Auteur·rice
Elsa Galerand
Du pensionnat à l’université : le parcours d’une sociologue féministe. Lecture de l’entretien avec Francine Descarries
C’est dans le cadre de son séminaire, « Femmes, féminismes et rapports sociaux de sexe », que j’ai rencontré Francine Descarries, à la fin des années 1990. Comme plusieurs de ses étudiantes, j’avais milité dans des organisations féministes et je voulais faire de la sociologie. Pourtant, des « théories de la société1 » produites par cette sociologie, nous ne connaissions alors que celles qui prenaient l’organisation sexuée du monde social (sa division en groupes de sexe séparés et hiérarchisés) pour une donnée d’évidence première, un non-objet sociologique, une réalité hors d’atteinte des pratiques sociales. Cette sociologie participait ainsi de facto du discours social majoritaire garantissant le maintien de l’ordre sexué.