Orientation de la revue

Historique de fondation
Des étudiant·es au doctorat en sociologie à l’UQAM et des membres du LABREQ (Laboratoire de recherches ethnographiques du Québec) nous ont partagé leur étonnement devant le peu de revues consacrées à la méthodologie et à l’épistémologie. Une revue qui serait utile à leur propre formation intellectuelle. Ce diagnostic étudiant faisait écho en quelque sorte aux préoccupations de certain.es professeur.es qui observent dans le cadre de leur enseignement la difficulté des étudiant.es à construire un objet de connaissance. La sociologie, prise entre science et littérature depuis sa fondation, connaît aujourd’hui une prolifération de ses écrits menant au problème déjà anticipé du faible cumul dû à la fragmentation des interprétations du social et aboutissant aux problèmes de transmission d’un tel savoir entre les générations de chercheur.es. Cet état de fait ne pourra avoir comme conséquence, à plus ou moins long terme, que la perte de sens du projet d’une sociologie générale, celui visant à décrire et à analyser la pluralité des formes de vies sociales constituant les vies humaines. Des chercheurs comme Gilles Houle et Jean-Michel Berthelot nous ont inspiré dans le développement de cette revue. Ils ont tenté à travers leurs travaux d’inscrire la sociologie dans un pluralisme sous contraintes, celui de la construction d’objets sociologiques à expliciter.
En revanche, certains événements contemporains favorisent le développement d’une sociologie dans l’horizon des sciences. Les savoirs biologiques et médicaux ont pris une acuité plus grande avec la crise récente de la COVID. Dans les recherches en environnement, des travaux scientifiques collectifs remarquables ont mené aux démonstrations du réchauffement climatique et ont été accompagnés d’une activité intense de vulgarisation scientifique faite par des chercheur.es et des journalistes. Toutes ces activités ont rendu plus compréhensibles les fondements et les limites du travail scientifique tant pour les sociologues que pour une bonne partie de la population. Comment ne pas être impressionné par le niveau de coordination du travail scientifique qui a impliqué près de 3 000 chercheur.es à l’échelle de la planète dans la démonstration du réchauffement climatique ? Malgré les contraintes liées à la diversité des langues naturelles et de leurs origines sociales, ces milliers de travailleurs et de travailleuses ont pu communiquer en raison des propriétés caractéristiques du langage scientifique. En effet, les propriétés opératoires des langages scientifiques permettent de construire et de cumuler les données, d’en faire l’analyse, et d’établir des faits scientifiques sur la constitution et les interactions complexes entre les multiples configurations géoclimatiques de la planète. Dans la période actuelle marquée par la polarisation idéologique, n’est-il pas saisissant d’observer la possibilité, en science, de concertations entre des chercheur.es qui développent pourtant des théories divergentes et qui parviennent, malgré tout, à s’entendre sur des mises à l’épreuve empirique confrontant ainsi leurs théories et les départageant ?
Inscrire la sociologie dans l’horizon des sciences ne signifie pas pour autant dériver vers un scientisme. Les sciences n’expliquent que certaines dimensions très restreintes et précisément déterminées du réel. Elles ne remplaceront pas les autres formes de savoirs fondés sur d’autres nécessités sociales. Il apparaît d’autant plus nécessaire d’inscrire la sociologie dans l’horizon des sciences qu’il apparaît nécessaire de transformer nos modes de vie pour répondre aux exigences du réchauffement climatique. Comment ne pas voir l’urgence nécessaire du travail sociologique afin de favoriser une vision la plus lucide possible du social qu’il soit possible d’offrir à nos concitoyens et concitoyennes? L’urgence ne signifie pas pour autant de réduire la connaissance à l’utilité. La nécessité des connaissances scientifiques ne correspond pas obligatoirement à l’utilité d’un groupe, d’une époque ou d’un milieu. Les connaissances scientifiques, qu’elles soient physiques, biologiques, sociales, psychologiques, etc. sont nécessaires, mais leur production n’est pas gouvernée par l’utilité sociale d’un groupe et d’un moment. Des connaissances scientifiques inutiles d’un temps se sont avérées déterminantes pour appréhender les réalités d’un autre temps. S’intéressant à la pluralité des formes sociales à l’échelle des temps et des espaces sociaux, la sociologie devrait être d’autant plus concernée par cette caractéristique des connaissances scientifiques, puisqu’elle est déterminante d’une conceptualisation des transitions sociales qui impliquent nécessairement une pluralité de formes sociales de vie, leurs mises en rapport et leurs transformations.
L’apport de la revue
Les différentes rubriques de la revue visent à contribuer à l’approfondissement des diverses dimensions du travail de développement et de transmission de la connaissance sociologique. Elles visent à rejoindre les chercheurs et les étudiants qui tentent de développer une forme de connaissance adéquate pour décrire, analyser et expliquer la constitution sociale de la vie humaine. Tous et toutes les chercheur(e)s qui visent à expliciter leur travail de connaissance sociologique, à le situer en rapport aux travaux existants et à s’interroger sur la constitution méthodologique, épistémologique ou encore ontologique de leur démarche de connaissance sont invités à soumettre leurs articles et autres productions intellectuelles dans les diverses rubriques de la revue.
La revue est publiée deux fois par année et la langue de publication est le français. La description de chaque rubrique de la revue mentionne le type attendu de publication. La direction de la revue reste ouverte à de nouvelles propositions en ce qui a trait à la forme de la publication en fonction des visées de cumulativité de la recherche sociologique.
À propos de la revue
Année de parution | 2025 |
ISSN | 1234-5678 (numérique) |
Fréquence de publication | 2 numéros par an |
Langue de publication | Français |
Archivage numérique | Portico via Érudit |
Pratiques éditoriales
Révision par les pairs | Oui, en double aveugle |
Libre accès | Oui |
Licence Creative Commons attribuée aux articles | CC BY-NC 4.0 |
Organisation
Direction | Parent, Frédéric |
Éditeur de la revue | LABREQ |
Pays de l’éditeur | Canada |
Sources de financement
Dons | Non |
Subventions | Non |
Frais d’abonnement | Aucuns |
Frais de publication | Aucuns |