se termine, que l\u2019horizon se referme et que les luttes cessent de fa\u00e7on brutale, avant m\u00eame que les fins ne soient atteintes.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles fins nous attendent\u2009? Il va de soi, il me semble, que les \u00eatres humains n\u2019ont pas connu, jusqu\u2019\u00e0 maintenant, une Histoire tr\u00e8s heureuse. Nous entra\u00eenons de surcro\u00eet dans notre violence mortif\u00e8re le sort de milliers d\u2019esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales. Le f\u00e9minisme serait un moyen de renverser la vapeur, de donner sa chance \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 pour que les temps \u00e0 venir, surtout s\u2019ils doivent \u00eatre les derniers, soient plus doux que ceux pass\u00e9s. Le plus grand malheur serait que les cons\u00e9quences dramatiques des changements climatiques et environnementaux emp\u00eachent d\u2019atteindre pleinement l\u2019\u00e9galit\u00e9 et qu\u2019il soit pour toujours impossible, en parlant des humain.e.s, de raconter autre chose qu\u2019un r\u00e9cit de l\u2019injustice.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a d\u00e9j\u00e0 huit ans, j\u2019ai mis un enfant au monde, affirmant ainsi mon besoin de concevoir des lendemains lumineux malgr\u00e9 les futurs noirs qui se dessinent. Puis, je suis [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":true,"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":""},"tags":[171,168,169,194,187,170],"numeros":[67],"ppma_author":[476],"class_list":["post-14680","articles","type-articles","status-publish","hentry","tag-crise-ecologique","tag-ecoanxiete","tag-productions-culturelles","tag-reflexion-et-essai","tag-temoignage","tag-transmission","numeros-vol-23-no-1-futurs-et-projections"],"acf":{"sections":{"section":"Pour un futur plus inclusif"},"bibliographie":"<span style=\"font-weight: 400\">Ahmed,\u00a0Sara. 2010. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">The Promise of Happiness<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Durham, NC : Duke University Press, 315 p.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Atwood, Margaret. 2005.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La servante \u00e9carlate<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. (Sylviane Ru\u00e9, trad.) Paris : J\u2019ai lu, 1987, 345 p.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Buck, Chris et Lee, Jennifer. 2019. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La Reine des neiges\u00a02\/ Frozen 2<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> [Film d\u2019animation]. France, \u00c9tats-Unis : The Walt Disney Company France, Walt\u00a0Disney Pictures, 103 min.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Delvaux, Martine. 2019.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le boys\u2019 club<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al : Remue-m\u00e9nage, 224 p.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Gerwig, Greta. 2019. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Little Women<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> [Film]. \u00c9tats-Unis : Columbia Pictures, Regency Enterprises, Pascal Pictures, 135 min.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Woolf, Virginia. 2010. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Une chambre \u00e0 soi<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. (Clara Malraux, trad.) Paris : 10-18, 1997, 171 p.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Wunker, Erin. 2018.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Carnets d\u2019une f\u00e9ministe rabat-joie\u00a0: essais sur la vie quotidienne<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. (Madeleine Stratford, trad.). Montr\u00e9al : Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, coll. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Vigilantes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 212 p.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Zemeckis, Robert. 2009. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Retour vers le futur\/ Back to the future<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0[DVD]. Toronto :\u00a0Universal Studios Canada, 1985, 116 min.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">_________________. 2009.<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0Retour vers le futur II\/ Back to the future II<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">[DVD]. Willowdale, Ont.\u00a0:\u00a0Universal Studios Canada, 1989, 108 min.<\/span>","hyperliens":null,"order":15},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_CA\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Revue F\u00e9min\u00c9tudes\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-11-10T00:37:41+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/04\/Logo-carre-NONOFFICIEL.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"360\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"360\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Estimation du temps de lecture\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"11 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/\",\"url\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/\",\"name\":\"Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/#website\"},\"datePublished\":\"2020-11-18T20:38:00+00:00\",\"dateModified\":\"2024-11-10T00:37:41+00:00\",\"description\":\"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-CA\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"UQAM\",\"item\":\"https:\/\/uqam.ca\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Revue F\u00e9min\u00c9tudes\",\"item\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Articles\",\"item\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":4,\"name\":\"Devenir f\u00e9ministe\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/#website\",\"url\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/\",\"name\":\"Mod\u00e8le revue\",\"description\":\"\",\"alternateName\":\"Mod\u00e8le revue UQAM\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/recherche\/?q={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-CA\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes","description":"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/","og_locale":"fr_CA","og_type":"article","og_title":"Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes","og_description":"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a","og_url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/","og_site_name":"Revue F\u00e9min\u00c9tudes","article_modified_time":"2024-11-10T00:37:41+00:00","og_image":[{"width":360,"height":360,"url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2024\/04\/Logo-carre-NONOFFICIEL.png","type":"image\/png"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Estimation du temps de lecture":"11 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/","url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/","name":"Devenir f\u00e9ministe | Revue F\u00e9min\u00c9tudes","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/#website"},"datePublished":"2020-11-18T20:38:00+00:00","dateModified":"2024-11-10T00:37:41+00:00","description":"Je ne peux pas penser au futur sans avoir en t\u00eate la crise \u00e9cologique. Anticiper les cons\u00e9quences de cette catastrophe est une v\u00e9ritable hantise. Il y a","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-CA","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/devenir-feministe\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"UQAM","item":"https:\/\/uqam.ca"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Revue F\u00e9min\u00c9tudes","item":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Articles","item":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/"},{"@type":"ListItem","position":4,"name":"Devenir f\u00e9ministe"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/#website","url":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/","name":"Mod\u00e8le revue","description":"","alternateName":"Mod\u00e8le revue UQAM","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/recherche\/?q={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-CA"}]}},"featured_img":false,"coauthors":[{"link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/author\/esther-laforce\/","display_name":"Esther Laforce"}],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/author\/laporte_jon\/","display_name":"Jonathan Laporte"},"relative_dates":{"created":"Posted 5 ann\u00e9es ago","modified":"Updated 2 ann\u00e9es ago"},"absolute_dates":{"created":"Posted on 2020-11-18","modified":"Updated on 2024-11-10"},"absolute_dates_time":{"created":"Posted on 2020-11-18 20 h 38 min","modified":"Updated on 2024-11-10 0 h 37 min"},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"post_tag":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/crise-ecologique\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">crise \u00e9cologique<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/ecoanxiete\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9coanxi\u00e9t\u00e9<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/productions-culturelles\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">productions culturelles<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/reflexion-et-essai\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">r\u00e9flexion et essai<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/temoignage\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">t\u00e9moignage<\/a>","<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/tag\/transmission\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">transmission<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">crise \u00e9cologique<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">\u00e9coanxi\u00e9t\u00e9<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">productions culturelles<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">r\u00e9flexion et essai<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">t\u00e9moignage<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">transmission<\/span>"],"slug":"post_tag","name":"\u00c9tiquettes"},"numeros":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/numeros\/vol-23-no-1-futurs-et-projections\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Vol. 23 no. 1 \u2013 \u00ab Futurs et projections \u00bb<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Vol. 23 no. 1 \u2013 \u00ab Futurs et projections \u00bb<\/span>"],"slug":"numeros","name":"Num\u00e9ros"},"author":{"linked":["<a href=\"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/author\/esther-laforce\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Esther Laforce<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Esther Laforce<\/span>"],"slug":"author","name":"Authors"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/articles\/14680","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/articles"}],"about":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/articles"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14680"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14680"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=14680"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=14680"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}