{"id":14624,"date":"2020-11-18T15:13:00","date_gmt":"2020-11-18T15:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/?post_type=articles&#038;p=14624"},"modified":"2024-11-10T00:34:14","modified_gmt":"2024-11-10T00:34:14","slug":"lecriture-des-femmes-dans-la-litterature-de-science-fiction-au-quebec-le-silence-de-la-cite-delisabeth-vonarburg","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/revues.uqam.ca\/feminetudes\/articles\/lecriture-des-femmes-dans-la-litterature-de-science-fiction-au-quebec-le-silence-de-la-cite-delisabeth-vonarburg\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9criture des femmes dans la litt\u00e9rature de science-fiction au Qu\u00e9bec : <em>Le Silence de la Cit\u00e9<\/em> d\u2019\u00c9lisabeth Vonarburg"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>C\u2019est \u00e0 nous, f\u00e9ministes d\u2019aujourd\u2019hui, que les femmes de demain seront en droit de demander des comptes, si nous laissons une deuxi\u00e8me fois en cent ans le f\u00e9minisme s\u2019enliser dans les sables, si, ayant nous-m\u00eame profit\u00e9 \u2013 et p\u00e2ti \u2013 de l\u2019histoire et de son mouvement, nous ne faisons pas tout ce qui est en notre pouvoir pour qu\u2019elles n\u2019aient pas, en 2030 ou en 3017, \u00e0 repartir de nouveau \u00e0 z\u00e9ro.&nbsp;<\/p>\n<cite>Christine Delphy, <em>Questions F\u00e9ministes<\/em>, 1980<\/cite><\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">En octobre 2019, le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Business Insider<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> titrait que Abhijit Barnerjee, un professeur indien-am\u00e9ricain du <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Massachusetts Institute of<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">Technology,<\/span> <i><span style=\"font-weight: 400\">et sa femme <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Esther Duflo<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">\u00e9taient r\u00e9cipiendaires du prix Nobel d\u2019\u00e9conomie<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\"> Nous soulignons et nous traduisons. Le Business Insider India titrait : \u201c<em>Indian-American MIT Prof Abhijit Banerjee and wife Esther Duflo win Nobel prize in Economics<\/em>\u201d.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">. Il n\u2019a pas fallu beaucoup de temps avant que l\u2019indignation ne soul\u00e8ve les r\u00e9seaux sociaux\u00a0: en effet, cet intitul\u00e9 r\u00e9v\u00e9lait encore une fois l\u2019asym\u00e9trie professionnelle entre les genres. Toutefois, il reste que le vieux r\u00e9flexe persiste \u2013 celui de ne pas nommer les femmes innovantes ou d\u2019assimiler leurs comp\u00e9tences \u00e0 celles de leur conjoint. Cet article part d\u2019une intention, celle de rendre visible l\u2019\u00e9criture des femmes dans l\u2019histoire de la culture et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en ce qui concerne la science-fiction, \u00ab\u00a0un genre litt\u00e9raire non traditionnel pour les femmes \u00bb (Lise Lachance, 1998, p. 10). Pour le dire avec les mots de Louky Bersianik\u00a0: \u00ab\u00a0on ne peut pas refaire l&rsquo;histoire, mais on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de se demander o\u00f9 en serait le monde s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 fait aussi par les femmes\u00a0\u00bb (1994, p. 467). Selon moi, s\u2019il est une figure importante pour l\u2019\u00e9criture des femmes et des litt\u00e9ratures de l\u2019imaginaire au Qu\u00e9bec, c\u2019est \u00c9lisabeth Vonarburg (bien qu\u2019elle ne soit pas la seule). Aussi, je m\u2019int\u00e9resserai \u00e0 son premier roman, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9,<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> paru aux \u00e9ditions Deno\u00ebl en 1981. J\u2019entreprendrai de d\u00e9montrer que cette publication est un \u00e9v\u00e9nement litt\u00e9raire marquant puisqu\u2019il fait \u00e9cho au discours social de son \u00e9poque tout en \u00e9rigeant son autrice comme mod\u00e8le dans une lign\u00e9e o\u00f9 les femmes ont souvent \u00e9t\u00e9 invisibilis\u00e9es, la litt\u00e9rature de science-fiction.<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Cet article part d&rsquo;une intention, celle de rendre visible l&rsquo;\u00e9criture des femmes dans l&rsquo;histoire de la culture et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en ce qui concerne la science fiction, \u00ab un genre litt\u00e9raire non traditionnel pour les femmes \u00bb.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Selon la professeure Christine Plant\u00e9, \u00ab\u00a0\u00e9tudier la place des femmes dans l\u2019histoire demande (au moins) deux types d\u2019interrogation\u00a0: le premier porte sur le r\u00f4le qu\u2019elles ont jou\u00e9 dans la production et l\u2019institution litt\u00e9raires dans une p\u00e9riode donn\u00e9e, le deuxi\u00e8me concerne l\u2019importance que leur accordent, apr\u00e8s coup, les \u00e9tudes et les r\u00e9cits de cette m\u00eame p\u00e9riode\u00a0\u00bb (<\/span><span style=\"font-weight: 400\">2003, p. <\/span><span style=\"font-weight: 400\">660). Suivant cette piste, je me pencherai d\u2019abord sur l\u2019histoire collective de Vonarburg\u00a0: celle des femmes en science-fiction. Je rel\u00e8verai au passage que les r\u00e9f\u00e9rences intertextuelles qui permettent d\u2019inscrire l\u2019autrice dans ce corpus sont \u00e9galement repr\u00e9sentatives des grands enjeux des ann\u00e9es 1980. Dans un deuxi\u00e8me temps, je retracerai sa trajectoire individuelle\u00a0en inscrivant son roman au c\u0153ur des discours de l\u2019\u00e9poque au Qu\u00e9bec, tant du c\u00f4t\u00e9 des pr\u00e9occupations f\u00e9ministes que dans le champ de la litt\u00e9rature de science-fiction. Cette lecture se fera par le biais des sources issues de la culture populaire (les journaux et les magazines f\u00e9minins) et de la documentation issue des \u00e9tudes plus sp\u00e9cialis\u00e9es (les revues sur le f\u00e9minisme et la paralitt\u00e9rature).<\/span><\/p>\n<h2><b>La SF, une filiation au f\u00e9minin\u00a0<\/b><\/h2>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Selon l\u2019historienne Arlette Farge, l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00ab\u00a0cr\u00e9e des relations et des interactions, des confrontations ou des ph\u00e9nom\u00e8nes de consentement, il cr\u00e9e du langage, des discours\u00a0\u00bb (2002, s.p.). En cons\u00e9quence ma lecture du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">s\u2019amorcera sur l\u2019observation des r\u00e9f\u00e9rences intertextuelles qui permettent d\u2019inscrire Vonarburg dans une histoire litt\u00e9raire amorc\u00e9e avant elle, celle des femmes en science-fiction. Toutefois, il sera aussi possible de voir en quoi elle se d\u00e9marque, puisque l\u2019utilisation de ces intertextes permet de discuter de l\u2019actualit\u00e9 internationale des ann\u00e9es 1980.\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>\u00ab la SF a pour anc\u00eatre l\u2019utopie, et imagine donc des mod\u00e8les de soci\u00e9t\u00e9 autres, tout comme le f\u00e9minisme est oblig\u00e9 de le faire \u00bb&nbsp;<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">L\u2019histoire du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> se d\u00e9veloppe en quatre parties. La premi\u00e8re se d\u00e9roule dans la Cit\u00e9 o\u00f9 grandit la narratrice, \u00c9lisa, le sujet d\u2019une exp\u00e9rience g\u00e9n\u00e9tique, dou\u00e9e de capacit\u00e9s de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence et de m\u00e9tamorphoses. Le second volet d\u00e9bute alors que la jeune fille entreprend d\u2019explorer un monde \u00e0 l\u2019apparence post-apocalyptique dans lequel la soci\u00e9t\u00e9 est organis\u00e9e selon une structure f\u00e9odale o\u00f9 les femmes sont d\u00e9valoris\u00e9es. Dans un troisi\u00e8me temps, l\u2019h\u00e9ro\u00efne \u00e9l\u00e8ve seule deux g\u00e9n\u00e9rations de b\u00e9b\u00e9s \u00e9prouvettes qui comme elle, peuvent passer de m\u00e2le \u00e0 femelle. Finalement, le dernier quart du roman donne lieu \u00e0 une guerre civile arm\u00e9e des femmes, qui se solde par plusieurs pertes humaines.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour Richard Saint-Gelais, professeur au d\u00e9partement de litt\u00e9rature de l\u2019Universit\u00e9 Laval et expert en litt\u00e9ratures de l\u2019imaginaire, la \u00ab\u00a0filiation [de la science-fiction] avec des \u0153uvres traitant de l\u2019utopie (More), de voyages imaginaires (Cyrano, Swift) ainsi qu\u2019avec le roman gothique (Shelley) est attest\u00e9e\u00a0\u00bb (2003, p. 703). D\u2019ailleurs, certains passages du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">illustrent une parent\u00e9 avec le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Frankenstein<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de Mary W. Shelley, la <\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0fille de William Godwin, l\u2019un des premiers philosophes anarchistes, et de Mary Wollstonecraft, l\u2019une des premi\u00e8res f\u00e9ministes\u00a0\u00bb (Manon Dumais, 2018, s.p.)<\/span><span style=\"font-weight: 400\">.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">D\u2019abord, le personnage d\u2019\u00c9lisa a grandi sous la tutelle de Paul, un personnage calqu\u00e9 sur l\u2019arch\u00e9type du savant fou<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\"> \u00c0 propos de la figure du savant fou, la chercheure \u00c9laine Despr\u00e9s rapporte que \u00ab c\u2019est son exc\u00e8s et sa d\u00e9viance par rapport \u00e0 une norme dans sa fa\u00e7on de faire la science qui pose probl\u00e8me, sa transgression d\u2019une fronti\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme taboue \u00bb (2012, p. 3). Puisque l\u2019ambition scientifique de Paul le pousse \u00e0 commettre des f\u00e9minicides, je le classe dans cette cat\u00e9gorie.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> dont <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Frankenstein<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> agit \u00e0 titre de r\u00e9f\u00e9rence lorsqu\u2019il est question de science-fiction (\u00c9laine Despr\u00e9s, 2012, p. 3). \u00c0 l\u2019origine, le projet de Victor Frankenstein est de cr\u00e9er \u00ab\u00a0une esp\u00e8ce nouvelle\u00a0\u00bb afin de \u00ab\u00a0d\u00e9verser sur notre monde ent\u00e9n\u00e9br\u00e9 un torrent de lumi\u00e8re\u00a0\u00bb (Mary W. Shelley, 1978, p. 114-115). Toutefois, une fois sa cr\u00e9ature hybride<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\"> En relevant que \u00ab la salle de dissection et l\u2019abattoir [lui] procuraient une grande partie de [ses] mat\u00e9riaux \u00bb (Shelley, 1978, p. 115), il peut \u00eatre d\u00e9duit que la cr\u00e9ature est constitu\u00e9e d\u2019organes de provenance humaine et animale.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (Shelley, 1978, p. 115) anim\u00e9e de vie, il entreprend rapidement de <\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0mettre fin \u00e0 l\u2019existence de la monstrueuse image [qu\u2019il avait], involontairement, dot\u00e9e d\u2019une \u00e2me plus monstrueuse encore que son hideux physique\u00a0\u00bb (Shelley, 1978, p. 276).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Similairement, Paul veut cr\u00e9er \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400\">une nouvelle race, capable de survivre dans un monde transform\u00e9\u00a0\u00bb (\u00c9lisabeth Vonarburg, 1998, p. 21). Cela dit, le scientifique ne soup\u00e8se pas longtemps l\u2019id\u00e9e d\u2019interrompre une gestation dont le d\u00e9veloppement est consid\u00e9r\u00e9 anormal\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9limin\u00e9 les embryons, \u00c9lisa, d\u00e8s que j\u2019ai compris ce qui se passait.\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 53) <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Les deux exemples d\u00e9montrent que le sort des sujets de l\u2019exp\u00e9rience scientifique se justifie, non pas selon les r\u00e8gles d\u2019une r\u00e9flexion \u00e9thique, mais sur la base de l\u2019exclusion d\u2019une alt\u00e9rit\u00e9 suppos\u00e9ment monstrueuse ou malade. D\u2019une part, Frankenstein condamne sa cr\u00e9ature pour son apparence, qui brouille les traits de l\u2019homme et de l\u2019animal. De l\u2019autre, Paul \u00e9limine des embryons en suivant les indices d\u2019une tare g\u00e9n\u00e9tique. Dans l\u2019univers du<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\"> Silence de la Cit\u00e9,<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> il est courant \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9liminer l\u2019exc\u00e9dent de filles\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 4), puisqu\u2019elles naissent en surnombre, suite \u00e0 l\u2019apparition d\u2019un polyg\u00e8ne qui \u00ab\u00a0fausse la distribution al\u00e9atoire des sexes [et] fait produire plus de femelles que de m\u00e2les\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 67). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">La situation d\u00e9crite dans le roman n\u2019est pas sans rappeler la politique des naissances uniques ayant cours en Chine, entre 1979 et 2015. Isabelle Attan\u00e9 rapporte que \u00ab\u00a0la baisse de la f\u00e9condit\u00e9 et la diffusion des \u00e9chographies pr\u00e9natales \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1980 se sont traduites par un d\u00e9veloppement massif des avortements s\u00e9lectifs, destin\u00e9s \u00e0 emp\u00eacher les naissances de filles dans un contexte socioculturel de pr\u00e9f\u00e9rence pour les fils\u00a0\u00bb (2016, p. 2). <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">pousse cette id\u00e9e \u00e0 son extr\u00eame. Le personnage de Paul justifie ses meurtres en invoquant le fait qu\u2019\u00e0 l\u2019Ext\u00e9rieur, il y a \u00ab\u00a0trop de femmes. Ils n\u2019en suppriment pas assez \u00e0 la naissance\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 128). Il nie l\u2019humanit\u00e9 de ces femmes potentiellement subversives en les comparant \u00e0 de \u00ab\u00a0la mauvaise herbe\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 128). Cette indiff\u00e9rence m\u00e8ne \u00c9lisa \u00e0 se demander \u00ab\u00a0[s\u2019]il ha\u00eft les femmes\u00a0? Et [s\u2019]il les tue sous pr\u00e9texte de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de\u00a0surpopulation f\u00e9minine\u00a0?\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, pp. 128-129).\u00a0La r\u00e9flexion illustre l\u2019illogisme de l\u2019argumentaire du scientifique,\u00a0qui fonde sa perception n\u00e9gative de l\u2019autre \u2013 ici le sujet f\u00e9minin \u2013 sur un syst\u00e8me de valeur androcentriste o\u00f9 les f\u00e9minicides sont\u00a0l\u00e9gitim\u00e9s puisqu\u2019une norme arbitraire voudrait que les hommes repr\u00e9sentent la majorit\u00e9 de la population. Ultimement, la r\u00e9f\u00e9rence intertextuelle \u00e0 Frankenstein dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">sert de mise en garde contre les d\u00e9rives qui peuvent d\u00e9couler des politiques strictes de contr\u00f4le d\u00e9mographique ayant cours au moment de sa publication, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Plusieurs \u00e9tudes \u00e9voquent le fait que Victor Frankenstein et sa cr\u00e9ature sont souvent confondues<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-4\">4<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-4\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\"> Harold Bloom le souligne en postface du roman de Shelley : \u00ab <em>\u201cFrankenstein\u201d, to most of us, is the name of a monster rather than of a monster\u2019s creator, for the common reader and the common viewer have worked together, in their apparent confusion, to create a myth soundly based on a central duality in Mrs. Shelley\u2019s novel<\/em> \u00bb, (2013 [1965, 1963], p. 243).<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (Harold Bloom <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">in<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> Shelley, 1963\/2013, p. 243<\/span><span style=\"font-weight: 400\">)<\/span><span style=\"font-weight: 400\">. Manon Dumais s\u2019interroge \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400\">De fait, combien confondent les personnages du jeune docteur Frankenstein et de sa cr\u00e9ature?\u00a0\u00bb (Dumais, 2018, s.p.). <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Chez Vonarburg, il n\u2019y a aucun doute\u00a0: \u00c9lisa est \u00e0 la fois sujet de l\u2019exp\u00e9rience et chercheure. L\u2019h\u00e9ro\u00efne reprend \u00e0 son compte le projet initial de Paul, en essayant de repeupler la Terre par le biais de b\u00e9b\u00e9s \u00e9prouvettes. Elle les con\u00e7oit \u00e0 partir de son propre mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique, mais leur gestation se fait \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de [son] corps, dans une sorte de \u2026 ventre-bo\u00eete\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 193). Selon elle, \u00ab\u00a0la quantit\u00e9 d\u2019enfants qu\u2019on peut faire avec quelques centim\u00e8tres de cubes de sperme, en milieu contr\u00f4l\u00e9, est \u00e9tonnante\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 194). L\u2019efficacit\u00e9 de cette procr\u00e9ation assist\u00e9e entre en d\u00e9calage avec la r\u00e9alit\u00e9 des lecteur\u00b7trice\u00b7s et rappelle que le r\u00f4le de m\u00e8re demande un investissement physique et psychologique important. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, combien de femmes pourraient, par les voies naturelles, avoir enfant\u00e9 et mis au monde quarante-huit enfants (Vonarburg, 1998, p. 162) \u00e0 trente-six ans (Vonarburg, 1998, p. 171), alors qu\u2019\u00e0 cet \u00e2ge, la fertilit\u00e9 va en d\u00e9croissant? D\u2019autant plus que les m\u00e8res ne peuvent pas toujours s\u2019\u00e9panouir professionnellement comme elles le voudraient. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">De son c\u00f4t\u00e9, \u00c9lisa peut poursuivre ses recherches puisqu\u2019elle peut compter sur l\u2019aide des ommachs<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-5\">5<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-5\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\"> Les ommachs sont des simulacres d\u2019humains programm\u00e9s par ordinateur et qui agissent principalement \u00e0 titre de domestiques. \u00c9lisabeth Vonarburg, <em>Le Silence de la Cit\u00e9<\/em>, Op. cit, p. 150.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (Vonarburg, 1998, p. 150). Nous voyons que pour Vonarburg, \u00ab\u00a0la SF permet d\u2019aborder les probl\u00e8mes des femmes d\u2019un point de vue cr\u00e9atif\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1994, p. 453). De plus, le roman fait ressortir les avanc\u00e9es scientifiques de son \u00e9poque, puisque le premier b\u00e9b\u00e9 \u00e9prouvette, Louise Brown, voit le jour en 1978. Cela dit, les modifications corporelles et les extrapolations scientifiques autoris\u00e9es par le genre science-fictionnel permettent \u00e0 Vonarburg de pousser plus loin l\u2019id\u00e9e d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale, o\u00f9 les femmes ne seraient plus limit\u00e9es par leurs capacit\u00e9s reproductrices ou leur appareil biologique. La fusion, en un seul personnage, de la cr\u00e9ature et de la chercheure, permet de faire valoir l\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9appropriation du corps f\u00e9minin en tant qu\u2019objet d\u2019\u00e9tude des femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Dans son ouvrage <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les 42210 univers de la science-fiction,<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> Guy Bouchard, professeur \u00e0 la facult\u00e9 de philosophie de l\u2019Universit\u00e9 Laval, d\u00e9cline l\u2019utopie par cat\u00e9gories. Il identifie d\u2019abord l\u2019eutopie<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"6\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-6\">6<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-6\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"6\"> Guy Bouchard propose \u00ab une innovation terminologique qui permet de restreindre la port\u00e9e du mot \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb et de dissoudre son ambigu\u00eft\u00e9 : l&rsquo;utopie, c&rsquo;est la pens\u00e9e h\u00e9t\u00e9ropolitique qui s&rsquo;exprime sur le mode de la fiction; elle s&rsquo;incarne en eutopie lorsqu&rsquo;elle pr\u00e9sente une soci\u00e9t\u00e9 meilleure que la soci\u00e9t\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence, comme l\u2019<em>Utopie<\/em> de Thomas More ou <em>Herland<\/em> de Charlotte Perkins Gilman; et en dystopie s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 pire que la soci\u00e9t\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence, comme <em>1984<\/em> d&rsquo;Orwell et <em>L&rsquo;Eugu\u00e9lionne<\/em> de Louky Bersianik \u00bb (1994, p. 485).<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (comprise par certains utopistes comme une \u00ab\u00a0cit\u00e9 id\u00e9ale\u00a0\u00bb). Il avance que \u00ab\u00a0parmi les utopies masculines les plus connues \u00e0 leur \u00e9poque, et pour la plupart encore aujourd&rsquo;hui, plusieurs se sont pr\u00e9occup\u00e9es s\u00e9rieusement d&rsquo;am\u00e9liorer le sort des femmes, par exemple celles de More, Campanella, Cabet, Bulwer Lytton, Bellamy, Morris, Wells et Callenbach\u00a0\u00bb (Guy Bouchard, 1994, p. 485). Vonarburg confirme cette alliance dans un essai qu\u2019elle signe pour le compte de la revue <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, o\u00f9 elle rel\u00e8ve que \u00ab\u00a0la SF a pour anc\u00eatre l\u2019utopie, et imagine donc des mod\u00e8les de soci\u00e9t\u00e9 autres, tout comme le f\u00e9minisme est oblig\u00e9 de le faire\u00a0\u00bb (1994, p. 453). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">D\u2019ailleurs, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">les <\/span><span style=\"font-weight: 400\">romans de science-fiction \u00e9crits par des femmes entre 1981 et 1985 semblent former un genre \u00e0 part enti\u00e8re\u00a0puisqu\u2019on en parle comme de la \u00ab\u00a0science-fiction f\u00e9ministe\u00a0\u00bb (Aur\u00e9lien Boivin <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">et al<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 2003, p. 831) \u00c0 titre d\u2019exemple, il est rapport\u00e9 dans le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Dictionnaire des \u0153uvres litt\u00e9raires du Qu\u00e9bec<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> que les autrices des ann\u00e9es 1980 se sont efforc\u00e9es de poursuivre les luttes contre l\u2019oppression des femmes amorc\u00e9es avant elles, par des autrices comme France Th\u00e9or\u00eat et Jovette Marchessault (Boivin et al., 2003, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">p. XXIV).<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> De plus, certaines \u00e9crivaines ouvertement f\u00e9ministes, comme Nicole Brossard et Louky Bersianik, contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019un num\u00e9ro de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> portant sur l\u2019utopie, auquel participent plusieurs autrices de SF, dont Vonarburg et Esther Rochon. Nous pouvons y lire l\u2019autrice du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">D\u00e9sert Mauve <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">souligner que \u00ab les textes majeurs du f\u00e9minisme \u00e9manent de ce d\u00e9bordement comme si l&rsquo;utopie \u00e9tait la seule forme affirmative du f\u00e9minin, capable de d\u00e9placer le sujet f\u00e9minin de mani\u00e8re \u00e0 ce que, dit ou non-dit, il soit omnipr\u00e9sent comme une source de sens \u00bb (Nicole Brossard, 1994, p. 313).<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>D\u2019ailleurs, les romans de science-fiction \u00e9crits par des femmes entre 1981 et 1985 semblent former un genre \u00e0 part enti\u00e8re puisqu\u2019on en parle comme de la \u00ab science-fiction f\u00e9ministe \u00bb.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Toutefois, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> propose une r\u00e9flexion critique dont le f\u00e9minisme est plus diffus. Isabelle Boisclair, professeure titulaire au D\u00e9partement des Arts, des langues et litt\u00e9ratures de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke mentionne que \u00ab\u00a0la production litt\u00e9raire des femmes depuis 1980, sans \u00eatre n\u00e9cessairement militante, participe \u00e0 l\u2019\u00e9nonciation du f\u00e9minin\u00a0\u00bb (2014, p. 52). Aussi, bien que le personnage d\u2019\u00c9lisa se d\u00e9marque par des capacit\u00e9s \u00e9valuatives qui lui permettent d\u2019observer, de nommer et de renverser les in\u00e9galit\u00e9s entre les hommes et les femmes, elle ne croit pas que cela doive se faire de mani\u00e8re pr\u00e9cipit\u00e9e ou par la force, mais par \u00ab\u00a0le travail, la patience et l\u2019\u00e9ducation<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 265). C\u2019est cette retenue qui caract\u00e9rise les repr\u00e9sentations f\u00e9ministes du roman de Vonarburg de celle des utopistes f\u00e9ministes des ann\u00e9es soixante-dix, dont les revendications sont plus prescriptives.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Guy Bouchard oppose l\u2019id\u00e9e de cette Cit\u00e9 id\u00e9ale \u00e0 la dystopie, qui pr\u00e9sente une image pessimiste de la soci\u00e9t\u00e9. Cette seconde cat\u00e9gorie de r\u00e9cits compte, entre autres, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">1984<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de George Orwell (1949), <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">l\u2019Eugu\u00e9lionne<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de Louky Bersiankik (1976) et <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">The<\/span><\/i> <i><span style=\"font-weight: 400\">Handmaid\u2019s Tale<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de Margaret Atwood (1985). D\u2019ailleurs, les chercheur\u00b7se\u00b7s Sylvie Vartian et Bernard Girard ont fait une lecture compar\u00e9e du roman d\u2019Atwood et des <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Chroniques du pays des m\u00e8res<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de Vonarburg (qui fait suite au<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\"> Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">) puisque les autrices, toutes deux \u00ab\u00a0nord-am\u00e9ricaines et f\u00e9ministes, ont trait\u00e9 des questions du rapport entre les sexes, de la reproduction, du genre et de l\u2019identit\u00e9 sexuelle\u00a0\u00bb (2012, p. 1). Bien que <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> pr\u00e9c\u00e8de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">The Handmaid\u2019s Tale <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">de quatre ans, les deux romans captent bien les pr\u00e9occupations de la p\u00e9riode 1981-1985, qui mettent en sc\u00e8ne des soci\u00e9t\u00e9s en guerre et aux prises avec des probl\u00e8mes \u00e9cologiques. \u00c0 titre d\u2019exemple, voici l\u2019environnement dans lequel s\u2019installe le roman de Vonarburg\u00a0:<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Les <em>accidents nucl\u00e9aires<\/em> accumul\u00e9s, les <em>pollutions<\/em>, les petites <em>guerres<\/em> partout, et trop de gens, et juste assez \u00e0 manger, et la Terre elle-m\u00eame qui se f\u00e2che, les <em>tremblements de terre<\/em>, les <em>volcans<\/em> r\u00e9veill\u00e9s, les <em>climats<\/em> qui changent, les <em>famines<\/em>, les <em>\u00e9pid\u00e9mies<\/em> et enfin les grandes <em>mar\u00e9es<\/em>, qui ont chang\u00e9 l\u2019aspect des <em>continents<\/em> (l\u2019autrice souligne, 1998, p. 265).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Le monde dans lequel s\u2019inscrit <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La Servante \u00e9carlate<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> n\u2019est gu\u00e8re plus engageant. Par la focalisation interne de la narratrice, nous apprenons que les informations t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es pr\u00e9sentent \u00ab\u00a0une ville, toujours en vue a\u00e9rienne. C\u2019\u00e9tait autrefois D\u00e9troit. Derri\u00e8re la voix du commentateur on entend un pilonnage d\u2019artillerie. De la ligne d\u2019horizon montent des colonnes de fum\u00e9e\u00a0\u00bb (Margaret Atwood, 1987\/2017<\/span><span style=\"font-weight: 400\">, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">p. 84).<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">Entre autres catastrophes, le roman \u00e9voque les \u00ab explosions d\u2019usines atomiques, le long de la faille de San Andreas [\u2026] au moment des tremblements de terre \u00bb (Atwood, 1987\/2017, p. 11). N\u00e9anmoins, le roman de Vonarburg propose une ouverture utopique qui diff\u00e8re de la dystopie d\u2019Atwood.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> se rapproche davantage des \u00ab\u00a0univers f\u00e9ministes invent\u00e9s depuis les ann\u00e9es 1970 par des auteures telles que Joanna Russ [et] Ursula Le Guin\u00a0\u00bb (Sylvie Vartian et Bernard Girard, 2012, p. 28). En effet, l\u2019ouvrage notoire que Russ \u00e9crira en 1975, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">The Female Man<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, affiche des connivences avec le roman de Vonarburg\u00a0: d\u2019abord, par son titre, qui \u00e9voque l\u2019hermaphrodisme d\u2019\u00c9lisa-Hanse, ensuite par son sc\u00e9nario, qui se d\u00e9veloppe dans un monde o\u00f9 les hommes ont disparu des suites d\u2019une maladie. Plus directement encore, Vonarburg se revendique de Le Guin. Elle rapporte avoir commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire en 1969, apr\u00e8s avoir lu <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La main gauche de la nuit<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, pr\u00e9cisant \u00ab [qu\u2019elle] commen\u00e7ai[t] \u00e0 \u00eatre fatigu\u00e9e des histoires de fus\u00e9es [et de] de colonisation \u00bb (Ren\u00e9 Beaulieu, 1983, pp. 68). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Effectivement, l\u2019autrice d\u2019origine californienne aborde des \u00ab th\u00e8mes anarchistes, f\u00e9ministes, ethnologiques, psychologiques, anthropologiques et sociologiques \u00bb (Vartian et Girard, 2012, p. 8).<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La main gauche de la nuit<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> prend la forme d\u2019une suite de rapports qui d\u00e9crivent les habitants de G\u00e9then-Niv\u00f4se, une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la notion de genre n\u2019existe plus. Les \u00eatres vivants sur cette plan\u00e8te sont hermaphrodites et ce n\u2019est qu\u2019au moment de l\u2019acte sexuel que se produit une \u00ab\u00a0pr\u00e9dominance des hormones m\u00e2les ou femelles chez l\u2019un des partenaires [\u2026] et qui fait prendre \u00e0 son partenaire le r\u00f4le inverse\u00a0\u00bb (Ursula Le Guin, 1971, p. 82). En cons\u00e9quence, \u00ab\u00a0les \u00eatres normaux n\u2019ont de pr\u00e9disposition ni au r\u00f4le masculin ni au r\u00f4le f\u00e9minin, ils ne savent jamais lequel ils vont jouer et ne peuvent pas choisir\u00a0\u00bb (Le Guin, 1971, p. 82). <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> reprend cette id\u00e9e. Premi\u00e8rement, comme les Gh\u00e9th\u00e9niens, \u00c9lisa peut passer d\u2019un sexe \u00e0 l\u2019autre \u00e0 volont\u00e9, mais elle ne change de corps \u00ab\u00a0que pour donner la vie aux enfants\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 194). <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Elle \u00e9l\u00e8ve les b\u00e9b\u00e9s du Projet, d\u2019abord, en tant que filles, qui\u00a0\u00ab\u00a0ne deviendront des gar\u00e7ons qu\u2019\u00e0 quatorze ann\u00e9es. Ensuite, ils changent r\u00e9guli\u00e8rement, pour bien conna\u00eetre les deux sortes de corps. Et \u00e0 la fin, ils choisissent\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 194). Ainsi, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> permet de penser l\u2019identit\u00e9 de genre comme quelque chose de personnel, de fluide ou d\u2019\u00e9volutif, et il le d\u00e9montre par l\u2019utilisation d\u2019un code de la science-fiction \u2013 la capacit\u00e9 de modifier sa mati\u00e8re corporelle \u2013 et l\u2019int\u00e9gration des th\u00e8mes f\u00e9ministes privil\u00e9gi\u00e9s par les \u00e9crivaines am\u00e9ricaines.\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Vartian explique que la notion de genre est <\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0inspir\u00e9e des travaux de Margaret Mead et apparue pour la premi\u00e8re fois aux \u00c9tats-Unis, en 1972, sous la plume d\u2019Ann Oakley\u00a0\u00bb (2012, p. 3). \u00c9trangement, c\u2019est une \u00e9crivaine fran\u00e7aise qui vient consolider le lien entre Vonarburg et le f\u00e9minisme am\u00e9ricain. Monique Wittig, n\u00e9e en France en 1935, est morte en 2003,<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> \u00ab\u00a0\u00e0 Tucson (Arizona), o\u00f9 elle vivait et enseignait depuis de longues ann\u00e9es\u00a0\u00bb (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Monde<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 2003, s.p.). C\u2019est d\u2019ailleurs aux \u00c9tats-Unis qu\u2019elle donne la conf\u00e9rence qui aboutira sur <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La Pens\u00e9e Straight<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Dans une th\u00e8se de doctorat qui compare les univers de Bersianik, de Vonarburg et de Rochon, Sharon C. Taylor retrace que \u00ab\u00a0de Christine de Pizan \u00e0 Monique Wittig, entre autres, les \u00e9crivaines f\u00e9ministes se sont beaucoup interrog\u00e9es sur la question de l&rsquo;identit\u00e9 sexuale<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"7\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-7\">7<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-7\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"7\">Il s\u2019agit d\u2019un n\u00e9ologisme invent\u00e9 par Guy Bouchard pour qui l&rsquo;adjectif \u2018\u2018sexual\/sexuale\u2019\u2019 d\u00e9signe ce qui a trait \u00e0 la diff\u00e9rence entre les sexes, sans connotation sp\u00e9cifiquement sexuelle. [Il traduit] \u2018\u2018gender\u2019\u2019 par \u2018\u2018identit\u00e9 sexuale\u2019\u2019.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> (Bouchard, 1994, p. 485) de la femme et de l&rsquo;homme dans la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale. Quoique la question ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e sous plusieurs angles, elle reste au centre des d\u00e9bats f\u00e9ministes actuels\u00a0\u00bb (2002, p. 46). Aussi, il semble que <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les Gu\u00e9rill\u00e8res<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> dessine des traits communs avec <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Entre autres similitudes, les deux romans discutent des discriminations et des violences qui se font sur la base d\u2019une distinction entre les genres. Cet aspect a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 chez Vonarburg par l\u2019\u00e9vocation de l\u2019organisation sociale f\u00e9odale et machiste qui autorise les f\u00e9minicides<\/span><span style=\"font-weight: 400\">. Le roman de Wittig expose aussi les in\u00e9galit\u00e9s en lien avec l\u2019identit\u00e9 sexuale, mais par le biais d\u2019une critique des r\u00e9cits qui propagent les repr\u00e9sentations de l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 et de la domination des femmes\u00a0:<\/span><\/p>\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Il faut, disent-elles, faire abstraction de tous les r\u00e9cits concernant celles qui parmi elles ont \u00e9t\u00e9 vendues battues prises s\u00e9duites enlev\u00e9es viol\u00e9es \u00e9chang\u00e9es comme marchandises viles et pr\u00e9cieuses. Elles disent qu\u2019il faut faire abstraction des discours qu\u2019on leur a fait tenir contre leur pens\u00e9e et qui ont ob\u00e9i aux codes et aux conventions des cultures qui les ont domestiqu\u00e9es (1969\/2019, p. 184).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les deux fictions mettent en sc\u00e8ne des personnages f\u00e9minins qui s\u2019unissent dans une lutte violente contre le r\u00e9gime patriarcal. \u00c0 titre d\u2019exemple, la derni\u00e8re partie du roman de Vonarburg se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une guerre civile des femmes \u2013 sur le mod\u00e8le des Amazones, une figure arch\u00e9typale de la femme arm\u00e9e. Toutefois, contrairement aux gu\u00e9rill\u00e8res qui s\u2019\u00e9noncent toutes sous le pronom <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Elles<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> pour montrer qu\u2019elles ne font qu\u2019une dans leur d\u00e9marche \u00e9mancipatrice, les femmes du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> ne sont pas toutes sur la m\u00eame longueur d\u2019ondes. \u00c9lisa se dit \u00ab\u00a0contre la violence<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 283) et se d\u00e9solidarise de ses cons\u0153urs. Elle refuse de prendre part au projet entrepris par les femmes de Lib\u00e9ra \u2013 attaquer les hommes du clan Vi\u00e9telli et prendre le pouvoir \u2013 arguant que cela ne ferait \u00ab\u00a0qu\u2019\u00e9changer les esclaves\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 273). <\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Les multiples niveaux discursifs du roman &#8211; repr\u00e9sent\u00e9s par le biais des diff\u00e9rentes strates soci\u00e9tales qui y \u00e9voluent -, nous permettent de distinguer la r\u00e9flexion m\u00e9taf\u00e9ministe qui s&rsquo;installe chez Vonarburg.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les multiples niveaux discursifs du roman \u2013 repr\u00e9sent\u00e9s par le biais des diff\u00e9rentes strates soci\u00e9tales qui y \u00e9voluent \u2013, nous permettent de distinguer la r\u00e9flexion m\u00e9taf\u00e9ministe<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"8\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-8\">8<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-8\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"8\"> Il s\u2019agit d\u2019un concept invent\u00e9 par Lori Saint-Martin, qui repr\u00e9sente un f\u00e9minisme plus diffus, qui n\u2019est pas porteur d\u2019un grand discours et qui n\u2019asservit pas l\u2019\u00e9criture \u00e0 une cause, mais en englobe plusieurs.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> qui s\u2019installe chez Vonarburg (Lori Saint-Martin, 1992, pp. 78-88). En effet, les r\u00e9f\u00e9rences intertextuelles relev\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 maintenant dans le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> permettent d\u2019examiner l\u2019\u00e9volution des discours f\u00e9ministes. De l\u2019utopie classique aux d\u00e9clinaisons eutopie\/dystopie, du roman de Shelley aux fictions des \u00e9crivaines am\u00e9ricaines des ann\u00e9es 1970, le roman de Vonarburg expose l\u2019activit\u00e9 des femmes dans l\u2019histoire de la science-fiction, tout en se d\u00e9marquant de ce qui s\u2019est fait avant.\u00a0<\/span><\/p>\n<h2><b>L\u2019analyse des discours et la r\u00e9ception critique<\/b><\/h2>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Pour Isabelle Tournier, \u00ab\u00a0la construction de l\u2019\u00e9v\u00e9nement [litt\u00e9raire] s\u2019op\u00e8re \u00e0 travers une travers\u00e9e des discours tenus qui, avec leurs pr\u00e9suppos\u00e9s, mobilisent et modulent des argumentaires de valeur\u00a0\u00bb (2002, p. 758). J\u2019observerai ici l\u2019importance de Vonarburg dans le milieu de la litt\u00e9rature de science-fiction, de son apparition dans le champ des \u00e9tudes universitaires vers la fin des ann\u00e9es 1970 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Mais avant de d\u00e9montrer en quoi elle fait figure de proue, voyons comment <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> synth\u00e9tise les discours tenus dans les journaux, les revues f\u00e9ministes et les magazines f\u00e9minins des ann\u00e9es 1980, au Qu\u00e9bec. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Les voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent dans le discours social de l\u2019\u00e9poque mettent en \u00e9vidence l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 des femmes face \u00e0 l\u2019avenir en ce qui concerne les in\u00e9galit\u00e9s de genre et les violences sexuelles. Comme l\u2019observent Isabelle Boisclair et Catherine Dussault-Frenette dans un article qui traite de l\u2019\u00e9criture des femmes au Qu\u00e9bec entre 1980 et 2010, \u00ab\u00a0la contrepartie de l\u2019\u00e9nonciation d\u2019une sexualit\u00e9 d\u00e9sentrav\u00e9e est certainement l\u2019\u00e9criture des violences sexuelles que subissent les femmes dans un monde satur\u00e9 par ce qu\u2019il est d\u00e9sormais convenu d\u2019appeler la \u00ab\u00a0culture du viol\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb (2014, p. 48). Justement, Janine Boynard-Frot, une docteure \u00e8s lettres de Sherbrooke, se demande\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi l\u2019aide aux victimes de viols?\u00a0\u00bb (1980, p. 5). Elle se questionne\u00a0: \u00ab\u00a0sommes-nous vraiment des citoyennes \u00e0 part enti\u00e8re, quand sur notre vie, p\u00e8se constamment et sournoisement la menace du pr\u00e9dateur, quand, pour pr\u00e9venir cette menace, il nous faut vivre emmur\u00e9es en nous-m\u00eames de crainte de provoquer l\u2019agresseur\u00a0\u00bb (Boynard-Frot,1980, p. 5). Par le fait m\u00eame, dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, \u00c9lisa choisit de quitter la Cit\u00e9 qui la prot\u00e9geait pourtant des violences du monde ext\u00e9rieur, o\u00f9 les femmes sont \u00ab\u00a0fouett\u00e9es, tortur\u00e9es, viol\u00e9es, massacr\u00e9es\u00a0\u00bb (Vonraburg, 1998, p. 265). Ce qui fait d\u2019elle un personnage pourvu d\u2019un caract\u00e8re agentif<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"9\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-9\">9<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-9\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"9\"> L\u2019agentivit\u00e9 est une volont\u00e9 de dire, d\u2019agir sur le monde et de changer les choses qui se base sur des comp\u00e9tences \u00e9valuatives.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> qui peut \u00eatre pris comme mod\u00e8le, et auquel un lectorat f\u00e9minin peut facilement s\u2019identifier. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">L\u2019inqui\u00e9tude des femmes face \u00e0 la violence ambiante s\u2019affiche \u00e9galement dans les magazines f\u00e9ministes comme la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Vie en Rose<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, dont un exergue du num\u00e9ro de juin 1980 \u2013 \u00ab\u00a0Nous les femmes, nous n\u2019irons pas \u00e0 la guerre\u00a0\u00bb \u2013 r\u00e9pond \u00e0 l\u2019invitation de Kate Millett qui enjoignaient alors les femmes \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 \u00ab\u00a0la menace de la guerre et, surtout, \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de la circonscription des femmes am\u00e9ricaines dans les forces arm\u00e9es\u00a0\u00bb (1980, p. 19). Analogiquement, nous pouvons lire dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">que \u00ab\u00a0les femmes libres resteront \u00e0 Lib\u00e9ra, et si on nous attaque, nous nous d\u00e9fendrons\u00a0\u00bb (Vonarburg, 1998, p. 242). Dans les deux cas, les femmes ne souhaitent pas \u00e9voluer dans la violence, mais elles d\u00e9montrent qu\u2019elles pourraient y avoir recours s\u2019il s\u2019agissait de lutter contre leur asservissement. D\u2019ailleurs, le num\u00e9ro de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">la Vie en rose<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de septembre 1980 compte une entrevue de six pages avec la f\u00e9ministe am\u00e9ricaine, venant faire taire les personnes qui croient que les enjeux li\u00e9s \u00e0 la guerre et \u00e0 la politique n\u2019int\u00e9resseraient pas les femmes. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, nous y lisons, tout comme dans la derni\u00e8re partie du roman de Vonarburg, le refus des compromis qui, sous le pr\u00e9texte de l\u2019\u00e9galit\u00e9, agiraient plut\u00f4t au b\u00e9n\u00e9fice des instances au pouvoir, pour la plupart des hommes.\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>De nombreuses \u00e9crivaines affirment qu\u2019il est imp\u00e9ratif de \u00ab reconna\u00eetre la contribution du f\u00e9minisme qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la formation de critiques et de traductrices, notamment, et a permis aux femmes de se l\u00e9gitimer les unes les autres \u00bb\u00a0<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">De nombreuses \u00e9crivaines affirment qu\u2019il est imp\u00e9ratif de \u00ab\u00a0reconna\u00eetre la contribution du f\u00e9minisme qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la formation de critiques et de traductrices, notamment, et a permis aux femmes de se l\u00e9gitimer les unes les autres\u00a0\u00bb (Francine Bordeleau, 2018, p. 14). Le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> est publi\u00e9 avec l\u2019aide d\u2019\u00c9lisabeth Gilles (\u00e9crivaine, traductrice et aussi directrice litt\u00e9raire chez Deno\u00ebl entre 1976 et 1986). Vonarburg, en plus d\u2019\u00eatre autrice et critique, est traductrice pour Guy Gavriel Kay \u2013 un \u00e9crivain saskatchewanais d\u2019expression anglaise sp\u00e9cialis\u00e9 en <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">fantasy<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, et <\/span><span style=\"font-weight: 400\">ayant vendu des millions d&rsquo;exemplaires de ses livres au Canada, selon les chiffres affich\u00e9s sur le site de la maison d\u2019\u00e9dition chez laquelle il publie<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"10\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-10\">10<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-10\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"10\"> Il s\u2019agit de la maison d\u2019\u00e9dition Alire. La biographie de l\u2019auteur a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9e \u00e0 l\u2019adresse https:\/\/www.alire.com\/Auteurs\/Kay.html.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">. Sa fonction de traductrice dans le cadre des litt\u00e9ratures de l\u2019imaginaire, jouxt\u00e9e \u00e0 la renomm\u00e9e de l\u2019\u00e9crivain pour lequel elle travaille, donnent cr\u00e9dibilit\u00e9 et visibilit\u00e9 au nom de Vonarburg.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">D\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re, l\u2019\u00e9crivaine d\u2019origine fran\u00e7aise, \u00e9tablie \u00e0 Chicoutimi depuis les ann\u00e9es soixante-dix, se classe dans la cat\u00e9gorie des\u00a0\u00ab\u00a0jeunes auteurs vou\u00e9s corps et \u00e2me \u00e0 la science-fiction ou aux genres connexes\u00a0\u00bb (Claude Janelle, 1981, p. 67). Il est vrai que Vonarburg s\u2019implique d\u00e8s la formation des premi\u00e8res revues litt\u00e9raires de science-fiction au Qu\u00e9bec<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"11\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-11\">11<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-11\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"11\"> Les revues les plus notables sont <em>Requiem<\/em> (aujourd\u2019hui <em>Solaris<\/em>), fond\u00e9e au C\u00e9gep \u00c9douard-Montpetit par Norbert Spehner, et <em>Imagine<\/em>, mise sur pied par le critique Jean-Marc Gouanvic et l\u2019autrice Esther Rochon.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">, ce qui lui permet de se construire une r\u00e9putation aupr\u00e8s de ses pairs, pour la plupart issus des milieux universitaires. D\u2019ailleurs, presque chaque num\u00e9ro de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Requiem<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> compte un de ses textes, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une cr\u00e9ation ou d\u2019un article. Malgr\u00e9 le format court de la nouvelle, les critiques rel\u00e8vent d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0sa sensibilit\u00e9, ses analyses psychologiques fines et la perfection de son \u00e9criture\u00a0\u00bb (Boivin <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">et al<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 2003, p. 260). La forme romanesque du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> et les r\u00e9compenses<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"12\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-12\">12<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-12\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"12\"> Entre autres, le Grand prix de la science-fiction fran\u00e7aise, en 1982. Pour la liste compl\u00e8te, consulter la fiche de l\u2019autrice sur le site de la maison d\u2019\u00e9dition <em>Alire<\/em> : https:\/\/www.alire.com\/Auteurs\/Vonarburg.html#anchor837059.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> que le roman obtient \u00e0 l\u2019internationale suite \u00e0 sa publication dans la prestigieuse collection fran\u00e7aise \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence du Futur\u00a0\u00bb, participent \u00e0 faire reconna\u00eetre Vonarburg aupr\u00e8s d\u2019un public qu\u00e9b\u00e9cois plus large, dont les lecteur\u00b7trices du magazine <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Ch\u00e2telaine<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Si aujourd\u2019hui, les magazines f\u00e9minins ne font pas belle figure dans le milieu de la critique, il f\u00fbt un temps o\u00f9 ils ont pourtant particip\u00e9 \u00e0 promouvoir la litt\u00e9rature et plus particuli\u00e8rement, \u00e0 mettre de l\u2019avant la voix de certaines \u00e9crivaines, autrement n\u00e9glig\u00e9es. \u00c0 ce sujet, des chercheur\u00b7e\u00b7s de la revue <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Recherches F\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> saluent \u00ab\u00a0le lancement, en 1960, d\u2019un nouveau p\u00e9riodique populaire f\u00e9minin \u00e0 perspective plus moderne\u00a0: la revue Ch\u00e2telaine\u00a0\u00bb (Julia Bettinotti <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">et al<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 1994, p. 138). Claude Janelle rel\u00e8ve qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, le p\u00e9riodique publie r\u00e9guli\u00e8rement des nouvelles de science-fiction (2006, p. 335). Nous notons que le magazine, en plus de faire dans la critique du genre, fait \u00e9loge aux auteur\u00b7trice\u00b7s dont il publie les accomplissements. \u00c0 titre d\u2019exemple, dans le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Ch\u00e2telaine <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">du mois de mai 1982, Monique Dagenais-Lord mentionne le prix remis \u00e0 Vonarburg pour <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> (1982, p. 9).\u00a0 Son article, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Bravo \u00c9lisabeth Vonarburg\u00a0\u00bb, contribue \u00e0 mettre en lumi\u00e8re le travail de Vonarburg, dans la continuit\u00e9 de ce r\u00e9seau visant l\u2019essor et la r\u00e9ussite des femmes en science-fiction.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Jean-Marc Gouanvic, \u00e0 qui l\u2019on doit quelques anthologies de science-fiction, croit \u00ab\u00a0[qu\u2019]une v\u00e9ritable science-fiction a besoin non seulement de cr\u00e9ateurs, mais aussi de th\u00e9oriciens\u00a0\u00bb (Sophie Marcotte, 2010, p. 17). De toutes mes lectures \u00e0 propos de l\u2019institution litt\u00e9raire de la science-fiction au Qu\u00e9bec, le nom de Vonarburg revient ponctuellement lorsqu\u2019il s\u2019agit de la transmission du savoir, que ce soit pour sa participation \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de conventions comme le Congr\u00e8s Bor\u00e9al, la mise sur pied d\u2019ateliers d\u2019\u00e9criture ou en tant que figure de mod\u00e8le chez bon nombre de jeunes autrices. Claude Janelle confirme que \u00ab\u00a0la rel\u00e8ve qui pointe [est] issue pour une bonne part des ateliers d\u2019\u00e9criture que continue de donner Vonarburg\u00a0\u00bb (2012, p. 39). Il cite en exemple l\u2019\u00e9crivaine Sylvie B\u00e9rard, \u00ab\u00a0la plus remarquable r\u00e9v\u00e9lation des derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0\u00bb qui s\u2019impose comme \u00ab\u00a0la digne h\u00e9riti\u00e8re de Vonarburg\u00a0\u00bb, entre autres pour ses pr\u00e9occupations f\u00e9ministes (Janelle, 2012, p. 39). Nous notons que ses\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400\">travaux portent sur la litt\u00e9rature autochtone, le <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">queer<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> et la science-fiction<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"13\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-13\">13<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-13\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"13\"> La fiche compl\u00e8te peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site de la maison d\u2019\u00e9dition <em>Alire<\/em>, \u00e0 l\u2019adresse https:\/\/www.alire.com\/Auteurs\/Berard.html<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">.<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">Bien que son roman <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Terre des Autres<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, paru chez Alire\u00a0en 2004, ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9cipiendaire du Prix Bor\u00e9al et du Grand prix de la science-fiction et du fantastique qu\u00e9b\u00e9cois en 2005, il reste <\/span><span style=\"font-weight: 400\">que B\u00e9rard est plut\u00f4t connue pour ses analyses th\u00e9oriques <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">sur<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> la science-fiction<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"14\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-14\">14<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-14\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"14\"> Nous relevons l\u2019article suivant : Sylvie B\u00e9rard et Andr\u00e9a Zanin, \u00ab Femmes extr\u00eames : paroxysmes et exp\u00e9riences limites du f\u00e9minin\u2026 et du f\u00e9minisme \u00bb, <em>Recherches f\u00e9ministes<\/em>, Vol. 1, No. 27, 2014. <\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\"> que pour sa propre prose science-fictionnelle.\u00a0<\/span><\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>En 2020, nous devrions pouvoir penser le statut des corps en tant qu&rsquo;organismes vivants, tel que le souhaite le philosophe Paul B. Preciado, pour qui la science-fiction permet de mettre en sc\u00e8ne des \u00ab techniques de subjectivation dissidentes qui r\u00e9sistent \u00e0 la normalisation des corps \u00bb.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n<p><span style=\"font-weight: 400\">Arlette Farge entend \u00ab\u00a0la m\u00e9moire de l\u2019\u00e9v\u00e9nement [\u2026] simplement comme la fa\u00e7on dont il s\u2019insinue dans le corps social collectif, trouve un ou des places originales qui le font varier au fur et \u00e0 mesure du temps\u00a0\u00bb (2002, s.p.). Aussi, je crois que si la publication du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> fait \u00e9v\u00e9nement en 1981, il est relanc\u00e9 en 1998. L\u2019ann\u00e9e de la r\u00e9\u00e9dition du roman aux \u00e9ditions Alire, le Conseil de la femme d\u00e9cerne le Prix Femme et litt\u00e9rature \u00e0 Vonarburg, \u00e9largissant la visibilit\u00e9 de l\u2019autrice aupr\u00e8s d\u2019un plus jeune public. En cons\u00e9quence, c\u2019est suite \u00e0 cette seconde \u00e9dition que les m\u00e9moires et les th\u00e8ses mentionnant <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">ou son autrice voient le jour. Attestant pour la plupart de la valeur de l\u2019\u00e9crivaine pour la SF f\u00e9ministe au Qu\u00e9bec, ces textes abordent plus particuli\u00e8rement les sujets de la reconceptualisation encyclop\u00e9dique du corps, des utopies et des dystopies f\u00e9minines ainsi que des dispositifs sexe\/genre<sup class=\"modern-footnotes-footnote \" data-mfn=\"15\" data-mfn-post-scope=\"0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-15\">15<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-0000000028b8606e000000006bfa01fb_14624-15\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"15\"> Se rapporter \u00e0 la section III-C de la notice bibliographique.<\/span><\/span><span style=\"font-weight: 400\">.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400\">J\u2019esp\u00e8re que<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> cette relecture historique du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Silence de la Cit\u00e9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">aura permis, d\u2019une part, d\u2019inclure l\u2019\u00e9criture de Vonarburg dans une tradition science-fictionnelle f\u00e9ministe, et de l\u2019autre, de dresser sa trajectoire dans le champ de l\u2019institution litt\u00e9raire du Qu\u00e9bec. En faisant un retour sur la p\u00e9riode des ann\u00e9es 1980, il m\u2019a \u00e9t\u00e9 possible d\u2019entretenir un dialogue entre les pr\u00e9occupations f\u00e9ministes, le discours social et le roman de Vonarburg, qui s\u2019int\u00e9ressent tous au sujet de la violence en lien avec l\u2019identit\u00e9 de genre. En 2020, nous devrions pouvoir penser le statut des corps en tant qu\u2019organisme vivant, tel que le souhaite le philosophe Paul B. Preciado, pour qui la science-fiction permet de mettre en sc\u00e8ne des \u00ab\u00a0techniques de subjectivation dissidentes qui r\u00e9sistent \u00e0 la normalisation des corps\u00a0\u00bb (Victoire Tuaillon, 2019). Aussi,<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">nous pourrions lire dans les capacit\u00e9s anamorphiques des enfants d\u2019\u00c9lisa la possibilit\u00e9 de d\u00e9faire <\/span><span style=\"font-weight: 400\">les <\/span><span style=\"font-weight: 400\">syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation qui d\u00e9coulent des distinctions bas\u00e9es sur l\u2019assignation d\u2019un genre \u00e0 la naissance.<\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est \u00e0 nous, f\u00e9ministes d\u2019aujourd\u2019hui, que les femmes de demain seront en droit de demander des comptes, si nous laissons une deuxi\u00e8me fois en cent ans le f\u00e9minisme s\u2019enliser dans les sables, si, ayant nous-m\u00eame profit\u00e9 \u2013 et p\u00e2ti \u2013 de l\u2019histoire et de son mouvement, nous ne faisons pas tout ce qui est en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":""},"tags":[150,114,127,154,152,149],"numeros":[67],"ppma_author":[80],"acf":{"sections":{"section":"Espaces, corps et genres"},"bibliographie":"<b>I. Corpus principal<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Vonarburg, \u00c9lisabeth. 1998. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le silence de la cit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Qu\u00e9bec\u00a0: Alire.<\/span>\r\n\r\n<b><\/b><b>II. Corpus secondaire<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Atwood, Margaret. 2017.\u00a0 <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La servante \u00e9carlate<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. (Sylviane Ru\u00e9, trad.). Paris\u00a0: Robert Laffont.1987<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Boucher, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">Denise. 2008. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les f\u00e9es ont soif<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: Typo.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Brossard, Nicole. 1987. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le d\u00e9sert mauve,<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> Montr\u00e9al\u00a0: Typo.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Shelley, Mary W. 1963. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Frankenstein<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. New York\u00a0: Penguins Books. 2013.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Shelley, Mary W. 1978. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Frankenstein ou le Prom\u00e9th\u00e9e moderne<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. \u00a0Belgique\u00a0: Marabout.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Wittig, Monique. 1969. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les Gu\u00e9rill\u00e8res<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Paris\u00a0: Minuit. 2019.<\/span>\r\n\r\n<b>III. R\u00e9ception critique du corpus et biographie de l\u2019autrice\u00a0<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Boivin, Aur\u00e9lien (dir.), Chamberland, Roger, Dorion, Gilles et Girard, Gilles. 2003. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Dictionnaire des \u0153uvres litt\u00e9raires du Qu\u00e9bec. Tome VII\u00a0: 1981-1985<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: Fid\u00e8s.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Beaulieu, Ren\u00e9. 1983 (printemps-\u00e9t\u00e9). \u00ab\u00a0SF, mythes et m\u00e9tamorphoses\u00a0: entrevue d\u2019\u00c9lisabeth Vonarburg\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Nuit blanche<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no 9, p.\u00a068\u201371.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Dagenais-Lord, Monique. 1982 (mai). \u00ab\u00a0Bravo \u00c9lisabeth Vonarburg\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Ch\u00e2telaine<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, p.\u00a09.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Lachance, Lise. 1998 (d\u00e9cembre). \u00ab\u00a0Le Qu\u00e9bec au menu\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Soleil<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, cahier B, p.\u00a010.<\/span>\r\n\r\n<b>IV. Ouvrages th\u00e9oriques\u00a0<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Aron, Paul, Saint-Jacques, Denis et Viala, Alain (dir.). 2002. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le dictionnaire du litt\u00e9raire<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Paris\u00a0: Quadrige\/PUF.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Attan\u00e9, Isabelle. 2016. \u00ab\u00a0La fin de l\u2019enfant unique en Chine\u00a0?\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Population &amp; Soci\u00e9t\u00e9s<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol.\u00a0535, no\u00a07, pp.\u00a01-4.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">B\u00e9rard, Sylvie et Andr\u00e9a Zanin. 2014. \u00ab\u00a0Femmes extr\u00eames\u00a0: paroxysmes et exp\u00e9riences limites du f\u00e9minin\u2026 et du f\u00e9minisme\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Recherches f\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol.\u00a01, no\u00a027, pp.\u00a01-12.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Bersianik, Louky. 1994 (automne). \u00ab\u00a0L\u2019utopie de la gynilit\u00e9, un non-lieu provisoire\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 21, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">no<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> 2, pp.\u00a0459\u2013469.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Bettinotti, Julia, Bleton, Paul, des Rivi\u00e8res, Marie-Jos\u00e9e et Saint-Jacques, Denis. 1994. \u00ab\u00a0Lecture paralitt\u00e9raire qu\u00e9b\u00e9coise\u00a0: les femmes et le travail de 1945 \u00e0 aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Recherches f\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 7, no 2, pp.\u00a0135-144.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Bordeleau, Francine. \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9criture au f\u00e9minin existe-t-elle?\u00a0\u00bb. 2018. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Lettres qu\u00e9b\u00e9coises<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no\u00a092, pp.\u00a014\u201318.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Boisclair, Isabelle et Dussault-Frenette, Catherine. 2014. \u00ab\u00a0Mosa\u00efque l\u2019\u00e9criture des femmes au Qu\u00e9bec (1980-2010)\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Recherches f\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 2, no 27, pp.\u00a039\u201361.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Bouchard, Guy. 1993. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les 42\u00a0210 Univers de la science-fiction<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Sainte-Foy\u00a0: Le Passeur.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Bouchard, Guy. 1994. \u00ab\u00a0Les mod\u00e8les f\u00e9ministes de la soci\u00e9t\u00e9 nouvelle\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 21, no 2, p.\u00a0483-501.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Boynard-Frot, Janine. 1980 (4 janvier).<\/span> <span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0Pourquoi couper l\u2019aide aux victimes de viols?\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La Presse<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Cahier A, p.\u00a05.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Brossard, Nicole. 1994 (automne). \u00ab\u00a0\u00c9crire la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: d\u2019une d\u00e9rive \u00e0 la limite du r\u00e9el et du fictif\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 21, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">no<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> 2, pp.\u00a0303\u2013320.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Delphy, Christine. 1980 (f\u00e9vrier). \u00ab\u00a0Nouvelles du M.L.F\u00a0: Lib\u00e9ration des femmes an dix\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Questions f\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no 7, pp.\u00a03-13.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Despr\u00e9s, \u00c9laine<\/span><span style=\"font-weight: 400\">. 2012. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Pourquoi les savants fous veulent-ils d\u00e9truire le monde? \u00c9volution d\u2019une figure de l\u2019\u00e9thique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: UQ\u00c0M (th\u00e8se).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Dumais, Manon. 2018 (10 mars). \u00ab\u00a0\"Frankenstein ou le Prom\u00e9th\u00e9e moderne\"\u00a0: toujours vivant!\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Devoir<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, section Culture. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de <\/span><span style=\"font-weight: 400\">https:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/522261\/grand-angle-frankenstein-ou-le-promethee-moderne-toujours-vivant.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Farge, Arlette. 2002 (mars). <\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0Penser et d\u00e9finir l\u2019\u00e9v\u00e9nement en histoire\u00a0\u00bb,\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Terrain<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no\u00a038, pp.\u00a067-79.\u00a0R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de\u00a0http:\/\/journals.openedition.org\/terrain\/1929<\/span><span style=\"font-weight: 400\">.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Janelle, Claude. 1981. <\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0La SF au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Qu\u00e9bec fran\u00e7ais<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no 42, pp.\u00a066-69.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Janelle, Claude (dir.). 2006. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La D\u00e9cennie charni\u00e8re<\/span><\/i> <i><span style=\"font-weight: 400\">(1960-1969)<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Longueuil\u00a0: Alire.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Janelle, Claude. 2012. \u00ab\u00a0La science-fiction qu\u00e9b\u00e9coise\u00a0: un pied dans le nouveau si\u00e8cle\u00a0\u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Qu\u00e9bec fran\u00e7ais<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, no 167, pp.\u00a038\u201340.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Marcotte, Sophie. 2010 (hiver). \u00ab\u00a0Entretien avec Jean-Marc Gouanvic\u00a0\u00bb.<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\"> Voix et Images<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 35, n<\/span><span style=\"font-weight: 400\">o<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> 2, pp.\u00a017\u201326.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Plant\u00e9, Christine. 2003. \u00ab\u00a0La place des femmes dans l'histoire litt\u00e9raire\u00a0: annexe, ou point de d\u00e9part d'une relecture critique?\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Revue d'histoire litt\u00e9raire de la France<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 103, <\/span><span style=\"font-weight: 400\">no<\/span><span style=\"font-weight: 400\">\u00a03, pp.\u00a0655\u2013668.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Saint-Gelais, Richard dans Paul Aron, Denis Saint-Jacques et Alain Viala (dir.). 2002. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le dictionnaire du litt\u00e9raire<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Paris\u00a0: Quadrige\/PUF, pp.\u00a0703-704.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Saint-Martin, Lori. 1992 (automne). \u00ab\u00a0Le m\u00e9taf\u00e9minisme et la nouvelle prose f\u00e9minine au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Voix et Images<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 18, no 1, p.\u00a078\u201388.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Savoie, Chantal (dir.). 2010. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Histoire litt\u00e9raire des femmes. Cas et enjeux<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: Nota Bene.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Tournier, Isabelle. 2002. \u00ab\u00a0\u00c9v\u00e9nement historique, \u00e9v\u00e9nement litt\u00e9raire. Qu'est-ce qui fait date en litt\u00e9rature\u00a0?\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Revue d'histoire litt\u00e9raire de la France<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, vol. 102, n<\/span><span style=\"font-weight: 400\">o <\/span><span style=\"font-weight: 400\">5, pp.\u00a0747-758.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Vartian, Sylvie et Bernard Girard. 2012. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Science-fiction et genre\u00a0: lectures f\u00e9ministes<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Montr\u00e9al\u00a0: Les cahiers de la CRSDD.<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Vonarburg, \u00c9lisabeth. 1994 (automne). \u00ab\u00a0La science-fiction et les h\u00e9ro\u00efnes de la modernit\u00e9\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, volume 21,<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> no<\/span><span style=\"font-weight: 400\"> 2, p.\u00a0453\u2013457.\u00a0<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0D\u00e9c\u00e8s de Monique Wittig, figure phare du lesbiannisme\u00a0\u00bb. 2003 (10 janvier). <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Monde<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00e0\u00a0 <\/span><span style=\"font-weight: 400\">https:\/\/www.lemonde.fr\/archives\/article\/2003\/01\/10\/deces-de-monique-wittig-figure-phare-du-lesbianisme_304970_1819218.html<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">\u00ab\u00a0Nous les femmes, nous n\u2019irons pas \u00e0 la guerre\u00a0\u00bb. 1980 (juin-juillet-ao\u00fbt). <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La vie en rose<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, n\u00b0 2, p.\u00a019.<\/span><b><\/b>\r\n\r\n<b>V. M\u00e9moires ou th\u00e8ses avec mention du corpus ou de l\u2019autrice\u00a0<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Dallaire, Julie. 2004. <\/span><a href=\"https:\/\/constellation.uqac.ca\/695\/\"><i><span style=\"font-weight: 400\">Pour une narratologie relative\u00a0: la narratologie \u00e0 l'\u00e9preuve de la science-fiction<\/span><\/i><\/a><span style=\"font-weight: 400\">. Chicoutimi\u00a0: Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Chicoutimi (th\u00e8se).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Desch\u00e8nes-Pradet, Maude. 2017<\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">. Hivernages suivi de Habiter l\u2019imaginaire\u00a0: pour une g\u00e9ocritique des lieux invent\u00e9s<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Sherbrooke\u00a0: Universit\u00e9 de Sherbrooke (th\u00e8se).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Gr\u00e9goire, Tania, 2015. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Critique sociale et processus utopique dans Le silence de la cit\u00e9 et Chroniques du pays des m\u00e8res d'\u00c9lisabeth Vonarburg.<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">\u00a0 Trois-Rivi\u00e8res\u00a0: Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Trois-Rivi\u00e8res (m\u00e9moire).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Houle, Patrice. 2010. <\/span><a href=\"http:\/\/archipel.uqam.ca\/3036\/\"><i><span style=\"font-weight: 400\">Paradigme Qu\u00e9bec\u00a0: la science-fiction qu\u00e9b\u00e9coise<\/span><\/i><\/a><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al (th\u00e8se).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Lauzon-Disco, Mathieu. 2012. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Reconceptualisation encyclop\u00e9dique du corps cyborg dans les textes d\u2019\u00c9lisabeth Vonarburg et de Catherine Dufour<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Montr\u00e9al\u00a0: Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (m\u00e9moire).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Taylor, Sharon C. 2002. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Dystopies et eutopies f\u00e9minines: L. Bersianik, E. Vonarburg, E. Rochon<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Montr\u00e9al\u00a0: Universit\u00e9 McGill (th\u00e8se).<\/span>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Tremblay, Carine. 2004. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les dispositifs de sexe\/genre dans l'oeuvre de deux auteures de science-fiction qu\u00e9b\u00e9coise \u00c9. Vonarburg et E. Rochon. <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Sherbrooke\u00a0: Universit\u00e9 de Sherbrooke (m\u00e9moire).<\/span><b><\/b>\r\n\r\n<b>VI. Contenu audio\u00a0<\/b>\r\n\r\n<span style=\"font-weight: 400\">Tuaillon, Victoire. 2019 (25 avril). \u00ab\u00a0Cours particulier avec Paul B. Preciado\u00a0\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les Couilles sur la table<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">.<\/span>","hyperliens":null,"order":10},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>L\u2019\u00e9criture des femmes dans la litt\u00e9rature de science-fiction au Qu\u00e9bec : Le Silence de la Cit\u00e9 d\u2019\u00c9lisabeth Vonarburg | Revue F\u00e9min\u00c9tudes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"C\u2019est \u00e0 nous, f\u00e9ministes d\u2019aujourd\u2019hui, que les femmes de demain seront en droit de demander des comptes, si nous laissons une deuxi\u00e8me fois en cent ans\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" 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