Ça frotte toujours à la même place et autres poèmes
j’ai appris très tôt
l’évidence toute relative
de la ligne droite
le chatoiement solitaire des diffractions
posture ingrate —
ce que je sais que je sais
je ne le saisis qu’en échappant
ce qui apparemment va de soi :
l’étiquette
l’engrenage
les codes
tout ce que je pense savoir
pour me retrouver
encore
paniquée poussant une porte
qui doit juste être tirée.
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l’usure et à force la cassure
patcher
ça frotte toujours à la même place.
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du temps ou de moi
je ne sais plus
qui
m’échappe
dans les craques du pareil au même
je cours
je dors.
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les sanglots enfouis fuitent
les uns à la suite
des autres s’entrainent en
larmes de fond
nager lestée —
mon cœur creux prend l’eau.
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et encore et pourtant
je m’entête à m’offrir
honnête et entière
rugueuse et même
peut-être
sans peur
résignée :
chaque blessure est fatalité
et pour ça je m’acharne et je garde
le cœur à l’air
je veux sentir
l’instant exact :
le fil qui lâche
